‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 409 sur 455 · PI · texte numérisé non relu

PI

h'apros uiw e&tarnpc «le l'épocju»'.

Ns j:t ni; l'ouT saint-bkkx AUh.

- (Colleclidii (i. Hartmann.)

il cxisldit, ili'iiuis le u-^iii' *!•' Louis XIV, unt> li.illr atu vins, nu cuin du ({Uiti >.iiutHcriiarfl. KIte fut établie eu 16ft2 et on ne 5ongca à l.i ro onilruin-, nialK'it; son iii^ufMsanre. '|uVn is"», mais illf u'ct.tit pas iniorc ontiLTcnu-nt ochevée en i^i9.

nécessaire à un députr ï)oiir vivn; hunorarabiemenl à l*aris '.* — A viii^t Iranrs par jour. Sire. — C'est siiigiiliri". aurait n''j)Ii([iié le roi, il en est plusieurs aux(]iH'ls je donne mille francs jtar mois et qui me demandent le doulde pour y |»i*oInn;L::ei* h'ur séjoui*. »

Au Carnaval s<î produit un évcnenn^nt imporlanl. Mm«» la duche<>ç de Hcrrv ressuscite le< bals m.'is(piés. Mlle aniionee jjour le :2 mars une cavalcade princière. On i'«'|)iésentei'a r;irriv«'e de Mari»» Stuail aux Tuileries i\[ s«»s lianeaillev avec le dau|dnn François. Chez Ie> dame^î de la Cnur rè^une une lièvre d'archéologie. On ne parle plus«|ne de la «-nupe d'un hautde-cliau^sc ou de la forme dnn veitu.nadin. Madame e||e-nn^me active les piépai'alif<. La l<Me doit avoir lieu à >ept heures et demie du soir, (lan> ses apï)artenn'nts. Les costumiers n'ont pMs fini. ;\ celte heure, d'hahiller lout le xvr siècle et Ton doit attendre jusqu'à dix Weuro. Lnlln le cnrtè,i:e >*avance, formé ilo^^. maréchaux et de l'élite d(» la noblesse. Le maréchal de IJrissac et le maréchal de Co»é remï)lissenl les mêmes ollices que remplissaient leur> aïeux au[»rè- de la vraie Marie- Stuait. • l{ien de plus ravissant, ni de plus pittore<(jue que ce brillani ctirtèf^e à trav(^rs les lignes d'architecture et de l'escalier du pavillon de Marsan. Cette foule de gentilshommes en manteau court, au long pourpoint.

la loque iMi IhHjiiet de plumes placée sur l'oreille, la tète haute, la moustache relevée, présentant le jioing à chacjue dame, l'éclat de Toi', dt»s j)ierreries, le reflet des riches «'•toffes. tnut concourt à Tilhision (1). • Les invitt's sont en noir et les dames en blanc |)Our lai-seï- ressortir l'éclat des costumes liistcu'iques. L'entrée de Madame soulève des murmures d'admiration. Cheveux crêpés et relevés en racine, fraise gaudronnée et parsemée de pierres précieuses, robe de velours bleu, soutenue par un vertugadin et sur la- (pielle coui't un»' rivière de diamants d'une valeur de \\ millions. Madame l'appelle à s'y nn'piendre I(»s portraits de Marie d'Kcossi* (pie nou< ont laissés Frédéric Zuccheri, Vanderwerf et (ie<»rgius Vertue. Les jeunes filles de la Cour dan>ent un quadrille réglé par Cardel. puis les xvr et xix* siècles se confondent dans un bal gigantesque. Pendant une iin/d/ft'. Madame |»erd une frange de diamant< de 50().()(M) fr;mcs. Elle n'interrompt pas la fête pour cette bagatelle. Du reste les bijoux sont l'etF'Ouvés le lendemain.

Iléla<! le peuple n'a pu jouir du spectacle de la royale cavalcade. Il se rattrape en dansant à la (irande Chaumière^ k Tivoli, klà CourtifU\ à VIff* (i* Amour, à Franconij à V Éléphant, Les MerveiUcHX vont souper au café Anglais

(1) Revue de Paris.

