‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 273 sur 441 · Première audience de I affaire Gouffô · texte numérisé non relu

Première audience de I affaire Gouffô

21. — Condamnation par U cour d'assise» de la Seine de Michel Eyraud à la peine de mort et de Gabrielle Bompard 4 vingt ans de travaux forcés.

Inauguration du monument du peintre Paul Baudry au cimetière du Père-l-achaise (il février). — de l'Académie fran<;aite Création d'un ■ Itefuge-Ouvroir » puur le» femme», |Né en 18»5>i. rue Feesart (Il juillet). — Inauguration au Lusembourg de la statue élevée nu (6 octobre).

U torero Lagartljoaux arène» de l» rue Pergoléee. Première manifestation du I" mai.

La chasse aux bookmaker» sur les champ» de courte. Installation des ofli. e< de pari mutuel. Le» Somall» au Jardin d'accliniatalion.

Ouverture du Casino de Parla.

Mise en service du tramway funiculaire de Bellevllle

Briiux-trt».

Henoer : Mélancolie et Portrait de IftM Rogrriliclei. — J.-P. Laurent : Le* Sept Troubadours. — Aimé Morol: Portrait dr .Urne G... ■ Combat «V coiffes et Arrivée au hartm.

(Né en l»37>.

i : l.n Volonté mtnrtUtmÊri, — Jean 11 /.« Roi de Canari ae. - Paul Alexla: avec Meténler) ; tfe> damr itruriot; If Brljy Th. do Banville: t'rt.tr, Etuir, - Barbey d'Aurevilly: Littéra-

QueroUei litt,-- de l'Académie l : La a-wie aux mouflon ; le (Né en IIJMj. fa^ifuine Fraraur - M. Bouchor : AVI - Paul Bourget : PAvrielneic de ramour moi< , ur , In Cvur

if f.mme, — Victor Cherbullex : One Gatrure. - Cl «relie : Puyjoli; la Citai nt, - François Coppce: Toute urne Jeunesse. — A. Daudet: Port T-ir-i*. <■»«. — A. Delplt : Toutes Ici i- ut — E Drumont : Ia UrrniJrr Bataille. — F. Fabre: J'anéVe; f'n Illumina: ÏAboé Roit-l-t — E. Faguet : Kta^t du XYllf tiftU, — o. Feuillet: Hemear •"«rfiit». — H. Fouquler: l.r Homan tf A. France fiul/4o;«r.- TliaU — A. Hennant: Cenn i part; Âwmunir trtr — p Hervlon : Ffiri. m lUatwa

— P. Loti : h litre rfe U ptfti et dr la mort — de l'Académie fran aise B Mallarmé Pa9. f - a. de Maupaaaant : \tlrr <>é en mu.

ThéAttre» (I)ébdts i:t Piirmikhes).

Thèâtro-Françaia. — 18 janvier. M are et, co-

3 actes d Henri Meilhae, avec Mme Beij. tî mars, Cuasilfe, comédie. I acte, de Ph. Gille. - 17 mai. Vue Famille, comédie, 4 acte», de l..ived.m. — î'» décembre. tT«« (.'<.iirernV>n, 1 acte, de F. de Court jr.

Opéra. - ïl n.an. isciNio. musique de Saint- Saên». parule» de Loui. Gellel. - ï» mai. Zaïre. î ..etc., musique de [lel.nux. parole» d'I d. Bleu et L. Bessoi.. - 9 juin. U RHe. ballet, d'Ed. Blau, musique de liaslinel.

Opéra-Comique. - 15 janvier. Hilda. I acte, rnusi.jue de Millet. - 5 février. fJiisiilH, drame lyrique en 5 actes et I tableaux, de H. de Bornier et A. Silveatre, murique de Joncières. — 13 mai /Jante, 4 acte, et 6 tnbleaus, d Id. Itl-iu, musique de H Godard. — 3u mai. la Batothe. 3 actes, d'Albert Carré, mu-ique de Mctsagrr. — 4 octobre. CfsefllaiMi I acte, de Sarlin. mulique de Mictiiel». - I" décembre, «enreuuto. drame lyrique, 4 ortei, 0 tsbleaux. de ti. Hirech. musique d'I . 'l»ro/. - 31 décembre. f. .4mt»«r renée.

