‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 175 sur 441 · I.B rillNTKMl'S · texte numérisé non relu

I.B rillNTKMl'S

Pnr Mlle Louise A6S8BA. — Portrait de Mlle Manche Hahktta, de la Comédie-Française. iColli'clion <le t Art '

Ln mairie du onzième arrondissement a arboré îles drapeaux à toutes ses fenêtres; les becs de gaz île sa façade principale sont allumés et les lanternes sont voilées de crêpes noirs, Restaurants cl cafés sont envahis par un nombreux public, impatient, fiévreux, et les places en Façade se pavent des prix insensés.

A partir de midi, presque toutes les polies corhères sont transformées en amphithéâtres improvisés à l'aide de caisses et de tables superposées.

La foule augmente encore; les curieux se tiennent sur dix rangs au moins de chaque côté du boulevard. La chaussée est absolument libre et des ouvriers de la Ville sont occupés à la sabler. Le socle de la statue de Voltaire, sur la place de ce nom. n'avait aucune décoration.

A une heure et demie, le cortège débouche sur le boulevard de Cliaronnc.

Tout le boulevard, jusqu'à la rue du Chemin- Vert, est barré.

L'hemit vile, au fond duquel s'ouvre la porte du cimetière, est entièrement tendu de draperies

noires relevées pnr des faisceaux de drapeaux tricolores.

Sur les deux trépieds de bronze qui le terminent, brillent lentement deux flammes rouges qui. se détachant' sur le fond du ciel, produisent une impression saisissante.

La porte est elle-même masquée par un portique en tentures noires.

Au-devant s'élève le catafalque destiné au cercueil et au pied duquel les discours vont être prononcés.

y Les ministres, le corps diplomatique, le représentant du Président de la République et les grands corps de l'État viennent se ranger autour.

liés que les discours ont été terminés, le service d'ordre a fait établir un passage de chaque roté du catafalque.

La tribune a été enlevée et les délégations ont dèlilé devant le cercueil de Gambetta.

Le cimetière a été ouvert ace moment, c'est-àdire à deux heures et demie, et les porteurs de couronnes ont été admis a les déposer près du carcan de la Ville de Paris, situé avenue Depuis.

l'Été

Par Mlle Louise Ahbeha. — Portrait de Mlle Jeanne Sahahv, de la Comédie- Française. iColli'Ctiua de / Art.)

PARIS f)K 1800 A 1900.

i<ioll*cUoo de CAit.i

MAHEMotSELLE ADKI.K IMAC

Rôle de Ji i iETTK dans Rvmév et Juliette de Ch. Goonod.

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HOle d'OtiviGM i>« Jai.in, dans le Ut mi- M unité. R'Hc «le ll»n Jcan.

De>iin île E. WlUWI, D«»iill 4e Wl1-"**' — • < "IMîMùii d.' I'4l< )

La Fête de l'Opéra.

La fêle — représentation et bal — donnée par la presse parisienne au prolit des inondés d'Alsacc-Lorraine a tenu une bonne partie de ses promesses

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Rote du reporter anglais dans Michel Siroyn/f. D<'»i>in i!e Wn-iii. — itiolleclion Je l'Art )

l.a salle, admirablement éclairée puur la circonstance, était archicomble, él incelante de diamants Le plaacber étant disposé d'avance pour le bal qui devait suivre lu représentation: il a fallu aussi surélever la salle, e'est-a-dire bâtir une seconde scène au-dessus de la vraie. C'est là qu'a eu lieu le concert.

La représentation a commencé par la marebe de Sijh ia, de Léo Dclibes, exécutée par l'orcbcstrc de 1 Mpéra sous la direction de Maltés Le même orchestre, conduit par Massenet, a joué des fragments iVllérwliiide. Immense succès.

Rôle de Dkhtr inh, dans Robert Marâtre. l>o»iii do WiL-ii.i. — y* oll' itioii «le ( Ai t >

La salle a acclamé ensuite Mine Fidés-hcvriés, qui, dans le cinquième acte de Faust, a du redire l'air des . Anpes radieux i.r.ailhard et Dereims ont partagé son succès.

Puis est venu le cliieur de Itossini. la Charité, ebanté par les principale* ebanteuses de Paris,

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Rôle du banquier Stkineii. dans A(ih<i, d'Emile ZoLA.

