‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 17 sur 441 · LES JOURNÉES HE L A COMBINE · texte numérisé non relu

LES JOURNÉES HE L A COMBINE

f.hamps-KIvsées, précédés d'une avnnt-garde qui avait été envoyé* en avant pour reconnaître le lorrain Il ne se produisit aucun incident notable. Ouclqucs soldats s'arrêtèrent pour danter lourdement devant la statue de Strasbourg, aux sons d'uni' musique

de régiment massée sur le terre-plein île la place de la Concorde. Us étaient Tort sales, mais ne paraissaient pas farouches Beaucoup de leurs camarades, assis le |on£ des trottoirs ou sur le pas îles portes, fuinaienl tranquillement leur

pipe de porcelaine. La rue de Rivoli etlequai étaient noirs de monde.

L'opération de l'évacuation ne fui commencée que le :t mars à S heures du matin.

Klle s'effectua d'ailleurs sans encombré cl ne donna lieu i aucun îtiridenl.

Les soldais allemands, dont les espérâm es, si promptement déçues, ahontiss.i ie u t en dernière analyse ri une immense dé- (■onrenue, reinonlérenl IrîsleiiK'ul l m venue des Champsrivsées. se ha tatit vers les portes de l'en-

eeinte. A midi, l'évacuation élail i-umplctemenl terminée L'occupai ion avail lonl juste dure qunratile-huil heures Klle n'avait ou à aucun dejrré le caraelére d'une marehe trîouiplinlc . cl dfms leur rapide passage a travers les rues désertes de la grande ville nos ennemis eux-mêmes avaient du éprouver cette impression, que si la Prusse était momentanément vielnriensc. la Franc»' resterait indomptée à jamais '

Après le départ des Allemands, deux elahlis

PI CE SKIS Kl SCTXK4 OES rCILENIK*.

I» ,piè« une ||t miri' il" l'*j»M |ur llililmUi' <|u«' > tlîwn ''■ r f< u ('lit •! J»i»r.| iIiiki lu |i.trlra ttUtJ'r 'lu l 'Wti m «-1 »<•'«• »«fil pTOgrt ■ h i<iic il » v'ii' S«"jii-'|ii 'm |.ivill<ni Hérr. |> ' ■ ••!<• iimpirinie I I ii ili J-1 llp |iO ■' 0 ■ ' -lin* li* l'ivil un ilt' I IImi I »ÇC Id

sements du rond-poinl, le eafé lUipont et le rcslaurnnl Le lloven, qui étaient restés ouvert* pendant loiile la durée de l'oec upalion et qui. en llëtiergcnill les officiers du général de kameeke. avaient fail des recellcs extraordinaires, furent

saccagés par la foule, et des filles de mauvaise vie qui étaient venues rôder dans les

• lutin ps • VA y • sées furent pub I i q ne m e u t fouetlécs, On respirait plus à l'aise maintenant que l'enn e m i n'était plus là pour insulter à nos mal h l' u r s et tous les eii'urs s'ouvraient à

l 'espéra uee,

sans qu'on paru! prendre garde que l'orage qui grondait sourdement dans les lias- l'omis du parti révolution u a i re pourrait lu'cn éclater quelque jour L'armée allemande, disait le ministre de l'intérieur, M Krnc»! l'ieard, iliiii-- s,i proclama t ion adressée a la population de l'ai is le :t mars |S"I, a évacué ee malin a onze heures les ■I u il r lier s où elle avait pénétré iVudanl sou séjour, la tenue de Paris a êfé au-dessus de lotit élie'e l'artolll les iii'UX puhlics. les

établissement* particulier?, les magasins se sont spontanément termes Le-, occupants, laisses a eux-mêmes, ont pu i ompreinlre que si le droit suei oiiil>e quelquefois ilevaul ia foree.il n'est pas si facile de dompter les Ames, et que la fortune de la guerre ne domine pas seule le monde

Samuel Dk.ms UisttH nU it'fK <>■«■ . i, III. (Librairie l'Ion )

• util r , rllr

ivnii. ni .

i ta I i I II*) rii.llt1 «• CM'i-llM. Min

l'AKIS SOLS LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE.

La i.dli de* M mvii nu iv ■••« vue lout i. I.i fou »ur U rue c( I. jardin. A |h'U prit t U moitié <lr s* luuleur, «Ile étiit entourée d'une buluitrude richement oruée. Elle derait ion iioim aux portraits an pied das muréchaui de I r mer qui l'y trouTaient en grand nombre.