2 a> les ru vera.de A âgé de Lat.su».

Odéon. 15 janvier. L docteur Majcarilte. 4-propos, I acte en ver», de Bouchinet. — " lévrier, le Comtr rr.nmnnt, drame en 3 parties et I! tableau», traduits «le Girlhe, par Adcrvr. — Î6 février. t« Grond'asére, comédie, 3 acte», de G. Ancey. — 6 mari. Jotour, » partie», 4 tehlenux, de L. Hennlquc. — lî avril. La lïr ci leux, de II. Bocage et C. de Coure; , comédie, ï acte». — 10 septembre. Le tttret de Mlberle, pièce, 5 acte», de Th. Wesalac, débuts dr Beney et Monvel. — 6 octobre. Fleurs d'arril, comédie. I eete en ver», de G. Vicaire et Truffier. — 3» octobre. Romeo et Juliette, 8 «rte», 10 tableaux, d'après Shakrspeare, psr G. Lefèvre, musique de Thomé. — 15 décembre. JferMi'rur Jetu, comédie, I acte, de de» Armoises,

Gymnase — 1" septembre. Parts fi» dr siècle, 4 acte» et 5 tiblcjux. de F, Blum et Toché. — 1" septembre. Y c cranf la lettre, comédie, I acte, de

Grandev et Lcnéka. - 18 novembre. L'Art de tromf.r Ici femmes, comédie. 3 acte», de P. Février et Nejac

- 7 octobre. />mirr Amour, 4 acte», de G. Ohnet. — jn dé. embre. lAtjuellr f comédie, I acte, d'A.

- 27 décembre L ukttacU. \ actes. d'A. Vaudeville. - ï7 février. Feu

3 «cles. d'A. Bisson. - 17 avril. Le Sanalier, , I acte. d'A. Bisson. - K. c*tobre. U député Let-au, comédie, 4 actes, de J. Lemailrc -succès). - 17 décernbre Af me ifcmeedfi., comédie, 3 actes, de Blum et To. hé.

- M décembre. La Uoe **. comédie. I eete. de Blum et loebé.

— 14 juin, tel fleulotare*, corné- 3 actes, d'Ordonncau, Valabrégue et Keroul. — ii mars. Lrt Stietlei de l'année, revue, 3 actes, de Blum et Toché. - 14 décembre. /.«I femmrt dei amis, comédie, 3 acte», de Blum et Toché. — 14 décembre. {,'« Prix Uonltton. comédie-vaudeville, ■'I actes, de Valabréyue et llcnncqulo.

Porte-Balnt-MarUn. — i-i octobre. CVopatre, drame, 5 acte» et 6 tableaux, de V. Serdou ttB, î mu-ique de A. Leroux.

i h mort* de V

U U:nor Ronooni (1" Janvier). U peintre miltt.lre Protala (15 janvier». - Le comte Daru (M févnerf. L'amirnl l>graa (7 mars). - I-e < TJlyaao Trèlat .59 mars». - L académicien 1 bert (0 avr.1). L. peintre Eug Cloori (SI avril..

- Le peintre Robert Fleur v |5 mai). - L'amiral Bergasao Dupetlt Thouara il 4 mai,. - U philanlhro,»- RJobard Wallace(ï0julllet.

Karr i3u iifteibsn) — Le (6 octobre). — l e psiatrt Eug. Laml (lu i

Feuillet (J8 décembre).

PAHIS VU DES FKNÈTHES DU LOUVRE

Dessin ù la plume de Julrs Jacoikmart.

(CollecUon de t.\rl.)

Sculpteur. — Né au M^e (Seine-et-Marne) en 1833, mort à Paris en 1891.

D'apre* une photographie.

' <Bibliolh«qu* NllioDtlc.)

I^ANNkK iH'.i\ permet à lu statistique de . constater que, de tous les régimes qui — * se 6onl succédé en France depuis un siècle, la République est encore celui qui a donné le plus de preuves de sa durée et de sa vitalité ; nous pourrions ajouter de sa sagesse, si nous nous en tenions à l'examen de cette seule année.

