‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 126 sur 441 · II. UAl'HILM · texte numérisé non relu

II. UAl'HILM

Dessinateur, décédé le 13 janvier 1879 — (l'orlrait-vliart:c par K Cahjat.)

demie française : celles de Renan cl de Henri Martin. La dernière est renvoyée du 2!i mai nu -2H novemhre. M. KmilcOllivier, qui (levai! recevoir l'anleur tic Yl/isfoii't </»■ Fiance, avant refusé de modifier certains passages de son discours concernant M. Thicrs. Mentionnons encore I inauguration de la statue île Bcrryer dans la salle des PdS-Pcrdus du Palaisdcjusliee. I. 'cloue du grand orateur est prononce par leduc de Nouilles, au nom de l'Académie française, M. de Larcy, au nom du parti légitimiste, et M Nicollei. bâtonnier, au nom du barreau de Paris. Un s'amuse beaucoup le 20 mars, à la mi-carème; il y a une recrudescence de manques >ur les boulevards.

Les médaille» d'honneur du Salon échoient, pour la peinture, à M Carolus Du l'an, auteur d'un superbe portrait de femme: pour la sculpture, à M. de Saint-Marceau. Pour la gravure, le prix du Salon est accordé à .M. hYancois Flameng.

qui a exposé lr Ihnupol dvs Girondins.

Le 8 juin, après une lutte

PARIS DK 1800 A 1900.

des plus émouvantes, .Xn/iieinte, montée par lludson, emporte le grand prix do Paris avec un gain d'une encolure sur Salleador.

Le théâtre de celle année est brillant : ou Chàtcau-d'Eau, un drame patriotique, Hockr; à l'Ambigu, un drame tiré de V Assommoir, de Zola: aux Français, l'Étincelle, de Pailleron. Le temps est aux reprises : à la Comédie-Française, Ruy-Hlns; à lal'orle-Saint- Marlin. lu Dame de Monsoreau :

sur la même scène, tes Mystères île Paris; au théâtre des Nations. Xotre- Dame île Paris.

L'Opéra- Comiq ne. île son côté, redonne lioméo et Juliette, de (jounod. avec MmelsaacetTalazae. clin Flûte enchantée, de Mozart. En juillet, M. Vaucorbeil cède à M. Ilalanzier la direction de l'Académie natiooalcdeniusique. Aurisque de provoquer un scandale, l'asdcloup n'a pas hésité , le 20 avr il, à faire exécuter, à son concert, le premier acte de Lolieni/rin, de Wagner, dont le nom, depuis 1870. est impopulaire. Le Jl mai, splcndide mâtinée au Troeadéro au profil des inondés de Szegcdin. A la lin de l'année, la presse organise un grand festival au bénéfice des inondés de Murciect des pauvres de Paris. l u journal illustré, l'ai is-Mturie. l'ait fureur : il contient des articles de V ictor IlugO, Dumas (ils. Jules Simon, Octave Feuillet. Augier, Gounod: des dessins de Meissonicr, Gustave Doré, Uabanel, Curolus Duran, Détaille, (iérôine.

Au comment de décembre, la température baisse tout à coup. Le froid devient bientôt

A L H \ \ \ n II K 'l>r M A S Kl M

D'.iprt'.s un tableau à- .Mim-omcr. — (l'oUeelkm <k l'Ari i

intense. La neige tombe à gros flocons. Le 9 décembre, le thermomètre descend à 23",U au-dessous de zéro, le point le plus bas relevé au cours du siècle. Dès le 10 décembre, la Seine est prise entre le pont au Change et le pont Royal. Le 14-, on installe sur la place de l'Opéra des braseros où les passants, riches et pauvres, se chauffent. Les glaçons qui cou"

rvent le fleuve font le bloc.

Dans les rues, la neige se durci t au point qu'il faut la hache pour se frayer un chemin. Le Parisien, toujours gavroche , organise des rondes et des petits commerces sur la bande de glace qui unit les deux rives en s'élendant du pont d'Austerlitz au pont des Invalides, et les camelots crient, sous la troisième arche du pont des Arts, le Globe, Ml nouveau journal de huit pages bourrées de dépêches .

Le 23 décembre, le temps se I radoucit , le 29, il dégèle; le 31, on fête la Saint- Sylvestre sous les parapluies, pour se garantir de la neige fondue qui ruîselle des toits.

