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LA CHAPELLE DE LA CONCIERGERIE

D'après une estampe. — (Collection G. H&rlmano.)

La question des Princes.

A l'occasion du mariage de sa fille Marie- Amélie-Louisc-Hélénc d'Orléans avec le prince royal Charles de Portugal, le comte de Paris avait donné une grande fêle à Iholel Callièra. sa résidence ordinaire ù Paris A cette fête avaient été conviés les ambassadeurs étrangers, Le parti républicain s'émut : il considéra que le prétendant avait agi comme un souverain régnant.

Sur la proposition de Paul Uert, la Chambre vota une pension aux blessés de février 1848 : celait la première escarmouche Ouehjues jours plus tard, le gouvernement déposa un projet de loi avant pour but de l'autoriser a interdire le territoire de la llépubli<|uc aux membres des familles avant régné en France. La commission nommée par la Chambre des députés pour examiner lo projet alla plus loin, et, par l'organe de son rapporteur, M Camille Pellclan, proposa l'expulsion pure cl simple de tous les membres des familles princiéres.

Au cours de la discussion, Madicrdc Monljau rappela les souvenirs de 1848 ; il signala

« l'n gouvernement sérieux, dit-il, qui a la prétention d'être respecté au-dedans et au dehors, ne doit pas laisser douter de lui-même Nous ne voulons pas laisser établir celte fiction que les représentants des gouvernements étrangers seront convies alternativement a aller dans le domaine de la République et dans un domaine latéral qui s'établirait à coté avec la prétention de constituer un gouvernement. »

Le 1 1 juin, la Chambre adopta, par 315 voix conter i'M, un ameirik'iiienl présenté par M Rrousse

cl auquel s'était rallié le gouvernement Ce projet édiclail les dispositions suivantes :

AlITICLE 1". — Lo territoire do la République française est cl demeure interdit aux chefs tios familles uyanl régna sur la France et à leurs héritiers directs dans l'ordre de primogénilure...

SAINT-GEIOUIN

Artiste drainatiquo

Oiprtl une ph<il<vrs;il f. — (Cliclii! de Paul Rager.)

les périls que faisait courir a la République la propagande royaliste couvrant la France de placards où le comte de Paris était désigné comme étant « le lloi où l'on représentait le duc d'Aumale. vainqueur de la smala, et le duc de Chartres (Robert le Fort) combattant sur un champ de bataille L'excellent questeur ajouta cette phrase restée célèbre : « 11 faut nous débarrasser de ce qui nous gène ► Les républicains ne furent pas unanimes. tjuclqucs-uns, comme MM. Anatole de la Forge, Henry Maret, Frédéric Passv, mettant au-dessus de tout le respect du principe de liberté, s'opposèrent à Imite mesure qui pourrait être considérée comme arbitraire. M de Freycinel, président du Conseil, insista surtout sur l'importance de la manifestation de l'hôtel Calliéra.

Art. 3. - Celui qui, en violation do la loi, sera trouvé en France, en Algérie ou <lans les colonies, sera puni d'un emprisonnemoût du deux a cinq ans. A l'expiration de sa peine, il sera conduit à lu frontière.

Art. 4. — Les membres do ces familles ne pourront faire partio des armées de terre et do nier et ne pourront exercer aucuuo fonction politique et aucun mandat électif.

Le ii juin, le -Sénat ratifia lu loi par 141 voix contre 107. malgré l'opinion émise avec vigueur, de MM. Jules Simon et Léon Renault Le général Fuidherbe, grand cham elier de la Légion d'honneur, qui élnit malade, s'était fait porter au Luxembourg afin d'apporter son vote républicain.

Dès que la loi fut promulguée, le prince Napoléon partit pour Genève ; son fils nlné. le prince Victor, aller s'installer a Bruxelles; quant au comte de Paris, abandonnant son superbe château d'Eu, il traversa le détroit et fixa sa résidence eu Angleterre.

Par décret du président de la République, et en exécution de la loi, les membres des familles Bonaparte et Roiirbon-d' Orléans qui avaient des grades dans l'année, furent immédiatement rayés des cadres...

Le plus célèbre des princes frappes par cette mesure élail le général due d'Aumale. qui crut devoir protester. Le 11 juillet, il écrivit nu président de la République une lettre dans laquelle il lui reprochait de • toucher a la charte de l'armée » . • Les grades militaires, disait-il en terminant, sont au-dessus de votre atteinte, et je reste le général Henri d'Orléans. •

Immédiatement le Conseil des ministres décréta l'eXpvlfiOO du duc d'Aiimab1.

Dans la séance du Sénat, en date du Cl juillH, II, Kcller intcrpellale gouvernement Le général Boulanger, ministre de la guerre, lui répondit Il nedènia pas que, légalement. le grade fui la

propriété personnelle de l'officier, mais il ajouta que c'était A la condition que le grade eût été obtenu eonfmmàurnl ri In lui.

or.leducd'Aumale, souslie ii t e n a n l à quinze ans et général a vingt cl un . n'avait pas obtenu son grade selon les conditions déterminées par la loi française • en passant par uue école militaire ou en ayant conquis ses grades, sac nu dos. dans le

rang ».

