‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 374 sur 441 · fondation de la Ligue de la Pairie · texte numérisé non relu

fondation de la Ligue de la Pairie

Monument*) et Fondations).

3 avril . — Pont des Carrières.

lïjuln. — Monument A Eugène Flnchol

19 juin.- - Busle de Sainte-Beuve au Luxembourg.

2ti novembre. — Muaée Cemuaehl.

* décembre. — Monument Charcot devant la Sahpétrière.

7 décembre. — Nouvel Opéra-Comique (architecte Bcrnier).

iï décembre. — Monument commémoratiT du fait d'armes de Sidi-Brahim.

H décembre. — Hôpital Verdier i Monlroage. Inaugurations : buste de Maria Deraisroe» au square des F.pinettes. - Monument élevé à lolain au cimetière Montparnasse. — Monument de Francis tiarnicr au carrefour de l'Observatoire. Monument de Leninto de Liste dans les jardins du Luxembourg. — Ouverture du muse* des montages au Louvre et de* nouvelles galerie* an Muséum d'histoire naturelle.

La vie de li 9 mars.— Cinq ceols voitures avec „.

mises en circulation, au tarif minimum de 0 fr. 60.

17 mars. — La cavalcade de la animent organisée par 1rs étudiants et de Paris; elle a un vif succès.

15 mai. - Rivière gagne la

6 juin. — M. de Rothschild i,™ de Paris les Î50,(XK) francs du Grand Prix

15 juin. — Au» Tuilerie,, exposition iniei d'aulomobiles. - Grand Pris cycliste de Paris gagnant, Bourrillon.

S septembre. — Miie en circulation du fiacre électrique

10 novembre. — Kipériences de U.

fil entre la Tour Eiffel et le Panthéon.

Ln vie littéraire.

Huysman* : La Catkidralt. — Victor Hugo : Correspondance. — Zola : Paru. — Ernest Legouvè : Dernier Travail, Derniers soutenir s. — Marcel Prévost : Trou S'ourelles. — Q. Clemenceau : I.e$ plus fortt. — Alphonse Daudet : Soutien de famille. — Malndron : Saint-Cendrr. — V Cherbulles : Jacauine Yanesse. — Mme Henri Gréville : Villorê, Snob» «V fr évince. — François Coppée : La Bonne souffrance — Ed. Rod : Le il*, nage du testeur .Veudié. — Adolphe Adorer : Le Vœu. — Paul Bourgct : La Dacke.

Adolphe Brisson : l'ointe» séekes. — bach : L* Miroir du ciel natal. — J.-K. mans : La Biévrt et Saint-Sir er in.

Reaux-Arte.

SS m»rs. — Le Conseil municipal vote 30,000 francs pour une statue k Jean Maoé.

lî mai. — Exposition de* oeuvres Vernet k l'Fcolc des Beaux-Arts.

ïfi mai. — Médailles d'honneur du Salon (peinture); Oardet (sculpture); Patrloot t*.*

ÎT août — Mme Ch. Garni er donne i l'État 1rs maquettes et esquisses dei ]>eintnres de L Opéra,

LOIfXk lu

d* la Comédie-Française

(Née en 1867).

Comédie Française. - Catkerint , par Henri Lavedan. - Martyre, par J. Rirbepin. — Struentet, drame i-, par Paul Meuriee.

— Le Pané, de Porto-Riche.

- Direction d* M. Albert

IsIMaUl Peintre (.Né en 1850,.

hottakii Infirmière i Née en tSJïi

ita.sQixn* Compositeur

l.V en 1830,.

... - Cyrano de Bergerac.

pv h. Rostand (immense succès).

Renaissance — Mauvais Bergers, par Octave Mlrbeau. - L'Affranekir, par Maurice Donnay. Gymnase — Lei Transatlantiques, A bel llermant. Thèatre-Antolne - Josepk dArimatkée. rsrGsbnel Traneui. - Judith Renaudin. par Pierre Loti. Variété». - La Souvenu Jeu, par Henri Lavedan. Pa la la- Royal — Le Boulai, par Pierre Wolff. Ambigu — pafa („ Vertu (drame), par Pierre Decourcelle et René Maiieroy.

