‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 441 sur 455 · LES DEUX RIVALES · texte numérisé non relu

LES DEUX RIVALES

D'après une gravure du Monde dramatique. — (Bibliothèque Nationale]

pages. Les somptuosités éphémères de l'aristocratie impériale sont déjà oubliées: maintenant, c'est le boutifjuier ou l'humble rentier du Marais, qui donne le ton à la société. Les héros ou les types caractéristiques de l'époque , ce sont : M. et Mme Denis, et l'excellent M. Dumollet, et le soldat laboureur, et la Frélillon de Réranger. Plus de militarisme : tout au plus, des épiciers ou des bonnetiers ventrus, déguisés en gardes nationaux, et semblables à des pompiers de village, jouant aux cartes à la porte d'un corps de garde. Jamais le Parisien n'a été plus badaud qu'en ces heureuses années de 4845 à 4820, où Ton savourait si placidement les ioies toutes nouvelles

de la paix, de la sécurité, l'ogre de Corse étant enfin enchaîné là-bas, bien loin, en Afrique. Lo jardin des Capucines est le but de promenade préféré des flAneurs bourgeois, sous la Restauration. Mais aussi, c'est qu'on .y trouve réunies tant d'attractions : une ménagerie, des saltimbanques, une foire perpétuelle, le cirque des iVércs Franconi, et la baraque du fameux physicien ou prestidifzitaleur Holicrts'^»:;. et le glorieux petit théâtre où brillèrent simiiltanomcnt Potier, Vernet, Tiercelin,

Odry, Cazot, Boquier-Cnvaudan, Lepeiutre, ces acteurs incomparables .

Puis, à l'autre bout <le Paris, il y avait W boulevard du Temple, autre centre d'attractions merveilleuses :

c'est là (|u*on rencontrait la belle Mailele'nu', la marchande de gâteaux de Nanterre, célèbre dans toute l'Europe, et le grimacier Valsuani, qui, monté sur une chaise, chantait et mimait avec un réel génie la terrible H elle Ihin'bonnaisc : c'est laque régnèrent Hobéche, Calimafré, et Manon la vielleuse; c'est là que Miette exécutait sa danse des œufs, affublé d'un grotesque uniforme de lancier polonais dontil avait coupé les manches à la hauteur du coude : sans doute afin de pouvoir mieux escamoter ses muscades et débiter ses paquets de savon à détacher... C'est là qu'on admirait le cabinet de ligures de cire de Curtius; c'est là que l'immortel Bilboquet lançait ses pitreries et contrebalançait Id gloire de Talma.

Pareilles gaietés de la rue n'existent plus aujourd'hui; et c'est bien dommage. Les charlatans et saltimbanques, établis à chaque carrefour, entretenaient parmi le peuple le goût des lazzi, du calembour drôle et jaillissant. Les promeneurs s'abordaient et plaisantaient entre eux. Tout était prétexte à bavardages et à mots piquants et à définitions burlesques. Le vrai type du badaud parisien de cette époque, c'est ce M. Prudhomme

lltlir.ELIN, ACTKUll COMKM K.

D'après un porliail du Moud'- dramati'jur. ~- (l'ubliollnque Nalionolo

créé par Dumersan en son vaudeville le Pont d^es Arts. Ce même gobe-mouche jovial et volontiers sentencieux se retrouve d'ailleurs dans toutes les comédies, dans toutes les estampes de mœurs du premier (juart du siècle.

In des plus grands plaisirs du bourgeois ou boutiquier sous la Restauration, c'était de railler les Anglais La revanche de Waterloo s'exerçait ainsi en raricalures ou en chansons. Colossal fut le succès des Anglaises pour rire, de Sewrin et

Dumersan, où Rrunet et Potier, déguisésen miladys extravagantes, dansaient la gigue aver une telle frénésie qu'ilsen perdaient leurs jupons.

Otte même guerre d'escarmouches contre la |)erfide Albion se pourr.uivait jusque dans les salons : lady Morgan, célèbre romancière londonienne, étant venue visiter la France dans le but d'en décrire les mœurs en un volume sensationnel, Henri Reyle (Stendhal) s'amusa à la mystifier :

s'offranl à la piloter dans Paris, il lui donna sur toutes choses les dclails les plus fantaisistes, les plus abracadabrants que la bonne dame enregistrait gravement à la grande joie du groupe de lettrés ou d'artistes initiés aux péripéties de cette farce dirigée avec tant d'art ..

