‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 57 sur 455 · L. S. F. DE IVvrssET · texte numérisé non relu

L. S. F. DE IVvrssET

(Mémoires aiwcdotit^iica sur l'Empire.)

La mode en 1805.

LK vendredi, 30 messidor, jour où les grandes toilettes étaient très nondireuses à l'Opéra, on a pu remarquer que les rohes de soie, en rose, en hianc mat, en gris surtout, et en toutes sortes de gris, étaient fort à la mode: que les manches des rohes liahillées se portaient excessivement houlîantes et courtes, et (jue l'on recommençait à adapter des gorges blanches aux robes de couleur.

Les cheveux lisses, dégageant la tempe droite, et passant en large bandeau sur le front, pour descendre en tire-bouchon sur l'oreille gauche, formaient la très grande majorité des coiffures.

11 y avait des « Titus à cheveux longs 1. avec un gros boucpiet de Heurs planté dans la huppe. A en juger par cette réunion, les Heurs doubles de nos jardins ne jouiraient plus de la même faveur, et l'on serait revenu aux coquelicots et aux épis mûrs. Les capotes de crêpe, assez nombreuses, avaient pour garnitures des coulisses bouillonnêes.

Onelqucs chapeaux étaient sur-

montés d'un demi-fichu en marmotte : sur le devant, étaient des touffes de rubans imitant une guirlande de roses effeuillées.

Les roses naturelb-s, sur les plus jolis chapeaux, étaient d'un blanc tirant sur le jaune, ou d'un rose d'hortensia. Presque toutes les garnitures île robe imitaient par leur disposition le tablier.

Les ta])liers figurés sur une robe ronde, sont aussi du goût des petites ouvrières; ou les remarqueà la promenade du dimanche.

Allez le dimanche, sur les trois heures, aux Tuileries, vous y verrez ce qu'il y a de mieux eu toiletle <le femmes (le comptoir.

Le soir, vous les trouverez sur la terrasse du jardin Turc, sur la ptdouse de Taplios. au boulevard du Temple, ou au Ctdilentz du boidevard Italien.

Le rose est la couleur en vogue, l'hortensia est la couleur ilislinguée.

Autrefois, le costume des femmes se ressemblait de point en point, et les hommes, au contraire, avaient i-bacun leur ldly!^i()nonMe. Maintenant, chaque femme a un costume original, sa couleur favorite, sa manière particulière de se mettre, et les hommes send>lent tous taillés sur le même [>atron.

Le joaillier qui imagina, il y a deux mois, les dessus de peigne en corheiUe, ayant représenté la corbeille vide, ses nombreux imitateurs l'ont copiée telle (luelle; de la première source est enfin sortie une idée accessoire: la corbeille est maintenant surmoidèe de groseilles, qu'elle paraît contenir, ('.e sont des groseilles blanches; le grain en est fait avei- des perles fines, ligiu'ant des groseilles et de petites feuilles d'or; on fait des colliers d'une forme tout à fait élégante et d'un prix fort haut.

Journal de l'Empire (1805).

Page 1