‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 44 sur 455 · LA VEILLEE · texte numérisé non relu

LA VEILLEE

D'après le Suprême Bon Ton. — (Bibliothèque de la ville de Paris.)

L'affaire Cadoudal n'émut point les salons de Paris au point de faire cesser les diners élégants. Les tables de jeu restèrent dressées et les parties ne s'achevaient, comme de coutume, pas avant onze heures. Mais, au faubourg Saint^Germain, on jouait peu d'argent, personne n'en ayant beaucoup.

PARIS SOUS LE CONSULAT

fSMii^ prêter beaucoup d'atlenlion aux exliorlalions \\n prêtre qui leur parlait à voix basse, en mettant sous leurs yeux l'iiuage du Christ ; mais (ieorges. au contraire, avait constamment tenu latète baisséeet récitait ses i)rières. Il en était à V Ace Maria quand il aperçut Tinstrument du supplice, et s'arrêta à ces mots : « Ayez pitié de nous maintenant... » (^omme soncoidesseur l'enga^Hîaità continuer :

— Pourquoi mon père? demanda (ieorges avec douceur : •« Maintenant, et à l'hcuro de notre mort, 9 n'est-ce pas ? Eh i)ien ! c'est inutile, puisque nous y voilà.

A l'instant où les charretles dcboucliércnt sur la place de (Jréve, la cohue qui les avait suivies s'étanl conîsidérablement grossie pendant le parcours déborda tout à eoup sur la place comme un torrent, et roula vers lérhataud protégé par un triple rang de dragons et de gendarmes, puis, tout ;ï coup, il se lit un grand silenre. Ceux qui étaient dans la [»remiére charrettcî en descendirent, les prêtres s'idoignérenl. Ce lut alors que Cieorges s'adressant à relui qui paraissait être le chef des exécuteurs, lui dit :

— Monsieur, on a dil vous apprendre (jue j'ai demandé à mourir le i»remier; c'est à moi d'ailleurs à montrer l'exemple : quand vous aurez tait votre office, n'oubliez pas de montrer ma tête ti mes compagnons, alin de leur oter l'idée que j'aie pu leur survivre.

Et après avoir affiché ce mépris si nol)le |)Our ce que l'homme redoute le plus, la mort, il se laissa conduire, monta les degrés d'un pas ferme et fut exécuté le premier. Mais lorsfpie le bourreau, pour accomplir le vœu du supplicié, eut saisi par les cheveux sa tète pour la montrer au peuple, un murmure sourd et terrible s'éleva de tous les

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