‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 236 sur 441 · IÉME RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

IÉME RÉPUBLIQUE

Les grands établissements de crédit, les maisons de banque et les agents de change refusent de recevoir à leurs caisses les billets de 500 francs — bons ou mauvais. Dans le doute, tout le monde s'abstient.

Les uns, comme le Comptoir d'escompte, ont décidé que tout billet de .'MX) francs, vrai ou faux, serait impitoyablement refusé, soit par les caissiers, soit par les garçons de recettes.

D'autres, le Crédit lyonnais, par exemple, ont admis quelques adoucissements, et ont déclaré que s'ils refusaient tout billet dont ils ignoraient la provenance, ils acceptaient ceux qui leur seraient présentés par des personnes connues et solvables qui s'engageraient à reprendre les billets à la première réquisition.

Ces établissements, en même temps qu'ils refusent de prendre les billets, s'abstiennent d'en donner au public en pavement et présentent tous ceux qu'ils possèdent aux guichets de la Banque de France.

LA RIE ROILKAC A AlTTRril.

Dessin d'après naturo. par L. Parent.

«Collection Charlea Mraond.)

Le Train-tramway de Paris à Saint-Denis.

La Compagnie du Nord vient d'inaugurer le service spécial pour les voyageurs par trains-tramways entre Paris et Saint-Denis et Paris et Saint-Ouen.

L'idée de ce mode de locomotion n'est pas neuve

Sans parler de l'exploitation des trains légers économiques a l'étranger, notamment sur quelques réseaux autrichiens, nous pouvons rappeler que le système appliqué maintenant sur plusieurs réseaux français, avait été essayé à Paris même, dans le courant de l'année 1877.

On sait, en effet, qu'à cette époque le Champ de .Mars avait été relié à Crénelle, sur le chemin de fer de ceinture, au moyen d'une voie ferrée qui côtoyait la Seine, le long des berges des quais d'Orsay et de Crénelle.

Depuis, des essais ont été faits un peu partout et ont donné des résultats satisfaisants.

La Compagnie du Nord a modifié, pour la

l'AKIS DE 1800 A 1900.

section de Paris à Saint-Denis aver embranchement sur Saint-Ouen, le type du train-tramway.

Il est form<'' d'une loeomotive-tender d'un petit modèle et d'une voilure mixte avec couloir latéral extérieur.

Chaque voiture comprend douze places de première classe, seize places de deuxième classe et trente places de troisième classe; soit en tout cinquante-huit places.

L'n pont se trouve à l'avant et a l'arrière de chaque voiture et une plaque est plniéeàchaque extrémité, pouvant s'abaisser et être reliée au tender, pour permettre au conducteur de communiquer directement avec le mécanicien et de l'aider en cas de besoin.

Lesétudes du projet ont commencé il y a quatre ans environ.

Le traintramway est ù voie unique.

Pour l'établissement de la ligne, on a suivi la voie ordinairesur lecôté droiten partant de Paris.

On a parconsèquent ajouté une septième voie aux six qui existaient déjà.

Il y a quatre points d'arrêt entre Paris et Saint-Denis, et malgré cola la durée du trajet est de treize minutes seulement. Le service régulier sera de quatorze heures par jour et quarante-trois trains, sans compter les trains ordinaires qui desservirant dorénavant la gare de Saint-Denis et les points intermédiaires.

Pour l'établissement de la bifurcation de la l'Iaine à Saint-Ouen, on a suivi la ligne appartenant à la Compagnie du Nord cl communiquant avee |lesdufks Celle ligne n'avait servi jusqu'alors qu'aux trains de marchandises.

La durée du trajet de Paris a Saint-Ouen. ou

mieux au quai de Scine-Clichy, est de dix-sept minutes Mais les gares intermédiaires sont plus nombreuses que sur la ligne de Saint-Denis. On en compte sept.

Ce réseau sera desservi quotidiennement par seize trains, depuis dix heures du matin jusqu'à neuf heures du soir.

Le train-tramway devant être surtout un train léger et par conséquent rapide, on ne recevra

pas de bagages.

Au reste, si l'essai réussit, la Compagnie du Nord composera le traintramway de deux voitures mixtes et doublera ainsi le nombre des places

Les nouveaux trains-lramwavs, lout en augmentant les

communications entre Paris el Sainl-Denis. vont en créer entre les différentes parties de Saint- Ouen. qui n'était desservi a ses deux extrémités que par des lignes de tramways ab- Mdumcutinsuflisantes.

Aucune ligne reliant les docks à la route départementale n" 20. dite route d'Lpinay, n'avait été établie jusqu'alors.

La Compagnie du Nord va combler cette lacune et se promet, d'accord en cola avec la Compagnie de l'Est, de mettre en communication Sainl-Oucn avec Pantin.

L'inauguration de ce dernier service aura lieu dans un l>rcf délai.

LE CAniHNAL HE LAYIUF.HIE

D'jipr>-8 le tableau de Uoxnat.

i M»v r du Lusembourg.)

Le Boulangisme.