En effet, le ministère, dont le président, M. «le Frcycinet. vient d'être réélu au renouvellement triennal du Sénat, doublera, sans grands orages, le cap de 18U2; et la République gagnera à la consultation du suffrage restreint, qui consacre également la rentrée de M.Jules Ferry dans le inonde politique, de nombreux gages d'un indiscutable affermissement.

Le succès financier d'une nouvelle émission de rente \\ pour 100 ajoute encore au crédit et à l'autorité du gouvernement républicain.

Malheureusement, par l'effet môme d'une stabilité jusqu'alors inconnue, et dont il s'attribue sans doute toute la gloire, le Parlement prétend discuter, questionner, interpeller, légiférer sur n'importe quel sujet, fût-il même étranger à son mandat. C'est l'intru-

THKOliORE DE BANVILLE, [

Né A Moulins en 1823. mort à l'aris en 1891.

[)«pr£s une lithographie de <>avak>i.

(Dil.liothè>|ii» Nationale — * «tiii < l <Jri rslampn.

sion arbitraire et tyrannique de la politique dans la vie intime de la nation.

On fait arme de loul dans la querelle des partis, et le théâtre même est une arène de combat. Le tumulte de la seconde représentation de Thermidor à la (Comédie-Française provoque à la Chambre d'irritants débats, où .M. (Clemenceau expose sa laineuse théorie du bloc, singulièrement contredite quelque temps après dans un autre discours du même député, à propos de la statue de Danton, discours qui excommunie l'impétueux tribun pour le plus grand profit du compassé Robespierre. Puis c'est une discussion que sanctionne uue loi interdisant les paris aux courses.

Mais des sujets plus dignes de lui et mieux appropriés à sa compétence fixent l'attention du Parlement. La solution de graves questions sociales et économiques s'impose au législateur. S'il importe de dénoncer des traités de commerce favorisant l'étranger au détriment de nos nationaux, il est démontré, par la discussion du tarif général des douanes, qu'il faut éviter les ex igérations du protectionnisme à outrance.

D'autre part, et toujours d'accord

avec le ministère qui institue un (Conseil supérieur du travail, la Chambre vote successivement un projet de loi sur les caissesde retraite, de secours et de prévoyance au profit des employés et des ouvriers, et une loi sur le travail des femmes et des enfants dans les manufactures.

Entre temps, le (Congrès international des mineurs, tenu à Paris, a décrété le chômage du \" mai, à litre de manifestation populaire on faveur d'un minimum de salaire et de la journée de huit heures. Le drame sanglant de Fourmies jette un voile de deuil sur cette féle ouvrière qui s'était fait remarquer dans toule la Krance par son caractère essentiellement pacilique.

La Chambre, qui avait témoigné de son esprit démocratique, en consacrant à l'étude des lois sociales chaque mercredi, — le mercredi ouvrier, — s'occupe activement des syndicats professionnels et en vote le fonctionnement. Mais le Sénat s'oppose à l'adoption de lois qui amèneraient, assure M. Trarieux, « la servitude des patrons. •

Pendant les vacances parlementaires, les iïtes dcCronstadt, qui suivent le renouvellement anticipé de la Triple Alliance, et les

Il NKHAILU- H ALPHANb. — LE CATAFALUCE

Dessin d'après nature par A. (ïèh akm.n. I bibliothèque .Vttiooalt.j

l'A RIS SOL'S LA TROIS1KME IlÉi'UDLIQUE.

il"

R.CINCS ne LA COI II liK> (OMMCs

D'après nne gravure sur t.oi*.

(ltil>liM'bi'<|Ui' Nationale. |

satisfactions patriotiques qu'unt données brillamment les belles manoeuvres de l'Kst, mettant en relief la solidité impeccable de notre armée, créent par tout le pays un courant de confiance qu'affirme le succès significatif de l'emprunt russe à l'aris.

A la rentrée des Chambres, et dès les premières séances, la discussion du budget se poursuit dans un calme parfait, avec son cortège traditionnel d'interpellations intermittentes sur la politiqueeoloniale de la France. Le ministère ne s'en inquiète pas autrement. Il ne s'émeut pus davantage de la grève desbassins houillers du Pas-de-Calais et du Nord, déclarée par le syndicat professionnel. Toutefois il s'irrite de l'hostilité qui anime contre le gouvernement l'état-major du clergé, en dépit de l'adhésion à la forme républicaine recommandée aux catholiques par le cardinal Lavigerie, porteparole du pape Léon XIII. La fougue intempestive de l'archevêque Goulhe-Soulard déni.

termine M. (îoblet a déposer au Sénat un projet de loi sur les associations visant les congrégations religieuses.

