BARRICAOE RUE DE L*ÉCHELLE (29 JUILLET
Lithographie d'ËNCELMANN d'après un dessin de SwEBACH. — (Collection G. Hartmann,)
Sortez du Carrousel par les hautes arcades Poussez vos forts chevaux contre nos barricades {L'Insurrection.)
comptoirs, pour méditer les spéculations qu'ils réaliseront à deux heures à la Bourse, et expédier leurs affaires; les payements s'ouvrent, une foule innombrable s'agite, se presse dans les rues; les courtiers vont prendre les ordres de leurs commettants, les garçons de caisse, l'énorme sacoche sur le dos, courent faire la recette du jour; une foule . d'affaires se concluent, tandis que la multitude
des sollieileurs, apivs avoir été implorer la bienveillance de leurs patrons, vient assiéger les audiences dos ministres et faire retentir les biireiHix de ses demandes.
Celte activité dure jnscju'â qualrc heures; alors se rcrmcnt tout à la l'ois les bureaux, les tribunaux, les caisses, et cessent en même lem[)s toutes les afVnires imporlantes. Des lors, on s'abandonne au repos, un ne s'orcnpe plus que de plaisirs. Le bourf^'enisdine^Miemenl en famille; les heureux du jour se rendent en voiture à des dîners priés dont l'ennui et i'élifiuette ( orrompent les viandes apprêtées par les plus habiles cuisiniers La foule des étran- {<ers et des ei'libataires se presse chez les restaurateurs, où. savourant i\ leur gré des mets exquis, ils se nuHlent au fait des anecdotiBS du jour, du tarif de la roulette et du cours de la Dourse.
Bientôt les théiUrcs, les spectacles, les cafés se remplissent : ces amusements durent jusqu'à onze heures.
Les boutiques, closes depuis neuf heures dans les quartiers éloignés du centre des plaisirs, sont alors partout exactement fermées.
Le paisible citadin rentre tranquillement dans sa demeure, abandonnant la ville aux bruyants équipages des gens du bon ton qui, vivant le jour dans le désœuvrement, prolongent leurs pénibles veilles dans des bals, des parties d'un jeu trop souvent ruineux, et de futiles plaisirs, sans jamais trouver le bonheur et les véritables jouissances réservées à un travail modéré, à l'amour de la science et l'exercice des vertus.
F. M. Marchand.
(/^ nouveau conducteur de VÉtranger à Parié.)
PARIS SOUS LA RESTAURATION
Les trois glorieuses.
27 juillet 1830
E 27, à midi, le général Mariiiont, chargé un peu tard, mais chargé enfin de diriger l'armée qui (Uni contenir Paris, commande aux
les places du ('arrousol et du Palais-Uoyal, deux autres prennent position avec deux pièces de canon, sur la place Louis XV. Doux pièces de canon et un sixième bataillon de la garde campent sur le boulevard des (Capucines t\i dans l'hôtel du ministre des Affaires l']trangéres, défendu jusque-là