CANALISATION DES EAUX DE LA VANNE ET DE LA DKOU
Csrto dressée par A MetMtH. — (Collection Ch. Simond.)
l'A RI S DE 1800 A 1900.
les bureaux du quai, balaya comme une plume les butoirs placés à 25 métrés au moins de la façade, et la machine, dans un choc effroyable, vint s'enfoncer dans le mur, le démolissant, brisant l'énorme baie vitrée de droite, écrasant le balcon, venant s'effondrer enfin sur la place, devant le bureau des tramways... Elle resta là, le nez dans le sol, sur ses roues de devant, avec, audessus d'elle , le tender et le premier fourgon, formant, de biais, comme un formidable étai Le second fourgon, le wagon-poste cl les dix wagons de voyageurs plarcs après restèrent en haut, au bord du trou béant. .
On s'imagine sans peine, n'est-ce pas? l'épouvantable panique qu'il y eut tout de suite, aussi bien dans la gare que sur la place de Hennés A cette heure, les deux endroits sont, d'ailleurs, des plus fréquentés. Sur la place, le long de la façade, à roté du buffet de In gare, qui est lui-même situé sons 1rs deux larges haies vitrées faisant face à la rue de Hennés, se trouvent prèeisémcnt deux importantes têtes de lignes de tramways: Hastille-.Montparnasse. Montparnasse Étoile Puis, à cinq métrés en avant, toujours en longueur, de la rue de l'Arrivée a la rue de l'Ouest, est construit un refuge, très large, garni d'abris en 1er et sous lequel se trouve le bureau d'omnibus qui dessert en même temps que kl deux lignes dont nous venons île parler, eellestrés fréquentées aussi, de Ménlbaontut— G«M Montparnasse, Saint -Cermain- des - l'res — Vanves. etc. Ceux des voyageurs qui doivent prendre l'une d< s deux premières lignes, montent générainent avant le départ dans les voitures stationnées là, parallèles à la façade de la gare; les autres attendent le passage de leur omnibus sous les abris. Aussi — et pour cause — le public y est-il toujours très nombreux.
(Juand la machine du train de (iranville, la machine 171, vint enfoncer le mur de farade et briser du même coup la baie vitrée de droite, un tramway de la ligne Ktoile-Montparriassc, occupé par plusieurs voyageurs, stationnait justement au-dessous... un quart de seconde, el l'énorme masse, 3t>,000 kilos, venait s'effondrer sur la voiture. Les chevaux du tramway, par bonheur, avaient entendu le fracas du train sous la voûte ; le bruit du
butoir violemment arraché, celui des vitres brisées, les effraya : ils se cabrèrent, partirent en avant... sauvant ainsi d'une mort certaine les voyageurs de leur voiture La machine, en s'abattant, rasa l'arrière du tramway, arrachant seulement le marche-pied Mais, malbeureusement, comme on l'a vu plus haut, une personne fut atteinte — el tuée. Ce n'était pas une voyageuse; c'était une pauvre femme. Mme Héguillard.
^ mère de deux bébés, qui,
abandonnant pour quelques minutes son travail de couture, était venue remplacer son mari dans la vente des journaux pendant que lui-même se rendait au t Croissant » eheri lier Icb feuilles du soir La malheureuse offrait ses journaux à l'un et à l'autre quand vint tomber sur elle l'énorme masse Le cendrier de la machine lui brisa le crâne ...
De grosses pierres — des pierres de taille dont certaines cubent un mètre, — avaient été projetées de Ions « otés, sur la chaussée et sur les abris : elles n'atteignirent personne .
tandis que, de partout, les passants accouraient, ellrayésde ce spectacle inimaginable, dans la gare, sous le hall, les voyageurs s'enfuyaient, éperdus, niant, appelant au secours. Le personnel se multiplia et tous les voyageurs du traindeCranville furent sortis de voiture. Le croirait-on? malgré le choc sur le butoir, malgré celui plus dur sur le mur de façade el la chute de la locomotive, aucun n'avait été blessé grièvement! Deux ou trois personnes seulement, dont une dame nommée Jeanne Dardin, ont été légèrement contusionnées.
Le mécanicien , Cuillaume l'ellerin, el le chauffeur, Victor Car nier, avaient pu. en arrivant sur le butoir, sauter en bas de leur machine; ils ne se sont Tait que de légères écorcliures.