La mort a fauché hardiment dans les rangs des hommes politiques : Weiss. l'ancien sous-scerélairc d'Étal et le critique d'élite; le baron Uaussmann ; l'ex- président .Iules (irévy. et le général Iloulanger à Bruxelles: M. Freppcl, l'évèque d'Angers. Le mondedes lettres, des sciences et des arts n'est pas moins éprouvé : le musicien Léo Delibes. les sculpteurs Aimé Millet et Chapu, les peintres Chaplin et Meissonier. le bon poète Banville, le romancier Octave Feuillet, l'ingénieur Alphand à qui l'aris doit ses jardins, sa voirie, son organisation administrative. Disparus aussi les comédiens aimés du publie. Marais. Thiron, Céline Mimtaland. La mode règne toujours en souveraine maîtresse à l'aris, souveraine jalouse de .-on sceptre,

i.e f»\ ulon i i: fi.oiie

IVuprc» une ancienne estampe.

is.l.liui:i.<|iit' National*.)

mais ses sujets ou mieux ses sujettes ne sont que trop souvent victimes de ses ruineuses exigences; et l'on peut voir, duns les salons d'un couturier célèbre, le tableau d'infamie où sont affichés les noms de grandes dames insolvables. Les... autres ne sont guère plus raisonnables : c'est partout la fureur de paraître, la soif effrénée du plaisir, le luxe à outrance. Les toilettes f?enre Directoire, bouton d'or, dentelle d'or, clou d'or, dans les dîners de grande cérémonie et même à l'Opéra, sont le net plus ultra du snobisme. En été, la tenue de plage, de tennis ou de bicyclette — la bicyclette qui a détrôné le vélocipède — est le triomphe de la note claire, le blanc à peine teinté de rose ou de mauve.

Déjà, toutes les mondanités avaient fait assaut d'élégance ou d'excentricité aux deux vernissages qui avaient animé, en 1891.1a rupture entre les artistes ollicielset les artistes indépendu nts .

Ceux-là étaient restés au Palais de l'Indiistiie où les maîtres Jules lireton (le l'union de Kergoat). .1 -P. Laurens {la Voûte d'àrier), Adrien Moreau. Debat-Ponsan.

ltochegrosseavec/« M»it île fiatt/hne et Benjamin Constant avec ses portraits, les sculpteurs Chapu et Itartholdi. avaient reçu la visite coutumière de leurs amis et de leurs admirateurs. Les indépendants, qui exposaient chacun au Champ-de-Marsautanl de toiles, de plâtres ou de marbres qu'ils voulaient, étaient groupés sous le num de Société nationale des Henni -Arts. Ils comptaient dans leurs rangs de hautes personnalités tcllcsque Puvis de Chavannes, Carulus Duran, Dubufc, Molle, (îerveix, Duez. Madeleine Lemairc. Dalou et Itéraud dont le Christ, pour ainsi dire modernisé, fit une telle sensation.

Le mouvement littéraire met surtout en évidence, à coté de romanciers 1res goûtés, tels que la spirituelle (iyp, le pittoresque Theuriel et le féministe Bourgct, une école de jeunes écrivains, psychologues rallinés, ironistes puissant*, stylistes précieux : j'ai nommé Maurice Barrés Je Jardin de llrriuurf

kV\ AWTS fb»m:

Médaille gravée par M.uimilicn Hocnueois — offerte en récompense aux Sociétés artistiques, parle ministère des Beaux-Atls.

■ M «»..••• du Luxembourg.)

les Adam, les Marcel Prévost, les Rosny. Edmond de (ioncourt continue son Journal si curieusement documenté, et M. Lavisse ses études sur la formation artificielle de la Prusse par la Jeunesse du Grand Frédéric. Le duc de Broglie publie les Mémoires de Tattêurand dont l'authenticité est ardemment contestée ; et MM. Vacquerie et Meurice donnent un poème philosophique de Victor Hugo, Dieu. La littérature militaire est représentée par le Journal du canonnier Hricard, qu'édite consciencieusement M. Lorédan Larchey, et par les Mémoires de Marhvt, dus, paratt-il, à une illustre plume.