IST'.t n'a pas de trêve des confiseurs. Le ministère fond avec la neige. I*'cst une occasion de lazzi et de calembours. On attend sans trop d anxiété le nouveau cabinet que va s offrir le président pour ses étrennes.

L icien Dbiawmh-ssk.

PARIS SOI S I.A TROISIKMI'. RKPURMQUF..

L U l V i; it i>k 1X70 A l'AHIS — I.a"joi hnkk ni: 9 DËCRM8NI D'après une cau-forle de l'époque.

LES ÉCHOS DE PARIS

Le verglas des 22, 23 et 24 janvier 1879.

PRXfMXT rot hiver si froid cl si prolonge' de 1878-1870, mi phénomène s'eut produit, dontde mémoire d'homme on n'avait jamais eu d'exemple.

L'HOSPITALITÉ OE ROIT POUR LES FEMURS

La salle dos lits de camp.

D'tprè» un drotio do Ump». — (Bibliotli*<|ii<' Mlion.ilc.;

Le îi janvier. »er« dix heures du matin. aux cnvirous tle Paris, le thermomètre marquant 3 degrés au-dessous de zéro, mil1 pluie froide commença à tomber et dura, sans discontinuer, jusqu'au lendemain dix heures du soir, c'est-à-dire pendant trente six heures. L'eau, gelanl au fur et a mesure île sa chute et do son arrêt par un ohstaelc quelconque, n'arrivait an terme de sa course •pie pour peler immédiatement nu lieu de s'écouler en gouttelettes, he là une accumulaliou extraordinaire, non de gsivreni de pelée hlanchc. mais ■ le place dure, à contours arrondis et transparent-, qui a causé des dépnts considérables, notamment dans la foi cl de Fontainebleau, Par son aspect pendant la pelée, a dit un garde général, la forêt ressemblait à une immense exposition de cristallerie.

Des hranches de toutes dimensions, des arbres entiers ont cédé sous le poids de la place et se sont brisés ou ont été arrachés, là où un sol sablonneux n'offrait pas à leurs racines une résistance suflisante On a vu un arbre de 37 métrés de hauteur, mesurant 2°\20 à sa base, qui était rompu à 4",.fi0 au-dessus du sol. On évalue à 150,000 métrés cubes la quantité de bois qui nèté brisé, et la perle des plantations de pins aux deux tiers du nombre des arbres. Un estime que l'œu-

CARIS DE IKOf) A î!»0fl.

VIEI X I-.* ni». t>.>l LES Altl> iionm:-mu vr.i.i.E i.e pohtg HR roi.inE

l»'i(.rn une «m-forlr le M.irlial Pointa st.

i h V. IVouti'-.,

viv de rcbtiifiemenl 'li- certains cantons se trouve retardée de trente an-. (Jn-tml le dégel a commencé, on n'a pas eu à ron*4a(er «le nouveau* ac-

liol l.l.V «.llli s OVT-MAH7IM IIIKATnES l'i: LA l!i:.MI-M\i,l: El l'L LA HWTK-MIST-HAm IM |i'.i[ir<<> mu mu farta ii« Martial PmNtajhM.

ci.lenls parmi le* n rbre* à feuilles •aduques; mais |«mr les arbr«« « feuilles per-i-tanles. In place <|iii réuftiftsail entre ellrsl les différentes tètes avant fondu «I .ïl*> «I. les branches «»nl étéentral- Iséc* par le pohl" qui surchargeait la tète et se •ont rompues

l.i s animaux • ih-tik'mik s n'ont pas vie à l'abri de cet enx veli-HeiiK ni dans la dure "n a trouvé m (.hampapne des ahMieltai rivées dansle verpin- jmr les pattes «m parla queue.

i Wi;,rtn<irA .i« Urtjlvin pttlorfiqHt )

La Messe de mort du Prince impérial.

