‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 174 sur 441 · PARIS SOUS LA TROISIEME R 1- I» V BL 1 0 VV · texte numérisé non relu

PARIS SOUS LA TROISIEME R 1- I» V BL 1 0 VV

Il a rit- construit par les deux frères Rastien- Lepage. le peintre cl l'architecte, t'n hangar avait été mis a leur disposition dans la cour du gardemeuble, qui a fourni les étoffes et les broderies Ils ont pris un corbillard des pompes funèbres, après avoir vainement essayé d'une prolonge d'artillerie: ils en ont scié la partie supérieure et en ont fait une plaie-forme d'où tombaient des draperies noires sous un lambrequin richement brodé d'arpent

Sur les bords de la plaie-forme, quelques bouquets, quelques couronnes, comme jetés au hasard. Sur les coins, quatre urnes d'argent d'un dessin original: on avait songé à vv briller des

Ko tèledélile l'année de Paris avec le général l.ecoinle et son étal-major, la division Rolland, la brigade Millot. la brigade Urémens La haie est formée sur tout le parcours par la garde républicaine à pied et différents régiments de la garnison Le drapeau de rhaque détachement a sa hampe ornée d une écharpe de moire.

Immédiatement devant le char funèbre marchait la délégation de Relleville Le comité du vingtième arrondissement, qui. depuis I8(î9. préparait les élections de Camhetta. avait pour insigne une grande palme au milieu de laquelle était encadré un médaillon de (Jambe tt*. grandeur naturelle, sculpté par Lcbègue Sur les pal-

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Depuis le quatorzième siècle jusqu'à la nouvelle construction en 1883.

pièces d'artifice qui auraient fait, aux qualre coins du catafalque, quatre colonnes de fumée noire: on y a renoncé par crainte d'un accident.

Sur la plate-forme, une petite estrade tendue de velours violet Sur l'estrade, un sarcophage noir semé de larmes d'argent et tendu d'un drapeau tricolore voilé d'un crêpe. Sur le sarcophage, trois grandes palmes vertes, et entre ces trois palmes, accrochée a un coin du sarcophage, une splendidc couronne d'immortelles rouges envoyée par un petit bourg d'Alsace; par derrière, tombant d'un seul jet du sarcophage jusqu'au bas de la voilure, un manteau de velours noir bordé d'argent.

Au commandement du gouverneur de Paris, l'escadron de la garde républicaine fait demitour, et se porte vers le débouché de la rue Royale. Le cortège s'ébranle.

mettes étaient écrites les dates principales île sa vie : 18:18. 18<W. 1870. 1877. et sur une palmette brisée : 1882 De la palme se détachait un étendard tricolore, avec ce mot : France.

Après la délégation de Relleville, venait la délégation de Marseille.

('ne couronne de roses naturelles, de grandeur gigantesque, est portée à plat par dix |K>rteurs

Du milieu de la couronne s'élève une branche de palmier vert, dont les feuilles entourent un magnifique médaillon représentant (iambelta.

Le char s'uvance lentement, en faisant presque le tour de la place de la Concorde.

Dans la rue de Rivoli, la terrasse du jardin des Tuileries est couverte de curieux, les arbres plient sous des grappes humaines; des enfants ont grimpé jusqu'au haut des grilles.

La délégation des sauveteurs de la Seine, tous

LE GAGNANT OU G1IAND-MUX UN 1883

Frontin, monté par T. Ca.nnos.

(liolleillon Autetiil-I.OHychamp.)

porteurs tic médailles vaillamment conquises, esl applaudie par la foule.

Les élèves de lï>olc polytechnique sont l'objet, d'vine ovation toute particulière, renouvelée, «railleurs, sur lotil le parcours.

La foule est immense dans la rue Turhigo. Toutes les fenêtres sont occupées: les balcons sont surchargés de Curieux Tout ce qui s'élève au-dessus «lu niveau îles létes esl immédiatement envolii.

Sur tout le parcours, les magasins sont fermés.

De nombreux drapeaux aux fenêtres, en Iterne, cravatés de deuil Plusieurs onl le fer de lance penché vers le sol

I n certain nombre d'établissements publics, cafés, magasins, la mairie du neuvième arrondissemenl, onl allumé le gu/et voile les lanternes de crêpe

Des balcons son! drapés de deuil.

La musique de la garde républicaine joue l'Intime : Mourir pour lu jinliie' D'autres musiques qui suivent jouent des pas redoublés

Dès huit heures et demie, la circulation a été interdite aux voitures dans la traversée de la place de la République.

Lue heure nprés. toutes les issues aboutissant â cette place oui été gardées par de fortes escouades de gardiens de la paix, renforces par des gardes de Paris à cheval.

Sur le socle monumental entouré île planches, où doit s'élever» plus tard, la statut' delà II» publique, on a placé un buslc de la République

entouré de faisceaux de drapeaux voilés d'un crêpe noir.

A la première heure, on avait pris d'assaut les lentes-abris du marché aux fleurs, dont les toitures disparaissaient sous plusieurs milliers d'individus Ces abris sont bientôt envahis pur de nouveaux groupes de curieux qui en font le siège. De là. des rixes, des coups de pied et des coups de poing, qui tombent drus comme grêle sur les assaillants.

Au moment où le cortège débouche de la rue Turbigo sur la place, une poussée arrive des grands boulevards; la Die des gardes à pied menace d'être coupée : il faut que des gardes républii ains à cheval fassent reculer les curieux On entend des cris : « A moi ! j'étouffe ! »

A l'entrée du boulevard Voltaire, une femme ayant un enfant dans les bras s'évanouit Nouveaux cris Nous voyons un enfant passer de main en main au-dessus de la foule, et on réussit a dégager la mère et l'enfant

Sur le boulevard Voltaire comme sur la plate-forme des Tuileries. les arbres sont escaladés par les eiifautsel même par des hommes Plusieurs s'attachent aux branches à l'aide d'une ceinture.

Les grilles. lescolanncsllambutcausonl prises d'assaut parles curieux Peu de maisons sont pavoisées C'est ii peine si l'on voit, de loin en loin, quelques drapeaux voilés de crêpes, principalement sur les façades des boutiques.

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Eau-forte de Martial Potukxont.

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