Ces plaisanteries un peu grosses et un peu prolongées étaient bien dans le goût de l'époque. La gaudriole régnait en souveraine maîtresse dans i*aris, vers 1820. Chaque jour, les badauds se bousculaient, rue du Coq, à la devanture du fameux marchand d'estampes Martinet, pour admirer les énormes, les truculentes caricatures du fécond (iaudissart, ce Ilogarth français. En outre, les goguettes ou petites académies chantantes abondaient dans tous les quartiers; il y en avait de très cocasses, telles que : les i»alefreniers du cheval d'Apollon, la Société du Chat qui pisse, etc. . . Les bourgeois les plus corrects menaient, le

PARIS SOL\S LA RKSTAURATION

dimanche, leur famille boire du vin bleu dans les guinguelles ou bastringues ou cafés dansants de la banlieue. A Relleville, il y avait le fameux établissement de Desnovers; à la barrière du Maine, le débit de la mère Sagncl jouissait dune vogue considérable auprès des rapins et des étudiants et grisettes; à. la Villctte, trônait dans un modeste cabaret cette célèbre mère Uadig, qui occupa tant les bavards cancaniers vers 1818 : la poigne robuste et l'exubérance luronne de cette ex-vivandiére ivrognesse défrayaient les conversations de tous les loustics de la capitale ; on se racon tait ses hauts faits et ses batailles à coups de poing avec des charretiers, avec des rôdeurs, avec des plâtriers de Montmartre; mais, un jour, elle trouva son maître ; un vigoureux ma nant lui administra une fessée vengeresse..

Aussitôt, les caricaturistes s'emparèrent de cet incident, et montrèrent sous toutes ses faces l'bumilian te défaite subie par la virago. Tels étaient les poli ns de Paris sous Louis XVIII:

tréspopulaciers très prolétaires, portant presque exclusivement surlepetitmonde des humbles, des sans le sou, des originaux vagabonds. Les si réalistes et si argotiques comédies de Brazier, de Dumersan (telles que le Coin (le rue)f dont les héros sont des gueux ou des ouvrières au langage faubourien, étaient celles qui plaisaient le plus à la foule.

Les vaudevlllisles de d8 15 à i 820 criblèrent aussi de leurs traits acérés l'inslitution, alors toute nouvelle, des agences malrimoniales : M. Villiaume et M. de Foj, ces audacieux fondateurs du courtage conjugal, sont tout particulièrement attaqués, dans les revues de fin d'année; les dramaturges, fidèles défenseurs des intérêts moraux ou sentimentaux de la petite bourgeoisie, ne pouvaient pas laisser s'introduire sans protestations cet

m"« mars.

D'après un porirnit du Monie dramati'/uc. — (Bibliothèque Nalionale.^

américanisme des mœurs et cette commercialisalion du mariage. Pour bien comprendre l'ensemble des états d'Ames du boutiquier ou du badaud parisien en cette période de d815 à 1830, il faut relire certains romans de Victor Ducange, où apparaissent de si délicieuses silbouettes de 'grisettes, de marchandes, de l)ourgeoises au cœur excellent; après quoi, il importe d'étudier avec une |)ieuse vénération l'œuvre des deux grands dessinateurs populaires du temps, Pigal, Marlet,

qui enregistrèrent avec une honnête et patiente candeur les menus épisodes de la vie despetitesgens:

rentiers modestes, commères bavardes, concierges , ivrognes, gamins...

C'est li\, et non <lans les grands tableaux soi-disant historiques du musée de Versailles, que revit Pâme de la race. Cette école des caricaturistes parisiens de d820, prolétarienne, si ingénue, si bon enfant, reste une chose unique dans l'histoire de l'art français tout entier ; de même que le Paris de la Restauration conserve, aux } eux de la postérité, une physionomie bien à lui, toute bourgeoise, toute différente du Paris Louis- Philippesque que nous allons décrire bientôt avec ses dandysmes et ses bohémianismes et ses romantismes et ses Saint-Simonismes.

