‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 79 sur 455 · LE PALAIS · texte numérisé non relu

LE PALAIS

DES Tl'ILERIES. — VUE DE LA FAÇADE ET DES CONSTRUCTIONS ANNEXES

POUR l'kxi'Osition de l'industrie.

(Collection G. Hartmann.)

1806-1807 permet, en plein mois de janvier, des fantaisies printanières. Aux plaines sinistres d'Eylau, toutes semées de morts, où nos soldats font l'efl'royable apprentissa,^e des frimas qui les dévoreront, aux steppes de Russie, les blessés a.i^^onisent dans la neig(\; à Paris, les femmes portent des chapeaux parés de roses épanouies et de l'espèce qui abonde en été. Le bleu clair, la couleur de chair sont les nuances favorites ; sur les redinifotes de velours noir, dont ces femmes peu gracieusement s'embarrassent, un schall est jeté qui les traverse et les égaie; et cela est dit gentiment zéphyr. Les perles sont bien portées, le corail est accepté, mais il n'est plus que des « merveilleuses» surannées, trop complaisantes aux souvenirs du Directoire, pour exhiber encore des camées à Tantique.

Les hommes de haute élégance, les muscadins (rappellation persiste), entreprennent une lutte difficile avec les splendeurs fastueuses des uniformes militaires. Ils veillent à ce que le frac dessine fidèlement la taille ; et ceux-là qui ont chevaux et voitures, attellent, Tune derrière l'autre, les deux juments de leur cabriolet. C'est incommode, mais c'est la mode. Ainsi vont-ils au Ranelagh, à la porte Maillot, où les nouveautés de manières et de mises attirent un public curieux.

Les occasions de paraître sont fréquentes et magnifiques. Le Ti mai, un prince est mort, fils de la reine llortcnse et du roi Louis. Napoléon oublie bien vite de le pleurer. Au reste. ce deuil rapproche deux époux assez mal assortis. L'an prochain, naîtra un autre prince, dune moins éphémère destinée et qui sera quarante-quatre ans plus tard Napoléon IIL

La bataille d'Eylau, furieusement disputée, n'a pu re>t<'r une victoire que par l'obstination terrible du vainqueur. Il veut l'imposer au monde et à la postérité telle qu'il la proclame; et l'art se fait complice de son orgueil de conquérant. Un concours d'esquisse est ouvert, et celle de Gros est choisie ; elle deviendra l'une des pages les plus magnifiques de la peinture historique dans les annales guerrières de la France.

Pas de Salon en 1807. En l'église de Cluny, voisine, mais non pas dépendante de l'hôtel de Cluny, le grand David a trouvé un atelier où les plus illustres sont venus, c'est là qu'il achève le Tableau du Sacre.

Le 17 mai, le canon gronde aux Invalides. Trente carrosses s'acheminent par les rues, portant des hauts dignitaires, et l'escorte environne deux cent quatre-vingts drapeaux conquis. Le maréchal Moncey tient, dans ses mains, l'épée du grand Frédéric, elle aussi captive. Napoléon triomphe jusque dans le

PARIS SOUS LE PREMIER EMPIRE

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