‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 46 sur 455 · JÉRÔME BONAPARTE, NÉ EN · texte numérisé non relu

JÉRÔME BONAPARTE, NÉ EN

Cinquième ûls de Charles-Marie Boaaparte,

Buste eu marbre de l'époque du Consulat. — (Collection du prioot

Roland Bonaparte.)

LR PROCÈS CADOUDAL.

D'après les portraits du temps (Bibliothèque de la ville de Paris). Clichés A. Barrier.

1. Georges Cadoudal, dit Lartve. — 2. RussilUon. — 3. Roger, dit Loyseau. — 4. Armand de Polignac. — 5. Fven. — 6. Burban. 7. Picot, dit U petit. — 8. Joyaux. — 9. Lenoble. — 10. P.-J. Cadoudal. — H. Rolland. — 12. Coaler Sainl-Viclor. — 13. Pichegni. 14. Victor Couchery. — 15. Jules de Polignac. — 16. Querelle, dit Courson. — 17. Bouvet de Loiier. — 18. Leridan. — 19. Splin. 20. De Rivière. — 21. Le général Moreau. — 22. Hervé. — 23. Armand Gaillard. — 24. Ujolais, ex-général. — 25. Charles d'Hower. 26. Lelan, dit Brutus. — 27. Mirelle. — 28. Rochelle, dit Rickemont. - 29. Lemercier. — 30. Femme Vcrder. — 31. Fille Hézai. 32. Femme Denaut.

Cérémonie du sacre et du couronnement.

(2 et 3 décembre 1804).

LE bruit du canon et le son des cloches n'ont cessé depuis six heures du matin d'annoncer la cérémonie. A peine faisait-il jour que les mes cl aient inondées d'un concours immense de spectateurs. A huit heures, les membres des différcnls ordres do l'Ktnt se sont réunis à Notre-Dame,

M Petrns. On a chanté tierces II y a eu l'intervalle de plus d'une heure entre l'arrivée du Pape et celle de TEmperour. Pendant ce temps, S. S. est restée sur son trùne, dans l'attitude d'un pontife qui médite profondément sur les choses du ciel et pour le bonheur de la terre.

A onze heures précises, dos salves d'artillerie ont annoncé le départ de LL. MM. 11. Elles étaient dans une voiture toute éclatante d'or, traînée par huit chevaux, couleur Isabelle, richement caparaçonnés. Sur l'inïpériale de la voiture on voyait comme sur celle du Pape une couronne d'or sou-

la MORT DE P H O C I 0 N .

Prix de Rome. Premier grand prix de peinture en 1804.

Tableau (I'Odfvafre. — (École des Bcaux-.Vrls.)

et ont été conduits par les maîtres des cérémonies aux places qui leur étaient destinées. Le quai Bonaparte, entièrement terminé, à été traversé pour la première fois par le cortège du (lorps législatif. A neuf heures, le Pape est sorti des Tuileries dans un magnifique carrosse attelé de huit chevaux gris-pommelé, et sur l'impériale on remanjuait une tiare en or avec les attributs de la papauté. Un ecclésiastique monté sur une mule portait une croix en vermeil, devant Sa Sainteté...

S S. est arrivée à Notre-Dame k dix heures et demie, précédée des cardinaux, des archevêques et évéques de France, du chapitre de Notre-Dame et des curés de Paris. A son entrée, la musique, présidée par M. le Sueur, a exécuté le verset Tu

tenue par quatre aigles déjiloyant leurs ailes. Cette voilure, remarquable par son élégance, sa richesse et les peintures dont elle était ornée, fixait l'attention autant que le cortège, dont il est difficile de décrire la magnificence. Qu'on se figure sept ou huit mille hommes de cavalerie de la plus belle tenue, entremêlés de groupes de musiciens, défilant entre deux haies continues d'infanterie de plus d'une demi-lieue de longueur; qu'on y ajoute la richesse et le nombre des voitures, la beauté des attelages, le concours de quatre ou cinq cent mille spectateurs, et l'on n'aura qu'une idée imparfaite du coup-d'œil qu'offrait la seule marche du cortège. Le temps était plus beau qu'on ne pouvait l'espérer dans une saison ténébreuse : un léger

PARIS SOUS LE CONSULAT

brouillard qui avait régné toute la matinée s'est dissipé; le soleil môme, perçant d'épais nuages, a éclairé de ses ravons l'arrivée de l'Empereur à rarchovèché. Les habitants des différentes rues par où LL. MM. 11. ont passé avaient décoré la façade de leurs maisons de draperies, de tentures en papier, quel(|ues-uns de guirlandes Formées de branches d'if; beaucoup de boutiques du quai des Orfèvres étaient ornées de festons de tîeurs artificielles. S. M., accueillie enlous lieux par lesa«'clamations du peuple, lui répondait par un regard de bienveillance et par un salut affectueux.

Arrivé à midi à rArchevèché, l'Empereur s'y est revêtu des ornemenis impériaux; et à une heure moins un (juart, Leurs Majestés se sont rendues à la métropole par la galerie de bois tendue de tapisserie ipii ronduit de rarchevérbé à un portail en char|)eule élabli d.ins le parvis, et représentant relui de S. Pierre de Kome Leurs Majestés arrivées à l'autel. S S a enlonné le Veni Creator. Le sacre et les autres cérémonies ont eu lieu dans la forme annoncée. La {dus belle musique a exécuté, pendant ce temi)s, des motets analogues Avant le gradtiel, LL MM. ont descendu la nef avec tout le eortège imj>érial et ont été se placer stu* le trône. S. S. y est montée après elles, dans tout l'appareil de sa dignité II est impossible de rendre l'elfet de cette réunion de tant de grandeurs Après que S. S eiU intronisé l'Empereur, el dit les jiaroles : Vinit impe-

MOUES liE 1804.

Costume négligé d'un jeune homme.

(D'après le Costume Parisùm de lan XII.j

Costume d'une ouvrière en modes.

(D'après le Costume Parinen de l'an XII.)

ratar in n'teruiim, les voiltes de l'église ont retenti des cris de : lire l' Empereur! Vive l'Impératrice ! LL. MM. IL ont été une seconde fois à l'autel pour les offrandes. Après la messe, qui a fini à trois heures, S. E. monseigneur le cardinal Fesch, grand aumônier de Eranee, ayant porté le livre des Evangiles ù l'Empereur. S. M. a prononcé le serment impérial du haut du trône, d'une voix si ferme et si distincte, que les paroles en ont été entendues de tous les assistants, surtout celles où elle promet d'employer Tout son pouvoir pour le bonheur et la gloire des Français. C'est dans ce moment que se sont renouvelés les cris de : Vive l'Empereur! On a chanté le Te Deuw. LL. MM. sont sorties de l'Eglise dans le même appareil (|u'elles y étaient entrées. Le Pape est resté environ un quart d'heure en |)rières après la sortie de LL. MM. Lorsque S. S. s'est levée pour se retirer, une aeclamation universelle de : Vire le Saint- Père! Vil accompagnée depuis le chœur jusqu'à la porte de l'église. A l'Archevêché, S. S. a admis i\ lui baiser les [deds la partie du clergé de Paris qui avait assisté à la cérémonie. Le cortège de LL. MM. est entré dans la rue Saint- Denis î\ quatre heures un quart, il est arrivé au château des Tuileries à six heures et demie. La voiture du Pape suivait le cortège de l'Empereur à dix il douze minutes de distance. Le soir, illuminations dans tout Paris. Celles des édifices

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