L AVEUGLE DU BONHEUR
D'après une estampe du temps.
Bibliotliéque nationale. — (Collection Hennin.)
iN" 1. Le premier élat r|ue professa Hellariirer fut celui darliliuer; il es! représenté ici au moment où il perdit la vue par un éclat de bombe. — •N" 2. Après ce malheur, il s'occupa d'instruire des oiseuu.x, y réussit et obtint sa retraite aux Quinze-Vingts. — .N<» 3. Calcul de cinq numéros, sur les événements de sa vie, Iwns à suivre à Lyon. — N<» 4. Le signe, où il est né, et cinq numéros sur les époques de sa vie, bons à suivre sur Paris. — N» 5. On le voit distribuant des numéros pour la loterie. — N'o G. II est représenté s'occupant du crime pour lequel il subit la peine de mort, le 9 messidor.
m"* mezbrat.
R6Ie dé « Rosine » dans le Barbier de SévUle,
(D'après une eauforte de Duplessi-Bertauz.)
Dans le Tartuffe.
(Dapit-s une eau-furto de Duplessi-Bertaux.)
ceaux. et saperçut (\n"]\ y avait une cavité couverte d'une poussière noirâtre.
Sa tante l'en^ragea à mettre cette bûche à l'écart. On fit des gaufres avec dautre bois.
Après la soupe, quelques charbons tombés du poêle mirent le feu à des parcelles de poudre tombées de la bûche que Pinson avait fendue. Fanchette eut la main brûlée, et la cliambre fut remplie d'une épaisse fumée.
On chercha quel pouvait être l'auteur d'un tour de carnaval aussi odieux. On se souvint de la haine dont Bellanger avait donné déjà plusieurs preuves, des menaces qu'il avait faites en ces termes : * Si quelqu'un m'ôte Fanchette, j'aîirai sa vie. • On s'assura qu'aucune autre personne n'était venue dans la journée, et l'on n'hésita pas à lui attribuer cette affreuse tentative.
La dame Pinson se leva pendant la nuit, et vint tàter autour du poêle. Elle trouva trois balles, trois écrous de fer, du papier servant de bourre, un bouton de l'uniforme des Quinze- Vingts et un tampon d'artifice Le lendemain, Pinson et Fanchette portèrent ces objets, ainsi que la bûche, chez un artificier voisin, lequel dit que le trou qu'on y avait pratiqué aurait pu contenir un quartier et demi de poudre et les objets de métal ramassés par la dame Pinson; que l'explosion de cette machine aurait pu causer un ravage terrible dans le voisinage. L'artificier a persisté dans cette déclaration devant la cour.
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PE rlT-M AITHC EN CHENILLE.
D'après une gravure de 1805.
Bibliothèque nationale. — (ColKclion Hennin.)
Bellangcr a dit qu'avant remarqué que Mainfroy montrait beaucoup d'iiiipatience lorsqu'il forait la bûche, il l'avait retirée avant qu'elle filt percée dans toute sa longueur, se réservant de la scier par le bout cjui n'était pas troué, afin d'en faire un cylindre; qu'en la sciant, la bùclie éclata, et que ne pouvant plus lui servir, il l'avait briiiée.
M. le Président lui a fait observer qu'un morceau de bois sain et épais n'avait pu éclater; que d'ailleurs la fille Lajoie. qui avait donné la bûche au nom de Hoty,Ia reconnaissait, ainsi que Mainfroy et son compagnon, qu'ils indiquaient des signes de reconnaissance infaillibles. Bellanger a également méconnu les balles, le bouton d'uniforme des Ouinze-Vingts, les écrous, dont deux s'adaptent parfaitement à l'essieu de sa voiture, au rapport d'un serrurier entendu à l'audience.
Il n'a pu dire le motif qui l'avait conduit à huit heures du soir chez la dame Pinson ; mais le soin qu'il eut d'éloigner Fanchette, en l'envoyant acheter de l'eau -de -vie pour rester seul avec la dame Pinson, aveugle comme lui, a fait naître l'idée vraisemblable qu'il avait profilé de l'absence de cette fille clairvoyante pour placer la bûche sous le poêle. Cette idée fut confirmée par la précipitation avec laquelle il se retira, par la certitude qu'on a acquise qu'aucune autre personne
n'était venue dans la chambre, et par la rougeur qui couvrit son visage h la première imputation qu'on lui fit de cette tentative atroce.
