PLACK I>ES VICTOIRES. — PREMIÈRE VICTIME
PORTÉE DANS PARIS, gravure du lemp«j. — (Musée Carnavalet.)
COMILYA, ôtnnt sou chapeau.
Cette dernière image.
C'est votre serviteur, à la fleur de son âge. Vous ne l'auriez jamais deviné, je le crois ; Je pense qu'il fut peint vers l'an mil huit cent trois; C'était bien mon habit, mon gilet, ma tournure, Mais il ne m'a jamais ressemblé de figure : Ce n'j'st pas étonnant, c'est une occasion. Je Tachetai tout fait ù. l'hôtel Bullion.
CHARLOT
Nous sommes, grâce au ciel, au bout du catalogue. Je n'aurai plus de voix pour mon grand monologue.
Auguste de Lauzannb.
(Harnali ou la contrainte par eor.)
La réception de Lamartine à l'Académie française.
DEPUIS longtemps l'Académie française n'avait fait un choix plus agréable au public,mieux sanctionné par l'opinion générale, que celui de M . de Lamartine, nommé sur la fin de l'année dernière, en remplacement de M. Daru.
Depuis longtemps aussi, elle n'avait yu une réunion plus bril-
DÉFENSE d'une BARRICADE (±S JUILLET 1830.)
D'après une gravure du temps. — (Musée Carnavalet.)
Le 28 juillet un ré^^iment suisse, débusqué apKs un vif combat d'une rue d'où il tirait depuis le malin sur le peuple, se replie en désordre vers le Louvre. Quelques compagnies, animées par le désespoir, s'élancent contre une barricade faiblement gardée. Après une longue résistance de la part dos défenseurs auxquels s'unissent leurs femmes et leurs cnfanls, les soldats vont écraser par leur nombre, ces hommes qui préfèrent la mort h la fuite, lorsqu'une troupe victorieuse, commandée par un élève de l'Kcole Polytechnique, les rejelle de l'aulre côié de la barricade et les met dans une déroute complète.
lante et plus ' nombreuse, l'ne foule de jolies femmes se disputaient à la porte, eneore après que la salle était remplie, le plaisir d'assister au
CHARliE DES CUIHASSIEIIS, RUE SAINT-ANTOINE (S8 JUILLFT.)
Lilhograpliie d'ENGELHANN d'après un dessin de SwEBACH. — (Collection G. Hartmann.)
Le bois, le pbmb, le fer, les cai loux anguleux Déchirent en sifllant les uniformes bleus.
triomphe du poète des Méditations. M. de Lamartine a, comme le grand prosateur du siècle, l'honneur d'être réclamé par les deux écoles qui se disputent maintenant le Parnasse. L'une y voit
un poète qui a retrouvé la lyre harmonieuse et pure de Fxacine, l'autre y admire cette mélancolie rêveuse qui élève l'Ame k des idées d'un autre inonde ou d'un autre ordre que la poésie vulgaire.
Kt lui-même, en tendant la main aux deux partis, n'a pas le tort d'en choisir un. Il sent que c'est le génie qui classe les hommes dans toutes les écoles.
On remarquait sur la physionomie du récipiendaire, lorsqu'il s'est levé pour faire le discours d'usage, l'empreinle de la tristesse profonde »dont celle journée de gloire n'a [)oint ciïacé la trace. 11 avait eu le malheur de perdre sa mère quelques jours après sa nomination à l'Académie. Cette circonstance pénihle, en nécessitant son éloignement de Paris, avait retardé l'époque de sa réceplion. Klle a servi d'exorde à son discours et lui a donné tout d'abord un caractère particulier de mélancolie et <le religiosité (jui sortait des formes banales de l'oraison académique, mais qui allait merveilleusement au poète des Méditations.
Arrivé à l'éloge de son prédécesseur, qu'il fallait bien aborder, M. de Lamartine a laissé voir quehjue embarras. Il n'v avait pas entre eux cetle analogie intéressée de talent, de caractère et d'opinion, qui fait qu'un académicien vulgaire se loue^si complaisamment dans l'éloge d'un autre;
PARIS SOUS LA RESTAURATION
M. (le Lainarliiic a ju^e non pas seuleinonl en homme de i:oût, en homme de l'art, mais en homme nourri et pénétré ch^s rhefs-ddMivre de rantiquité, l'excellente traduction que M Daru a l'aile (les odes, des satires el deséjutres d'Uoraee,
quehjues fleurs sur hi tombe du respeetable rluc -Malliieu de .Monlmorenc,\ ; il a trouvé moven sur la fin. en opposant aux déiraetours du siéi'le les lalenls que ce siéelc possède et la^'énération destinée à les remplacer, de rappeler à l'Académie
COMItAT I)K LA RUK S A i >' T- A N T 0 I Mi (2Î8 JUILLET ISIJO.)
D'après une gravure du temps. — (.Musre Carûavalct.)
donnant de beaucoup la préférence à rclles-ci, déclarant d'ailleurs les poètes intraduisibles, et dédommageant le traducteur d'Noracc de la petite part qu'il lui faisait par un honnnage à VuuivcrsnUté de ses connaissances, à celte haute ai)lilude, à celte haute austérité qui ont l'ait de M. Daru un des hommes d'Klal les plus distingués, dans un siècle fécond en hautes capacités, M. de Lamartine avait jeté, au commeucement de son discours,
que plusieurs de ces talents lui manquaient encore; il lui faisait entendre (pi'il serait temps de leur ouvrir srs portes sans acception de doctrines littéraires: vœu qui parut hardi devant l'illustre compagnie, où le romantisme n'était pas en faveur.
M. Cuvier, homme de tant de savoir, de goût et de célébrité, était, heureusement pour T Académie, chargé de répondre à M. de Lamartine, il s'est atta-
ché à faire observer avec une dignité mêlée de quelque ironie que l'Académie se ferait une loi d'appeler dans son sein tous les hommes qui, sans
ATTAQUE 1)1' LOLVRK.
iD'aprés une gravure du temps. — (Cahimt des Estampes.)
offenser la raison ou la lamjacy siiiiraieiit jeter dans leurs œuvres un intérêt de nouveauté véritable, et sans suivre servilenient les traces des grands maîtres, se rendraient dignes d'être euxmêmes des modèles.
Et, à ses yeux, Tauteur des Méditations avait eu cette gloire.
(Annuaire historique de Lesur.)
Tableau
d'une journée
de Paris