J'ai vu, hier soir, quelques-unes des personnes qui se trouvaient dans l'express de (iranville; elles étaient cent vingt et occupaient dix voitures de première et de deuxième classe; aucune ne paraissait se douter du danger couru : « Nous
LE SCULPTE!!» l.EROME
D'après le buste evposè au Salon.
(Celkclioa de tArt.}
avons reçu une secouBsc, disaient-elles, une autre, puis une autre encore... Le train s'est arrêté. C'est tout. Le eboe n'a pas été terrible. Nous ne croyions certainement pas qu'un accident d'une telle gravité venait de se produire. ■ Il est incontestable que le nombre des victimes cul été beaucoup plus grand si le mur n'avait pas cédé. Les wagons se seraient emboîtés les uns dans les autres, causant alors un écrasement effroyable.
Quand, quelques minutes après l'accident, le calme fut un peu revenu dans les esprits, on
missaires divisionnaires; Corbefert, .-bel' de la Sûreté; Crimal et de Huscbéres, commissaires de police: Muraille, Descaves et Murât, officiers de paix. Ils avaient sous leurs ordres trois cents gardiens de la paix et les gardes municipaux, ces derniers commandés par leurs officiers
Successivement, arrivèrent a la gare M. Dupuv-Dutemps, ministre des travaux publics; M. le procureur général Kcrlrand. M. Attbalin, procureur île la République; M. Rcrlbuliis, juge d'instrurlion ; puis MM Marin, directeur de la Compagnie des cbemins de fer de l'Ouest, IJelar-
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LES SAISTES F K U M H S FLECHANT LE tlHItl-Sl AU PIEU l>K Ll CHOIX
Premier prix de Rome en 1895. — Tableau de H. LaubH. (taolr de» Hmui-AM».)
s'occupa d'établir un service d'ordre sur la plarc et dans la gare. Les curieux étaient «« courus en telle quantité que force l'ut de mander par le téléphone deux compagnies de gardes municipaux à pied et un escadron de gardes à cheval La circulation fut interrompue sur toute la place, de doubles cordons de gardes et d'agents barrèrent les rues j aboutissant, les bureaux d'omnibus furent transférés au delà des lignes : on ne laissa plus passer que les personnes prouvant qu'elles allaient prendre un train. Ce service d'ordre, duut le préfet de police, M. Lépine, avait pris la direction, était assuré par MM. Caillot, directeur de la police municipale; Uebcury et Touny, ••om-
bre, président du Conseil d'administration ; des chefs de service, des ingénieurs, etc.
Sous la conduite du chef de gare, M. de Fontaine, cl de M. de Itordères, commissaire de police spécial, les magistrats procédèrent aux constatations ordinaires, puis à une enquête sommaire.
Celle-ci n'a pu encore établir, de façon précise, la cause de l'accident
La locomotive, son tentlcr et le fourgon ont, sur l'ordre de M le procureur de la République, été laissés eu l'état: ou procédera, aujourd'hui seulement, à leur enlèvement.
(Anonyme. )
PAKIS JU; Imhi A 1900.
Les obsèques d'Alexandre Dumas fils.
l" décembre.
G,t,T surtout par l'absence de pompe el de . cérémonial qu'un enterrement prend son - ' véritable caractère de Irislesse et mi signi-
fication douloureuse. Il en a été ainsi de* obsèques d'Alexandre humas.
Les badauds de In rue, les agents du service d'ordre sont d'accessoires détails commun* à tous les enterrements de grands bommes Là n'est pns la pbvsionomie particulière de celle lièvre de deuil C'ctt dans la maison, au delà des tentures funèbres de la voûte, franchi l'escalier
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Pli L IX F AU Ut phesilent uk i. a a l vi m. i Q i t. (d'après ont PIIOTOUR APHIK)
l'A HI. S SOUS LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE
et dépassé ïanlicbambre, que celte ph.vsiono- masquer l'aspect de la mort par ce qu'elle a de ni.,.
pièce carrée habillée de noir, du tapis au plafond l»t s lampadaires brident autour
duren ueil que reeouvre . Àf. -
un mon. eau <le fleurs, / î » <rJ' Q
el l'air en est tout par.
fumé. L'effort éternel des vivants est de
un improvisé jardin, où, dans un vaeillement lumineux d'étoiles, l ame odorante des ,|,
rvsantbémes se mêle à celle des roses blamhes, des roses roses et des
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