‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 217 sur 441 · l rr;v AL- rwiiaocler · texte numérisé non relu

l rr;v AL- rwiiaocler

Né à Hennés en 1817, décédé le S niar» J88T. D'apns une photographie de N»i.au.

(RlMhitM<|W- N»lionale J

M It.VTAT CO.NTRE M. JULES millV AV PALAIb-MUIlBON

D'aprr* unu gravure sur Luis.

(t'.iMiulliKjUr \>||imt( i

dans toute l'Europe, l'ne sorte de panique se produisit à la Bourse.

Mais la presse, comprenant son devoir, entreprit de calmer l'opinion publique au lieu de la surexciter. On sut plus tard ce qui s'était passé au Conseil des ministres : et la proposition d'ultimatum à l'Allemagne faite par le général Boulanger, et la déclaration nette et ferme du président delà République, M.Jules tîrévy, q»e l'incident de Pagny no devait être réglé que par la voie diplomatique et leserailà la satisfaction delaFrance.

Ce jour-là, M. Jules tirévy rendit à son pays le plus signalé service. Quelques jours après, le à avril, on connut qu'à la demande de M. de Bismarck lui-même, l'empereur (iuillaumeavait ordonné la mise en libertédeM. Schniebelé. Héparalion était faite, et toute cause de conflit par là même écartée.

La population parisienne venait, aux élections 'les 8etlT» mai, de renouveler son Conseil municipal, tluntla majorité, comme celle des Conseils précédent», appartenait àl'opinion républicaine avancée, lorsque, le 17 mai, dans la soirée, elle appritque, mis en échec à la Chambre des députés, sur une question de budget, le ministère présidé par M. (îoblct était démisMOunairc. La crise fut longue et difli-

cile. Nombre de combinaisons furent essayées, puis écartées. Pourcertains journaux, le maintien du général Boulanger au ministère de la guerre était la condition nécessaire de la formation de tout cabinet. De là a faire du général Boulanger l'homme indispensable, il n'y avait qu'un pas. Il fut vile franchi. Jamais les polémiques n'avaient été plus Apres et plus violentes. La personnalité du président de la Itcpuhlique, qu'on avait écartée jusqu'alors des débats politiques, fut mise en cause. A la suite de deux visites de M. de Mackau, président de l'Union des droites, au palais de l'Klysée.

M. Jules (îrévy fut accusé par certain- journaux, rintratixi-

fintnt et /" Lmtou* entre autres.

d'avoir conclu un pacte secret avec les ennemis île la Bépublique; et, lorsqu'on apprit que M. Maurice Bouvier réussi à former un cabinet, et que le général Boulanger était remplacé au ministère de la guerre par le général Ferron.

ces mêmes organes crièrent à la trahison.

dépendant, interpellé à la Chambre le :tl mai, jour de son installation, le ministère présidé par M. Bouvier obtint la majorité, non seulement parmi les volants, mais parmi lesrépublicainsde l'Assemblée. Quelques semaines après, le général Boulanger ayant été nommé au commandement du i'.i' corps d'armée à Clermont- Ferrand, et ayant pris soin de faire annoncer par la presse dévouée à sa fortune le jour et l'heure de son départ, la gare de Lyon fut. le 8 juillet dans la soirée, le théâtre de scènes burlesques et attristantes, l'ne foule en délire acclama frénétiquement l'ancien ministre. Quelques-uns essayèrent même d'empêcher le départ du train, pendant que des cris : € A l'Élysée ! à l'Klysée ! • 6e faisaient entendre. Cependant, après un long retard, le train finit par se mettre en marche, emportant vers les montagnes d'Auvergne l'aspirant César el *a fortune. Cela n'empêcha pas MM. Déroulcde. Bocheforl et

LB DOCTEUR PAUI. UMOCA

Dessin île Wilsom, d'après la statue en bronze de Paul Choffin.

(S .loo de 1887.)

leurs amis d'organiser, le 14 juillet, à la revue de Longchamp. contre le président de la Bépublique, le chef du cabinet et le ministre de la guerre, une manifestation qui eut d'ailleurs peu d'importance etpeu d'écho.