L.v mcss<*. à Saint-Au^'u-lin. dilc bier. jeudi. 20. pitur le malheureux l'rinee. a dépassé tout «e qu'on pouvait attendre, pour le nombre des assistants, leur recueillement, leur douleur, l'impression imposante de la cérémonie

LE VIEUX l'AIUS — l-HI»n\ M.INT-I.AXAIIE FAI IIDl Ri, -MM-IiEMI

Photographié rl redessiné par L. I'arent. |>>I Ici lion Ch. sjmon.1 1 rite pri- n o<-u|>e h * liAtimenU île l'on, i. u nonuUri' di' ce Hum, qui mutait au qualoiiieme litVir. Me fut rerunttruite au - . ■ i- m.- lièck |.ir » mit Vincent dm l'.iul.qui y mourut .-n ItKO, /

Ouel spectacle! Cotte foule immense, qui emplissait l'église, «| ti i encombrait les marches du perron, la vaste place, le boulevard des deux cotés, les rues adjacentes, ectte pompe que l'épli-c déploie pour les cérémonies solennelles, ces lampadaire* allumés dans la nef, cet autel étin- < clani .le lumières. — attendaient-ils «fonc un souverain t Allait-il entrer triomphant, au bruit d'un orchestre retentissant, îles Applaudissements et îles exclamations de tout un peuple, s'avancer uu milieu «le spectateurs inclinés sur son passage, et s'agenouiller au pied de l'uiilel, pour remercier le Itieu îles miséricordes «le l'avoir ramené dans sa patrie. souverain et sauveur île lu Franecî

Non! non! toute celle pompe, ces milliers d'hommes, cet éclat de lumières, c'était pour célébrer, pour honorer sa mort: et ce n'étaient pas des acclamai ions de joie qui devaient retentir, mais les sanglnts et les gémissements d'un peuple prosterné Kl, à celle pensée, qui sans doute ve-

IM fini» m nui» M i An »

de Tiilnill'-M.

nait h t«us. les sanglots éclataient, et l'on ne voyait que des visages attendris, îles veux mouillés et îles larmes couler.

Mais ce fut une bien autre impression encore <|uaml commença ce terrible J»»ir«r, le plu beau « liant que l'homme ait jamais trouve pour exprimer sa terreur, ion deuil, sa supplication et sa prière Des éclats de trompettes vibrant tout a coup déchirèrent l'air et l'église en fut remplie comme «lu retentissement île la l'«n «Ire; tout lit silence «levant cet appel effroyable qui semblait lu voix des trompettes du jugement dernier, faisant se lever les morts de leurs tombeaux: chacun reçut un ébranlement. A la fois dans son cœur et dans son corps, on se sentit secoué comme par une force surnaturelle, et toute cette assistance, pressée, recueillie et désolée, se mit il gémir, à pl. urer et à sangloter, sans pouvoir se retenir, et courba la tète, écoulant comme son arrêt et sa condamnation ces paroles sublimes et elTravanb's du chant de mort : • Jour de colérr. où /»• momlr

tombera m panetière, r» »ù h Jwjr ilerwl tiendra juger In aelÏMi «V.< homme* »

Finis.

(Ilittoire >U dix ant )

Souvenir et Regret.

Air : Commimuiire .. rommiuaire (de Hérnnger).

J'avais le» cheveux épais.

Formant uno belle houppe.

J'avais les cheveux épais, brillants et noirs comme jais.

Mais mainlenent ça m' la coupe.

Car, fuyant mon cr.'uie osseux, Ce n'est plus que <lan» ma houppe, nue jo trouve des cheveux.

Oui, je laisse, {Hit) Mes amis, je le confesse,

oui, je baisse. (Bis.) Cré matin, J' deviens crétin.

J'avais un ai] plein de feu, Perçut, vif, ardent, espiègle, J'avais un n il plein de feu <jui rendait l'aigle envieux :

Mais, comme loul se dérègle, Sous le climat de Paris, Jo n'ai plus mon mil d'aigle.

J' n'ai plus qu' des oils-de-pcrdrix.

Oui, je baisse . , etc.

J'avais de très beaux mollets.

Aussi nerveux qu'une tresse, J'avais de très beaux mollets, Qu' h s daines no trouvaient pus laids Mais en mon corps tout s'allaisse.

Qu'est e' que ces dames diront, Ln voyant que, plein de graisse, Mon mollet de co«i est rond i

Oui. je b,u»»e , etc.

il» i'»riT» m mm t.r MM* MnrrruMidr d<- iK>i»»oo.

m« mut» HtlMM t>» i'»»i* M«n h«n<l dl pUVftattS,

un» i i ni- m mu» i»m»

.Mm, Lin,! JelMtsI

■ ITISII» II» l'Allia

dr RO.I.

