‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 37 sur 441 · LE MARÉCHAL VAILLANT · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL VAILLANT

Décédé A Paris le 4 juin 1873.

(h'tprr» une phol o g r ■ ph i c de M. Pihisoji.)

V là I' travail qui r'prcnd.

Espérance, confiance!

V'Ià I' travail qni r' prend...

Paris sera toujours g rond!..,

Dans sa triviale banalité, ce refrain de l'époque traduit bien l'état d'esprit du peuple parisien au commencement de l'année 1872: on se reprend à la vie. on se reprend à l'espoir. Il semble que c'est un cauchemar de mort et de folie qui a pesé pendant près de deux années sur l'âme de la grande cité : aujourd'hui, c'est la sensation d'un réveil bienfaisant. On vit; qu'il fait bon de vivre!

Cependant les blessures de l'amour-propre national sont à vif: la muse populaire, larmoyante et naïve jusque dans son emphase, en traduit bien l'acuité, et elle y mêle l'hommage enthousiaste dû à ceux qui ont péri noblement, la pieuseglorification des vaincus-

Elle célèbre les Cuirassiers de Heichshoffen :

Ils reculaient, ces soldats invincibles; A Itoiclishoffen la mort fauchait leurs rangs. Depuis le jour, dans les bois invisibles, Les ennemis massacraient ces géants!

A celle muse des carrefours, aux images négligées et aux rimes indigentes, sœur de

PARIS h K 1800 A 1900.

L INCENDIE DES TERNE», HUE S A I N T - t E h I» I X A N I» .

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l'orgue de barbarie, el plus riche Je passion que de poésie vraie, une nuire muse répond; la voix du plus grand poète du siècle, celle de Victor Hugo, se fait entendre.

C'est en 1872 que parait l'Annie ierriè/e. Le poète d'ailleurs n'est pas enferme' dans sa tour d'ivoire: il combat au pluB fort de la mêlée politique: aux élections du 7 janvier, il est battu par M. Vautrain.pré>identdu conseil municipal et du conseil général, qui l'emporte de 28,000 voix sur l'auteur des Cluitimenls\ Mais qui connaît nujourd'bui M. Vautrant? Oui, au contraire, ne connaît par cœur les vers dont le poète a bercé le sommeil de> morts héroïques :

... O morts pour mon pa\s, je *im voUv envieux!

lune est Irop mode>le font don à la patrie de leurs seules richesses — les plus précieuses — des objets qu'un usage héréditaire, intime et journalier, a chargés des plus chers souvenirs : ils envoient leur argenterie, leurs bijoux de famille... Voici la France revenue à l'âge du papier; pour la possibilité des transactions, il a fallu émettre des billets de cinq francs, de deux francs, el même de un franc. Qu'importe I on tire gaiement de sa poche le frêle papier, coupé aux plis, taché, graisseux, fripé; on en rajuste les fragments s il le faut, sans se plaindre, sans prophétiser la ruine; pas un instant la con- Ihnce ne fait défaut.

Le mol d'ordre, partout, semble être tacitement le même : « Itéparer, refaire. » Dans le domaine politique aussi, il faut faire fare aux questions linancières; pour couvrir les intérêts de la dette publique, si prodigieusement grossie par les frais de la guerre, il faut, hélas! créer des impôts nouveaux.

L'Assemblée nationale repousse l'impôt sur h- revenu: elle en établit un sur les matières premières. L'Assemblée n'a pas encore réintégré Paris — non, il s'en faudra de plusieurs années encore; aussi Versailles, où les députés s'acheminent quotidiennement, n'est-il vraiment, à cette heure, qu'un faubourg de l'aris. Dans son sein s'agitent d'autres ques-

h'I cet élan général de patriotisme ne palpite pas seulement à fleur d'âme; il ne s'exhnle pas tout entier en strophes et en romances sur les lèvres des poètes et des chanteurs des rues. Il vibre au fond des cœurs mêmes:

il se traduit par des actes.

De simples citoyens entreprennent de venir au secours du Trésor par une souscription nationale pour la libération du territoire. L'Assemblée nationale ayant voté le L"» juillet un emprunt de deux milliards, le chiffre des souscriptions atteint quarante-deux milliards, quatorze fois la somme demandée! Ceux dont la for-

HKMOLITION DE LA PLACE DAITPIIINE

Pour le dégagement de la façade oceidentalo du Palais de Justice. Ii'nprei un deMl* d« M. PiUï»*T, — (Hibliotb*niic n.iliun.ilr.)

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