C'est sous l'inspiration de ces événements que le Conseil municipal de Paris prit, le :!7 juillet, une délibération par laquelle les Mtî.OOO communes de France étaient invitées à envoyer des délégués à Paris pour » établir le bilan du siècle dont le terme approchait, donner forme aux aspirations comprimées par les réactions successives, et rappeler quel était e chemin du droit, du devoir, de la justice sociale et humanitaire., pour préparer dignement et pacifiquement le centenaire de HH9 ». Cette délibération lut annulée par ouvernement. Au surplus, les principales villes de France déclinèrent avec ensemble l'invitation du Conseil municipal de Paris.

i '.'< »t également -mus I impression de ces événements que M. Jules Ferry, le chef du parti républicain modéré, prononça à Saint-Dié un important discours, dans lequel, après avoir rappelé que depuis dix-sepl ans, fidèle à sa mission, l'armée se tenait en dehors des luttes politiques, et que, malgré des excitations factieuses, elle persisterait dans ce rôle, il lança, à l'adresse de l'ancien ministre de la guerre, la qualification de < Saint-Arnaud de café-concert •. Les polémiques, comme l'on pense, reprirent de plus belle. Et c'est dans cette atmosphère imprégnée de poudre que se produisit tout à coup, au commencement d'octobre, l'affaire dite des décorations. Les événements se succédèrent avec rapidité. Nous les rappelons par ordre de dates : mise en non-activité du général Caffarel, sous-chef d'état-major général au ministère de la guerre ; enquête parlementaire sur l'affaire dite des décorations ; procès du général Caffarel et incident relatif à M. Daniel Wilson, gendre

PARIS DK 1800 A 1900.

du président de la République ; interpellation à ce sujet à la Chambre : autorisation de poursuites contre M. Wilson: nouvelle interpellation, à la suite de laquelle le ministère présidé par M. Itouvier donne sa démission; attaques de plus en plus violentes contre M. Jules (îrévy ù qui l'on reproche sans preuve d'avoir voulu couvrir son gendre el de s'être ainsi découvert lui même: Impossibilité pour le président de la llépuhli que de constituer un ministère ; motion d'ajournement votée par les deux Chambres, qui était bien en réalité une mise en demeure adressée au président de la République d'avoir à résigner ses pouvoirs: enfin, message de démission de M. Jules lirévy.

Le 2 décembre, le Sénat et la Chambre desdépu tés recevaient communication de ce message, que I un des écrivains les plus éminenls de notre temps. M. J.-J. Weiss, qualifia oV • admirable » dans un article de la Revue folitique. ri littéraire (Revue Bleue). Le lendemain, l'Assemblée nationale se réunit à Versailles, et.

après deux tours de scrutin, éleva à la présidence de la République M. Sadi Carnot, député de laCùte-d'Or, ancien ministre des finances, petit-lils du membre du Comité de salut public et du Directoire.

Les graves événements qui s'étaient déroulés pendantlesmois d'octobre et de novembre avaient profondément impressionné la population parisienne.

La foule, désireuse d'apprendre les nouvelles, encombrait les boulevards. Les » J i lions de journaux

MKOAILLG COMMKMOH AT1VK Ht: L'ÉLECTION Dl M. CARNOT COMME fllé-K.ENT HE LA II SU' BU (M I.

ll'aprcs l'original ni-avù par Maximilicn Hour^eoi*.

iMuié' du Luxmbowg )

E> VEUBTlt

StutUCtte de Mme Thomas S«hkh LVlprél le bronze de la maison Thiéhalt.

étaient enlevées aussitôt parues. Puis vint le tour des marchands de complaintes. Et, lorsque l'Assemblée nationale dut se réunirpour pourvoir au remplacement de M. Jules Grévy, l'annonce de la candidature de .M. Jules Ferry, l'homme du Tonkin, disaient les uns. l'ami de Bismarck, disaient les autres, l'ennemi de Paris et des Parisiens, ajoutaient quelques-uns , provoquait l'explosion de la colère de plusieurs journaux, tandis |ue des députés amis du général Roulanger tenaient avec ce dernier des conciliabules qualifiés depuis d'historiques, que leConseil municipal se proclamait en permanence, et que de tumultueux rassemblements se formaient sur les boulevards et dans les rues.

La nouvelle de l'élection de M . Carnot à la présidence de la République dissipa ces alarmes réelles ou feintes, et bientôt Paris reprit sa vie habituelle.

Le premierbal masqué avait eu lieu le 30 janvier; il fut extrêmement animé, cl donna une recette de 28,bW) francs. Au mois de mai se lit la vente des diamants dits de la Couronne. Le total des neuf premières vacations fut de 7,207,255 fr. 50. L'État avait conservé, avec le Régent, estimé de 12 à 15 millions, une broche reliquaire de l'époque de Louis XV, une montre offerte à Louis XIV par le dey d'Alger, et d'autres objets de valeur.

