UNE CELLULE A LA CONCIERGE
D'après une estampe,
iColIrclioo fi. Hartmann.)
C'est à cinq heures moins dix minutes que M Heauqucsrie est entré dans I» cellule de Ku'iiig pour l'avertir qu'il devait se préparer a mourir
Kn'iiiff, qui avait dormi tranquillement toute la nuit, se réveilla en se frottant les veux et regarda avee ahurissement le directeur de la prison
- Mon pauvre ami. lui dit M lie, mquesne, votre pourvoi est rejeté II faut vous préparer ù mourir
ko-nig eut une surprise contraire ù celle éprouvée par Forgct ; il crovait. lui. qu'on venait lui annoncer sa grâce
Suintement il devint horrihlemenl paie et s'écria en tremblant et en versant des larmes :
— Non! non! je ne veux pas mourir! Je suis innocent! (iritce! Je n'ai pas mérité la mort!
Il ajouta
— Allons! puisqu'il le faut, je me lève . je veux bien . Mais c'est pilovahlc!... mourir si jeune.,. Enfin, allons \ !
Kl il se laissa glisser 'lu lit
A ce moment il parla de sa mère Pauvre mère!... Heureusement elle ne sera pas là Tant mieux!
A la vue du bourreau et de ses aides, il recula épouvanté et ne voulut passe laisser approcher l u de> aides le prit alors brusquement par le bras et le maintint pendant que les autres lut faisaient la funèbre toilette.
— C'est pilovable, disait-il. qu'on me fasse mourir! Ce n'est pas moi qui ai tué! Je ne veux pas... laissez-moi... Voilà la justice aujourd'hui!
Et comme M. Tajlor, chef de la Sûreté, lui demandait s'il avait des révélations a faire, il répondit :
— Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise? ... Je suis innocent!. Non! ... Je ne veux rien dire Il parla cependunl encore de son complice Forgct, disant que c'était lui le vrai coupable.
Dès que le bourreau et ses aides vinrent le prendre, son désespoir alla en augmentant. Lorsqu'il parut à la porte de la prison, il était défaillant, livide.
La foule qui, à ce moment, était maintenue à l'entrée de la place, fil entendre quelques cris.
ko»nig. toujours criant et pleurant, se laissa embrasser deux fois par l'abbé Eaure: puis il fut jeté et maintenu avec peine sur la bascule
Les aides durent Taire de grands efforts pour maintenir h' supplicié immobile, pendant que Deibler, le l>ourreaut cherchait à faire jouer le sinistre couteau. A l'instant où il atteignait enfin le couteau, kœnig fit un soubresaut violent et on entendit encore ses cris au moment où le couteau se détachait Parmi la foule, l'impression d'horreur était considérable.
L'inhumation eut lieu au cimetière d'ivrv. Le corps a été enterré de suite, la Faculté de médecine ne l'avant pas réclamé pour des expériences, comme lors des précédentes exécution».
Annnuw.