PARIS SOUS LA RESTAURATION

VOITIHK l»K LA COUK.

D'après une Iitli0f4:iapliie de Vicroii Adam. — (Collection G. Hartmann.)

OU chez Laiten et deviser sur les « Mémoires du cardinal Dubois » et sur ceux de Madame Dubarrj/ qui viennent de paraître.

Les caricaturistes exercent leur verve sur les membres de la Commission, nommée pour étudier les moyens de transporter en plein Paris un obélisque découvert à Louqsor. On rappelle que Ptolémée Philadelphe, en semblable occurrence, avait fait creuser un canal jusqu'au pied d'un monument de môme sorte; on redit les difficultés qu'éj)rouvaSixte-nuint lorsqu'il lit dresser robéIis(iue de la place Saint-Pierre. L'architecture est fort néulii^ée en 1829. Cependant on met au concours l'ornementation du fronton de la Madeleine... Comme avant les grandes catastrophes, partout souille un vent de plaisir. La porte Saint-Martin obtient un immense succès avec un ballet où les artistes sont déguisés en bétes.

On se porte en masse au Thé.ltre-Français pour applaudir Mlle Mars. On joue beaucoup Tartufe et le Mariage de Figaro.

In des hommes les plus appréciés de Napoléon vient do disparaître, le comte Daru, ancien ministre, membre de l'Institut, Daru dont l'Empereur disait qu'il « joignait au travail du bœuf le courage du lion » . Quelques points noirs sont de nature à troubler Charles X, dans sa parfaite quiétude. D'abord ces réimpressions multipliées des œuvres de Voltaire. Puis, on commente beaucoup ïHistoire de la Récolution de M. Thiers et un ouvrage de M. Lamennais : Des progrès de la Révolution

et de la guerre contre l'Église. On suit avec avidité les cours de M. Villemain, ceux de M. Victor Cousin, et ceux de M. Guizot qui vient de traduire V Histoire constitutionnelle de r Angleterre par Ilallam. Est-ce une leçon déguisée? L'Académie française a choisi pour le concours de poésie, ce sujet : V Éloge de l'Imprimerie, dans lequel MM. Legouvé et Saintine se partagent le premier prix. Victor Ilugo lance ses Orientales, comme un défi aux derniers elforts du classicisme époumonné et celui-ci de s'écrier : << l'Aiglon est fini, son aile appesantie et fatiguée ne frappe plus que des coups mal assurés. » On s'entretient dans les clubs bien informés d'un drame par lequel le jeune poète prétend imposer ses théories au Thé;\tre,car on ne peut considérer (Iromwell comme une œuvre destinée à la scène.

Le Dernier Chouan de M. IL Balzac passe presque inaperçu. Les salons se délectent des Chroniques de France de Mme Tastu ou des Œuvres de Cirodet. et discutent le livre de M. Stendhal : Les Promenades dans Rome. La laveur dont jouit encore Walter Scott est partagée par les œuvres étranges d'un « Allemand homme de mauvaise vie, dit-on », un certain Hoffmann.

L'événement artistique le plus considérable est certainement la représentation triomphale de Guillaume TelL On apprend avec stupeur qu'après cette victoire suprême, Rossini a juré de ne plus écrire une note de musique.

Le laborieux M. Mayer-Beer, enchanté des progrès accomplis à l'Opéra-Comique sous la direction de M Lubbert, promet de lui donner prochainement son Robert le Diable, M. Véron vient de fonder la Revue de Paris qui a pour collaborateurs habituels, Sainte-Beuve, Rémusat. Saint-Marc Girardin, Amédée l*ichot, Mérimée, Nodier, Lamartine. Scribe, Delavigne, Delacroix, Jules Janin, l^hilarète Chasles... Victor Hugo donne à la nouvelle publi-

MÉDAILLE FRAI'PÉE A l'oCCASION DU IlÉTABMSSEMENT DE LA STATUE DE LOlIS XIII.

