‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 16 sur 441 · IUINBS UU 31 I N ISTKRE DES FINANCES, RI E DE RIVOLI · texte numérisé non relu

IUINBS UU 31 I N ISTKRE DES FINANCES, RI E DE RIVOLI

Eau-fort? d'apri'.s nature, par MautulI'otiiekont. — (Collection Viclor Proiilé.)

Le millilitre des finance* occupait l'emplacement d'une partie de* h-llimcnti et des jardin* du couvent des Feuillants, ondé en I&87

.1 démoli •■■ t mm.

A? AAji -Xua.t

Les hommes, en costume militaire, achetaient des képis, des fourniments ou des armes. Les enfants s'extasiaient devant les polichinelles. représentant une truite comique et ludesque. pendant i|ue les cricurs de journaux offraient leur éphémère gazette à la foule, malgré les ordres du préfet.

Les cafés étaient pleins de monde, beaucoup trop pleins, et cependant le canon grondait à quelques kilomètres de la.

Il en est même <|ui rendaient des visites; on se dirigeait vers les cafés qui donnaient des concerts en faveur de nos soldats blessés.

La charité primait les plaisirs, et les souhaits du jour de l'An ne se terminaient jamais sans une malédiction contre la Prusse

Parmi les boutiques des boulevards, rendues plus rares, du reste, par la température exceptionnelle que nous subissons, on remarquait l'absence des marchands d'oranges, cl pou r cause

Le Portugal n'a pns voulu percer les lignes prussiennes pour rafraîchir à nos

dépens les soldats de liuillaumc.

Seuls, les marins des forts envoyaient aux ennemis des oranges parisiennes, inoins digestives que celles de .Nice

On peut «lire, sans mentir, que le I" janvier s'est passé comme à l'ordinaire, mais jamais les souhaits n'ont été plus sincères.

(Le l'tlil Journal.)

LAl-FOBTE M\h I Itl -l'<n MKM.iNT.

GakteUan V l'rmii*

L'An nouveau.

RM! 18 quelques heures, l'an 1H"0 a disparu dans le gouffre où s'entassent, bonnes ou mauvaises, toutes les années qu'a vécues l'humanité Imperturbable, comme le Journal officiel de la destinée, le temps suit son cours, détruisant les joies, puis consolant les douleurs. Année sombre et fatale entre toutesquecclle-ci, et qu'on voudrait pouvoir rayer de l'histoire de noire siècle civilisé, progressif, sillonné, traversé, perforé par la vapeur ou par l'èlcr trici té ! Ainsi, dans le palais des doges, ft Venise, on a recouvert d'un voile noir In place où devait être peint le pol irait île Mari no l'aliero, traitre à sa patrie et décapité pour ses crimes.

«'.elle année, qui li n i t en drame, a commencé par la comédie Le i janvier IS70, I a V r a n <- e , l'empereur et le ministère Oilivier se trompaient réciproquemenl :

l'Lmpercur en se figurant •m il allait devenir constitutionnel, la France en avant l'air de le croire, et M tlllivier en se déclarant capable d'opérer celle transformai ion

Un n'avait pas encore eu le temps de coûter au régime parlementaire, que le coup de pistolet d'Autenil tuait Victor Noir et liait désormais a l'histoire de noire temps ce pauvre grand garçon qui rêvait si ardemment et si naïvement de gagner, une petite notoriété A quoi tient le sort des

LA RI' P. TU' BAC (XAISOX A L AMil.K HB LA HHK. DE LfLUt) ET LR tiRKMKR d'aBONI»A>CE.