Bellanger fut convaincu de tentative d'assassinat, condamné A mort, et exécuté le i'8 mai (0 messidor). Ctrt événement occupa les conversations des Parisiens pendant plusieurs semaines que dura le procès.
Journal des Débats (il mai 1805).
Une Excursion en Ballon.
(4 novembre.)
HKLATIO.X DES AKHO.NAITKS I»AI:LV ET LE.MEHCIER
Le 27 Vendémiaire dernier, à deux heures et demie, nous sommes partis de Tivoli. Le vent soufflait d'est en ouest, à \H degrés prés, c'est-àdire qu'il élait au norrl-est 80 degrés. Si notre aérostat avait suivi linipiilsion du vent, il aurait dû passer [>ar Saint-Cloud. .Montl'ort, Dreux, etc. (^est pourquoi, après avoir laissé libre l'action du vent, pour en mesurer la vitesse, que nous reconnOmes être de neuf à dix lieues par heure, au moven d'un instrument que nous ferons connaître, nous nous arrêtâmes tout-à-coiq) essayant nos ailes, tantôt à droite, tantôt à gauche, et nous nous procurâmes à volonté ces mouvements de rotation sur nous-mêmes que nos spectateurs durent considérer comme le plus grand avantage qu'on ait t'ncore obtenu sur les vents.
Nous étions aux Champs-Elysées; nous par-
Jeune homme en costume nègli^ (U'après le Costume parisien de l'an XUl.)
PARIS SOUS LE PREMIER EMPIRE
vînmes, veiil debout, jusciu'au milieu de la place de la Concorde, où une station en panne, de cinq à six minutes, nous prouva <|uc nous pouvions avantageusemenl lutter contre les vents, et nous permit de savourer les ap[)laudisscmenls qui pariaient du jardin d«^s Tuileries Nous re^^reltioiis cependant d<' n'être juis un de plus dans la nacelle, nos elTorts eussent été couronnés dun plein sucrrs et nous auraient ramenés à Tivoli.
Le baromètre, de :2S ponces au départ, était alors à 2i degrés; 1«î thermomètre, à 15 au départ, descendit au tempéré seulement, et riiygrométi'e était au sec. jusqu'à ce rpiuu léircr nuage vint le faire descendred'unedivision H resta à ce dernier point j)endant tout notre vovage. ([uoicpu» deux iieiires après nous nous s<»vons élevés à la hauteur dupic deTénérilTeet du Mont-Cenis, 17 à 18 pouces du baromètre, thermomètre à ri degrés au froid.
Nous estimâmes, en suivant la grande avenue des Champs-Elvsées. que cette progression. |u'esqu'insensible pour les spectateurs éloignés, avait pour le moins la vitesse d'un cheval au galop. Notre marche continuait en avant, quoique souvent ralentie par des essais de mouvements qu'il fallait apprendre à connaître avant de les mettre en usage. La force d'un seul homme, au moven <lu demi-jeu de nos ailes? eu égard au volume total que nous présentions au vent d'est (vitesse reconnue de neuf à dix lieues) nous a paru être à la résistance du même vent comme 1 est à 2.
Nos différents essais étaient faits: une demiheure s'était écoulée, et nous n'avions pas encore passé la Seine. Nous nous rappelâmes alors que ■certain aéronaute promit il y a quelque temps <i*aller droit à la coupole des Invalides, et de se ■diriger de là sur Meudon. Ouelques efforts, que nous dOmes sans doute à des moyens qu'il nous «era facile de rendre et plus prompts et plus sûrs par qiielques changements à nos manœuvres, nous tirent exécuter ce que M. Lambert avait promis, en suivant les sinuosités de la Seine -depuis le Champ-de-Mars jusqu'à Sèvres, aussi lentement que nous le vouhlmes, décrivantd'autres <?ourses d volonté, et nous faisant reconnaître, pour avoir des preuves au besoin, par différents fabricants qui bordent la rivière. Il est à remarquer que de Tivoli aux Champs-Elysées, nous avons suivi l'impulsion du vent; des Champs- Elysées aux Invalides nous nous sommes dirigés du nord au sud, en décrivant un demi-cercle, et •des Invalides à Meudon, du nord-est au sud-ouest.
