U P H I M I F. H MAI A PARIS
La rue Castiglione a trois heures de l'après-midi.
Dniin d'*]>ré» nature, pir M. Jos«ph Bno*. — Bibliolhiqne Ntlionilc.j
ARRESTATION DO DUC D'oRLtAN*
A l'hôtel de Luynes, le 7 février 189u.
0«uiD de M. Riicda*. — (Bibliothèque N»lion»lc.)
18iM) débute par la punique. A peine les réceptions, fêles cl réunions intimes du jour de l'an ont-elles pris fin que Paris s'éveille en proie à la plus vive frayeur. Un fléau qui avait sévi au commencement du siècle, mais si bien disparu que les médecins eux-mêmes n'en avaient plus aucun souvenir, la grippe contagieuse et pestilentielle, maintenant appelée influenza, fait tout à coup des centaines de victimes, en leschoisissanlsurtoul en masse parmi les employés des grands magasins du Louvre et en menaçant tous ceux qui vont y faire leurs emplettes. L'Académie de médecine et la Faculté s'en émeuvent, après avuir considéré cette épidémie tout à fait imprévue comme peu dangereuse, et les plus optimistes d'entre les Parisiens tremblent et s'eiïarent.
Ils nu mouraient pas tous, mais tous étaient frappés.
Les travaux parlementaires s'en ressentent : députés et sénateurs tour à tour influenzés — la presse satiriste écrit influencés — s'abstiennent de paraître aux séances, et les ministres suivent ce bon exemple. Les
LA UL'K S.WNT-JUUEN-LK-l'AUVHt:
h'Al'KÊ-i UNE EAI>FOHTE DE M Cl EN CAUMEH
(Collection do l'Art)
boulangistes en profitent pour tenter un nouveau 18 brumaire qui avorte. Il est certain que tout le monde à Paris est dans un état d'excitation suraiguë. Le duc d'Orléans, fils aîné du comte de Paris, juge l'instant propice pour essayer d'attirer l'attention par une démonstration sur laquelle ses partisans comptent beaucoup. Le prince exilé arrive inopinément dans la capitale après avoir passé à la frontière sous un déguisement.
Né le 6 février 1869, il u vingt et un ans révolus. Au bureau de recrutement où se présentent les conscrits de sa classe, il exige qu'on l'inscrive sur les listes du tirage au sort. On s'y refuse. Kchange de communications télégraphiques avec la place Benuvau,oùM.('.onstuns, qui ne s'attendait guère â l'aventure, croyant avoir empêché tous les complots par les condamnations prononcées contre le général Boulanger et MM. Arthur 1 nu. .ii et llochefort, l'année précédente, est pris au débotté.
Ordre immédiat de »>• »ai«ir lit' la personne du duc. qui est arrêté, traduit en police correctionnelle cinq jour* nprèft, el condamné à deux ans de prison pour infraction à la loi de Ihni; lui interdisant le séjour en Franco, comme liU aine ■ lu prétendante! non héritier direct, (Jnelqucs jeunes royalistes, auxquels ht\ joignent des députés du parti, protestent devant la statue de Henni.