‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 311 sur 441 · FONTAINE · texte numérisé non relu

FONTAINE

Monument e>igtf au Rtt.eUgh. — Oi ;mi itm ., sculpteur JucnDAiT, trchilaclc. (0'tprci une phoW.iphie.

kEM»ANT la journée, peu de monde aux abords de l'hôtel où siège le 1" conseil de guerre. Mais vers quatre heures et demie, une foule se forme qui va s'augmenlant sans cesse, et a cinq heures la circulation esl totalement interrompue à cet endroit de la rue du Cherche-Midi.

C'est alors que M. Caillot, chef de la police cordon d'agents d'un côté à hauteur de la rue municipale, secondé par M. Kcbeury, commissaire d'Assas, de l'autre à l'entrée de la rue Dupin.

divisionnaire, el deux ofliciers de paix, lait dcga- A six heures, un peloton de gardes municipaux gcr la place, el la foule est maintenue par un vient se placer rue du Itegard liientot, M. Lépine,

PARIS SOUS LA TKOlSIËMb HKi'UULigUE 481

décor ne TfatU \i' acte, \" lublcau).

D'après la maquette originale do Jambon. — (Bibliothèque de l'Opéra.)

victom KAVMBti de l'Académie de musique,

dans If rôle de Hamlel.

Vf tin «I* Wildos. — CoUfClion d« lArl.)

préfet de police, arriva, et «près avoir examiné te servire d'ordre établi, rcmonlc m voilure.

Beaucoup de monde aux fenêtres ainsi que fiiez tous les débitants. A six heures el demie on laisse une centaine de personnes pénétrer dans la salle d'audience, el celles qui se précipitaient à leur suite sont vivement refoulées

Il est cinq heures lorsque, après de vive» répliques du ministère public et de la défense, les membres du Conseil entrent dans la salle de leurs délibérations. Les rédacteurs judiciaires massés sur le trottoir de la rue du Cherche-Midi attendent à la porte du Conseil de guerre qu'on veuille bien les laisser entrer

Knfin, vers six heures, lorsqu'ils ont été suMisnmment rafraîchis par In pluie qui tombe à lorrenls, des ordres sonl donnés pour que les portes rie la Balle d'audience leur soient ouvertes L'ue heure se passe dans l'attente.

Les places restées libres ont été vivement occupées par des témoins et par le personnel du Conseil île guerre et de la prison militaire.

Le capitaine DrcvfUH, dés la suspension d'audience, a été. toujours accompagné du lieutenant de la garde républicaine chargé de veiller sur sa personne, conduit dans le petit local où d ordinaire les accusés attendent le moment d'entendre la lecture du jugement qui les concerne Au bout de vingt à trente minutes, il a été amené a l'iii- II nue rie.

Sept heures sonnent. Une voix commande :

l'A III S DE 1800 A 1900.

boliMti-HtHjktckt. MUMM ut unank NUS ci: PAM1 en |y.<» Monté par DoutiE.

(Collection .iuUuit-LoHfckamfi.)

— Portez armes! Présentez armes!

Les garde* républicains de service présentent les armes Le Conseil «le guerre effectue son entrée I ii silence de mort plane sur l'assistance.

Les sept olliciers qui viennent «le délibérer sont graves, impassibles, comme il convient à «les justiciers Tousres- ' lent «lebout Le colonel Maurel.

président du Conseil . porte la main a son képi ; les autres juges eu font autant

(l'une voix vibrante, qui sonne comme un clairou. le président donne lecture du jugement Lu voici le lexte in extenso:

Au uoiii du peuple français,

Ccjourd'liui. 22 dé«embre 18'J4. le I ' Conseil de guerre du gouvernement niililairo Je l'aris, délibérant A huis clos. le président a posé li question suivaule. « L'accuse Dreyfus «Alfred), cupilaiue breveté du 14' rëgÙMnt d'artillerie, stagiaire a l'élat-major général de l'année, util . oupablo d'avoir, eu isai. prati- «jué des machination* ou entretenu des intelligences avec uni- puissance étrangère ou s t.- s ageuts. et leur avoir livré des documents inléressaut la défense nationale et pouvant auieuer une nuerre avec U France ou leur au procurvr le> uioyeus-' • Les voix recueillies séparétueat, en coinnc néant |>ar le grade inférieur, le président ayant émis sou opinion le dernier, le Conseil de KU.-rrw. ■» , ,■*>» •>«,•• itt ruu. déclare f accuse coupable.

Sur quoi, et attendu les conclusion» pria«-s par le commissaire du KOUvvrat'OMNiidattS »«s reqiii-iiious.

la président a lu le U».\to de la lm et a reeusilli de nouveau le» Vota, dans la forint- indiquée cindeeeus, poui l'application de la p< me.

En eonséquence, le Conseil, à riinanimiiV Jet voix, condamne le nomme Dreyfus (Alfred) à la déportation dans une eneeinte fortiflét et à ta dégradation militaire.

l'a des assistants pousse ce cri:

— Vive la pairie t

Le président continue :

Et ce. conformément aux article* 7G du Code pénal. 5 de la Constitution de 1848, t" de la loi du 8 juin 1850. et aux articles 189 et 267 du Code de justice militaire.

Ordonne au commissaire du gouvernement «le faire immédialement éva«'uer la salle, de faire amener le comlamné et de lui faire donner lecture du jugement par le greffier, en sa présence et devant la garde assemblée Le commissaire du gouvernement devra avertir le condamné que la loi lui accorde vingtquatre heures pour exercer son recours devant le Conseil assemblé.

Le Conseil a condamné le capitaine à la peine qu'il a jugée la plus forte, selon son interprétalion des termes et «le l'esprit de la loi

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