Le théâtre est moins florissant. Toutefois, à la (Comédie-Française, la touchante légende de Grisélidis. racontée par MM. Armand Silvestre et Morand; la brillante adaptation shakespearienne de la Mégère apprivoisée et les Fourberies de ijiin, interprétées parles trois Coquelin, obtiennent un vif et légitime succès. Le drame lyrique Mm, on. de M. Massenet, ne reçoit pas un accueil moins enthousiaste à l'Opéra - Comique, qui, dès les premiers jours de l'année, avait lélé dignement le centenaire d'Herold.

D'autres événements, faits divers, inaugurations ou cérémonies, s'étaient partagé, dans le courant de l'année, les faveurs de la curiosité parisienne : l'ouverture de la Bourse du travail. Pauvre des ambulances urbaines, la grève heureuse des employés d'omnibus et la irrève, sans succès, des employés de chemin de fer ; la catastrophe effroyable de Saint-Mandé, la consécration de l'église du Sacré-* iœur à Montmartre, enfin l'inauguration du monument de liambetta aux JardieS, dû aux souscriptions «les Alsaciens-Lorrains, témoignage de reconnaissance et symbole d'espoir.

Année de petits événemcnls. en résumé1, dont chacun fixe un moment l'attention mais dont aucun ne trouble la sérénité du ciel parisien. De menues préoccupations, des peines d'un quart d'heure, des enthousiasmes de vingt secondes, tout compte fait, un bilan qui se solde en calme.

Paul d'F.stiiëe.

'Ex

CLIMUlK l>E LA FACULTÉ IJE MÉDECINE

Rue de l'Hcule-de-Médei ine.

Diprii une «ocienne «liitipc. — (Collection G. Htrlnuno.)

LES ÉCHOS DE PARIS

WiTTK GCII.ntllT

Chanteuse,

([Ji|>rèt une ptn.'logr*|<hi<: <le M. C»m-«.i

L'Emprunt.

(10 janvier)

A Paris, un emprunt est toujours un ('•vouement populaire, et si le froid a un peu arrêté, hier soir, le mouvement ordinaire des veilles d émissions, il ne s'en est pas moins produit, sur divers points de Paris, nn certain nombre de petits faits caractéristiques et intéressants a rapporter.

Dés neuf heures et demie, quelques enrages, les uns couverts de plusieurs paletots, les autres enveloppés dans des couvertures de vovage, ont commencé a se grouper auprès de la principale entrée du ministère des finances, celle que franchiront aujourd hui les souscripteurs de plus de l..'i<K) francs de rente.

Ils ne se dissimulaient pas, d'ailleurs, qu'ils n'étaient nullement capitalistes, et que leur unique préoccupation était de vendra à bon prix, le malin venu, la place qu'ils auraient gagnée la nuit au prix d'engelures et île rhumes.

A la seconde entrée également, celle des petites souscriptions, stationnaient à onze heures et demie trois de ces ingénieux commerçants,

Les sentinelles d'infanterie, qu'on relève d'heure en heure en ce moment, en raison du froid, ne pouvaient sein pécher de sourire en passant devant

l'A RIS DE 1800 A 1900.

HKPART l»E L KCHASstKll SYLVAIN LohNOS

Se rendant de la place do la Concorde ii Moscou.

Dntia d'aprti nttura. — (Uitiliothèi|ua Nationale, |

ceti gens. <|ui inonlnient In garde volontairement, el qui commençaient déjA. au bout d'une demiheure de station, a bnllre désespérément la semelle, el a trouver que c'était joliment dur.

A l'Ilotcl-dc-N ille. un seul individu, coiffé d'une casquette, est installé, dés onze heures du soir, devunt In grille de la recette municipale» nie de Itivoli. Noire homme s'est bravement assis sur le trottoir : A eùli de lui est un petit brasero. Nous interrogeons ce souscripteur en avance.