Dtttio ée Wiuu». - (CoUeelion de tArU)

Mme Miolan-liarvalho en tète. Tout ce que Paris compte de grands talents et de grands noms se trouvait réuni pour donner à celte fèle de la charité el du patriotisme le plus haut caractère artistique.

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Rôle de Cai'Ouladk, dans les MunehariU.

l>e»io de B. Wam». - (Collation de (Art.

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TUKATtlK DE L'ol'KKA. — WflH'i Vtttt

Décor du f arle, d'après la maquette Originale — (Bibliothèque de l'Opéra.)

LE HOJ MKMU VIII

b'apré» la maquette originale d'Eugène Lmostk.

Le deuxième nrlc *\'.\drienne LecMu reur, joué par Mme Sarah Bernhardt, Pierre Horion et Saint-tiermain. a provoqué d'unanimes applaudissements,

Dans /(i h'- ti' ttadalotnê, le cliaol. représenté par Mlle Jeanne (ira nier, a alterné avec la danse, exécutée par Mlles Suhra. Sanlnville, Sangalli et M au ri.

A minuit et demi, la toile a baisse- : on n passé au foyer pour le tirage de la tombola. I.c bal a commencé avec le concours dos dames patronnesses de la Société des Amis de l'enfance. L'orchestre n été dirigé pendant quelques instants par Mme Judic.

La l'été a fini fort tard; le chiffre de la recolle, pour la représentation et le bal, n'est pas encore totalement connu. Il est en tout cas fort élevé.

On parle de plus de 80,000 francs.

Le Procès de Louise Michel.

(Audû Hfc du 22 juin.)

L'audience est ouverte à onze heures et demie. Quatre accusés au lieu de trois se trouvent sur le Itano des prévenus.

Moreau, dit Uarreau, a en effet été arrêté hier

Henri VIII. — anns »B Baleyx D'après la maquette originale.

(Ditliotb^iur de POpéra j

soir, par suite d'un jugement du tribunal de Poitiers.

Le premier incident est soulevé, A propos de l'arrestation de Moreau, par M* Pierre, qui proleste contre celte mesure, destinée, dit-il, A exercer une pression sur l'opinion publique.

Cet incident termine. Louise Michel se lève pour protester contre la consigne qui empêche le public de pénétrer dans In salle.

M' Lenoêl-Zevort et M' Laguerre, avocats îles accusés, appuient le dire de Louise Michel.

Ces incidents vidés, l'audition des témoins recommence.

M. Chaussadat, témoin cité par la défense, affirme qu'il a vu le boulanger et sa femme donner du pain à la foule, et qu'à ce moment Louise Michel continuait à marcher cent métrés plus loin.

Le témoin qui est entendu ensuite est la veuve Mnrtin.

Pouget, pour envoyer des colis de brochures, a pris le nom de Martin et il a donné son udresse.

Le témoin. — On a fait une perquisition chez nous sous prétexte que nous avions expédié nu mois de mars des brochures que nous ne connaissions même pas. On nous a conduits au dépôt, mon mnri, mon enfant et moi. Nous ne savions pas ce que cela voulait dire. Mon enfant est tombé malade, mon mari est mort de chagrin.

Le président — Vous voyez, Pouget, de quels malheurs vou9 avez été cause.

Porr.KT. — J'ai pris ce nom à loul hasard.

La vf.vve Martin — Mon mari était fort à la Halle et je reste seule avec un enfant à élever.

Lu présidknt. — Vous pouvez vous retirer, madame. Tout le monde ici prend part à voire malheur.

Après celle femme viennent une série de lémoins militaires et employés de la gare dont la déposition a trait à l'envoi des fameuses hrochures : A l'Armée! Le caporal Michelet déclare qu'il croyait que CCI brochures étaient des cahiers de chansons, cl M. Barthélémy, commandant nu 98* de ligne, à llonnne. déclare : • Colle distribution n'a pas eu de suite; les uns ont jeté cet écrit avec dégoût, les autres l'ont remis a leurs chefs.