Chatelet. - La Poudro de Perlimpinpin, renouvelée des frères Cogniard.

Le* morte de l'année.

Léonce Détroyat. journaliste (IS janvier). — Bazin, ingénieur «0 janvier t. - Oscar Comettant, publiciste et critique musical (Î3 janvier). — Biche bourg, romancier (ïc janvier). -. Taillade, artiste dramatique (M janvier). — Docteur Pean. chirurgien (30 janvier). — Général de Ladmlrault (î février) — Tony Ré Villon, homme de lettre» (6 février). — Ferdinand Fabre, écrivain (9 février). — OUè- Laprune. philosophe (U février). - Lafontatne, comédien (Ï3 février,. - Scheffer. orientaliste U nars,

— P r incesse de Join vil le 17 mars . — Ch . Triarte. littérateur i7 avril . — Paulua. musicien (13 avrlli. — Gustave Moreau. peintre [il avril). — Paulin Ménler, artiste dramatique I" mai,. — Marquis de Cberville, litléraleur (9 mai). — Alfred Ernst. critique musical (U mai). — Ludovic Lalanne. historiographe 18 mai,. — Madame Potonler-Pierre. féministe (Il juin). — Aug. Truphème, |>cintr* 4 1 > juin). — Allongé, peintre ♦ juillet). - Buffet, ancien ministre (7 juillet). - Ch Oarnier. architecte 3 août). — Eug Boudin, peintre (7 août . — Stéphane Mallarmé, poète (u septembre . — MmeCarnot (30 septembrei. - L Oallet. librettiste (l« octobre).- J. Lenepveu, peintre 17 octobrei. -

- Puvia de Chavannes. peintre iïé octobre). — O. Rodenbach, poêle romancier Î5 décembre).

LES OBSÈQUES DU PRÉSIDENT FÉLIX V A U H K LB CHAH FUNÈBRE PASSANT SUR LE QUAI DB LA MÉGISSERIE

(Clichc- Gaillard et fits.)

Et l'Affaire sévit toujours.. 1809, c'est l'année des péripéties mouvementées, l'année aussi du dénouement. Paris s'énerve, s'affole, comme au terme d'une course essoufflante. Le diapason de la polémique est brisé ; c'est la guerre à outrance. L'agitation pénètre partout: dans les bureaux de rédaction, — c'est chose naturelle. — dans les réunions de famille, dans la rue, a la Société des gens de lettres, jusqu'au corps de ballet de l'Opéra où elle se traduit par un crêpage de chignons.

• — Tout ça, c'est bien grave !

« — Croyez- vous qu'on en parlera beaucoup dans quatre mille ans î •

lin dépit rie celle boutade d'un caricaturale, le procès en revision suit son cours, l'n malin Paris apprend la démission de .M. Ouesnay de Beau repaire, président de chambre à la Cour suprême, « à la suite d'un désaccord survenu relativement à l'enquête ouverte. ♦ A partir de ce jour, le magislrat passe ouvertement dans le camp des polémistes les plus ardents et entame une violente campagne contre le ministère et la magistrature, Krdti anuis logn. Il est remplacé aussitôt par M. Ballot-Beaupré, et l'enquête de la m.

chambre criminelle se poursuit pour être close le 1 1 février; mais. la pressentant favorable au condamné de 1894. les antisémites (on dit alors antidreyfusards) font tous leurs efforts pour l'entacher de suspicion. Sur la demande des magistrats eux-mêmes, la loi de dessaisissement est votée, soumettant aux chambres réunies de la Cour de cassation le jugement sur le fond des pourvois en revision. Et la revision recommence...