Nous passâmes sur Jouy, assez prés des habitants pour converser avec eux; nous traversîhnes par une grande courbe la contrée nommée le -Grand Parc de Versailles, luttant de vitesse avec le vent que nous surpassâmes au point de ne mettre que cinq minutes de Trappes à la hauteur de Rambouillet ; puis, partant de ce point, vers •Rambouillet même, nous tirâmes contre la ligne -du vent une autre ligne formant avec elle un côté 'd'angle équilatéral. Notre loucoyement devint -encore plus marqué en partant de Rambouillet sur Dourdan, direction du nord-est au sud-est, 425 degrés gagnés sur le vent. Dans notre route, »un village nommé Angervilliers nous a vus deux
D'.'ipiès une gravure de réj>oque.
nibliolhèijiic iialioiiale. — (Colleclion Ilenr.in.)
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Costume à demi négligé.
(D'après le Coii\ime parisien de l'an XIII.)
fois, et deux fois les habitants nous ont entretenus à une demi-heure d'intervalle, et à la hauteur de 2 et 300 toises. Le jour baissait; nous nous faisions un tel jeu de nos courses en différents sens que désignant d'avance le village où nous pourrions trouver un gîte commode, il nous lut permis de nous faire recevoir pour hôtes au château de Denonville, près Chartres. Notre navigation a été de quatre heures et demie. Denonville est à 16 lieues de Paris, et si Von comparaît la vitesse du vont qui régnait alors, avec le chemin que nous eussions di\ faire en ligne directe, nous serions
Paris et enfermé à la tour du Temple. Qwe ses rapports flagrants avec les hommes du 3 nivôse aient eu pour consé(|uence de le priver des ménagements que l'on doit aux prisonniers de guerre, en le faisant considérer conmie un agent secret, un dangereux artisan de complots, on le conçoit; qu'on ait tenté par l'intimidation, par les rigueurs de la captivité de lui arracher des aveux sur les machinations du parti ro.valiste et la complicité de son gouvernement, nous l'admeltons encore; mais rien, absolument rien ne justifie la grave accusai ion d'avoir employé contre lui les moyens
LE P L r M - P U D I) I N (i EN D A N (i E K .
Napoléon et Pitt se partageant le monde.
Pilt, ministre du roi (ieorges d'Anglelerre, plonge sa fourchette, en guise de trident, au cœur de l'Océan, tandis que Bonaparte se découpe
dans le pudding géographique une belle tranche d'Europe correspondant à la Hollande, la France, l'Espagne et l'Italie.
D'après une pièce gravée par Gillray le 26 février 1805. — (École des Beaux-Arts.)
descendus à une distance de Paris de 40 à 45 lieues. Pauly et Lemercier.
Le Capitaine Wright.
LE capitaine Wright avait eu pour mission de transporter d'Angleterre à la côte de Dieppe : GeorgeSjPichegru et quelques autres conjurés. Le débarquement effectué, il se tenait en croisière prés des ports méridionaux de la Bretagne, et de temps à autre échangeait des signaux avec des gens du rivage. On réussit alors à l'attirer vers Pile d'Houat, et, surpris par un calme, il ne put résister à de simples embarcations qui se rendirent maîtresses de sa corvette. Cet officier fut conduit à
coercitifs dont l'ancienne magistrature se montrait si prodigue. On répandit pourtant avec une obstination singulière le bruit que l'étranger captif avait été soumis à la question, et qu'on ne s'était avoué vaincu par son courage qu'après avoir épuisé vainement tout le vieil arsenal en usage au Chàtelet : privations d'aliments, tenailles ardentes; eau-de-vie mise dans les plaies...! Ce supplice, disait-on, avait eu pour témoins, un chirurgien nommé Vaugourtetun espion déguisé en ministre protestant. Telles étaient les calomnies que la haine achetait au poids de l'or et qui retentissaient au sein du parlement. Mieux instruit et plus loyal, son ami, son frère d'armes, son compagnon de captivité, Sydney Smith, affirmait inutilement que
PARIS SOUS LE PREMIER EMPIRE
Wright n'iivail souffert que les tortures morales do la prison : le mensonge empruntait toutes les voix fie la renommée, et s'enrichit bientôt du récit de samorl Dix-sept mois après sa rentrée au Temple, il fut trouvé dans son lit, atteint déjà de la froide rigidité des cadavres, et le cou si profondément divisé que la tète était presque séparée du corps. 11 tenait à la main son rasoir ensanglanté, et sur la table étaitIe3/onîf('«r de la veille. « ontcnant la capitulation d'UIm.