J'appelais avec respect Les ministres de la France,

I I- I FUI- «• IHI" "I l »»l-

l'weur <le l*n»e «vrolurv.

le viRrx mus — W cura m rohan (dans la < niir du Commerce).

PnotQgraphM et redessiné par I, Parent.

(ColIrMlM i li.irU v simond )

Elle faîs ui pirtie du vi. il h , m dM .ir, ln v^niM» ée Rouen Ml ta-MflieaM >i>vie.

J'appelai* avec respect

Kvcellcin-' tout 1' caliinot.

Mais j'ai |i i I n confiance D'puis qu' cbaqu' jotiry on a d' nouveaux.

LL VIEIX IWIils, — IUE VI>tu.MI(r 1 n i~)

Photographié t?t redessiné par L. Parent.

(Collcilion Cbarl- s >iinoo,i.

Au n° 17 de coll.- mettait, M ISS», flMpriHirh Je Jlotiort! <U BuI/ik', le c I4-I.ro ronuucfcr.

El je n' dis plus RtttUenrt Qq'n leurs garçons do bureau.

Oui. je baisse . ele

JVr»leii.lais parfaitement.

Jadis, voler les abeilles;

JVnlend.iis parfait- nient

Iles mourir* le bourdonnement

Mais — tristesses sans pareilles —

L*ag' Rtùr nie rend I' son confus.

Si les murs ont des oreilles

D'puis qu' y le suis, moi j' n'en ai plus.

Oui, je baisse ., ele

Je faisais d' jolis couplets.

If bons mots, ma trie était pleino,

Je faisais d' jolis couplets.

Vers le Paulin on j'allais.

Mais vuve/ quelle est ma peine t

llieélie e>t maiiil'nant mon but.

Kl pour qu'A mon sorlj' m'en II aine,

(in m'a fourré d' l'Institut.

Oui, je baisse..., etc.

LE VIEIX PARIS. — LE yCAl h'oRLÉANS

Photographie et redessiné par I. Parent. O oIleclii'D Chutes .sinioml ) <>» maisons datent OC IVpoque de Louis XIV.

Vous voyez, mes bons amis.

Comme en moi tout dégénère.

Vous voyez, mes bons amis,

Bn quel état je suis mis !

Ma substance médullaire

S' ramollit dans mon cerveau

Je l' prouve, puisque j' vieil» de f.tire

Un' chanson pour le Caveau,

Oui, je baisse ., etc.

Charles Caiinikr,

(lia;, Us aueeilolufw.)

Le Sénat de la place Maubert.

Ai' n" ii de la rue Cnlande. juste en face du débouché de la rue des Anglais, s'ouvre un modeste établissement, qui est pompeusement surnommé le Sénat de la place Maubert Extérieurement, il semble que ec soit un café-crémerie, plutôt qu'un débit de boissons. I) ailleurs, en fait de boissons, on n'y consomme j:uère

PARIS SOUS LA TROISIÈME R É I» i: Il L I 0, U K

Ut VIII'I PARIS. — L'ANCIEN Hl') I Kl.-l-ItU

Photographié et redessiné par L. Parent. (Collexlion Charte» Simond

L'ancien Hôtel-Dieu eal jadi» pour volain I hn»pire «I.-» pauntl malrimlaire» cl m trouvait en anioi.l du I eiil-l'ont, U 00 l'Ile de U Ulé At.il diviaéa , n deux part,»» par uae rouir qui la traversait au lepliame liacle.

LB VIEUT PaRIS — PLACE PC PONT-XEB»

Photographié et redessiné par L Pars HT.

«Collection Charle» Sirnond.) »i«tle.

VtBOS PARU — «1 K ht' i HlRCIIK-all'l. 3", Al' COIN IlR LA kUE DB REGARH

Photographié et redessiné par L Parent

(Collrcbon Charli ■ Siiuood.

a rue liu Cher» ln'-Vlidi t'appela, du aeiiiémr au dia-huiti' me In. rue du t'.haaae-Uidi. r'eal-a dirr ehr-rclieur d.' dîner». Ce i lui v. nail d'une antienne enseigne, L'hôtel du n« .17. i|»e> maint, nar.i par I* Coiiwil de |(Herrr, » *•« lu» lut*; par la t>re cosaaleaae de \errier.

I ARIS nOl'VIAD. LK l'Ane LE yoNTSOt MIS OBSERVATOIRE «ÊTÉonoLotilùl'E

Photographié et redessiné par L. Parknt.