La journée du 18 mars.

Qi km.k journée! (.c soleil tiède et clairqui dore la gueule «les canons, cette odeur de houquets, le frisson des drapeaux , le murmure de cette révolution qui passe tranquille et belle co::;me une rivière bleue, tes tressaillements, ••es lueurs, ces

fanfares de cui- iouus i^c. - ivre. ces reflets de bronze, ces flambées d'espoirs, ce parfum d'honneur, il y a là de quoi griser d'orgueil et de joie l'armée victorieuse des républicains O grand Paris ! Lâches que nous étions, nous parlions déjà de te quitter, et de nous éloigner de tes faubourgs qu'on croyait morts!

Pardon, patrie d honneur, cité du salut, bivacdela Révolution ! yuoi qu'il arrive.dussionsnous être de nouveau vaincus et mourir demain, notre génération est consolée. .Nous sommes pavés de vingt ans de défaites et d'angoisses Clairons, sonnez dans le vent:

tambours battez aux champs!

Embrasse-moi, camarade, qui as comme moi les cheveux gris Le 18 nuira le

l'a sauve belle, gamin! Tu pouvais comme nous grandir dans le brouillard, patauger dans taboue, ilerdansle sang, crever de faim et crever de honte, avoir l'indicible douleur des déshonorés* L'est fini! Nous avons saigné et pleuré pour toi. Tu recueilleras notre héritage Fils des désespérés, tu seras un homme libre.

LA BAKUKtK IIK PARIS PENDANT >. A COMMUNE. Fcu-forl. de Mamial-I'otnEmom. — Coll«-i„n Viclflf ProuK )

Jules Vali.ks.

(Le Cri du Peuple.)

Proclamation du général Cluseret sur la manie du galon.

A la garde nationale.

Citoyens,

Je remarque avec peine qu'oubliant notre origine

modeste, la ma- Ji >Cur.»..at ■ nje ridicule du galon, des broderies, des aiguillettes commence à se faire jour parmi nous

Travailleurs, vous avez pour ' < la première fois acconqdi la révolution du travail par et pour le travail

Ne renions pas notre origine et surtout n'en rougissons pas. Travailleurs nous étions, travailleurs nous sommes, travailleurs nous resterons.

C'est au nom de la vertu contre le vice, du devoir contre l'abus, de l'austérité contre la corruption, que nous avons triomphé, ne l'oublions pas.

Restons vertueux et hommes du devoir avant tout:

nous fonderons alors la République austère, la seule qui puisse et ait le droit d'exister.

Avant de sévir, je rappelle mes concitoyens à eux-mêmes: plus d'aiguillettes, plus de clinquant, plus de ces galons qui coûtent si peu à étag» r et si «-lier à notre responsabilité.

A l'avenir, tout officier qui ne justifiera pas du droit de porter les insignes de son (irade, ou qui ajoutera à l'uniforme réglementaire de la garde nationale des aiguillettes ou autres distinctions vaniteuses, sera passible de peines disciplinaires. Je profite de cette circonstance pour rappeler

chacun au sentiment de l'obéissance hiérarchique dons le service: en obéissant à vos élus, vous obéissez à vous mêmes

Le délégué à la Guerre, E Cliseret.

Pans, le 7 avril

On a encore entendu Mme Tesseirc dans des chansonnettes amusantes: M Daubé, dans un solo de violon : M. Roussel de Merv. qui a redit ■les vers populaires, et cnliii Mme Dardas, qui a chanté deux chansons de circonstance, avec sa verve accentuée et coiimiunicalive, et qui a clé

La soirée des Tuileries.

(12 mai)

La soirée dramatique et artistique donnée hier aux Tuileries au bénéfice des blesses de la garde nationale a été très brillante dans sou organisation cl son exécution.

Le docteur Itoussclle , inspecteur général des umhulances, qui présidait à celte scconde fêle de bicnfaisiiiM e, avait pris toutes les dispositions nécessaires pour éviter l'encombrement de samedi dernier et satisfaire complètement le public

Le premier et principal concert axait lieu dans le salon dit «les Maréchaux In autre était installé dans l'ancienne salle île théâtre, dont les draperies avaient été enlevées pendant le siège pour v placer une ambulatne Enfin, une musique militaire jouait, dans le jardin réservé, des svmphonies et des airs patriotiques L'éclairage était splendide.

non seulement A l'intérieur, mais encore au dehors Des verres de couleur rouge étaient disposés partout dnns les arbres et IcsmassiTs; des lampions entaillaient les gazons et les bordures, (l'était d'un elle! charmant.