Le duc d'Aumale n'a pas tenu rigueur à son pays, puisque nous Tenons d'apprendre que I une des clauses de son testament lègue le château de Chantilly à l'Institut de France.

Anonyme

Evasion de M. Artaud-Haussmann.

(28 septembre )

hrktk le 2 février dernier, à la suite de sa tentative d'assassinat, à l'Hôtel du Louvre, sur M de Montauzan. le baron Artaud- Haussmann, soumis A un examen médical, avait

été déclaré irresponsable et interné à l'asile Sainte- Anne De là, après quelques semaines de séjour, il était passé a Charcnton où on lui avait donné un appartement particulier. Il recevait de nombreuses visites, parmi lesquelles, au début de son séjour A l'asile, celle de sa smur. Mme de Courcelles.

On crut e'apereevoir, au bout de quelque temps, que cette dame machinait avee le baron des prot ,! Fuite, Le directeur lui interdit formellement l'entrée <!•• l'asile, l'nc correspondance quoti-

dienne commença alors i iitre le baron et sa sœur, qui vint se fixer A

I biais, près de Choisy-le- Hoi. dans un petit pavillon dépendant d une maison «ta santé et d liydrothéra pie, • l'Oasis «les Dames. > dirigée par Mme Bertbier.

Le baron Artaud avait la permission de taire chaque semaine une promenade en voiture. Mardi dernier, il manifesta le désir d'aller à Tbiais, rendre visite à Mme Herthicr qui est une amie de sa famille.

II monta dans une voiture découverte, sousla surveillance de deux

pardii >m dont l'un remplissait les fonctions de cocher La Teille, Mme Artaud avait écrit à Mme de Coureelles pour la prévenir de son arri- Tée. Pendant la durée du trajet, le baron se montra très gai, causant avee une grande liberté d'esprit A l'arrivée A « l'Oasis des Dames », il n'y avait plus que le cocher et M. Artaud; le second gardien avait disparu

M. Artaud fut conduit dans le salon de réception pendant que le cocher était invité à se rafraîchir A l'office.

Le baron, après avoir causé un moment avec plusieurs dames qui se trouvaient là, feignant tout à coup d'être pris do coliques, demanda où étaient les cabinets d'aisances. On lui indiqua ceux qui sont situés au fond de la cour. M. Ar-

PACLIN MEMES

ArtiBte dramatique D'«pr(» une |>hotngr»phie. — (Cliché do Camus.)

HECTOR BERI-IOI

Dessin de Ch.-K. Wilson. — D'après la statue d'Alfred Lemoiii.

taud s'engagea donc dans le couloir qui conduit dans Ih cour, I a îs^a ri L sur un fauteuil du salon non pardessus, su canne et son chapeau, ferma en passant la porte des water-closcts. et, au lieu il .v entrer, se sauva par une porte latérale, qui débouche dans une petite rue du village, où quel* ques voisins se rappellent l'avoir vu passer.

Au bout de quelques minutes, on s'inquiéta de l' absence prolongée du baron. Mme Herthicr se décida à aller voir si le baron n'était pas indisposé. On ne répondit pas Mme Herthier ouvrit et ne trouva personne.

On prévint immédiatement le gardien, on courut dans toutes les directions: mais le baron avait disparu.

Pendant la matinée qui a précédé l'évasion de M. ArLaud, un homme étranger au paya, de grande taille et vêtu d'un complet gris, avait été remarqué circulant autour de ■ l'Oasis des Dames • Au moment de la fuite, il se promenait dans une petite allée d'ormeaux qui conduit au pavillon de Mme de Courcelles.

Après quelques recherches infructueuses, le gardien revint a Charcnlon annoncer la fâcheuse nouvelle.

Do l'asile on envova aussitôt un employé au commissaire de police de Cliois.v-le-Hoi, qui n'eut « oniiaissaucc de l'évasion qu'à dix heures.

l.ne battue fut organisée le lendemain dans le pavs, mais on ne trouva aucune trace du

baron.

Ou suppose qu'il & du se cacher pendant l'aprés midi, et prendre dans la nuit le train de l.von à la gare de Villeueuve-Saint-tieorges.

l'n cocher de Chois v-le-Koi. qui habite une maison en dehors du village, fui réveillé, vers onze heures du soir, par deux individus qui frappaient à coups redoublés à sa porte. Il vint ouvrir et se trouva en présence de deux étrangers qui lui offrirent dit francs s'il voulait les conduire rapidement à la gare de \ illeneuve-Sainl- Ceorges. Ce cocher n'a pu donner qu'un signalement incomplet des deux voyageurs nocturnes : il se rappelle pourtant que l'un d'eux était de grande taille et avait un complet gris.

Depuis son internement à Charenlon, IL Arlaud-Ilaussmann avait tenté de s'évader plusieurs fois : après sa fuite, on a trouvé dans son appartement plusieurs lettres de Mme de Courcelles qui parlent d'une fuite prochaine, et un plan très complet d'évasion, écrit de la main du baron.

Mme de Courcelles est rentrée le lendemain matin à • l'Oasis des Dames >,où on lui a appris l'évasion de son frère On suppose que le baron est passé en Suisse.

Anattjfwtt.

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