‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 325 sur 441 · U.>AÏ · texte numérisé non relu

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T II KATKE DE I.OPKItA. — Ffiilrgoiuk

Décor du 4* acte, 1" et 2' tableaux. — D'après la maquette originale.

(l)ibllolh£qu« dr l'Opéra.)

que tout le monde puisse lihicment pénétrer là, il n'.v a, dés onze heures, que quelques dames agenouillées sur des prie-Dieu, et, vétuc du crêpe

«les veuves. Mme Alexandre Humas qui ré|iond a voix basse aux questions apitoyées d'un ami

Il est des paroles qui ne sont point faites pour être répelées, et l'intimité d'une douleur ne doit pas être violée.

l' ourlant, je songe que le grand homme qui vient de mourir n'était pas seulement aimé des siens, de sa famille, de se» intimes ; qu'il se trouve dans la Toule beaucoup r"a » d mconnusque

D.pr.» I. n»qw-lta dU c™iua.c. gl)|) œuvrc a gu

(BibtioU4(rK dr i'Op*fâ,j émouvoir à une

minute ignorée de lui ; je songe que l'affliction de ceux-là s'intéresse « tout ce qui l'approchait, peut connaître dans ses inlimes détails ce qu'un témoin ému a pu saisir danscL'lle dernière étape, de la maison au cimetière...

Mme Alexandre Dumas est assise; son visage est jeune dans sa pâleur et son immobilité; et, s'il n'a pas de larmes, le sentiment qu'il reflète n'en est que plus poignant, comme est poignante la désolation de ces ciels vides d'hiver, sans pluie, sans neige, sans espoir de soleil. Elle dit :

— Je n'ose plusrcgarder devant moi.

Je n'avais que lui sur terre... Comment ferai -je, ce soir, pour rentrer

Frédtgontlt. — Hôte do

FRlhtÉGONbE D'«pr<* 1» aiaqueMe du COliBnv*.

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h'rë.ii'tjonde. — biiuneiiili>c D'.iprri la maquette du costume.

rnUMbèqnâ de l'Opéra^

dans relie maison de Marljrf Celle maison me fait peur.

Que d'éloquence douloure use dans ce ■ je n'ose plus regarderdevatil moi »!

Il n'est pas de mots i|ui consolent de ces douleurs profondes.

« >n ne peut devant «-Iles que rester muet. Mme liumas s'est levée, svellc dans le crêpe qui l'habille, a rejoint, dans un salon proche, ses deux belles-filles, et le lieutenant d'Haoterive, en uniforme.

l'eu à peu, le monde arrive ; des gens souillent à la montée de l'escalier, s'arrèlent un instant au seuil de la chapelle

ardente, dont l'aspect de jar din demeure souriant dans le clignotement des cierges L'heure s'avance; les Qgures défilent eu si grand nombre, que le regard n'en peut reconnaître que quelques-unes, lies écrivains, des artistes : MM l.egouvc. Ludovic llalevy. Henry lloussave.

Jules Lemaitre.

(ïaston lloissier.

Claretie , Lockruv, Donnât, Porcl, «Hier, Ferdinand Fabre, Paul Hervieu, Jean Aicard, FernandXau.PauI Motmct. Wonns, Sylvain, «iuitry. Détaille . Gréait), Charles Garoier, Coppée, Marecl Prévost, «ieorgesohnct. Henri Lavcdan, Toudouze. Itené Maizeroy, Hoilinier, et combien d'autres ! Un grand vieillard demande :

— Ou est-elle, cette pauvre femme i

C'est M. Ambroise Thomas qui a tenu A venir.

Mme Jane Ha- «ling vient s'agenouiller sur le tapis, la tète dans ses gants blancs. Le monde se disperse dans les pièces «le l'a p parlement ou se recule dans l'antichambre. La chapelle ardente est livrée aux employés «les pompesfunébres. Les couronnes , les bouquets sont «lescendus;

Frédigondt, — «énowio

Daprce ta maquette do (OMon*.

(Bibliothèque de l'Opéra.)

éd. cor

Doyen do la Comédie-Française.