Ruiiu^ &prè» les Incendies «le mai, d'après une eau-forte <!<• Martial — (lUsUcrlion V ProuUv)

Li rue de Lille fui le » h »t i . de notnln-etii incendie" (• . k m ic migl.inl»'. Là se trouvaient le» .ir.hiTe» dr k Grande Chancellerie, IVntrer Tdu pilnis dr li l-iu'ion d'honneur, l'holal de l'rnlm. l'Iinlel du maïquk de Villtueuv< • lUrgeniont. ïnutrs cet riehieset furent incendiées. La ru-' du Ikc eut beaucoup a tnuflrir

Le i, renier d'il>on.l»iic<- datai! dr lS'17, Il occupai!, sur una longueur dr 3S0 uiétro, k bcBe «liée d'ormes du )-»rdin de I Arsenal

peuples 1 Victor Noir eût habité Paris, les deux cent mille hommes qui ont suivi son convoi se fussent réunis sur ie boulevard nu dans la rue de Rivoli, que l'Empire sombrait peut-être dans ces étranges Funérailles du 10 janvier.

Nous ne revien (Irons point sur les responsabilités de celle lutte effrayante qui nous décime; nous ne ferons point rémunération de toutes les douleurs amoncelées, de toutes les ruines, de l ouïes les bnines que la guerre va laisser derriére elle : oublions et l'Empereur ipii l'a voulue, et les ministres responsables qui l'ont laissé faire, et les généraux dont la bravoure ma ladroi'en'a pas su prévoir des désastres inouïs .. < l'est en vain que le cri des veuves, que les pleurs des orphelins montent chaque jour vers le ciel ferme et sourd Ce sang, ces larmes et ces misères, un seul homme les ignore, e l trente laquais, après avoir traversé l'Allemagne dépeuplée et la h'rancr dévuslée. sont venus lui offrir

fera pas. et beaucoup de ses semblables mourront avant que son orgueil infâme soil châtié. L'n homme en moins et l'Europe redevient calme, et la paix sereine lleurit dans le monde réconcilié, et l'homme robuste qui s'est levé le matin peut

espérer vivre jusqu'au soir sans qu'un obus stupide vienne briser sa force et sa vie.

RUINES DE L HOTEL DE TILLE, 4NE1 LES INCENDIES l>E LA COMMUNE.

I >u forte de Mautiju -l'omi uu>t. — Collection Victor Croulé

L'H'ilt'l d>' Ville. Iin'il |.ar lu Commune. datait <lu ïvi- sie. le. I » pwiltri pierre de ecl édilice fui potët le ID juillcl I!>Ï3, pur l'i.rre M<i|lr, pre».'>l de» marchand! Ce fui d'aburd un palai- gnlhkjui . La construction ni fut -utpeiiduc sous Henri II. rl I on adopta alorf , en l<>M, un nouveau projet, celui du Ho.v.idor. h«inini<|ne de Cordoue Loi guerre* de religion interrompirent emorc le* trav.iu>. <|in n< fur- ni repria qu'a l'av< m un ni de llemi IV, sur le* plans de Uurencau <»u* Loui--l'bilipp«, on .• .In l'u uvn «xquiie du Boceador p.ir Une atupliuc.iliuu tiagéie.' 'le < e beau KUimeiil.

à Versailles, une couronne d'empereur, teinte du plus généreux sung des deux nations.

<>t homme est un vieillard: il parle souvent île Dieu, lui qui fait oeuvre de démon; il est exci'llent père de famille, il est bonhomme, simple dans ses mœurs, chaste dans ses plaisirs; c'est pour lui cependant et par lui que l'on -ou lire et que l'on meurt l n signe de lui interromprait le carnage, mais ce signe il ne le fail pas, il ne le

Oui ! tu nous vengeras, année nouvelle, toi dont le spectre indistinct est monté des a b f m e s de l'éternité quand ont sonné les douze coups de minuit!

Sois donc bénie, année nouvelle : que par loi régnent la justice, l'honnété, le respect de la loi. le travail . l'abondance.lagaieté sereine, l'amour des femmes el la santé des petits enfants lionne aux ciloveus la sagesse de profiler de la victoire el la modestie de ne

points'en enorgueillir Donne aux chefs 'In peuple la prudence qui sauve el la sagesse qui reconstruit ! l ais des Français

triomphants un peuple uni sous dos lois justes, a l'abri de* méchants, des intrigants el des sots Pais tout cela, année nouvelle. et quand reviendralesolstice d'hiver, quand la neige de Noël couvrira «le itou venu la terre durcie, nous penserons avec une mâle tristesse n nos morts, a nos douleurs de 1870, puis nous bénirons le souvenir tic l'année réparatrice cl consolatrice qui nous apporta le salut dans son manteau de givre et de frimas. Francis Maunakd.