Il n'en reste pas moins original de constater que, sous la monan-hie absolue des Bourbons, de 1815 il 1830, la littérature et l'art et les mœurs eurent un caractère constamment démocratique; ce ([ui montre que l'évolution des idées d'un peuple se fait logiquement, harmonieusement, et que les formes gouvernementales ne sauraient l'influencer ni l'entraver en quoi que ce soit.

Raoul Deberdt.

i'AlllS DE 1800 A 1900.

l.A MobL L.N \6:Hi.

Béret do velours plain ornô do franges et d»' j;laiids

de soie. Holic écossaise on soie. Manteau

de Casimir bordé do ganses.

(D'ajuès /<■ Co.'^tumr jiarisirn de IbJC.)

La mode sous la Restauration.

/~>ÉEs quinze années d'histoire lointain»» I , paraissent d'hier Iors(iu'on les étudie: ^-^ ce monde est le nôtre eomj)lètenient ; on retrouve en lui tout le germe encore indécis de nos idées et de nos passions contemporaines. Changez les acteurs, vous démêlez le scénario pareil, tan tôt accommodé à la façon bouri;eoise sous Louis-lMiilippe, à la mode césarienne sous l'Empire, et à la Révolution athénienne et sceptique de notre temps. 9î] (jui a passé sur le beau monde du xvnr siècle Ta conformé, contourné, soumis. Encore que les émigrés rentrés en France le souhaitassent, ils ne purent renouer les traditions; ni l'esprit, ni les goiUs, ni surtout les nncurs ne parvinrent à se relier à ceux d'autrefois. Le> gens de la Restauration, contre leur gré, et tant de chagrin (ju'ils en puissent maniuer. sont du xi\« siècle expressément, comme ceux de l'Empire, ceux de la monarchie citoyenne, ou ceux du coup d'État. Mais nous, après ces quatre-vingts ans passés mainfenant. nous nous gardons pareils: ipion note par hasard

une différence, elle porte sur les intentions beaucoup plus (\uq sur les résultats. En politique, nos naïvetés sont égales; en art et on littérature, nous sommes restés romantiques; l'j'cart tenté par nous a consisté dans une transformatiofi de l'idée : au romantisme sincère de 18:2."). nous en avons substitué un autre plus utilitaire. Nous avons surtout mis dc< pédales aux vélocifères de 1818, et des hélices aux bateaux à vapeui* de JoulTroy ou de Fulton. Pour tout le reste nous demeurons les - ennuyés •• de Longchamp. les sportifs du champ decourNes. admirateurs du banquier de la (Ihaussée d'Antin, solliciteurs de sinécures. (Jue Mme Récamier nous revienne, elle revei'rait sa clientèle de vieux et de jeunes. Mme de iJuras referait se> pièces, et Paul-Louis (lourier, coniprouiis dans beaucoup d'histoires graves. continuerait à payer l'amende... I']n réidilé.la seconde rentrée des Bourbons, après les Cent .lours. n'a rien bouleversé. Le grand monde dellùnpire, sauf les rares attachés au régime, a su très vile reprendre sa place. Oue telle maréchale, cliente de Leroy, per-onne r'ii'irante el tout à fait notée pour

Coiiîure en clioveiix. soutenue par un peigne

dVcaille. Rol)0 de mérinos à ]»èlerine boutonnée

«t volants bro'lts en soie.

•i)"ii]>irs le Costuiiie i(u>'sii.'n de 1826.)