O. — Llaient-ce des brochures comme celle-là?

H. — Oui, monsieur; j'en ai gardé une. Mais je voudrais, monsieur le président, retourner A mon corps si c'est possible.

M. i.i prksidrnt. — La défense s'y opposetelle?

L'accusé Poucet. — Moi. je ne m'v oppose pas. (On rit.) Le témoin se relire.

Henri Itnchcfort se présente à la barre.

I). — Accusée Louise Michel, qu'nvez-vous à faire demander au témoin ?

H. — C'est ù propos de 71 francs trouvés sur Pouget.

Lbtkmoix. — Je sais que celle somme provenait d'une collecte. Mlle Louise Michel me parla de cette collecte Elle vint me voir pour me parler de la manifestation; elle m'assura qu'elle ne voulait faire qu'une manifestation pacifique Elle m'a raconté, après la manifestation, que si elle ne s'était, pas laissé nrrèler. celait pane qu'elle avait craint une lutte et l'effusion du snng. J'élnis A bord avec Louise Michel quand on nous déportait A la Nouvelle-Calédonie. Kilo se promenait sur le pont par un froid excessif; elle était A peine vêtue, donnant tout A ses camarades.

L'acclsée. — Monsieur Roohefort, oh ! non. je vous en prie.

Lr témoin. — Elle était avec une vingtaine de

Henri MU. — catnmixis i/aiugom D"apr6i la timqueltu originale.

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*«»jti r( ilir iriis ih tairceillaHCr : l'ol'OSTd nui/ an* </<- rrffniiiên fi lix rfnt (/•■ turteiUamet ; More ai* 'i M» n n «V /u iM.'i, < i Thierry cl Goruïmt — qui sont

eu fuilc — i'i </cifj- mu <rV prison.

Mviikiii.. MuitiNKi, Oxt-iiot et Mme B«n llk «oui r|MNf(/r<f.

A |>rine l'arrêt esl-il prononcé que des murinun'M cdatenl dan* l'auditoire.

Lr lumulte Ml très grenr]

DiiMirl A irrand'|it»in»*-, lanl lu foule est «onsitlrl'Alilc

l'AHIS SOUS LA TROISIÈME l'Ki'UHLIQUE.

Mol'IT AL saOVSSAM

Kdilié rue Didot, on 1883, contient 204 lits.

[l'tiim un- |ihi>l»{rr«(-lii«. — Colletli«n < U, Si» unJ.»

Les Arènes de Paris

En ISG9, lors du percement île la rue Mongc les premiers vestiges des Arènes de Lutéce furent découverts dans les terrains voisins du couvent des Daines de Jésus-Christ.

Le gouvernement impérial, uniquement préoccupé alors de la réussite du plébiscite, refusa d'intervenir pour sauver ee qui restait du plus ancien monument de Paris. On sait qu'après « <• refus, la Compagnie des Omnibus, se gardant bien d'ailleurs de détruire ees vénérables débris, s'était

i.a noue ».s tsSJ

D'après le Journal bVi btmuiselU*.

iCul i n Félix i. clit >

1 contentée d'élever les constructions légères de son dépôt, lesquelles, à l'heure actuelle, recouvrent la moitié environ du podium des Arènes.

.Mais le couvent des Daines de Jésus- Christ était resté debout. Kn 1878, la supérieure de cette communauté mit en vente les bâtiments du couvent, lesquels servirent, pendant plusieurs années, de dépôt à une collection considérable d'objets d'art, de tableaux et de meubles, évalués à plusieurs millions de francs, et appartenant à Mme Marie Diane, de Monaco, Enfln, en 1883. une compagnie d'entrepreneurs en lit l'acquisition avec le dessein de tracer une rue allant de la rue de Navarre à la rue Linné et de bâtir des maisons eu bordure de cette rue. Les • h. intiers furent ouverts; après la démolition de la chapelle et la suppression du jardin du couvent, le terrain lui-même fut éventré, et bientôt la pioche des ouvriers mil au jour de nouveaux et vénérables vestiges de l'autre partie des Arènes L'Académie dis inscriptions et belles-lettres éleva la voix, comme clic l'avait fait déjà, mais vainement, en 1x70; dans le Conseil municipal, quelques membres qui s'intéressaient à l'histoire de Paris. M. de Ménorval, M Aristide Hejr, intervinrent auprès de M. Mphaitd. dans la pensée d'empècher Pieuvre do dévastation Lutin, un comité fui constitué pour la conservation des Arènes. Le président d'honneur était Victor Hugo; le président, M Henri Martin, de l'Académie française: l'architecte chargé des travaux. M Roprich-ltoberL l'ne proposition d'achat des terrains qui recouvraient celle partie des Arènes, portant vingt-trois signatures, fut déposée sur le bureau du Conseil municipal Puis Henri Martin, qui présidait le comité, prit la plume.

