‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 187 sur 441 · HT · texte numérisé non relu

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lh--iué d'upros natuie, par L. I'akf.nt. — (Collection Charles Simon. 1.)

Vers liuit heures du malin, Mme Vandel, Agio deuxième sons-sol, elle ouvrait In porte de sacave. de vingt-six ans, concierge de la maison portant Aucune odeur suspecte ne s'était révélée, rien

PARIS SOUS LA TROISIÈME R E I' I' H L 1 0 lî E.

n'avait pu attirer l'attention de la malheureuse, quand tout à coup une explosion terrible se produisit

LE* imiclevahiis DE MRtt DOCLKV ABU MM ITALIENS, la maison DORKK

Kau-forte de Martial Potiikmont.

(Coll«lion V. Proulé.)

LE* DOl'LEYARIiS DE PARIS BOULEVARD DES ITALIENS, LK CAKE TOHTOXI

Lau-forte de Martial I'otiikmont.

I Collection V. l'rouM.)

Suffoquée par les gai délétères, entourée de flammes, atrocement brûlée, Mme Vandel put répondant remonter jusque dans sa loge où elle perdit connaissance.

Le bruit de l'explosion avait attiré les voisins qui organisèrent les premiers secours contre l'incendie qui menaçait d'envahir les caves.

Bientôt M. Brissaud, commissaire de police, accourait avec une escouade de pompiers et de gardiens do la paix.

L'incendie n'était pas iin|H>rlant : on dut se borner a prendre les mesures nécessaires pour éviter de nouveaux dégâts et pour rechercher quelle était la cause réelle de cette explosion.

Un premier fait frappa l'attention du commissaire de poliee : l'odeur qui se répandait dans la cave ne paraissait pas être celle du gaz d'éclairage; on percevait une sorte d'émanation fade mêlée u l'odeur de l'essence minérale.

Un vieux puits, mitoyen de la maison avec celle portant le n° 291 de la rue Saint-Denis, semblait concentrer dans sa profondeur les émanations révélatrices.

Il avait été, du reste, le centre même de l'explosion, puisque ses parois avaient éclaté, entraînant sur certains points les murs qui séparaient les caves des maisons mitovennes, et établissant ainsi des communications entre elles.

L'odeur devenant de plus en plus insupportable, il fallut aller chercher du renfort, car il n'était pus possible de respirer longtemps dans cette atmosphère.

Après avoir pris quelques mesures de précaution, M. Brissaud se disposait & continuer ses recherches et avait fait prévenir un inspecteur de la Compagnie du gaz, ainsi que MM. (irillières et Viguier, officiers de paix.

Les recherches se poursuivaient difficilement et, vers frois heures, il parut nécessaire de pénétrer dans les caves de la maison portant le n" 2t> de la rue Saint-Denis.

Celte maison, de construction ancienne, est bâtie sur deux étages de caves voûtées. Elle est fenue par un hôtel avant pour enseigne : Au Grand Sainl-Denis et par deux magasins, l'un occupé par un marchand d'articles de ménage et d'éclairage, l'autre par M et Mme Matte, restaurateurs-

L'établissement de ces derniers a pour enseigne: 1 l'Écreviw, et se compose d'un magasin où se trouve un comptoir de marchand de vins et de deux étages de salons particuliers.

Vers trois heures, MM. Brissaud, commissaire de police; (irillières et Viguier, ofliciers de paix; Malte et un sergent de pompiers étaient descendus dans le premier étage des caves et n'avaient remarqué aucune odeur suspecte ; ils continuaient leurs recherchesdans le fond, lorsque, a trois heures quarante minutes, une formidable explosion se produisit, brisant tout, éventrant les voûtes, projetant dans la rue tout ce que ronti-naitle magasin et faisant voler en éclats la devanture dont il ne reste aucun vestige.

II est impossible de décrire la panique qui s'est alors produite dans ce quartier si mouvementé.