Ne en 18*2, H. but. à [. C«i„eUi«-.| ra»v«j*e ea 1 s>t*. -e relire le 11 janvier I89S.

Oexin de Riaon n'lixt»i h I' »pre» le airdeillon grarA par l'arliik. (Coll.iMioa de l'Art.)

les failles de palmier, les pétales de fleurs ion chenil esralier, où des mains pieuses TeVr" "»assem. Un petit bouquet, une simple ro e da"s un cornet de papier, hommage touchant el m-.desle, s'en va le dermer. Mors, pcu « peu, déde cette floraison qui " courrait, et comme brutalement dévêtu, e cercueil apparaît.

Toujours lugubre est l'impression de cette boite de chêne, dont le bois craque quand on la soulève. Le cercueil passe dans l'antichambre, où tout, le monde s'écorle, découvert. Ln maître «les cérémonies suit, portant sur un coussin de velours la plaque de grand oflirier de la Légion d'honneur.

Et c'est tout, Une voix appelle :

— Monsieur le représentant de M le Président de la Répuque française

Le capitaine de vaisseau ficrmincts avance, en gmndetenue.

\ iennent, après, le ministre de l'instruction publique: M. Henri

sou

PARIS UK 1800 A 1900.

le monde défile; et

LB GAGNANT HU «.tu M. PRIX DE PARIA EN 1895 Amirir, i»onléc par Bmls», — (Collrclion Autcuil-Lo«j<k>>mpi.

Itoujon, directeur des beaux-arts: les délégués du gouvernement : deux jeunes attachés de ministère; la délégation de l'Académie française. MM. Gaston Huissier et François Coppée; MM. Victorien Snrdou, pour la Société des auteurs dramatiques; Emile Zola, pour la Société des gens de lettres; Jules Claretie, pour la Comédie-Française; le commandant Hizard, pour le général Février. Kt suivent lei amis de la famille

En tins, précédé de chars portant des couronnes parmi lesquelles se remarquent celles de la Comédie-Française, du Vaudeville, du Gymnase, des théâtres parisiens, de la Société des auteurs, et celle du Journal, le corbillard se met en marche. Il est 1res simple, sans panaches, attelé de quatre chevaux. Ees cordons du poêle sont tenus , ù droite, par MM. Henri Houjon, Gaston Boimttr , Edouard Détaille cl Emile Zola; à gauche, par MM l'amiral Dupcrrè, Jules Claretie. Victorien Sardou et le commandant Hizard. Le deuil est conduit par MM. d llauterive de la Charlotterie et Lippmann.

C'est par l'avenue de Villiers et par les boulevards extérieurs, en passant devant la statue d'Alexandre Humas pére, que le cortège gagne le cimetière, salué par une foule respectueuse, et rejoint, sur le parcours, par MM Uourgeois, président du Conseil; Mesureur, ministre du commerce; Hrisson , président de la Chambre; Foincaré, Levgues , Honûlaux , anciens ministres.

Au cimetière, un caveau provisoire reçoit le corps. Devant

ce caveau , c'est fini

Alexandre Dumas repose désormais non loin d'une tombe où l'on peut voir gravées des Ileurs emblématiques et qui contient les restes de Marie Duplessis, celle qui fut « la Dame aux Camélias ».

El comme, un instant, je m'arrête devant cette tombe, un conservateur me dit :

— On ne l'y verra plus, maintenant! . Car il ne manquait pas d'y venir tous les ans, monsieur, tous les ans, y apporter des (leurs.

Il y a une formule banale qui se répète chaque fois que disparaît un de ceux dont la gloire fui de leur vivant comme un splendide rayonnement de soleil. On parle d'un grand ville laissé et qui ne se comblera pas «le si tôt. C'est un vide en effet dans les lettres et dans l'art dramatique, el il est certain que de longtemps la perte ne sera pas réparée. Dumas lut un de ces cerveaux que la nature ne crée pas deux fois.

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D'iprèi le Jturnal ttei Dtmeùtllri. — CMIrclion fi\,x Hoche.)

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