« Il faut, à loul prix, écrivit-il. assurer le salut de ce grand débris de l'antiquité, dont la destruction serait une honte pour Paris, aux .veux de toute l'Europe savante. • Enlin, le -7 juillet is&t, Victor Hugo écrivit au président du Conseil municipal : « Il n'est pas possible que Paris, lu ville de l'avenir, renonce a la preuve vivante qu'elle a été ville du passé. Le passé amène l'avenir. Les Arènes sont l'anliquc marque de la grande ville Elles sont uu monument unique Le Conseil municipal qui les détruirait se détruirait en quelque sorte lui-même Lonservei les Arènes de Lutéce. Conservez-les à tout prix. Nous ferez une action utile, et, ce qui vaut mieux, vous donnerez un grand exemple. »

Celle lettre de l'auteur <le Notre-Dame de Parti n'était pas superflue. Dans l'administration de la ville de Paris, même dans les rangs les plus élevés •le celte administration, dans le Conseil municipal, dans une partie de la presse, une forte opposition s'était tonnée çonlrc le projet d'acquisition du terrain des Arènes. Il est inutile de dire que la séance du 30 juillet, au cours de laquelle celte question devait élre examinée et résolue, èlail attendue avec une vive impatience pur les partisans comme par les adversaires du projet A cette époque, les séances du Cunseil municipal n 'étaient

pas encore publiques. Aussi, les memhros du comité des Arènes, qui s'étaient rendus de bonne heure à l'Hôtel-de-YilIe, durent-ils se résigner à rester dans le salon d'attente du publie, où les conseillers municipaux, partisans de l'acquisition, les tenaient au courant de la marche.

Alors commença, dit M. Du Seigneur, dans son intéressante notice intitulée in Arènet d> Lutrcr, t une lutte qui restera célèbre dans les annales de l'archéologie • Après que le rapporteur. M Cernesson, eut fait l'exposition de la question, la proposition d'acquisition fut soutenue par M.M. Delabrousse, Aristide Rey et Cernesson, et attaquée par MM Yves (iuvot et Jobbè-Duval Le premier de ces orateurs commença par rappeler comment le gouvernement de l'Empire avait refusé, en 1870. de faire l'acquisition de la partie des Arènes située dans le terrain de la Compagnie des Omnibus. • Vous n'imiterez pas ce triste exemple, ajoulc-l-il, car vous connaissez l'importance de ces « grands débris », pour employer l'expression de M. Henri Martin. Vous savez que tous êtes en présence du plus ancien monument de Paris. Certains indices laisseraient croire qu'il y avait eu sur l'emplacement dont il s'agit des Arènes gauloises: en effet, lors des fouilles de I87U, on a trouvé dans la partie appartenant aux Omnibus des monnaies gauloises antérieures h la conquête romaine Ouoi qu'il en soit, les constructions que nous avons eues sous les veux en 1870, et colles que les travaux entrepris sur l'espace occupé autrefois par le couvent des Dames de Jésus-Christ ont mis A jour récemment, datent de la fin du deuxième ou du commencement du troisième siècle de notre ère Dans le savant mémoire que M. Iluprich-Kobert a lu au Congrès des architectes de 1873, il est démonlré que ce monument — comme beaucoup de monuments semblables de l'époque gallo-romaine - servait à la fois d'arène et de théâtre.

t Les Arènes ont subi l'injure du temps, et surtout l'injure des hommes. Le poète Alexandre Neckbain. qui professait à Paris au douzième siècle, signale l'existence, prés de l'église >ain(- Vicloi, d'un amphithéâtre romain eonsacré ù Vénus et détruit par la foi des chrétiens

i II n'y aurait là rien d'invraisemblable l'olycucte a eu des imitateurs, surtout lorsque le christianisme a été triomphant. L'empereur Théodose a. par quatre edits successifs, ordonné l'anéantissement des œuvres de l'art grec C'est ainsi que fut détruit le temple de Sérapis, l'une des merveilles du monde Toutefois, pour ce qui regarde les Arènes, il parait plus probable qu'elles furent dévastées au u. ornent de l'invasion générale de la Gaule pur les Barbares, en JO0 L'Ile* servirent de forteresse avancée aux défenseurs de la ville. N'oubliez pas ce souvenir du passage d'Attila sur le territoire de Luléce!