GtthrCtlOR Oharl**» Simond.' I i rrraiioii du p>r. d<- Montsoiirif date de 1-7- La pavillon qui S*J été Vf a Ifure I l'FlJMajjlInal uniterielle da ISC7 comme repiVluctiim du palai» du Hardo. habiW par le be* de Tunis.

PARK NolVKAl — I A Kl E MAIM>N-tl|EU

Photographié et redessiné par L. Parent.

Colleeli.m Charles Simond.j

Fait parti, du nouveau quartier ouvrier .-levé entre rObtrrvaloire et la i^are Mnnlparnaaae.

l-R VIBCX PARIS. — COrVKKT, RUE KB VAttOIRARD, 70

Photographié et redessiné par L. Parent. (Ollaclion Charlee Simond.) Le n* 70 de la rue de Vauffirard <at la maiaon diocésaine

d*t I .rii.i-v

qu'un peu de vin et beaucoup de café, lepttitnoir a U Tt. 10 la tasse.

A l'intérieur, rétablissement se compose de deux salles distinctes séparées par une cuisine. Un comptoir, des tables et des bancs forment tout le mobilier de la première salle ouvrant sur la rue Galande; la seconde prend jour et possède une entrée sur la rue des Trois- Portes Au surplus, l'aménagement intérieur n'offre rien de pittoresque, ui de singulier.

Dans la journée même, rien ne distingue cet établissement de ceux qui l'avoisinent; ce n'est qu'à partir de sept ou huit heures du soir qu'il commence à avoir son cacbel particulier.

Cassez dans la rue Galande, le soir, vers les buit heures; vous trouverez les débits de vins pleins de l'animation qn'.v apportent les maçons venant prendre leurs repas et les consommateurs de passage. Jetez ensuite un coup d'œil dans la première salle du St'nat: tout y est morne; l'animation fait absolument défaut, et cependant la clientèle est

nombreuse, beaucoup plus nombreuse même que dans les autres établissements

Toutes les tables sont garnies de consommateurs; deux femmes, la patronne de l'établissement et sa bonne, circulent entre leurs rangées et suffisent a servir la clientèle. Ça et là quelques joueurs de cartes remuent les bras, mais la plupart des autres clients restent immobiles, la tèle baissée, comme s'ils assistaient à une veillée funèbre. Itepasscz a neuf heures, dix beures ou onze heures du soir, l'assistance semble ebaque fois plus nombreuse et plus silencieuse Kllc finit même par sembler lugubre jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que la moitié des consommateurs sont endormis devant la tasse posée en face de chacun d'eux, (/établissement parait dés lors être un dortoir beaucoup plus qu'un café-crémerie. Ceux

VIEUX l'ARIS. — VIEILLE* MAISONS AU COIN UV BOULEVARD RASPAIL ET DE LA m E STANISLAS

Photographié cl redessiné par L. Parent. iColtaiioa Hurle» Simond )

le uaunant M grand mu i'K 1879. — mhiknnk Montée par lludson.

(Collection Autttiil-Lonijekamfi.

qui tiennent conversation le font à voix basse, comme s'ils avaient peur de réveiller les dormeurs, leurs voisins.

A chaque instant on voit entrer de nouveaux arrivants. Toutes les tables sont garnies. Comment vont-ils trouver place? Pour comprendre la façon dont ce problème est résolu, il faut s'être arrêté devant la porte d'un mun hand d'oiseaux Dans une cage étroite se trouvent une centaine de bengalis ou de hees-dc-corail ; ces oiseaux minuscules se pressent les uns contre les autres et s'empilent ilç telle façon qu'il semble impossible A un intrus de se faufiler dans leurs rangs; et cependant, à chaque instant on voit se glisser de nouveaux oiseaux parmi eux.

Le même phénomène se produit toutes' tes fois qu'un nouveau clicnl se présente dans le café; ses regards rlierrhent vainement une place; H n'en trouverait certainement pas, si ln maltresse de la maison ne lui venait en aide Elle Tait chois d'un dormeur et lui frappe sur l'épaule: celui-ci relevé la lètc et. à l'aspect de la patronne, comprend ce dont il s'agit; il -e serre le plus possible contre son voisin et arrive ii laisser un petit espace libre où s'installe le nouveau consommateur.