PARIS SOUS LA RESTAURATION

son style se retire quelques journées, le temps de laisser les choses prendre tournure, elle prévoit les suites. Elle devine que le mari pardonné, repentant, créé chevalier de Saint- Louis ou portant un Saint-Esprit sur Tépaule, reprendra son rang de cour, qu'elle-môme y sera accueillie comme un modèle. Car de ces dames émigrées, revenues en hâte, ayant tenu pendant vingt ans toutes les cours d'Europe, nulle ne se sent en possession assurée des nouveaux canons mondains; ce sont des Anglaises, des Autrichiennes, des Russes qui nous arrivent fagotées extraordinairement, si peu entendues aux fashions, si désargentées souvent, qu'une réception aux Tuileries les jette en des transes. Et c'est jeu médiocre que le dédain en pareille matière; on aura beau mépriser l'Empire, tourner en dérision les duchesses « subites », proclamer folle l'aristocratie impériale, il se faudra rendre à l'évidence, comprendre qu'en ces quinze années écoulées, tout l'intérêt du monde, la richesse, la gloire, se sont concentrées à la cour de Napoléon, que les modes se sont imposées à TEurope, ont détrôné U' vieux jeu, ont forcé Madame Royale, la duchesse d'Angoulôme, fille de Louis XVI, à vêtir les modes révolutionnaires, telle une Reauharnais! Sur le3 personnes d'dge, ci-devant sorties de Paris emportant leurs paniers dans une malle, et leurs chapeaux à la Gabrielle de Vergy au fond d'un carton, les nouveautés aperçues provoquent un eiïroi, mais la génération nouvelle, les jeunes femmes qui n'ont point souffert de la Terreur, qui sont nées en exil, s'y sont plus facilement ralliées. C'était une élégante d'empire, la belle dame coiffée de son chapeau Paméla, laissant tomber joliment son cMle, celle qu'on avait aperçue chevauchant sur un coursier cosaque aux côtés de l'empereur Alexandre le jour où les alliés étaient entrés à Paris. Et dans le carrosse royal où Louis XVIII s'en vient sur le Pont Neuf saluer son aïeul Henri IV, la duchesse d'Angoulôme rappellerait Joséphine Tascher, sauf ([ue peut-être elle n'a ni la grâce ni l'élégance de l'impératrice défunte. En falbalas, en linons, en dentelle, elle n'en diffère pas, et la raison, c'est que Leroy, le couturier, a très peu varié ses modèles, et que, pour avoir sur sa boutique remplacé les aigles par les fleurs de lis, il n'a point cru devoir faire plus, ni restituer les paniers de l'ancienne observance. La Restauration hérite donc, à son début, dans le premier moment d'abandon et de désarroi, de la coquetterie impériale. Celle-ci avait eu la prétention de s'inspirer de l'antique, mais en 1815 elle a souffert tant de

caprices de; coquettes, tant de bizarrerie d'humeur, que son expression d'origine s'est totalement changée. Le thème admis en 1815 n'est plus à beaucoup près celui d'Austerlitz; on s'est habitué aux tailles moins hautes, aux énormes capotes, aux chAles en pointe, à la robe très courte. C'était la formule récente entrevue par les émigrées dans les cours étrangères, en Russie surtout, où les grandes-duchesses affectaient de s'habiller en France, et de commander à Leroy ou à d'autres les parures de cour. A de plus graves enthousiasmes, à tout le bonheur que la Restauration légitime leur apportait, les émigrées ajoutaient la curiosité intense de venir prendre à leur source ces luxes vantés de l'Europe entière, et devenus l'évangile galant des mondaines, lîien mieux, — et les grandes dames de l'Empire avaient jugé très juste, — il ne suffisait pas pour les nouvelles venues de se costumer au ton du jour, il leur fallait entendre les - chics ». ce (ju'on nommait «le genre », c'est-à-dire la manière infléchie nonchalante, très co(iuette, déporter ces choses, de s'en parer avecgrïkeetdistinction. Desmaréchales furent là tout à propos, beaucoup d'autres personnes moindres, qu'une entrée à la cour, même acceptée sur ces motifs, rendit fort heureuses. L'aristocratie royale eut loisir de constater combien les légendes sèment de faussetés à travers le monde. Les duchesses que les vieux seigneurs perclus s'entêtaient à proclamer des drôlesses, qui « se mouchaient dans leurs doigts », dont la parole s'émaillait de pataquès imprévus, tranchaient aux soirées de la cour sur les autres. Elles étaient les plus belles, les mieux disantes, les plus françaises. Leurs façons alanguies, très aristocratiques, infiniment cherchées, raillaient les pires , détracteurs: on apprenait d'elles la révérence coulée, le maniement du gant ou de l'éventail à la moderne, les allures princières de la marche ou du repos.