I.CS ÏOl'LEVAni 3 DE l'A III s BOll.EVAIlt. DES CAPCMNES, COIN DE I A IlLX Ht l'HOT

Kau-forte <le Martial Pothbhont.

<(°.nllectlon V, l'roulé. i

LE* BOCI EV »m>s DE l'Ait I »• t.' ENTREE D S LA ftl'E DE LA FAIX

Kau-torlc do Marlial Potiiémont.

(Collcrfaoo V. I'imuI.

De toutes parts les passants s'enfuyaient éperdus, tandis que ceux qu'un malheureux hasard avait, à ce moment, placés devant la maison, étaient renversés et blessés par les débris de toute sorle qui avaient été lancés avec une violence inouïe par les -jux enflammés.

La première émotion passée, on s'est aussitôt occupé de porter secours aux malheureux qui se trouvaient enfouis sous les décombres, dans l'horrible profondeur des caves.

Les gardiens de la paix du poste Donne-Nouvelle, aidés des pompiers qui étaient arrivés aussi et des habitants du quartier ont organisé, avec un sang-froid remarquable, le déblaiement qui allait permettre de se rendre un compte exact de l'étendue du malheur qui venait de se produire.

Au milieu de la poussière et de la fumée, Mme Mette se frayait un passage, le visage et les mains brûlés et déchirés par des débris de verre.

Presque aussitôt, M. Dusaud. reporter du Figaro, qui se trouvait dans le magasin, paraissait aussi, le visage ensanglanté, une épaule démise, les vêtements en lambeaux.

Le cuisinier de l'établissement avait été projeté violemment vers la rue.

Mais on n'avait encore aucune nouvelle des cinq personnes descendues dans les caves. Ou entendait seulement les cris étouffés des blessés.

Knfln, on put dégager, avec de grandes difficultés, d'abord M. Mattc. dont les blessures sont graves : puis M. Drissaud, qui a reçu de très graves brûlures et des contusions qui inspirent de vives craintes.

M. Grilliéres, officier de paix, a été aussi très grièvement brûlé.

Mais[bientôt un cri d'horreur s'est élevé de la foule que les gardiens de la paix maintenaient à grand'peine.

Les courageux sauveteurs venaient de dégager M. Viguier, officier de paix du d'arrondissement.

Les membres pendaient inertes aux mains de ceux qui le portaient, et la tète, affreusement gonflée, bleuie par la congestion, ensanglantée par la fracture du crrtne, retombait sur la poitrine qu'aucun souffle ne soulevait plus.

Les efforts les plus intelligents tentés pour ramener à la vie ce courageux martyr du devoir ont été inutiles.

Pendant que les gardiens de la paix, profondément émus, emportaient au poste Donne-Nouvelle le corps de leur cheT regretté, les recherches se poursuivaient dans les caves.

Le sergent-major Dermann a pu enfin être dégagé de dessous les décombres. Mais, hélas ! comme pour M. Viguier, c'est un cadavre qui a été retrouvé.

Dermann a eu la tète ouverte par l'explosion.

Le nombre des blessés est de vingt et un, dont cinq ont été transportés soit à l'hôpital Luriboisiére, soit à la maison municipale de santé.

Plusieurs autres personnes ont élé blessées, mais plus légèrement, et n'ont pas laissé leurs noms, ayant pu regagner leur domicile.

Exécution de Campi.

(30 avril.)

En prévision de cctlc exécution, de nombreux groupes i!c curieux stationnaient chaque nuit sur la place de la Hoquette depuis le commencement de la semaine.

Hier, à minuit, une compagnie de gardes républicains à pied et un détachement à cheval de la garde sont venus occuper la place de la Roquette.

Une heure après, les deux fourgons de l'exécuteur, remisés dans un petit hangar de la rue de la Folie-Méricourt, ont été amènes en face de la prison: l'un contenait les bois de justice, l'autre deïait servir à transporter le corps au cimetière immédiatement après l'exécution

Le montage de la machine a commencé à deux heures et demie.