Si vous pénétrez à huit licurcsdu soirdans le même établissement, en plein hiver, il vous semblera qu'il n'y a plus une place libre.

En faisant le compte des individus qui s'v trouvent alors, vous en calculerez environ quatre-vingts. Itevencz au moment de la fermeture, au milieu de la nuit, vous en compterai cent vinpt-einq ou cent Irenlc h mesure que s'opérera la sortie, l'as un n'est ivre; tous ont un geste amical ou un mot de politesse en délitant devant la patronne qui leur a donné le signal du départ.

Ce signal consiste a baisser le bec de gaz qui se trouve le plus rapproche de la porte.

Les consommateurs qui sont restés éveillés savent ce que cela veut dire et avertissent les dormeurs ou inoven d'un coup «le coude.

(Juand le réveil s'est ainsi opéré mutuellement, chacun sort pour aller achever la nuit suivant lu nature de ses occupations.

Presque tous portent, roulé sous leur bras, un petit paquet, qui intrigue fort l'observateur

signés que la déchéance qui les atteint ou la malchance qui les poursuit. Toutes les classes de la société sont représentées dans le défilé des clients du .sVnnt de la place Mauhert Voici un ancien nITicicr d'artillerie cassé de son grade, un notaire qui a frisé la cour d'assises, un médecin qui a comparu en justice; généralement ces individus sont Miuels sur leurs antécédents Ils ont pour la plupart quelque lare dam leur passé: c'estrarcment

I'ri* de Home.

MO HT ni: liKMOSTII KNK

Premier grand-prix de peintura. — Tableau de Brahtot.

(Kcnlc de» II'- un- Vr'v)

qui les examine. Il faut venir, un jour de pluie, assister à la sortie de la clientèle, pour connaître l'usuge du rouleau qu'ils gardent perpétuellement uvec eux; alors, on voit l'un déplier un sac, l'autre dérouler un lambeau de toile cirée, un troisième mettre a jour une vieille pèlerine. Tous ont ainsi quelque chose à se jeter sur les épaules pour se préserver de la pluie.

Les averses qui tombent les trouvent aussi ré-

autour d'eux que se forment les légendes dont nous a vous parle plus haut. La conscience de l'état dans lequel ils sont tombés par leur faute leur enlève toute morgue; leur déclassement les a as-i sagis et la misère les a rendus probes. ,

CornuNo*.

(Le Pavé paru*** )

théâtre l)B l'opéra. — Les Huguenots i décor du 1" acte). D'après la maquette originale de CeUFiftON et fils. — (Bibliothèque de l'Opéra ).

Les libraires des quais.

DO pont Saint-Michel au pont Royal, presque tous les rez-de-chaussée des maisons en bordure sur les quais des Utrands-Aupuslins, de Conli, .Malnquais et Voltaire, sont occupés par ■ les boutiques de libraires (Test lu que sont entassés les livres anciens et modernes, c'est dans ces magasins que les amateurs trouvent les éditions rares et complètent des exemplaires dépareillés.

(juelques-unes de ces librairies ne vendent que des livres spéciaux, publications historiques faites eu province, science, histoire ancienne, blason, etc. Huns ces dépôts, tout a de l'importance, à cause du caprice des amateurs Un vieux catalogue de la maison Hachette a des acheteurs; les anciens volumes in-8* des cabinets de lecture ont leur prix, et les collectionneurs mettent leur amour-propre dans la possession de toutes les éditions de formats divers, des livres d'auteurs avant une certaine notoriété.

Sur le quai des (irands-Aupuslins, un marchand vend des livres au kilo. C'est quatre sous les deux livres On peut se faire peser a part de l'histoire, de la morale, du théâtre, du roman. On fait un choix, le tout est mis sur un des plateaux de la balance, on fait le poids avec une petite brochure Avec cent kilogrammes de littérature choisie,on a un commencement de bibliothèque Autrefois, les bibliophiles trouvaient dans les

SELLIER, IlE L'ofÉnA

dan» le rôle de Raoul i>e Nangis (Huyuenott).

H'eprè» un* photographie. — Itibliolhrqur d< l'Opéra.»

M. Sellier II. t.ri.Alfr, J débute à l'Opéra <laei Guillaume T*H r •!.- d'Arnold . I il MTl 1»7-, el chante rneuiti- Polyratte, In Bugumott, la Juirt, elc.