Aussi le public, adiré de plus par le beau temps, v est-il en partie resté pendant les premiers morceaux du concert comme l'autre jour, dans les salons du premier étape.

Les artistes avaient, d'ailleurs, prêté leur concours, avec l'empressement qu'ils mettent toujours en pareilles circonstances.

Dans la salle des Maréchaux, Mlle Agar a életlrise 1 auditoire en disant le Lion blessé de Victor Hugo, avec le merveilleux talent qu'on lui connaît et le galbe si expressif qui donne encore du relief a sa diction.

Mlle et M. Caillot ont été vivement applaudis dans le duo du Maître de chapelle et l'air du Pardon de Moërmel.

la MHIMVB DE £.<ii-fortr d'aprè»

au lieu d'affluer.

I' VIH - PENDANT LA COMMISE, luttire, (nu1 M «m ki >i —

- PORTE IlE NECILLV.

Col tact iota Victor Prouté.

écrasée de bravos enthousiastes dans lu Camille. exigée et bissée avec frénésie. Cette pièce est en effet remplie de philosophie populaire.et Mme Bordas la rend en véritable artiste.

Enfin l'orchestre, après avoir joué par intermittences, a terminé par In Marseillaise, dans toute son ampleur musicale. Il était dirigé par M.Schneider (rien de l'cx-présidentde la Chambre de l'ex-empereur).

Un petit incident a égayé un instant la salle. Le bouquet d'une des artistes, arrivé en relard, a été apporté jusqu'il l'estrade et remis à l'exécutante par un garçon de café en tablier et serviette sous le bras. Ub! monsieur le duc, grand

l'A RIS HI-; 1X00 A «900

chambellan, combien vous von* fussiez courbe avec humilité et confusion devant voira auguste magot. >i pareil scandale avait pu se produira de l;i part d'un des valet!) dont vous étiez le chef!

Le programme varié se composait de musique militaire, de chansonnettes combines et de poésies

En résumé, maigre l«»s liais d'orgfl n isulion •] ni avaient été rails «'n rue de In foule que l'on pouvait atlcndra. ce doit être encore une bonne journée pour les la mille* malheureuses des victimes de la guerre.

Charles Nkl.

(Journal officiel de la Commune.)

Renversement de la colonne Vendôme.

(16 mai.)

X N OXC I. K

pour deux heures, la démolition de la colonne de In place Vendôme avait attire une foule immense qui se pressait rue de la Paix, place <lu nouvel Opéra et rue Castiglionc Cependant lesouvriers travaillaient encore sur l'échafaudage masqué par des toiles Des man ouvriers achèvent le lit, formé de

sable, de fascines cl de hunier, où doit tomber le monument de bronze.

Vers les trois heures, un citoven monte sur la colonne, agile un drapeau tricolore pour indiquer que la chule de la colonne doit entraîner celle du drapeau. Les musiques de la garde nationale exécutent In Marttillaisé et le Clmnt tin départ. Quelques memlires de la Commune pren-

L A PLACE DELA BASTILLE. — LES B ATEAlX-rUTHuLK sol > LA VOI TE DU CANAL SA1NT-MAHÎIN.

Baa-forle de StARTiAL-PnnrêMOXT. — (Collection Victor Proulé )

Li plue île t.t ll.iilillr ti *>'* en»ir«ii«, rue». bnSVvwdfi otlVfiieiil. )>• It-iWfWtala .1». >imtlri5 jour née \ île mai, un Mi ct.icle ii.ivr.inl. l'nrloul île l'run.l- Iroua noir».

l'.irnii le- CMfttnKtiuiM i»r. ii.lne» ne o imcv a le Cttfe Oil>e. k l'.iiiL'lc ilu I le-

«ni II. iuiii ucli n* «i <le l.« iue Sniiii-Anviiie, l.i ufMMtfe .le» l'harcs «le 1 Un- 1 i I le. fur lu pl. ici' ini'ni.'.

nent place sur le balcon du ministère de la juslice.