Pendant que les aides de Deibler ajustaient les bois de justice, les gardiens de la paix, sous les ordres de .M. Caubct, chef de la police municipale, et de MM. Gaillot et Honorât, inspecteurs divisionnaires de la préfecture de police, ont formé la haie pour protéger les abords de la guillotine.

Il y avait d'ailleurs relativement peu de monde sur la place et nous avons constaté que la foule, maintenue à dislance dans la rue de la Hoquette, était beaucoup moins nombreuse qu'aux dernières exécutions a.vant eu lieu à Paris.

A trois heures et demie, la guillotine étant montée, Deibler fit l'essai de lu machine suivant l'usage.

Après cette opération, le couteau fut levé une dernière fois et la bascule ajustée

A quatre heures du matin, les gendarmes rangés devant la guillotine sont montés il cheval, pendant que MM. Caubet. Atthalin, juge d'instruction, délégué du procureur de la République. Hamon et Raron, commissaires de police. Kuelm. chef de lu Sûreté, pénétraient dans la prison et se rendaient auprès du directeur. M. Heauquesne

Cnc demi-heure après, M. Reauqucsne pénétrait dans ht cellule de Campi, suivi «le l'aumônier. l'abbé Moreau. Campi dormait profondément quand le directeur l'éveilla en lui posant la main sur l'épaule.

En apprenant que son recours en grâce était rejeté, le condamné tressaillit : puis aussitôt il se leva sans faiblesse el s'habilla avec calme, écoutant les paroles d'exhortation que lui adressage directeur de In prison, et la lecture sommaire de l'arrêt de condamnation qui lui fut faite par un grefller de la Cour d'appel.

Ouaod il fut habillé, il demanda un peu d'eau, qu'on lui apporta dans une terrine, pourse passer un linge mouillé sur la figure.

Puis les personnes présentes se retirèrent pour le laisser s'entretenir avec l'aumônier qui avait peine a contenir son émotion.

Après quelques minutes d'entretien. Deibler et ses aide» se présentèrent pour faire la toilette du condamné.

M. Kuehn, chef de la Sûreté, avertit Campi de la présence de M Atthalin. dans le cas où il aurait a faire quelque révélation.

VASE hESTINE AU PRESIDENT !>C LA HEI't IlLKjL'E

Exécuté par lu manufacture nationale de Sèvres. Modèle dfC\R ri»; « -Rf;i.i.Ki«K, romposilipn de M. A visse, c\<-culi<m do M. Hischwi;ileh.

Figure exécutée par M. I'aillet.

i< ..lire ion àrfArt.)

Campi ne voulut point voir le juge d'instruction et répondit :

— Non, c'est inutile ; je n'ai rien à dire Le»

magistrats, oh, là là !

Après ce colloque se produisit un incident qui montre que Campi garda jusqu'au dernier moment le caractère soupçonneux dont il lit toujours preuve.

L'abbé Moreau lui tendit un verre rempli de vin blanc.

LA

nu MOIUM DOTAL Dessin du Hshtall.

— Que me donnez-vous là, monsieur l'aumônier ? demanda-t-il.

L'aumônier répondit que celait du vin blanc; alors Campi prit le verre, flaira le liquide, le goûta en crachant, puis Unit par l'avaler d'un trait.

Quand on lui demanda s'il désirait encore quelque chose, Campi exprima seulement le désir qu'où ne fit point l'autopsie de son corps.

La toilette ne fut pas longue à faire, Campi ayant été rasé depuis sa condamnation à mort.

L'n aide échancra seulement le col de sa che-

mise ; mais le ligottage fut fait avec un soin minutieux.

Etant donnée la nature intraitable de Campi, il était à craindre qu'au dernier moment il ne se livrât à quelque violence qui aurait donné un caractère encore plus pénible à l'exécution.

