‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 411 sur 455 · LES VOITURES EN · texte numérisé non relu

LES VOITURES EN

Eh! là bas! Vous ne voyez donc pas que vous perdez votre domestique?

D'après une caricature du tem[is. — (.Musée Carnavalet.)

sieur Duru voit étendus à terre leurs cadavres horriblement mutilés. Tous deux étaient ren- Tersés à côté du poêle, à demi renversé lui-même, et une chaise placée auprès d'une table sur laquelle était placée sa casquette; la jeune femme de l'autre côté, ses pieds contre ceux de son mari et la tète auprès d'une autre table: tous deux avaient le crâne fracassé, et c'était évidemment avec la masse d'une cognée qu'on trouva engagée sous le cou de la femme, et dont le fer ensanglanté portait encore des cheveux bruns et blonds des deux victimes. Le mari avait reçu plusieurs coups qui lui avaient entièrement fracassé la partie supérieure du crâne; la femme portait aussi à la tète deux coups qui lui avaient ouvert le crâne et donné la mort ; le doigt annulaire de sa main gauche avait été brisé et déchiqueté pour en arracher son alliance.

Ce spectacle affreux fit croire un moment que le vol n'avait pas été le seul mobile du crime, et que celui-ci pouvait être drt à quelque lâche vengeance.

On ne reconnut point alors ce que les femmes qui l'ont ensevelie et un rie ses oncles ont remarqué plus tard.

Lorsque, pour lui rendre les derniers devoirs, on eut lavé le sang coagulé qui couvrait sa figure et son sein, on aperçut l'empreinte des cinq doigts d'une main au cou, et un coup violent sur la bouche, dont les lèvres avaient été fendues. D'après l'état des deux cadavres, on a présumé que le jeune Prudhomme,

surpris assoupi sur la table et renversé après un premier coup, et qu'il avait été achevé par terre; que sa femme, au contraire, avait lutté avec ^ ^^^^Bl ^^^ assassins, et n'avait ^^^^Ij^^H succombé qu'après une î^^Bjl^^^^ douloureuse et longue '^^^f agonie.

' Le lit, les meubles

avaient été fouillés, et les assassins avaient enlevé l'argent appartenant au jeune ménage, et que les parents ont évalué à 300 francs environ. Une montre d'or avec une chaîne en jaseron, un habillement noir complet, et d'autres effets, avaient aussi disparu.

Les soupçons se dirigèrent d'abord sur les deux individus restés seuls dans le cabaret le 28 janvier au soir. C'étaient Jean-Baptiste Robert, dit Saint-Clair, dit druben, dit Frémot, dit Oudot (absent), âgé de quarante-sept ans, né k Chantilly (Oise), forçat évadé, et Victor- Alphonse Daumas- Dupin, âgé de trente ans, autre forçat évadé. On apprit bientôt que Daumas était parvenu à franchir la frontière et s'était réfugié à Milan ; plusieurs effets appartenant aux victimes furent retrouvés en sa possession. Dés les premiers instants de son arrestation, et aussitôt après la remise de sa personne aux agens français, par la police autrirhienne, il déclara que c'était lui et

LES VOITURES EN 1829. — LE COUCOU. D'après^ une gravure'^ du temps. — (Musée Carnaralet.)

qui avait l'habitude de dormir le soir, avait été

Robert qui étaient le 24 janvier à la Croix-Verte ; mais il a présenté constamment son coaccusé comme ayant seul commis le double assassinat. Tels sont les faits qui amenèrent sur le banc des accusés de la Cour d'assises de Seine-et-Oise

PARIS SOUS LA RESTAURATION

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( Ver8aille8),le i 9 août i 829, elle 3i octobre de la m^me année devant la Cour d'assises de la Seine Robert était en luite, on ne découvrit que plus tard le lieu de sa retraite

(H DE Saint-Kdmk, Causes cèlèhres )

Le cabaret de Paul Niquet.

RASSEMBLKZ tOUtCS VOS forces, assurez votre co'ur contre le dégoût, et hasardez-vous, en observateur, eu philosophe, chez les marchands de vins et surtout chez les liquoristes qui ont lapermission d'ouvrir leurs bouges pendant toute la nuit.

(îhacun de ces cabarets a sa phvsionomie, sa réputation , ses excentrics , ses habitués» ses fidèles, qui ne vont guère autre part. Voici, par exemple, la Lanterne triangulaire de Paul Niquet ; nous lui devons la priorité : quand un homme a su se créer un nom, dans quelque industrie que ce soit, cet homme a nécessairement dépensé une plus grande somme d'intelligence et d'activité que ses confrères.

On pénétre dans cet établissement par une allée étroite, longue et humide. Le pavé est le même que celui de la rue : c'est du grès de Fontainebleau; mais il est tellement piétiné par les nombreux clients, que la rue Saint-Denis et la rue Saint-Martin, aux jours de grands dégels, peuvent passer, en comparaison, pour d'agréables promenades. Les habitués déposent le long des murs leurs hottes et leurs fardeaux, pour arriver jusqu'à la salle principale, nous devrions dire tout simjilement hangar, car cette boutique n'est qu'une ancienne petite cour sur laquelle on a posé un vitrage.

Elle est meublée de deux comptoirs en étain, où se débitent de l'eau-de-vie, du vin, des liqueurs, des fruits à l'eau-de-vie, et toute cette innombrable famille d'abrutissants que le peuple a nommés, dans son énergique langage, du casse-poitrine. En face de ces comptoirs, contre le mur, et fixé par des supports en fer, est un banc de chêne où reposent les consommateurs. C'est là qu'ils font la sieste, c'est là qu'entre deux rondes de police, ils essaient un peu de sommeiller, au milieu des cris, des vociférations, des disputes de ceux qui se tiennent debout devant le comptoir. On vante le sommeil de Napoléon, la veille d'Austerlitz, et celui de Turenne sur l'affût d'un canon, je ne sais plus à quelle bataille; mais qu'est-ce que ces somnolences inquiètes, agitées,

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