Un an avait rendu à Leroy toute son importance; bien mieux il grandissait, il «rayonnait » pour dire le mot malicieux de (iarnerey. A son magasin, c'était la foule. Et non plus des émigrées seulement, des douairières ou des jeunes, mais la cohue des Allemandes, des Russes, des Anglaises. Son livre, conservé au cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale, est un curieux monument d'histoire. On y voit passer lady Wellington, femme du vainqueur de Waterloo dont les avarices sont notoires : puis lady Sydney Smith, la comtesse de Jersey, lady Torlonn, la marquise de Landsdown, lady Aylesbury, l'ambassadrice d'Angleterre, lady Stuart de

Rothsay. La vogue dont ces personnes jouissent chez nous tient à la candide anglomanie dont les Français se montrent enthousiastes; elles s'inspirent de nos goiUs et bientôt nous imposent les leurs. Il s'ensuit que bientôt Leroy, loin de les dominer, les doit suivre, jusqu'à raccourcir les jupes à l'anglaise, adopter d'étranges chapeaux, allonger les tailles. On en est à cette phase au beau temps de la duchesse de Berry, quand lady Morgan est venue. Lnlre 1820 et 1830 toute l'imagination (lu couturier se portera sur deux points : faire de la jupe une cloche, de la tête un monument, du corps un fuseau. A la fin du règne de Charles X, la femme longue de 1815 sera devenue une clochette; celle de Grevedon. de Deveria et d'Eugène Lami, la romantique, la « toute

LE MEIBLE PAHI.-IEN.

Piano droit de la Maison Plcyol.

D'après un dessin rie Pfcit< iki».

mais

élé

Il y a la perruque que le ^eune n'admet plus, la moustache terroriste qu'il adopte ; les favoris, les hauts toupets.

Ceux qui pour fêter le romantisme voudront le chapeau pointu et les gilets à la Robespierre, comme Lagrange ou Jérôme Paturot, prendront grand soin de rappeler par un avis ce qui se porte de mieux et de plus élégant. Une chose domine, le chapeau haut de forme. De ce tuyau misérable les beaux font un joujou, ils le haussent, le baissent, l'écrasent ou l'amplifient suivant les caprices du jour. On en voit de gris à longs poils, de noirs, de jaunes en paille, de violets en étoffe peinte. Le ton n'est pas de s'en savoir coiffer, car on dérange le toupet, ,^amment, de le tenir sui-

belle * souple, sautillante minaudière. Au fond, riun ne change de l'Empire :

ni pour les hommes ni pour les fem mes : ce n'est que la complète révolution d'entre 1781) et 1800.

Que les femmes écourtentleur robe, elles gardent dans ses lignes les intentions esthétiques du Consulat et de l'Empire. Les hommes, fussent-ils anglomanes , romantiques, aristocrates ou révolutionnaires, ne sa vent rien d'autre que redingote, le pantalon, le chapeau haut de forme. Des nuances tout au plus, des haussements de col par-ci par-là, des rétrécissements de chausses, des escarpins ou des bottes, ce sont encore les du Directoire.

de l'ôtor

vant des règles et de s'en faire une contenance. Lui et le pantalon ins-culottes sont, par l)izarrerie de sélecon, essentiellement adoptés par les sociétés aristocratiques de la Restauration.

Mme la duchesse d'Angoulême, qui avait abominé les pantalons au Temple, les revoyait sans frayeur et sans haine. En trente ans, la Révolution avait non seulement imposé ses idées, ses eurs,son code, forcé les "ouvables » à mille compromissions odieuses, elle les l'industrie PAnisiENNE habillait, leur donnait la mous- Dessin de boiie à bonbons tache des septembriseurs glorifiée

(Musée Carnavalet.) Paï* ^GS SOldatS dC l'ÉpopéC, ICUr

fournissait l'habit de Barras ou de mirliflors Talleyrand, et le pantalon des sans-culottes.

Henri Bouchot.

PIÈCE ALLÉGORIQUE DE PRUD'hON.

Lithographiée par J. Boillt pour la suite d* Apollon et Uê Mme»,

(Collection Charloi Simond.)

ILKON

M A H C H K T H I 0 -AI I' H A L K I) E l/ E M 1' K H 1- l R > A P 0 I VERS LE TE.NfPLE DE L ' I M M 0 H T A L I T K .

Tableau allégorique de Regnault placé dans le salon qui précède la salle des séances du Sénat.

Extrait Je VAlhcneum île ISOG et de rexemplaire (IK< rare) ayant fait partie de la Bibliotliî-qi du roi Louis riiilippe. — (Collection Sajtin.)

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TABLE DES GRAVURES

Les gravures hors texte sont indiquées ici en italiques.

Pages.

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