Barrot. Casimir Pèrier. Tbiers. Armand Carrel. Mole
Rolle. Fisy. Mignet. Dupont (de Bussac.)
Cliambolle. ETariste Dumoulin.
God. CaTaignac. Caucbois-Lemaire. Dapin ahié. Sirrans jeune. Kératry.
BeTOOz. Baron de Laborde. MerUhon. Maufoin. Charras.
cor^ pièce française traduite du goth. Cependant la situation politique allait sans cesse s'aggravant. Les Chambres, réunies le 3 mars, avaient entendu le discours du Trône, plein de menaces à peine enveloppées dans la phraséologie iilandreuse de l'époque. La Chambre des pairs ne s'en émut pas outre mesure, mais, à la Chambre des députés, les hostilités s'engagèrent dès la foriiiation du bureau. Seul, le pré>id('nt Koyor-Collard. n'était pas son adversaire déclaré. Mais les vice-présidents, Dupin, Bourdeau, de Cambon et de Martignac, ainsi (jue les ((ualre secrétaires et la commission chargée» de rédiger l'adresse étaient nettement hostiles au gouvernement. Le texte de l'adresse fut voté le 1G. et cette adresse, dite des 221, creusait un abîme infranchissable entre la royauté et la représentation nationale. Le 1"^ avril, dans les salons des Vendanges de Bourgcfine, un banquet était oflert aux députés de Paris. Des discours violents y étaient tenus contre le ministère de Polignac, qui ripostait brutalement, le surlendemain 3 avril, par la condamnation du gérant du National^ à trois mois (reMq)risonnement et d,000 francs d'amende, et de Dubois gérant du Globe, à quatre mois (Temprisonnement et 2,000 francs d'amende pour articles s'attaquant à la personne du Roi.
Le gouvernement comptait opérer une diversion à l'aide des fêtes données en l'honneur du Roi et de la Reine de Na[)les, qui étaient arrivés à Saint-Cloud le 12 mai. Mais, le i7, le Moniteur publiait l'ordonnance par laquelle la Chambre des déjmtés était définitivement dissoute et fixant en outre : au 25 juin, la réunion des collèges d'arrondissement; au 3 juin, la réunion des collèges de déj)artement et enfin, au 3 juillet, la convocation des Chambres. Le 31 mai, il y a grande fête chez le duc d'Orléans, au Palais- Royal, pour recevoir le Roi et la Reine de Naples. Charles X s'y rend vers dix heures
du soir, reçu respectueusement. à Tentrée des salons, j)ar celui qui, deux mois plus tard, devait ceindi-e sa couronne. 11 a entendu, sur son chemin d'étranges rumeurs. On sent Douillonner les colères de ce peuple qui contem])le, muet et sombre, les fenêtres illuminées du Palais-Royal: et près de lui, dans un groupe. M. de Salvandy profère le mot célèbre : « Nous dormons sur un volcan! * Tout à coup, une flamme immense jaillit, dans les jardins, près de la statue d'Apollon, en même temps ((u'une bande de jeunes gens, se tenant par la main, entonnent le Ça ira révolutionnaire. C'est la foule qui brûle les chaises et ([ue le 3» régiment de la garde expulse violemment, pendant qu'au balcon leroiCharlesX songe à sa flotte d'Alger et compte sur le prestige de la victoire pour rafl'ermir son trône chancelant. Dès lors, les événements se précipitent. Aux élections des 23 et 24 juin, l'opposition réunit les deux tiers des voix, et reffervesçence est telle que la nouvelle de la prise d'Alger, parvenue à Paris dans la soirée du 9 juillet, n'éveille aucun enthousiasme. Les préoccupations sont ailleurs. On s'inquiète tout aussi peu de la réception à l'Académie française, de MM. de Ségur et de Pongerville. On attend la provocation du gouvernement. Llle se produit le 25 juillet, avec l'ordonnance portant dissolution de la Chambre des députés, changement du mode d'élection et abolition de la liberté de la presse. On a eu soin de choisir un dimanche, pour l'apparition de cette ordonnance auMoniteiir. Mais TefTet n'en est pas amoindri.Le lundi 26 voit laprotestation des journaIiste> de l'opposition, rédigée dans les bureaux du National par Thiers. Châtelain et Cauchois-Lemaire. Vax même temps, l'insurrection se dessine. Le mardi 27, elle éclate de toutes parts. Les boutiques des armuriers sont pillées. I^es combats s'engagent sur tous les points de Paris. La Révolution commence. Georges Lefèvre.
FIDEL TE, A LA PATRIE. — OA S- RELIEF DECORATIF DU LOOVRE. après une estampe de la Bibliothèque des Beaux-Arts.)
HKVOMTIO.V I) K 1830.
Le i)™' (le li^çno reluso de tirer sur le peuple.
D"a)irt>. une ffravurc 'In ttMii|i>. — ( •'. ollec ( ion (Charles SiinonJ.)
LES ÉCHOS DL PARIS
LA PREMI^.RR d'hER.N'AM.
D'après un« caricatur* du temps. — (CollecUon G. de Nouvion.)
La bataille d'Hernani.
DKs avant la première représentation, Uernanx ocnipait les cent voix de la Renommée.
On l'exaltait et on le bafouait d'avance. On en citait des vers grotesques dont la célébrité était une excellente réclame pour l'ouvrage, selon lo procédé indiqué dans un rhapitre très spirituel de Jérôme Paturot II >■ avait de ces vers qui étaient imaginés par les plaisants; mais tel autre, non moins bouffon, était parfaitement authentique; celui-ci notamment :
J'écraserai dans IVruf ton aigle impé-
[riale.
Deux ou trois ouvrages classiques, le Cloris de Lemercier, le Gustaie-Adolphe de Lucien Arnault, qui passaient avant Uernani, moururent bientôt dans l'indifférence et la solitude; Arnault fils fut, comme son père, un des sacrifiés. Le terrain étant ainsi déblayé, le grand jour iïllernani arriva enfin. Ce jour-là, 25 février i830,non seulement dans la sphère des lettres mais encore parmi les gens du monde, il n'y eut
pas d'autre affaire, pas d'autre intérêt qu^Hemani. Si, dans l'entretien de deux personnes qui se ren-
RÉCNION BÉRARD (27 JUILLET 1830.)
Gravé par Ruhier d'après un dessin do Raffkt (Collection d. Hartmann.)
contraient ou cheminaient ensewnble, vous veniez à entendre quelques mots, il y avait gros à parier qu'H^rnani en était le sujet. Le ministère Polignac lui-même avait trêve. Avec quelle ardeur, quelle fureur on se disputa les loges et les stalles! Quels bataillons d'admirateurs enragés, de séides féroces.
siège, l'improbation eût couru des dangers graves. On raconta, dans le temps, qu'aux étages supérieurs, quelqu'un ayant hasardé un murmure, des cris : A la porte! s'élevèrent furieux, et qu'un zélé, plus furieux encore, cria : t Jetez-le dans le parterre ! • Heureusement, la chose n'alla pas jusque-là, peut-être par la seule crainte du résultat pour ceux qui se seraient trouvés dessous.
Cependant, il fallut bien, après trois ou quatre représentations, et dans l'intérêt de la recette, laisser entrer tout le monde, et les protestations eurent leur cours. Chaque fois, des sons aigus accueillaient les traits trop risqués et défiaient le fracas des bravos; mais, comme Henn 111, la pièce faimit de l'argenlf re qui constitue le mérite capital... aux yeux du caissier.
Th. Muret.
(L'Histoire par le Théâtre.)
Un passage d'une parodie d'Hernani.