• Kn 1X17, lors du nivellement de la place du Parvis Notre-Dame, on a découvert, en cet endroit, des pierres gravées provenant des Arènes. D'où il faut conclure, avec M. de Longpérier, que, pendant le moyen rige. les Arènes ont quelquefois servi de carrière comme le Coliaée ù Home.

• Voilà l'histoire des Arènes de Lutécc...

« Vous écoulerez. . . les vœux de« corps savants; vous entendrez les voix de l'opinion publique...

« Messieurs, il y eut un moment, il y a longtemps de cela, où la tour Saint-Jacques de la Houcherie fut menacée de tomber sous le marteau des démolisseur». L'émotion publique était grande; les savants protestaient, mais la bande noire attendait sa proie, et elle allait l'obtenir. Alors, le poète qui a si profondément étudié l'époque du Moyen rtgo et de la Renaissance prit la parole II plaida la cause de la tour Saint- Jacques, comme pouvait le faire l'auteur de Xotrt-Dame de Paris, et la tour Saint-Jacques fut sauvée de la destruction.

• Ce que Victor Hugo Ht jadis pour la tour Saint-Jacques, il vient de le faire pour les Arènes... Non! l'espoir de Victor Hugo ne sera pas trompé!. . Ce monument, conservez-lc pour l'histoire de l'art, conservez-le pour l'histoire de l'esprit humain! ... »

M Aristide Rcy, lui aussi, revint sur la faute de 1870, puis il fit un vivant tableau des Arènes au temps de leur splendeur, et il ajouta en un éloquent langage :

< Le détachement des souvenirs historiques est un signe de décadence des nations.

« Je ne crains pas de l'affirmer : le jour où les plus sacrés monuments ne représentent plus que des pierres et des cailloux aux yeux d'un peuple, ce peuple est bien prés de sa fin. .

• Là) les XmtUr parifienses, nos prédécesseurs, siégèrent; là, ils défendirent cette indépendance municipale qui vous est encore chère et qui fut si grande dans les Gaules. Avant d'avoir été les Arènes, l'amphithéâtre fut un lieu de réunions pour les assemblées populaires nationales; il fut plus tard celui des délibérations municipales. Tous ceux de qui le sang coule dans nos veines ont travaillé à les édifier Restauré par les Gallo- Romains au temps des Antonins, cet édifice est l\euvro de nos plus anciens ancêtres, de ceux de qui nous avons le plus hérité ..

• Si nous sommes comptables du crédit foncier de la ville de Paris, nous ne sommes pas moins comptables de ses richesses scientifiques et gardiens de ses souvenirs historiques, de ses monuments nationaux >

Quel] furent les arguutenls des adversaires de la proposition* Il y a ruines et ruines, objecta le principal d'entre eux, M Yves Guyol • La tour Saint-Jacques était très importante, il était impossible de nier son existence Les Arènes n'existent, en réalité, que sur le plan : ce sont, si je puis m'exprimer ainsi, des ruines subjectives. Et pour ces ruines platoniques nous donnerions 1400,000 francs? ... Je demande le rejet des proposition d'acquisition • Ouant à M. Jobbé-Duval, il déclara < qu'il ne pouvait engager 1,200,000 fr. pour acquérir une fraction de monument dont la conservation n'eût été intéressante que s'il eût été complet • La majorité du Conseil donna gain de cause aux Arènes Kilos furent conservées.

LVCMM Dklabhoissk.

1". — Suicida de l'ambassadeur d'Autriche. — Fêle de U Presse, dans lei salons de l'HAtol Continental, tu profil de» inondés. — La nouvelle de la mort de OambetU rjute une émotion profonde dans Ptrii.

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