‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 274 sur 441 · I.ohengrhi. — m. van &YCI Kùlc de LciiENtini.N · texte numérisé non relu

I.ohengrhi. — m. van &YCI Kùlc de LciiENtini.N

(l'.iprci un* photographie, j Hibliolhcquc de l'Opéra )

Lohengrin. — ncnExs (Hôic d'Ei.»*)

D'tprit une photographie.

(BiljUotli.que de lOpéro.

do mort devant le tribunal révolutionnaire.

Ln « Oh! assez! • parti des secondes loges a interrompu l'éminenl artiste, qui, sans se laisser troubler, poursuivait sa période, lorsque les sifflets ont commencé à retentir. Et quels sifflets ! non pas les • «-but ' • timides ou les murmures, qui sont, d'ordinaire, les seules marques de réprobation qu'on entende parfois en la Maison de Molière.

De vrai* sifflets, des sifflets a roulettes, des sifflets ib- reunion électorale l.avoixdcM Coquelin n'a pu le* dominer: force lui a été de s'arrêter.

(|tililiotli,i|u« de l'op ri )

A cette manifestation hostile a répondu une salve d'applaudissements partie du parterre : les spectateurs des fauteuils d'orchestre, debout, le dos tourné au théâtre, ont regardé un instant cette t scène dans la salle » jusqu'au moment où, à la faveur d'un calme relatif. M. Coquelin a pu reprendre sa tirade.

Le silence s'est fait, pas pour longtemps.

l ue réplique de M. Marais : < Mais c'est la pire des tyrannies, la tyrannie de la canaille ! > n soulevé de nouveau la tempête. Ou ne se contente plus de siffler la pièce, on apostrophe l'artiste, on lui cric : « Va donc jouer Michel Stroyoff .' 1 Le tumulte se prolonge plus que la première fois : manifestants et contre-manifestants font rage, coups de sifflets et applaudissements vont crescendo .

Les spectateurs venus uniquement pour Thermidor commencent à la trouver mauvaise el

Loktntfrin, — m. henacd (Macuice) D'april une photographia.

Ii. mm! ii. \a de l'Opère.)

réclament ù grands cris l'intervention d'un commissaire de police, pour faire taire les perturbateurs.

On voit apparaître, aux troisièmes galeries, des uniformes de gardes municipaux ; un ou deux siffleurs sont expulsés, et le premier acte s'achève sans autre incident. Le rideau baissé, nouveaux billlcts, nouveaux applaudissements. Pendant l'entracte, on commente vivement dans les couloirs cette manifestation ; elle est fort désapprou: vée en général, quelque opinion qu'on ait sur la pièce.

Les siffleurs expulsés, amenés au poste, ont décliné leur nom ; la plupart d'entre eux ont déclaré qu'ils étaient venus uniquement pour siffler. Le procès-verbal dressé, ils uni été conduits hors du théâtre.

Aucun bruit pendant le second acte, sauf A la

taheégrtu.

Maquette du costume

- H.Me du Roi

(ltll.liolln-.iui- de l'Op*™-)

l.ohengrin — Rôle «la Fni:r>ÉHic Maquette du coilume. — 4UibUolht>quo de l'Opéra.)

chute du rideau, où on siffle et applaudilde nouveau.

Pendant le troisième iu le, enrevanche.reprise du < boucan • . et plus forti)iiejaniais.

Au pnrterrc.

des spectateurs échangent des colloques tifs et même des coups de poing.

M. Lissageraj qui. avec quelques amis, occupe une avant-scène du troisième étage, est un des plus acharnés manifestants ; penché hors de su luge, il si 111e et apostrophe tour à tour les artistes et le publie Ln sifflet est lancé sur la scéue.

M. Coquelin le ramasse et le met dan> sa poche. EnGn, nouvelle inlerven-

niCHARD WAi.NEU

D'épris uno photographie. — (Collection de /'.l<7.>

tion de la maréchaussée, qui expulse M Lissagaraj et ses amis.