{Momteur,'ortuhn' im))
La journée de l'Empereur aux Tuileries.
Tors les matins à neuf heures, l'Empereur sortait de ses appartements, habillé comme il devait l'être toute la journée. Les officiers de service étaient les premiers admis; Napoléon donnait ses ordres pour la journée. Immédiatement après, les (grandes entrées étaient introduites. Elles se composaient des personnages du plus haut rang qui y avaient droit par leurs charges ou par une faveur spéciale. Les officiers de la maison impériale qui n'étaient point de service avaient également l'avantage d'y être admis. Napoléon s'adressait successivement à chaque personne et écoulait avec bienveillance ce qu'on désirait lui dire. Sa tournée linie, il saluait et chacun se retirait. Souvent quelques personnes, voulant l'entretenir en particulier, attendaient que tout le monde fût
sorti et, se rapprochant de l'Empereur, restaient seules avec lui et en obtenaient le moment d'audience qui leur était nécessaire.
A neuf heures et demie, le déjeuner de Napoléon était servi. Le préfet du palais allait le prévenir, le précédait dans le salon où il devait déjeuner et y assistait seul avec le maître d'hôtel qui remplissait tous les services de détail. Napoléon déjeunait sur un petit guéridon en bois d'acajou recouvert d'une serviette. Le préfet du palais se tenait, son chapeau sous le bras, debout auprès de cette petite table. Souvent, le déjeuner ne durait pas huit minutes; quelquefois il recevait pendant son repas des savants et des artistes de
grand talent, avec lesquels il s'entretenait. j II passait ensuite dans son cabinet, oîi il donnait audience aux ministres et aux directeurs généraux qui arrivaient avec leurs portefeuilles. Ces différents travaux duraient jusqu'à six heures du soir et n'étaient jamais interrompus que les jours de ronseil des ministres, ou de conseil d'Etat; le dîner était régulièrement servi à six heures.
LA 1»AIX DE PHESUOriUi.
Caricature du temps. — (Musée Carnavalet.)
Aux Tuileries et à Saint-Cloud Leurs Majestés dînaient seuls, excepté le dimanche, où toute la famille impériale était admise à la table du souverain.
L'Empereur, l'Impératrice et Madame Mère étaient assis sur des fauteuils, et les autres rois, reines, princes, princesses n'avaient que des chaises meublantes. Il n'y avait qu'un seul service, relevé par le dessert; les mets les plus simples étaient ceux que Napoléon préférait. Il ne buvait que du chambertin, et le buvait rarement pur. Le service était fait par les pages, secondés par les valets de chambre, les maîtres d'hôtel, les écuyers tranchants, et jamais par la livrée; le
PARIS Di: 1800 A 1003.
LA <• H A M» i: A U M U U A G U A N I' I 1'. I LI N 1» K S N K Z
(!aric,Uure do 1801). — (Musée Carnavalet.)
dîner (Jurait onlinairenicnt (juinze à vinijl minutes.
Rentré dans le salon, un paire présentait à lenipcrcur un jjjaleau de vermeil sur lequel él aient une tasse el un suerier, le clief d'ofliee versait le café, rimi)éralrice [»renait la tasse de l'empereur: le page et le chef d'ofliee se retiraient. Le préfet du palais altendîiit (pje l'impératrice eût versé le café dans la soucoupe et l'eut [»résenté ii Napoléon, puis il s'éloignait. Alors l'empereur et rimj)éralrice restaient seuls, jusqu'à l'heure du coucher, à moins qu'il n'j eût réception ai»rès le diner.