— Vous venez pour l'emprunt?

— Parbleu, est-ce que je serais là snns r ca?

— Est-ce pour voire compte ou pour garder une pince ï

— Voyons, mon petit pére (jîrj, est-ce que j'ai une tète de capitaliste ?

— Ou ne sait jamais... Alors, vous espérez revendre votre tour demain * J'ai bien peur que vous perdiez votie temps, car on dit qu'on ne donne de numéros qu'aux personnes qui montrent leur argent

— Ta, ta, ta, je vous vois venir. Tout ce que vous me dites là, c'est pour prendre ma place.

Impossible de le faire démordre de In.

et e'e>t seulement en nous voyait! nous éloigner que l'homme au brasero s'est rassuré.

Dans les mairies du centre, rue de la

Manque, rue d'Anjou, rue l'r i . aucun

inouscment, pour ainsi dire : la physionomie est celle de tous les jours, et les concierges dorment tranquilles.

Par contre, dans les arrondissements excentriques, c'est un va-et-vient continuel de souscripteurs qui viennent demander des renseignements aux concierges toujours sur pied, qui ont A refuser les offres les plus saugrenues.

Au dix-septième arrondissement, par

exemple, un grand nombre de citoyens voulaient contraindre laconcierge, moyennant rétribution, à prendre leur argent, et a les représenter le malin aux guichets.

Au dixième arrondissement, un souscripteur voulait absolument [tasser la nuit dans la loge et n'hésitait pas a offrir vingt francs dans ce but ; le concierge a eu toutes les peines du monde à se débarrasser de ce souscripteur... d'emprunt.

Aucun mouvement duns les grandes banques, ni A la Manque de France, ni au (àédit lyonnais, ni à la Société générale.

Les clients de ces établissements, habitués aux opérations linancières. se réservent évidemment pour ce malin, et ont trouvé que ce qu'il y avait de mieux A faire, c'était de rester chez eux, à l'abri du froid.

Une de Rivoli, lorsque les portes sont ouvertes, a neuf heures du matin, cent quatre-vingt personnes seulement stationnaient du coté réservé aux souscriptions inférieures A quinze cents francs. Quant aux gros souscripteurs, ils ont pu entrer sans avoir a attendre ; a midi, cent vingt A peine s'étaient présentés.

A l'intérieur, lu physionomie des caisses était celle des échéances ordinaires, et les agents qui étaient venus renforcer le service d'ordre n'ont pas eu grand'peine A accomplir leur mission.

En résumé, les emidovés des grandes banques

LE . * > . \ AST Dl GRA.VU PRIX DE PARI» K.N 1891

Clamait, monte par Toi Lane.

' ol> cli-'Q lu*. ut!-/....iiyf* jmp t \

n'ont pas été bousculés plus que d'ordinaire ; cl les guicbels dé l'emprunl ont éle Termes partout vers quatre heures.

La Manque de l'ranee ne recevait pas les souscriptions, mais c'est peut-être à ses caisses «pie l'emprunt a iJonné le plus île travail. Pendant toute la semaine, en effet, «le nombreuses personnes sont venues demander de l'arpent contre des depdtl de titres, dans le but de prendre part à la souscription.

Les sommes ainsi prêtées par la Banque sont certainement supérieures au montant de l'emprunt de Xt>y millions.

Les résultatsdc l'émission n'ont été connus au ministère des finances qu'a minuit. L'emprunt a été couvert seize fois cl demie ; ou demandait 86!) millions, le public a donné 14 milliards 600 millions Le capital de garantie exigé était de I il millions ; 2 milliards 340 millions oui été versés au Trésor public dans la journée d'hier.

L'officier de cosaques Winter à Paris.

(19 janvier.)

MWixtkii a touché hier au but de son long voyage. L'intrépide marcheur est • entré dans Paris à onze heures et demie du matin, par la porte d'Allemagne.

Quelques compatriotes et un certain nombre de journalistes étaient venus pour attendre Kofllcior russe sur la roule de Bondv. pour lui souhaiter la bienvenue.