A trois heures et demie, le clairon sonne. Les ouvriers descendent rte I échafaudage et font éloigner tout le monde. Un mann-iivre le cnheslan.

Tout à coup un fort craquement se fait entendre : c'est un cabestan qui casse en renversant cinq ou six travailleurs attelés au moulinet, lin envoie chercher un nouvel appareil.

Pendant ce temps, cinq ou si\ ouvriers esc a 1 u d e ni le piédestal de la colonne et commencent à travailler de la pioche et de la pince sur le fut de la :okmnc qui ne para il pas sufîisammcnl entamé. A ipialre heures et demie, ou hisse de nouveaux cordages Le clairon avertit de s'éloigner.

A cinq heures un quart, les cabestans rccommeucenl & fonctionner. I.n tension des cables s'opère lenlemcul. Chacun est haletant.

I n cri. étranglé par la peur d'un accident dont il est impossible de mesurer l'étendue, part de toutes les bouches. I.»

colonne s'ébranle. Un silence d'épouvante se fait dans la foule

anxieuse. Puis, après avoir oscillé un instant sur sa base, celte masse de bronze cl de granit tombe sur le lit qui lui a été préparé. l-n bruit sourd se mêle au craquement des fascines: des nuages de poussière s'élèvent dans les airs.

La colonne est toute disloquée l.a statue a un bras casse et la tèle séparée du tronc. En deux minutes, le drapeau rouge est arboré sur le pié-

PARIS SOUS LA TROISIEME R K I» tJ B L I Q V K.

l'hêmtagi.

Composition «le H Dai hier. — (Collection du Chariruri.)

destal qui csl resté debout l'n fédéré escalade le soubassement de l'ex-édilice et prononce un discours. Il est interrompu par la foule, qui désire écouter le général Itergeret, monté sur les débris de la colonne brisée Dessinateurs et photographes sont à leur poste pour prendre des croquis. Un vend sur la place une brochure intitulée : Oraison

fmébn </c< ctloyeJM mort* pour la République, arec In souscription pour leur élever un monument cotiimémoratir à l'endroit même de la colonne Vendôme

Pendant que les démolisseurs travaillent à renverser la colonne sur un lit de fumier, les l'caux- Rouges qui nous gouvernent sablent le Champagne

PARIS DK 1800 A 1900

i ÇftWa*I vui^t «M a tua imiw. *». U. MM OLu'

. U'lO T«H »f -l^l «HHl. V» Mit fclWtMU 1 VBI.

' ■* f Un,'» uWl ootww ( dbkteo. > va. j ^<u>'jw*. < V sa wjoW-i ■ .^.om^imu ■•^uxitJjdA iv Sc-a pcw 'vi-.. i vto»u tt u. fa «y, Sw.h. ».' -Aul(Uf>u»«\ ait |«R t Lu*//.- GmvnviAmaj

MINI» DE LA <:(>t.OK.NE VÏMinUt: APhL- la co»ki\i:. I m f."U- dt VUmiM-t,,,iHi»u>r. — Cullrrtioii Viclnr Proulc

sur les estrades où ils liaient installés A la pape écrite <le sang et de houe de la révolulion du IKmars, il faudra ajouter les orgies de lu Commune, alors que de pauvres gardes nationaux râlaient leur agonie aux rempnrls, que d'autres, égarés, mouraient de faim dans les calacnmbes. et qu'aux ambulances on manquait de

chirurgien!

J p'Ahsac

Complainte du chansonnier.

On voit avec leur» insignes

Arriver nos r'préscntant».

Ils ont tous l'air très contents.

Faut dir' qn' c'est de» gettl bien dignes ?

Ceux qui les msult'iit, souvent

N en pourraient pa* faire autant

Des orchestre* Ire» eonv'nable»,

Et qui jouaient en même temps,

.Mais sur de» airs diilcrcuts,

Reiiduienl la féle agréable

On »' s'ruit cru 6 l'Opéra

Oui. d'aillcur». n'est pas loin d' la.

Au signal du machiniste On vira le caheslan.

Mais la eord* se tendit tant Qtl'oit redoutait un sinistre.

L'appareil avait le tort l>c n' pu- être le plus fort.

Lnlïn. il faut qu'il succombe. A einq heures trente-cinq...

(Juel exempt* pour Henri Cinq !

Page 1