Pendant ce temps les affaires l'icquarl- Leblois, de Mme veuve Henry contre J. Iteinacb entretiennent l'agitation ; l'authenticité des aveux recueillis par le capitaine Lebrun- Benault est mise en doute ; les polytechniciens manifestent contre leur professeur, H. Duruy, dont le cours est suspendu quelque temps, l'as un jour le reportage ne chôme.

L'arrêt de la Cour de cassation du 3 juin, casse et annule le jugemenl de condamnation rendu le 22 décembre 1894 contre Alfred Dreyfus et renvoie l'accusé devant le Conseil de guerre de Rennes. Le colonel Picquart est mis en liberté après trois cent trente et un jours de détention ; Zola rentre à Paris ; le colonel du l'aty de Clam est arrêté, pour être d'ailleurs relâché presque aussitôt. Enfin Drey-

fus, quittant la Guyane a bord (du Sfas, le 10 juin, fait le I" juillet, à une heure du matin, un débarquement romanesque près de IJuiberon. Immédiatement il est conduit à Hennés sous très forte escorte, et le jour même Mme Dreyfus esr admise à voir son mari.

LA STATUE UK CHAftCOT A LA SALPÊTMK RK

'l.uviv d*\lei*adre 1 ai .inin. — (D 'tfttâ un* photographie. \

Les débals s "ouvrent le 7 août à Uennes et se poursuivent jusqu'au 9 septembre, sous la présidence du colonel Jouaust.

A Paris, tous les jours, matin et soir, s'enlèvent des monceaux de journaux détaillant le compte rendu ; et les discussions se poursuivent avec la même animation que si le procès se tenait au Palais de Justice. Les dépo-

sitions sont épluchées, la physionomie de l'audience photographiée au jour le jour, et c'est une vive émotion lorsque l'on apprend que M" Labori a été blessé d'un coup de revolver et que le criminel a pu prendre la fuite.

Paris est haletant; et dès que parvient la première dépêche annonçant que Dreyfus est reconnu coupable par cinq voix contre deux, que des circonstances atténuantes lui sont accordées, et qu'il est condamné à dix ans de détention et à la dégradation militaire, les partisan» du condamné se répandent en invectives contre lejugcmcnt et les juges. Les luttes vont -elles donc reprendre? Quelques jours on s'observe, et tout à coup on apprend, le i'J septembre, que le président de la République vientde signer un décret faisant remise à Dreyfus du restant de la peine de dix ans de détention et de la dégradation militaire. Deux jours plus tard, par un ordre général à l'armée, le ministre de la guerre annonce que « l'incident est clos •.

Le iti février, la mort subite du président de la République' Félix Faure. fournit un lugubre prétexte à de nouvelles manifestations.

Les obsèques ont lieu le 23 à Notre-Dame et l'inhumation au Père-Lachaise. L'après-midi, M.Paul Déroulède tente d'entraîner le général lloget, de retour des funérailles à la tète de ses troupes, à marcher sur l'Elysée et à renverser la République parlementaire. L'auteur do VHetman pénètre à la suite du général dans la caserne de Reuilly, où il est arrêté ainsi que Marcel llabert. Le soir, des scènes tumultueuses ont lieu sur les boulevards ou dans les rues avoisinantes, et sont suivies de nombreuses arrestations. Fumées d'émeutes, comme le jugeait, quelques mois plus tard, le jury de la Seine en acquittant les deux députés fauteurs du mouvement, M. P. Déroulède et M. llabert.

ËMILti LOUBKT MBMt l> R L.\ HJjPUUI. lulL (h'amkks une piiotog n* l'Il i

L'élection de M. Loubet. président du Sénat, à la présidence de la République, surexcite encore davantage les antirevisionnistes — ils prennent aussi le titre de nationalistes.— Leurs porte-paroles, hier des littérateurs très estimés, représentent le nouveau chef de l'Etat comme « notoirement inintelligent » et aussi € candidat des panamistes et des dreyfusistes ». Au retour de la séance du Congrès où il vient d'élre élu à la première magistrature du pays, M. Loubet est reçu de façon bruyamment hostile; et plus tard, aux courses d'Auteuil. il est frappé d'un coup de canne par M. de Christiani.