(Mu^ée des MonDaics.)

cation le premier chapitre d'un grand ouvrage sur l'histoire de la civilisation.

On célèbre, avec forces louanges, la lecture devant GO personnes, à l'Abbaye-au- Bois, de .)foise, tragédie en vers par M. de Chateaubriand... Le duc de Doudeauville, Lamartine, Villemain, Pasquier, ilémusat, Ampère, A. de Jussieu, Taylor assistent à cette soirée mémorable où l'on voit Mlle (iay improviser et souiller à l'auteur des vers qu'il oublie. Au mois d'août, une pièce de vers fait un certain bruit : c'est ïÉpHre au roi de M. Viennet, de l'Académie française.

Les courtisans ontdit à Charles X , en parlant des députés naguère licenciés : « Sa Majesté a soufflé sur ces atomes et les a renvoyés comnne une poussière dans leurs départements », et le roi a cru qu'il était temps d'imposer son inflexible autorité. Il a choisi comme premier ministre M. de Polignac: les conséquences de ce choix malheureux ne tarderont pas à apparaître menaçantes. »

« Samedi, 8 août 1829. Le roi a reçu en audience particulière M. Victor Hugo. » Cette petite note de VOfficiel est très commentée. Sans doute cette audience a trait à Tinterdiction de Marion Delorme. Le roi ne cédera pas...

Les m(»sures attentatoires à la liberté, accumulées par le nouveau gouvernement, sont accueillies dans la ville par des murmures de mauvais augure, surlout au faubourg Saint- Anloine, dont les ouvriers sont de grands liseurs de journaux.

L'aspect des rues va se transformer grAce à la création des trottoirs. Celle utile mesure de voirie, urgente puisqu'il passait quotidiennement par les artères de la capitale plusi de 17,000 voitures et de 3-40,000 chevaux, est d'abord mal reçue par le beau sexe, car les rues de Pari< n'étant pas bordées de trottoirs auparavant, les dames y marchaient par calcul sur la pointe des pieds, en sorte que l'action des muscles augmentait chez elles la pallie supérieure des jambes pour laquelle on peut dire qu'elles peuvent défier l'univers. Aussi les co(|ueltes se promettent bien d'éviter les trottoirs. Un nouveau boulevard s'ouvre place de la Madeleine.

Le malentendu entre le gouvernement et la nation s'accentue. Le Drapeau blanc reparaît, subventionné par M. de Polignac; un graveur est condamné à trois mois de prison pour avoir reproduit des tableaux représentant le Duc (le HeichMadt et le Retour de Vile d'Elbe. Les derniers jours de l'année sont gros de menaces : l'Académie française reçoit MM. Arnault et Etienne réintégrés, la foule se porte au l*alais de justice où Dupin plaide en appel la cause du Journal des Débats et de M. Bertin. Fort avant dans la soirée, la Cour, éclairée par des chandelles, en robes rouges avec l'hermine blanche, se retire pour délibérer. Quelques instants après, dans un profond silence, le président Séguier laisse tomber ces mots : « La Cour décharge Bertin aîné des condamnations prononcées contre lui? »

Tout Paris se fait inscrire chez Bertin, puis on fête le réveillon, avec une allégresse inaccoutumée.

Paul Gabillàrd.

PARIS SOUS LA RKSTAURATION

b'aprt

NIK l»K I. \ HKR«;i: 1)1 l'UNT-MlF KN IS^Î).

une gravure du temps. — ( Col leclicui (J . Il art iiiaiiii. )

LES feCHOS DE PARIS

L'assassinat des Cabaretiers de la Croix- Verte.

(24 janvier )

HYT '*'*"'^^"*^^ '^^^^'^*^ Prudlioiniiie et Marie

i\i Duru, sa femme, tenaient un cabaret dans

-^ ^ une maison isolée, dite In Croi.i-Verte,

commune d'Attainville. arron«lissemenl do Pon-

Page 1