Le grand-prix de Paris fut gagné par Ténébreuse, de l'écurie Aumont. Par une singulière coïncidence, ce nom de Ténébreuse pouvait s'appliquera toute l'année 4887.

Lucien Delà b housse.

LA RRLtCLE DSS COifDAVXKS A MORT Prison iln la Hoquette.

(D'après une photographie «le ITninn photographique française )

LES ÉCHOS DE PARIS

Les Délégués bulgares.

(10 janvier.)

puRitm

Dessiné d'après une photographie.

(Bibliothèque .National*.)

L'entrevue s'est prolongée jusqu'à onze heures. .M. i.rcltoff. l'un des délégués, a exposé a M. Flourens. en remontant aux circonstances dans lesquelles il s'est formé, les phases diverses qu'n Ira versées le gouvernement actuel de la Bulgarie, et particulièrement les difficultés grandes où il se trouve aujourd'hui.

M. Flourens a dit aux délégués bulgares qu'il les avait reçus à litre privé, parce qu'il ne pouvait leur reconnaître à aucun degré un mandat régulier. La Bulgarie a. en effet, une indépendance intérieure, mais, pourlcsrapportsinterniilionaux. elle relève de la Turquie, qui, seule, a le droit dé parler en son nom La France est trop respectueuse des traités et trop désireuse de maintenu l'intégralité de l'Finpire ottoman pour sortir de cette règle.

Toutefois, le ministre des affaires étrangères a déclaré qu'il n'avait point voulu refuser une audience aux délégués bulgares.

Il compatit sincèrement à ce que la situation de la Bulgarie a de pénible, mais il croit que le meilleur moyen de sortir des difficultés serait de tenir grand compte des sentiments île la Bussie, a laquelle la Bulgarie doit l'existence, et de faire quelques concessions à cet intérêt. M. Flourens n'a parlé d'aucune candidature au trône bulgare

(Juelque sympathie que mérite la Itulgarie, la France doit surtout s'attacher & l'intérêt général Je l'Europe, et, à ce litre, elle ne peut que rc-

l'AKIS DL 1800 A l'.HJO.

commander les moyens les plus surs et les plus rapides pour amener une solution.

M. Flourens a terminé en insistant sur ce poinl que le but unique de lu France était le maintien de lu paix.

Les délégués ont répondu que le gouvernement nul gare désirait aussi la pall de l'Europe et que c'est pour ce mol if qu'il a renoncé à la candidature du prince Alexandre dont le succès mirait nmené la guerre.

Les délégués bulgares se sont retirés après avoir pris congé de .M. Flourcns dans les termes Icsplus courtois.

L'Ambassade malgache.

(ta janvier.)

Une dépèche reçue au ministère des affaires étrangères annonce que les membres de lu mission env<> par le gouvern* îtw m I hova arriveront aujourd'hui à Paris.

Ils descendront au Crand-llotel, où l'a pp. i rtement connu sous le nom d' ■ appartement princier > , au premier étage, cl qui fait l'angle de la place île l'Opéra et du boulevard des Capucines, a été retenu pour eux

Cet appartement a été successivemei occupé, pendant li séjour A Paris, par pereur du Brésil, le roi des Belles, le shah de l'erse et le khédive IsmnïL

La mission hova se compose d'une quinzaine de personnes, parmi lesquelles se trouvent les personnages suivants :

i° Hainihàrivon.v, 15' honneur, minisire de la guerre ;

■8 BAILLE OKKLHTK A MADAME tllll ClLAI'T PAIt LE» EMPLOYÉS UE SA MAISON

Dessin d'après l'original.

Gravé par 0. Rotv.

(Mu • du Lu \tm l>ou tf. )

â" Ralsimunobalra. 14' honneur, oflicier du palais, chef d'état-major du ministre de la guerre;

:t* Hasanjv, i'.i' honneur, membre du Conseil privé et secrétaire interprète du premier ministre; 4" Maie llabilosa, if hon neur, membre du conseil privé et secrétaire interprète du premier ministre ;]

ÎS" Hahammn.

12' honneur, aide de camp du ministre de la guerre ;

fi- Drffiné. M* honneur, docteur de la mission ;

7* Itaznfindrolambo. IIe honneur, secrétaire de l'ambassade :

8« Hainizanabolon. i. 10' honneur, secrétaire;

i>" Kavclo, H* honneur, trésorier.