Arrive samedi, à sept heures du soir, à Bondv. Winler, encore tout heureux d'une chaleureuse réception qui venait de luiélre faite à Meaux, par les olliciers du «'dragons, recevait, quelques instants après, à l'hnTel de la tiare, où il était descendu, la visite de nombreux curieux, qui, instruits de son arrivée, venaient lui demander de leur faire le récit de son voyage. Ce qu'il lit, du reste, d'assez bonne grâce.

Hier matin, a dix heures un quart, après avoir déjeuné, l'officier de cosaques quittait Itondvpnur se diriger sur Paris et terminer enlin sa dernière étape : six kilomètres environ.

Contrairement a l'intention qu'il avait eue tout d'abord. M. W inter, désireux de se soustraire à toute manifestation, n'avait pas donné suite a son idée de revêtir son uniforme de lieutenant : il avait même prié quelques amis trop zélés de renoncer à l'accompagner dans sa dernière démarche.

A son arrivée à la barrière, quelques cris de : • Vive la Itussie ! » se sont fait entendre. .M Winter, visiblement touché de cette svmpathic, n répondu en saluant II a ensuite continué son vovage par la rue d'Allemagne, accompagné île ses compatriotes et de quelques amis chez lesquels il devait descendre.

Lorsque le vovageur eut franchi la barrière et qu'on lui cul fait comprendre qu'il était dans l'intérieur de Paris, il se découvrit, puis cria : • Vive Paris ! » et lira sa montre, pour constater l'heure exacte de son arrivée.

PAdIS «CI CRIE. — OHÉ î LES COURSES Dcsain de l'irn-r Vii>m . — ( bibliothèque Ntlionile.)

Disons, pour terminer, que deux officiers du 8e dragons ont proposé ïi M . Winler de le rejoindre au Monténégro et de l'necoinpagtier, à chevnl, jusqu'à Saint-Pétersbourg.

PARIS OW CMC — L'aDOYEI'R I>E VOlTL'HtS Dcstlo de l ierre t°mK. — (Bibliothèque MaliooaK'.)

THKATIIF. I)B l.'ni'KHA. — Lf Mllgt.

Décor du 2* nctc, t tableau. — D'après la manuelle originale.

(Bibliothèque .le I 0|><rn.)

Le Mwje. — zahastba • près U maquette du < ut lu me.

lUiblialhèque de l'Upén.j

« Thermidor »

à la Comédie- Française.

(26 janvier.)

Il est rare qu'une picce «le M. Victorien Sardou passe sans exciter des revendications. Elles sont parfois bru vu n tes, pas toujours jiistiliées. il faut le dire.

Tel est. du moins, le cas de Thermidor, qui n soulevé, hier, la réprobation d'une centaine de personnes, venues évidemment pour réprourer. les sifflets en main, comme des gens dont l'opinion est faite d'avance.

Au cours de l'aprèsmidi, dans les milieux politiques, on avait an-

/■' Mllljt. — \ A II Khi n

DAprii U maquette du totlunie.

Illl.liolhi . tu. Je l'Opéra.»

THKATHK H E LOl'KHA. — L ttk I II.

Décor du f acte. — h'aprés la maquette originale, dessinée par Amahle et Oohdy.

nuncé cette manifestation, toute j»oliti«i tie, en effet, car les procédés dramatiques de M. Sardou et la littérature no jouaient qu'un rôle secondaire

Le Mage. — amaoo

V'tftit U maquette du cottuine.

(Bibliothèque d. 1 Opéri.j

;l3ibliothrque d« l'Opéra.)

dans cette manifestation : c'est contrej les « tendances réactionnaires de \\ pièce •, contre sa représentation sur un théâtre subventionné par le gouvernement de la Itèpuhlique, qu'il s'agissait de prolester.

M. Sardou a-t-il eu l'intention qu'on lui prête de médire de la ((évolution française ?

Nous ne le croyons pas.

Son drame n'a d'historique que le milieu dans lequel il se déroule, et aucun des grands personnages de la dévolution n'y parait.

Quoi qu'il en soit, on voulait protester et on s'en est atquitté avec autant d'énergie que jadis ù liabagascl Daniel Hochai, du même auteur.

C'est vers le milieu du premier acte que le

tapage a commencé, pendant la tirade où Labussiérc (M. Coquelinj ênumére les crimes, délits ou prétextes qui entraînaient la peine

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