‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 428 sur 455 · AU COMMENCEMENT DE · texte numérisé non relu

AU COMMENCEMENT DE

TANDIS que le calme régne dans les quartiers opulents, que l'ouvrier se délasse encore dans les bras du sommeil des fatigues d'une pénible journée, à la lueur des lanternes à demi éteintes six mille paysans arrivent conduisant à la balle des voitures chargées de

légumes et de fruits; le maraîcher y vient courbé sous des monceaux d'herbes potagères. Un marché commence, où se vendent en gros les denrées qui alimenteront dans le jour les marchés de détail.

Bientôt suivent à la file les voitures de la ma-

rée, de beurre et d' œuf s. La vallée se garnit de volailles et de gibiers.

La vente en gros cesse à neuf heures ; les paysans regagnent leurs demeures rustiques, laissant les halles, pour le reste de la journée, aux marchands en détail.

Dés l'aube du jour, les chars des laitières ont devancé les lourdes voitures des rouliers, succombant sous le poids énorme des marchandises de toutes espèces qu'elles amènent; leurs files se croisent avec les pesantes diligences qui broient le pavé en emmenant les voyageurs.

L'ouvrier s'arrache de sa couche.

A six heures l'activité renaît dans tous les ateliers ; les métaux se faronnent de mille manières, l'enclume résonne sous le marteau du vigoureux forgeron; le bois reçoit toutes sortes de formes agréables et utiles sous la main du charpentier, du menuisier, du

L AFFAIRE DE LA CASERNE DE DABYLONB. D'après une gravure du temps. — (Collection Hennin.)

tourneur, de l'ébéniste; la laine, la soie et le coton, conduits par une navette habile, composent de leurs trames les plus belles étoffes; tandis que la pierre se modèle de toutes façons pour entrer dans la construction des édifices ; le marbre et la toile s'animent sous le pinceau de l'homme de gé-

PARIS SOUS LA RESTAURATION

nie ou le ciseau du statuaire. Les ouyriers interrompent pendant une heure leur travail, à neuf heures pour déjeuner, et à deux, pour dîner, et le continuent jusqu'à six pour les journaliers employés dans les bâtiments, et à huit pour ceux occupés dans les fabriques.

Le marchand se hâtant autrefois de se placer à son comptoir deux heures avant le jour, commence maintenant à ouvrir sa boutique à six heures entêté et à sept en hiver dans les quartiers

encore recevoir à deux heures. Les étudiants en droit, munis de codes, vont apprendre les éléments de la jurisprudence sous les Delvincourt et les Pardessus; et les savants écoliers du Collège de France et des Facultés, achever d'éclairer leur esprit et de former leur goût à l'école des Lacretelle, des Lemaire et des ïissot.

Les biblioihéques et les musées se remplissent, à dix heures, d'hommes studieux, jaloux d'augmenter leurs connaissances par l'étude

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