TiiftATHK DB LOPtHA. — llamirt rderor du 1" acte, 1" tableau). D'après la maquette originale de Hi in: ol Chapshox, — (Bibliothèque Je l'Opéra.)

boutiques de» quais des livres rares, des gravures qu'ils achetaient a très bon compte; mais les libraires sont devenus connaisseurs, ils savent le prix dos houqitinsel Usa font paver ce qu'ils valent

Hamlet (rôle de Hamlet).

U'uprc» le dessin original du costume

(Hilili<>lh*qu« de l'Ocra.)

• les marchands se fournissent aux ventes de bibliothèipicsqui onl lieu à la salle Svlvcstrect «éludent aux particulier* des lots plus ou moins considérables de volume*

Beancoap d'écrivains se croient obligés d'envoyer leurs ouvrages à certaines hautes personnalités

de la politique ou de la lilléralure Les victimes de res envois ne les lisent pas; une lois ou deux par an. elles fonl appeler un libraire du quai oui enlève les livres, les pave on en donne d'autres en échange Si M Victor Hugo avait conservé tous les volumes qu'il a reçus, une maison de six étages ne suffirait pas pour les loger.

M Thiers se serait trouvé dans le même cas. Les critiques littéraires reçoivent tous les jours des ouvrages pour en rendre

llamtct (rôle d'Oi HKUE).

D'après le dessin original du costume.

rMfcSJotwaiM <ie ro|*r«.)

La rutc d'OgiMlir (ol çrèt en l%<i* |>»r >!w* ,\iU>oii.

l'AKIS SOUS LA TROISIÈME REPUBLIQUE.

compte; ce sont d'excellentes relations pour les mun-h&nds des <|iiais qui font avec eux d'excellentes affaires.

Quand un ouvrage est épuisé riiez l'éditeur, on en trouve des exemplaires chez les libraires dont nous parlons:

mais ils les font paver cher. Sans parler des belles éditions de Leinerre qui atteignent des prix très élevés, nous citerons deux petits volumes de l'rivat d'Anglemont. Pm •Uunecilote et friri* inftiiiHu. qui . publiés n un franc, tombèrent à cinq sous, puis avec le temps disparurent de la circulation Alors, des amateurs 1rs recherchèrent et 1rs bouquinistes vendirent jusqu'à dix francs et plus chacun de ces volumes.

Il en est de même des ouvrages d'Alfred Dclvau, qui sont fort recherchés.

Les libraires des quais ont des clients dont ils

Hamltt (rôle du roi).

I> «prèa la detiin original ilu coatume. (Bibliotbc-|ue <tc I Opéra )

connaissent le goût et ils mettent de colé les livres préférés par chacun d'eux.

S'ils nous fallnit citer toutes 1rs librairies impo riantes des quais, depuis Do»

moulin, prés du pont Saint- M ic h c 1 , jusqu'à Rcauvais, presque en face du pont Rojal , en passant par Legoubin, Raphaël Simon, helaroque, Henri Valon 11'iiitrrcsscrait que

Hamlet (rôle de Polonids).

; ■ j;rr ■ Ir dmia . •..»>» du coalumr. l'-.M.vth. ;)u. de 1 Opéra.

etc., cette liste médiocrenont les lecteurs; mais ilisons que le chiffre de leurs affaires dépasse trois millions de francs. C'est une belle somme sur laquelle il se partagent de beaux hèuèlices, dont les écrivains doivent être fiers, car c'est a eux que le papier imprimé doit le prix élevé qu'il atteint souvent.

A. I.KPAGE.

(Lu Boutiquei d'esprit.)

F auhe (de l'Opéra), rôle du c.outr me Nevkrs dans les Itugurnolt.

D'apréi un portrait — : Bibliothèque do l'Opéra.: Né en 1830. M. Kaurr- début» a lOpéra-Oomlque en 185Î rt à l'Opéra t'D W6I ; il le quitU dé6nitiTeiitenl eo 1970.

MEixntasÉDEc (de l'Opéra), rolede Guillaume Tell.

D'après un portrait. — (Bibliothèque il» l'Opéra. ^ Né en 1943, débuta à l'Opéra-Comiquc eu IBi'.i., rt rn ISÎ9 a l'Opéra, qu'il quiita ro l-.'l.