Jkst M. Clemenceau qui a le premier parlé de la question Boulanger. Il est eertuin que. de plus en plus, le général Hou langer devient une puissance politique avec laquelle

LE (mi PARI». — HOTEL Rt E l»E LA CLEF, N* 23

Dessin d'après nature, par L. Parixt. (Collection Chuta Sm.oud.)

tous l<-s partis dental compter Partout son nom est prononcé, son ima^c est affichée, ses photographies circulent Paulusa lancé En fermant de la n rue. et les partisans du - brave général • lui ont l'ail un succès extraordinaire. Celte chanson, d'une poésie plutôt médiocre, mais au refrain culminant, était en passe de devenir le chant na-

tional de la France, lorsque la muse de M Antonin Louis lui inspira les Pioupioui d'Auvergne et. depuis lors, ces deux hvmncs font la joie des enthousiastes partisans de celui que M Jules Ferrv, en un jour de colère, qualifia un peu haineusement de • Saint-Arnaud de café-concert ».

Uans les manifestations de la rue, les foules entonnent tout simplement :

C'est Boulange, laniro. lange.

C'est Boulanger qu'il nous faut.

C'est simple, c'est net, c'est tout un programme en peu de mots, plus élégant peut-être que beaucoup de ceux que, l'an prochain, étaleront sur les murs, les promoteurs de réformes et pipeurs de suffrages

C'est d'ailleurs sur ce nom que se feront les élections de 1881), comme c'est sur lui que relie année même on s'est battu dans le Nord, dans la Somme, dans la Charente et un peu partout

Ll VIEUX PARIS. — ritl'ON DE SAINTE-PELAGIE lil'E DE LA CLEF

Dessin d'après nature, par L. Parent.

(Collection Chulei Simood.)

LE VŒUX PARIS. — LA FONTAINE CCVIEB, RIE Cl'VIED

Dessin d'après nature, de L. Parent.

(Coll^lion Cnwlti .Simon d )

Pendant un on encore nous entendrons les affiliés de la rue de Sèze nous répéter :

— Boulanger, c'est le soldat républicain qui fera la revanche. En le renversant du ministère, on a une seconde fois signé le traité de Francfort. Les orléanistes, qui ne peuvent lui pardonner d'avoir enragé les complots de leurs princes et les dupeurs du peuple qui jalousent sa popularité, ont seuls intérêt a le combattre.

— Pas du tout, répondront les tenants de la rue Cadet, c'est un Bonaparte en herbe, et il n'a pas gagné la bataille d'Arcole. C'est un fourbe qui après avoir comblé le due d'Aumalc de flatteries, pour avoir de l'avancement, l'a chassé «le l'armée pour conserver son portefeuille. S'il était resté ministre, c'était la guerre et la guerre avec un

chef incapable à la tète de l'armée — car sa nullité égale son ambition, — c'était le désastre.

Qui a tort? Qui a raison? Lisez d'une part. l'Intransigeant, de Hochefort; la Lanterne, le Petit Parisien, de M. Laisanl: la Franee, de M. Ealou; d'autre part : le Temps, la République française, le

Siècle, la Justice, et tachez, si vous le pouvez, de vous faire une opinion. En attendant, on vend du savon lioulamjer, du papier à cigarettes Boulanger, des apéritifs Boulanger, et les camelots qui, sur les boulevards, crient les victoires... électorales du général, sont sur la route de la fortune.

union

MO.MMK.NT DE li«MBETTA (flftOUFS l'IlINCIPAL)

Élevé par souscription nationale sur la place du Carrousel.

-culplura d Aost. — Architecture Je Boilub 61t. — Dee«in frfftt nature, par L. I'»»ist. — Collection Charles SiroooJ.

LE XolVK.U' l'ARIS — I.E 01 U DR I. HOTEL-OE-YILLE hnpr.» un* pw ura fur buii. — i|tiMiMthi-.|uc Slîwwto»)

Le duel Boulanger Floquet.

(13 juillet.)

Ii. finit neuf heures et demie quand le général est arrivé accompagné de ses témoins.

Le comte Dillon l'a reçu avec une grande émotion.

Vingt minutes après. M Floquet descendait d'un landau avec MM. Clemenceau et Périn,

On est entré dans le jardin; le duel a eu lieu derrière la maison d'habitation : du boulevard, les curieux qui augmentaient de minute en minute ne pouvaient rien voir.

l'hôpital beaijon, faubourg Saint- Mono ré. D\i|.rv> une photographia. — (Collection < h. Simond.)

LE l'Ail I- .\OUVKAL'. — LA PLACE VM.TAIKK |t .i| rn uoa Lrr.ivure tut loi». — i HiLliolhr<|ue Niilional.. i

l.e duel n commencé à dix heures précises M. Lailtnt, directeur du combat, a t'ait placer les deux adversnires en fucc l'un de l'autre, dans une sorte de manège ù ciel ouvert qui s»* trouve dans la propriété du comte Dillnn, a l'eiitrc-croisemcnl de plusieurs allées.

Les èpées mesurées et le traditionnel • allez, messieurs • prononcé, le général Koulnngcr, qui était visiblement énervé.

s'C&l jeté en avant et a chargé son adversaire avec tant d'ardeur qu'il a glissé sur la terre humide et qu'il est tombé.

Il s'est relevé aussitôt et s'est remis en garde; le combat a recommencé avec la même animation de lu part du général; M. Hoquet était au contraire très calme, très maître de lui.

l'A III S OK 1800 A 1900

La Dame de Montsoreau, Décor du i* acte. — D'après la inaquelle originale,

<liil>]iothr<|ur d ] i i|„ ,„ i

A h In m [ i l'un instant, M Kloquol étail atteint au mollet droit d'une légère piqûre; le général Boulanger étail cri même temps blessé peu grièvement à l'index «le In main droite.

!,cs deui adversaires av. 'ml déclaré qu'ils pouvaient continuer le combat, ont été remis en position.

X cette reprise. Cépée du général Boulanger

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