Uuiinli.il ivonv, le chef de la mission, est un petit homme mince, bien pris dans sa taille.

L'œil e<t fuvanl, comme ; la paupi ère est riJe et les lèvres paisses. H rappelle imparfaitement le type malais. Son teint est brun et ses manières assez dégagées.

Su lenue est d'unecorrection parfaite.

C'est l'enfant gâté du premier ministre bova, mais il ne justifie en rien la préférence paternelle D'une inronduite notoire, „,iie du peuple t il est la terreur, il • ^t pas moins ministre de la guerre. Il est vrai .pie ministre de lu guerre A Madagascar est une situation qui n'engage pas à grand*chuse. Son père voudrait, diton, le faire agréer pour son successeur présomptif par le gouvernement français.

\ A coté, de ce ministre de

l'A RIS SOUS LA TROISIEME H El' U II L 1 Q U L.

Ironie ans ù peine on a placé un homme déjà il se tiendra à lu cantonade, mais il n'en inspi-

vieux, aux cheveux blancs tailles en brosse, a rcra pas moins tous les actes, toutes les paroles

l'allure pesante. C'est une sorte de chaperon, de la mission.

une espèce de porte-respect. Il a nom Ratsi- D'ailleurs, à Tananarive. il occupe auprès du

manohalra, n'a pas moins de • quatorze bon- premier ministre un poste de conûance; il est son

neurs > et a été, pour la circonstance, bom- secrétaire particulier, son conseiller intime.

J. I.VCK.MllE DE L OPÉRA-COMIOt'K. — LÀ FIITE Df Pl'HI-tO

D'après an dessin de M. Paul U estes, témoin oculaire, (BlhlIoUrfqur Ntiioaik )

bardé chef d'état-major de Rainiharivony. L'iml>ortance intellectuelle ou morale gtt autre part. Celui qui la détient est le llova Rasanjy; a lui seul, il est toute la mission. Sa figure est intelligente, sa physionomie réfléchie ; son regard est ferme, un peu dur. Néanmoins, il a l'abord aimable encore qu'un peu compassé. Déjà il a les formes rondes de l'homme mûr qui approche de la quarantaine. Ce personnage a une valeur réelle; il faudra compter avec lui. Itien certainement

II parle couramment l'anglais ; c'est dire qu'il est inféodé a la cause britannique : son voyage en France l'amènera-t-il à changer de parli? l'eutèlre bien, car Rosanjy est d'une intelligence très grande et d'une pénétration très vive. Il aime le progrès, mais, en vrai llova qu'il est, il l'aime avec une foule d'arrière-pensées.

La mission a un docteur, un docleur noir, le crépu Dallné; il a étudié la médecine a la Faculté de Tananarive qui a été fondée il y a six mois.

PAIUS OC 1800 A «900.

Kilo a aussi un tré- Horirr, Lavelot, niuel roinine un poisson, l'cut-étrc ne veut-il pas ou ne peut-il pas <lin> tout l'arpent ronfle a sa garde (Juand on vient d'emprunter i|tlinic millions, ne rc doit -on pas à sotmoine le luxe de se paver un trésorier?

Ilo/infadralamba cl llaiuzunabolonn sont deux jeunes secrétaires . d'amba^ade.

Leur talent calligraphique est, aftirme-t- OH, de premier onlre.

(le combien de nos attachés d'ambassade pourrait-on en dire autant ?

l'our rester sur la bonne bouche, cit om, en terminant, le domestique Faralnlsv, qui est heureux «l'être au monde, se plie a tout, et qu'on trouve à jambes de ses maîtres flih>le.

TruflireiDit, l.e gagnant du grand-prix en 1887 Monté par Wownut,

(Collixltun .1 ulrutl-l.ongciitinpf.t

La fête de l'Opéra.

(34 avril.)

La fête donnée a l'Opéra par le Comité de la presse et l'Association des artistes dramatiques a été aussi brillante qu'on pou vail s' v attendre

Toutes les loges avaient été louées à des prix qu'un empressement fait de curiosité et de générosité pour les œuvres destinées à bénéficier de la recette nvailfait monter très haut :

parmi les titulaires de ^es loges, on reconnaissait tout ce qui compte, & Paris, dans le monde, dans les arts, dans la politique et même dans la di-

ebaque instant dans les comme un bon ebien

plomatie, car un certain nombre de représentants des puissances avaient tenu à s'associer au but rbarilablc de la fête.

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Il - -Il tl phi>tl>LTAplliC do L P«HL\t.

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