PARIS SOUS l,A TBOI81Ê M K HKPI BLIQl K

LE PLAFOND DO T H Ê A T H E - V M A X Ç A I ». — LU THEATRE »1 RACINE (GROUPE)

Dessin de A. Lbgiiani», d'après le plafond peint par Mazbhollbs. — (Collection de l'Art )

got (de la Coillcdltt Fraui'diaeJ.

Dessin de Bocouht, d'après un portrait de Cahpbavx. (Collection de rArl.) Né en II», mort «a 1901.

Bboi'AHb paillkson, aillent dramatique.

Né* Pari* en 1834, non ea la»».

Doom l'Etinrtlle k la G>m«di»-Fraoç*ira eo 1 B7u. fl) «pré» una photographia.)

PLAFONti Di: THÉÂTRE-FRANÇAIS LA FRANCK C Ol'HOXSAXT SES TROIS GRANDS POÈTES CLASSIOUES

Les groupes placés de chaque côté représentent des personnages du tliéittre de Molière. Dessin d'Anutole Legram». d'uprés le plafond peint pur Ad. Mazkholi.s«.

Collection Je lArt.)

«L'Assommoir » au théâtre

. L'Ambigu Uent-tl un sunw? M. liusnach. et son collaborateur M (iatineau, répondront : oui; M. KmilcZola. peut-être Si la réussite ne dépendait que du public populaire, ce seraient cent représentations assurées d'avance. Mais qui peut prédire ce que vaudront sur la scène où le décor est l'or-

haii.lv (de l'Ambigu^, rôle de Itu-BoTTCt dans t'Auomvtair.

Hepreaune photographie)

cément factice, la blanchisseuse G-crvaise et son amant Lanlier cl son mari Coupeau ! Sans doute, les acteurs sont de première force, et <;il .\a/.a, Daillv, rappelleront Frédérick et Paulin Menicr Mais la pièce fera-t-elle la même impression que le roman 1 > Ainsi parlaient les critiques avant la première Tout le monde a été déçu. Les auteurs n'ont pas obtenu le triomphe qu'ils attendaient C'est partie remise, quoique les interprètes aient fait tout leur devoir.

Le coupable est le publie qui n'admet pas encore le réalisme au théâtre; nous sommes loin en effet et singulièrement en progrès avec L Assommoir, de t'Aubenjf dr$ Adret*, de la Cto$erie det genêts, et de lu Fille du chiffonnier La réalité implique aujourd'hui la brutale peinture qui va jusqu'au tableau de l'ivresse, du délire alcoolique, de la prostitution. Gil Naza a été un Coupeau d'une vérité cffr.i vante et qui a provoqué plutôt le dégoût que la terreur. La gaieté de Haillv. en Mes-Holles bon enfant, n'a pas sulli pour gagner le public à lu • ause de Zola '.

Anonyme.

• Il ne faut paa confondra, au point de vue de I impre*aion produitr, li- drame de f AUMMUit avec le roman qu'il a lente de mcllre eu accue. L'Aiu>mmoir,'\ui fait pai lie de la série desA»«yiMi- .l/ac/uml cl <|ui tut publié eu 18T7, ni l'épopée de l'outrirr parisien. 11. Zola u mia. suivant li. Lanaoïi, dan» ce roman, plu» de véiilr, une observation plui aerree et plu- précité !|ue d.mi lea autres, et aussi plu* de aincérité et nioina d'artiluv verbal Le même critique ajoute la remarque suivante : « U a> nibhr.iit que l'objet principal du romancier devrait être l'élude de l'individu en qui te continue la r. - vr héréditaire; mata pat du

tout. L'individu s'eff.ice et le» doCuwenU qu'apporte M. Zola tout rclatifa 4 uu 0M spécial. Ceat tiervaiso qui eat une Hmignn- Maeqturt, maia c'est A l'alcoolisme de Coupeau que l'auteur s'al lecbe, et lierveUe, avec aon hérrMité, n'aurait pas déraillé i\ Coupeau n'avait pas bu. .

5. — Élections sénatoriales. (Succès de la li»t* radicale à Pari».'

g. — La Seine est prise pendant la nuit. - A .Saint Mandé, aa»a**inat du g*rçon épicier Lecercle Abadie ol KnoMoch sont acculé» de ce meurtre.

10. — La température descend thermomètre de Saint-Maur) à — I0",!3.

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