PARIS SOUS LA TROISIÈME KKPL'HLIQUK.

L'entrée des Prussiens dans Paris

Dams l'attente du douloureux événement qui allait s'accomplir, la capitale avait pris le deuil Les statues de la place de la Concorde étaient voilées, les magasins étaient fermés pour eaux?

de deuil national, aux fenêtres flottaient des drapeaux cravatés dn noir: les journaux avaient spontané ment suspendu leur publication. et le quartier des Cbamps- Klvsées .

complètement isolé par un double cordon de Iroopn empruntées à l'armée cl à la garde nationale, avait été I ransloriné eii une sorte de désert Ou eût dit une ville dont la vie s'était retirée, et qui. pour recevoir la visite de ses vainqueurs, s'était volontairement enveloppée dansun linceul.

•La grande ville, dit Jules Favre. ne cessa pas un instant de conserver une altitude morne et silencieuse: et quand la nuit descendit sur elle, au lieu d'offrir le spectacle du mouvement el de la vie, qui donne un air de féte à ses soirées les plus ordinaires elle s'enveloppa de ténèbres volontaires. Aucun de ses habitants d'un café, et sur habituellement

Jonnécs de

iuunes uv

AMfci

Eiiu-forU' de Mtnrui.-1'ommoM. — Collection Victor Proule.

Le tbiltre d« lu Forte-Suint- M.irtin. incendie p-ir la Commune, Mail clé construit en i?8l aux frai» do l'artiste le Noir, pré» de lu porte Saint-Mari H1, «ur mi terrain * lui. Ce devait Htr une • Mlle provisoire • oflerle >u« danecun ri rbmlfVfa de l'Opéru. aurt» l'incendie de relie dernière tulle, qui ètoH »lor«. compris dans l'elrceinte du l'alaN-llo) al Le provisoire de ITSf dur.) i|u»lre-vii>iM dit ans. I. . Coritmuno y mil lin on livrant au fou fi « I heilre-r ranc, «i« des iwmntiqiMl ».

ne songea à franchir le seuil ses boulevards, dans ses rues étincelantes de lumières et silpromeneurs, on entendait à peine le pas solitaire el cadencé des patrouilles qui veillaient, inquiètes, sur la cité muette et consternée » C'est dans celle ville désolée que les troupes allemandes, qui n'avaient pu la réduire, allaient

faire une entrée ne ressemblant en rien à une entrée triomphale. L'occupation des Champs- Klvsées fut douloureuse pour les Parisiens; pour nos vainqueurs, elle n'eut rien de glorieux.

Dans la matinée du 1" mars, la troupe d'occup&tion, placée sous le commandement du général

de Kamecke, fut passée en revue par l'empereur d'Allemagne sur l'hippodrome de Longchnmp.

Ouand le souverain arriva auprès des tribunes désertes dans son landau attelé de quatre chevaux pur sang, il fui salué par l'hvmne national : Salut a toi couronnr par ta victoire f Kl ses lourds soldats tirent retentir l'air de hiirrahs frénétiques .

pendant qu'il passait à cheval sur le front des troupes, suivi d'un étatmajor ne coinprenant pas moins de six cents officier*.

Le Kaiser vint ensuite avec son escorte se placer devant les tribunes, et le délile, dirigé par le Kroit- [i r i n z, c o m mença L'opération Tut longue, mais elle tt'exécuta méthodiquement , el le général Kamecke. prenant le commandement de l'armée, la divisa eu deux sections, dont l'une, composée de soldats bavarois, se dirigeu vers Paris par l'avenue des Acacias et l'avenue de la (irandc-Armée, et dont l'autre, composée de régiments prussiens, gagna l'Arc de triomphe par l'avenue de l'Impératrice Ouelques régiments passèrent sous l'Arc de triomphe, les autres le contournèrent, et tous ces régiments, musique en tète, s'engagèrent dans les

THEATRE DE La ie -n\r «muin

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