On se contente d'ordinaire de lier les mains derrière le dos en les assujettissant à la ceinture. Par mesure de précaution, .les aides ficelèrent les bras de Campi jusqu'au-dessus du coude.

C'est dans cet état que le condamné apparut, à cinq heures moins dix, sur le seuil de la prison, soutenu d'un côté par l'aumônier et de l'autre par un aide de l'exécuteur.

Il faisait alors grand jour. Pas un cri ne se Ht entendre. Seule, une rumeur sourde courut dans la foule massée rue de la Hoquette, en voyant les gendarmes meltrele sabre au clair.

Après avoir franchi la grille de la prison, avant d'arriver à la grande porte dont les battants étaient encore fermés, Campi s'arrêta un instant et demanda à serrer la main de son gardien , nommé Hayard , avec lequel, la veille au soir, il avait joué aux caries jusqu'à six heures.

Le gardien lui prit une i -- :*ï£~~ de ses mains attachées

derrière le dos et la serra avec émotion.

La porte s'ouvrit aussitôt, laissant voir les apprêts de la lugubre cérémonie.

Campi, dont la fermeté ne s'est point démentie à la vue de l'instrument du supplice, s'est arrêté à trois pas de la guillotine qu'il a regardée sans forfanterie en murmurant, avec un sourire nerveux et d'un air résigné:

— Eh bien, voilà tout!...

L'aumônier lui a demandé alors s'il voulait l'embrasser, et nous devons constater que c'est avec une grande affection que Campi a embrassé l'abbé Moreau dont l'émotion était douloureuse.

Quelques secondes après, un coup sec retentissait. La justice avait suivi sou cours.

(Le Petit Journal.)

l'A R IS SOUS LA TROISIEME REPUBLIQUE.

Tumulte à l'Hôtel Continental.

Chaque année, le jour de la fête nationale, les Alsaciens-Lorrains! habitant Paris font une démonstration patriotique devant la statue de la ville de Strasbourg, place de la Concorde. Tous nos compatriotes des provinces perdues se réunissent 8ur .différents points de ta ville et,|à l'heure dite, ils vont dépoter des couronnes sur le piédestal du monument rcpréseO' tant la chère cité d'Alsace

Rica dYmouvant comme cette manifestation par laquelle les Alsaciens-Lorrains affirment leurs regrets et leurs espérances.

Lundi, après le défilé des bataillons scolaires, plusieurs soeiétés patriotiques ou musicales et une foule considérable se joignirent aux sociétés d' A Isa i f - Lorraine pour aller déposer des couronnes d'immortelles sur le socle de] la statue de Strasbourg. Le cortège comprenait de nombreuses délégations portant des bouquets et des drapeaux. L'est alors qu'en passant, rue de Casliglione. devant l'Hôtel Continental, dont le balcon était pavoisé, un membre du cortège s'écria :

« 11 y a des drapeaux prussiens! > Ce mol, répété, fut suivi de nombreux cris : • A bas le drapeau! Enlevez- le! Drulez-le! > Quelques personnes essayèrent de calmer la foule, pendant que le gérant de l'hôtel, M. Jourdan, faisait enlever le drapeau, cause du tumulte.

Kicn que l'émotion fut grande, l'incident paraissait terminé; le cortège avait repris sa marche vers la place de la Concorde.

Mais, la. un fait vint exciter au plus haut

degré l'indignation des manifestants. Au moment où les premières couronnes étaient déposées sur le piédestal de la statue de Strasbourg, un individu, apparaissant au pied du monument, cracha sur un des drapeaux français joints aux couronnes et s'écria :

Vive la Prisse! A rus la Fhaxce!

le serment de uni h s

Prix de Rome de 188*. — Grand-prix de peinture. — Tableau de M. Pjnta.

(École des Deaux-Arls.)

Puis il ajouta :

t Ce n'est pas ici, c'est chez novs qu'il faut

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