Celle expulsion ne va pas sans quelque lapnge dans les couloirs. Les hruils de voix arrivent jusque dans la salle. Le troisième acte linit cependant sansmanifesta tion notable.

Pendant le quatrième, les manifestants semblent un peu calmés et la représentation marche sans entraves presque jusqu'au bout Au moment où Fabienne (Mlle UurtcU sort de scène et dit à Lahusstérc :

♦ Merci de eeque vous avez fait pour moi ! »

— 11 n'y a vraiment pas de quoi, crie

(i IRA X DO LES 1.0 IU5 XV

Enfants marbre et bronze doré. — Par H. R<izkt. h iprts lu broD/t'f de I* m tison TJiiéhtuI frères.)

une voix. C'est le signa! de nouveaux sifflets, moins nourris cependant et plus vite étouffés que les précédents.

A la tin de la pièce, le rideau tombé, nouvelles protestations contre les bravos qui rappellent les artistes, nouveaux bravos pour protester contre les silllets.

Au dehors, des groupes assez nombreux crient : « A bas Sardou ! A bas « laretie ! A bas les réactionnaires 1 » Quelques coups «le poing sont encore échangés: des agents dispersent les manifestants et Ih circulation, grâce au va-et-vient des voitures et des omnibus, ne larde pas à se rétablir un peu après minuit.

L'Exécution d'Eyraud.

(3 février.)

» deux heures et f\ demie du ma- -tii Un, le service d'ordre est organisé; des gardiens de la paix forment les barrages destinés à maintenir la foule.

Aux environs de la place «le la Itoquettc, peu de curieux: mais, dan* leseabarets restés ouverts, beaucoup de clients, hommes et femmes, qui passeront In nuit pour assister de loin àl'cxt'culion d'Kyraud.

L'AgticuUurt, par a. laovsï

(D'aprta un broaie dt I > iruisun Thilbaul )

La nuit est froide: un brouillard épais s'accroche aux arbres de la place, mouille les pavés, estampe la silhouette noire de la prison.

In peu avant cinq heures, on voit déboucher de la rue «le la Folie-Regnault les deux fourgons contenant les bois de justice. Les aides du bourreau procèdent au montage de la guillotine. Une lanterne à la main, Iteibler surveille le travail.

Le panier destiné à recevoir le corps du supplicié est placé près de l'échafaud. A six heures et demie, le travail est terminé. Le bourreau s'assure que le couperet glisse bien dans les rainures de cuivre; il le fait descendre et remonter plusieurs fois, — opération classi«|uc.

Au delà des barrages, la foule a augmenté; on entend des clameurs, des chants. Mans l'enceinte réservée, le lieutenant Winter. le marcheur venu de Russie a L'aria, à pied, se tient nu premier rang

A six heures el demie, M. lteauquesne, directeur de la prison, accompagné du juge d'instruction et de son greffier, «lu chef de la Sûreté, de ses secrétaires et de l'abbé Faure, se dirige vers la cellule d'Eyraud. Lu gardien en ouvre la porte. Le condamnées) allongé sur suit lit: il semble dormir : cependant, au bruit produit par la lour«le porte qui grinre. il se met sursoit séant et regarde ceux l/lnduttnt. par a. laoust qui viennent «l'entrer. ;llroiuejr „ Mtii01I TBMhaat)

Les traits rlu misérable se contractent; pendant quelques secondes il ne peut parler. Il finit par répondre :

— Dites-leur que je leur demande purdon ; que je les prie de a'aimer toujours, de ne pas se quitter.

Les aides du bourreau s'approchent «lu condamné. Ils lui entravent les jambes « l'aide d'une corde qui ne lui permettra que de faire de tout petits pns. Ils lui attarlienl les mains derrière le dos et le tout asseoir sur un escabeau île bois; puis le bourreau «'chancre le col de la chemise d'Evraml. Pendant cette opération, le condamné est tout à coup pris «l'un accès de fureur, et, chose assez bizarre, c'est au minutée de l'intérieur qu'il s'en prend, on ne sait pas pourquoi ; il s'écrie :

— Constans doit être à son affaire. Il va pouvoir décorer Cabrhdle Bompard(7?? .

