‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 310 sur 441 · VOLTAIRE · texte numérisé non relu

VOLTAIRE

Statue crige* *quare .Vonge.

Il,'pro>lucUon «V I* «lalue oV Hurt,oi.

(D'aprtt une photographie

l'A III S HK I8UU A J900.

J.es tnm- ^ hours rou- N lent, le prenne r coup de canon, tiré sur In berge Seine, en face des lides. rompt de son irarus le religieux silence.

I.egénèral Saussier. comm&ai les troupes, se place i la grille Il salue de l'épée celui ijui fut son ami, d'un geste noble, niais si triste, qu'il émeut tout monde.

Après un escadron a cbcval de lu garde républicaine, une brigade d'infanterie et un premier détachement de l'École polytechnique, huit chars funèbres à quatre chevaux, chargée de couronnes, se mettent en mute Puis vient le gënërul Saussier. suivi de son état-major.

Le premier régiment du génie forme la haie. Le char est entouré «l'une double haie de poly techniciens, l'èpcenue, qui rendent ainsi à leur illustre ancien les honneurs auxquels son rang et ses vertus lui donnent droit Cinq capitaines portent ensuite les coussins sur lesquels reposent les décorations du défunt; le premier de ces coussins porte le grand cordon de la Légion d'honneur. Lui seul est nu grand jour, les autres décorations sont revêtues d'un crêpe.

Tout le long du parcours, la troupe forme la haie Après le génie, l'infanterie alterne avec la cavalerie. Sur la place de la Concorde, c'est l'artillerie qui rend les honneurs.

Sur les toits «les maisons, sur les balcons, sur les corniches du premier et du second étage, de véritables grappes humaines sont suspendues, pendant que derrière les croupes des chevaux ou les sacs des fantassins s'écrasent «les masses de curieux.

Et toute cette foule est calme et recueillie t

Sur la place de la Concorde, des échelles sont dressées de tous côtés; des camions supportent des pelotons de curieux, «les tapissières

ont leur> toitures recouve r l e s ■l'homme:- et «le fcmmcv

ê- A midi précis, le char funèbre arrive «levuut lHoleWe-Ville.

La place est encadrée par le 28r dragons et les troupes des 4' et 131' de ligne

Au moment où le char s'ar rète devant ril«">lel-Je-Villc. un incident se produit : l'un des chevaux attelés a l'un des chars qui portent les couronnes, effrayé par le bruit des musiques, s'emporte <>n dételle l'animal et on remmène

Au même moment, plusieurs personnes, hommes et femmes, frappées d'insolation, sont emportées sur «les civières et conduites a l'HAtcl-dc-Ville, où un poste il'ambulnnciers est établi.

Après quelques minutes d'arrêt, le cortège se remet en marche pour Notre-Dame

L hotei.-oe-vim.i; La Salle des Fêtes.

La Bretagne Par r.iiRMANN.

Il'aprt» une plmtûgrapliir)

MUS llE IIELFOHT

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Monunii'iit crifé pl»e nenferl-tWIierrui — Ri-'liielion mo-uuL-nt sculpte par OantHuLi». — (D'apri'i une photographie.)

Ile Notre-Dame au Panthéon, le cortège reprend sa marche lente, dans le même ordre qu'il a observé jusque-là- La sortie de la cathédrale n'a pu s'effectuer qu'en une demi-heure Tout le long du boulevard Saint-Michel, la foule compacte, retenue par un cordon de sapeurspompiers, garde la plus respectueuse attitude sur le passage du corps du président Sadi Carnot.

Eu arrivant à la rue Soufflot. le cortège trouve les abords du Panthéon absolument dégagés,

la foule ayant été refoulée dans les rues adjucentes La décoration intérieure du monument est très imprev sîoonanle par sa simplicité.

Seul, sous la coupole, se dresse un catafah|ue de six métrés de haut, sous lequel est porté le cercueil. Des brulcpaiTums, des candélabres et «les lampadaires entourent le sarcophage, que surmonte un dais de drap noir.

i* a n i s sous la rnoisir.MK nKiTni.iou:

AUVERGNt

étui lo d'ar gcnl. Le restcdn m»nainent est sans tentures, et le public qui s'j presse iwbout, Devant cueil. du côté droit, se trouve une petite tribune tendue «le noir, où les orateurs prononceront leurs discours

A la lin des discours, les assistants forment la haie et le cercueil est porté sous le porche du PantbéOD.

Alors commence le défilé des troupesdevant lecercueil; les trompettes ^ sont voilées de crêpe et les sons étouffés ' des musiques militaires font une impression profonde. Sur le trottoir, le général de (ïalilTet, seul et très en vue. assiste au défilé des troupes t!e défilé ne dure pas moins d'une heure et demie, sons un soleil de plomh Après quoi paraissent les délégations des départements et île l'étranger avec leurs couronnes. Le cercueil de Carnot sera descendu dans la crypte où se trouvent ceux de Victor Hugo et de Jean- Jacques Rousseau

l'hotel-he-viile La Salle des Fêtes.

h' Auvergne Par Ehrmanv (U'nprtt une photographie)

Un vol de 250,000 francs

Un vol important, entouré encore du plus profond mystère, a été découvert hier malin, 29 juillet, ù la gare Saint-Lazare. La veille au soir était arrivé du Havre un t raiu portant un chargement important d'or. Dans un fourgon spécial, soigneusement cadenassé et scellé, se trouvaient quarante fûts venant d'Amérique contenant chacun 250,000 francs en dollars.

Hier matin, les employés de la gare de l'Ouest ouvrirent le fourgon et, avant de prendre possession du chargement, en vérifièrent le contenu.

Ils constatèrent qu'il m a n qu a i I nu harild'or n'y en avait que trenteneuf au lieu de quauite que portait la feuille d'expédition.

On prévint le commissaire spécial, de la gare et les employés supérieurs Des constatations furent faites qui n'ont pas abouti Le wagon était intact, les endenns étaient tous fermés, les scellés intacts Il faut donc que le vol ait eut lieu pendant le trajet du Havre a Paris cl que le malfaiteur, qui avait du temps devant lui. ait remis les scellés Le tonneau contenant les 250,000 francs a pu être jeté sur la voie pendant la marche du train.

Une autre hvpothèse. — car rien de certain n'a encore été découvert, — c'est que le vol a pu être commis au moment du chargement des fûts au Havre.

Le service de la sûreté a été avisé cl des recherches ont été faites de divers Côtés. A Paris, des agents se sont rendus chez des marchands d'or afin de savoir s'ils avaient fail des achats de monnaie américaine.

Jusqu'à présent les recherches sont restées sans résultat.

Condamnation du capitaine Dreyfus.

(22 décembre.)

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