Le misérable a une sorte de ricanement. Puis il retombe dans son mutisme. La dernière toilette est terminée.

11 est sept heures dix-huit minutes quand le condamné sort de la prison, soutenu par les aides du bourreau. Sur la pince, tout le monde se découvre Tous les veux sont braqués sur Hvraud 11 est livide. Son crâne est presque complètement chauve; sa tèle est sinistre â voir. Comme le «lit très bien quelqu'un, elle fait FotsftKS D'iris acier avec *rru<iuBs en imbxI l'impression «l'une tète «le clown funèbre.

Exécutée par Brateau, commandée pour lo duc || n'v a pas de meilleure façon «le la dé-

d'Orléans, à la maison Fauré-Lo Page. peindre, en dépit de la tristesse du lieu.

iDeprè» oor photographie éê le manon reurt-î.e Paire.»

Le directeur «le la prison prend la parole.

— Kjraud, «lit M. Bcauquesne, votre recours en grâce est rejeté; le jour de l'expiation est venu, avvez du courage.

Eyraud reste un instant atterré. Ses lèvres blèmies s'agitent convulsivement, ses yeux ont une expression égarée.

Enfin, il fait un en*«>rt, et d'une voix rauque. à peine intelligible, il murmure :

— C'est bien, j'en aurai.

Il se lève, s'habille en grommelant «les paroles ronfuseseten repoussant l'aide «les gardiens.

On le conduit & l'avaut-grelTe où le bourreau va procéder à la toilette. L'abbé Faurc offre au «•oinlanmé les consolations de In religion : Eyraud ne l'écoute pas.

Il se détourne d'un mouvement brusque. On lui demande s'il délire quelque chose.

— Rien, répon«l-il d'une voix rauque.

— .V&vez-vous rien ù faire dire ivoire femme et à votre fille?

I1' i pré» une photographie de la mai ion Fauré-Lc Page.)

PARIS Dl- «800 A 1900.

LB9 IIOl'I.KYAHllS. — IK THE \TtlE HCJUM

P'nprri une c iii-forti «le Marliul l'onif.vutr. <li>llerlion V. Pmrfé.J

LE* DOl'LEV.\BDS. — t.* LIBn.UME fti>CVELl.E |)'apr<» une uu-forle da Martial P.mimow (Collection V. Proulc.)

Sit (otvv physique, qui n mil tlù être ernnde. l'abandonnait. Il n'on avait eu que pour assassui-combait sous la tern-ur moral.-: l'homme siner.

vipoureui. robuste, n'clail plut qu'une inis<-

II hésite un moment en vovnn! la foule qui va

rable loque, maintenant que louic son énergie M.ro témoin de l'expiation suprême

Lis MVLBV.MM. — LE THE \ r h i m: w n Micmis I) »|>r«' « une e.iu-tort <le Marti.! I'uihiium (CoIIccUod V. l'roul« l

LES H»DLEV«HDS. — LE CAFÉ Ht MB II l>a|r>i une eau-forte <!• Martial l'uimaHiM. i' U'Ction V. l'rciult

Sur ses épaules est jeté un veston île couleur sombre Kvraud lance à ilroite et à gauche îles regards «le colère. Puis, au moment où il arrive devant l'échafaud, l'assassin «le Couffé trouve une phrase théâtrale qui est bien, comme on ilit, ilans le caractère du bonhomme. Il s'écrie d'une voix stridente:

— Conslans est un assassin! Il est plus assassin que moi, Conslnns! •

Le bourreau te jette sur la planche qui bascule

MHtfcXOfl ET IIAICIS RECEVANT LES DIEUX A LE Cil TA III. E

Prix de Rome de 18'.M. — Grand prii do peinture — Tableau de M. Lavau.it,

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