L'agitation est entretenue par une quantité de ligues, où les passions s'aiguisent :

la Patrie française, que pré sident, Iules Lemaltreet Coppée ; les Droits de l'homme, où les savants pullulent, Duclaux, Grimaux, etc. ; Ligue anlisémitiquc, présidée par Jules Guérin; Ligue plébiscitaire avec le baron Legoux; Ligue des Patriotes avec M.

Le Menuet. .lugé incapable de dominer les événements, le ministère Dupuy est mis en minorité à la Chambre et remplacé par un cabinet Waldeck-ltousseau, où siègent en même temps le général de Gallifet, qui réprima la Commune, et le socialiste collectiviste Millerand.

Pour frapper un grand coup, le nouveau gouvernement fait arrêter, le 12 août, Paul Déroulède. M. Ilabertet diverses personnalités marquantes des partis hostiles à la République, sous l'inculpation de complot contre la sûreté de l'htat, et les défère au jugemeut du Sénat constitué en Haute Cour.

Parmi les inculpés se trouve Jules Guérin, qui inaugure un système pittoresque de résistance. Il s'enferme avec quelques amis au siège de l'imprimerie de ï Antijuif, rue de Chabrol, s'y barricade et refuse de se rendre. Arme de tout un matériel d'arsenal , dit la légende, il triomphe de tous les travaux d'ap-

proche de la police. Aussi, pour éviter l'effusion du sang, le gouvernement se contente d'entourer le * fort Chabrol » d'un rigide cordon de troupes, afin de prendre l'assiégé par la famine. Après avoir, quarante jours durant, affirmé à la face du monde qu'il ne sortirait de son repaire que mort ou libre.

POSA BÙNHEIH i'clntr*. — Ni-« à Bordeaux ta ItSt, dVcede* le ti mti iW%

.OlicM Diud.i, Ci iMt.iT «I O'.J

Guérin consent à se rendre le 20 septembre. Il est conduit au Dépôt et condamné dans la suite à l'emprisonnement.

C'est miracle que, dans une atmosphère aussi lourde d'émeutes, il puisse exister à Paris un endroit où l'on travaille. Mais il semble que la longue muraille «le bois servant d'en-

PARIS DK 1800 A 1900.

ceinte à la future Exposition éteigne les bruits de nos querelles intestines. De l'avenue d'Antin au Trocadéro et des Invalides au Champ de Mars s'agite épcrdûment un inonde cosmopolite d'architectes, d'ingénieurs et d'ouvriers, réalisant sur les rives de la Seine Je symbole de la confraternité universelle ; symbole éphémère, hélas ! comme les palais de staff qu'ils édifient.

Quelques questions de détail peuvent bien accuser çà et là des dissensions mesquines. La porte Binet, qui doit jeter une note criarde dans le grandiose panorama de la place de la Concorde, est bien un instant menacée ; les pylônes du pont Alexandre 111, qui vont cacher la perspective du palais de Mansnrt, motivent bien une interpellation parlementaire ; la mutilation de l'Esplanade par l'installation de la gare de l'Ouest soulève bien des protestations parmi les amants des arbres parisiens; mais le commissariat général de l'Exposition laisse s'épuiser les discussions dans le vide et continue son œuvre.

Dans une existence aussi remplie, aussi encombrée môme, il n'y a guère de place pour l'imprévu des petits faits quotidiens. C'est a peine si les Parisiens de sang rassis, les moins névropathes, peuvent échapper un instant à l'hallucination de l'Affaire ou de la politique Ce sera peut-être même étonner bien des gens que de noter quelques menus faits passés sans doute inaperçus et qui. dans des temps moins troublés, auraient pris l'importance de véritables événements.

11 faut pourtant compter à part, pour b'S minutes inoubliables d'union qu'elle procure dans le fracas d'une lutte fratricide, l'arrivée à Paris du commandant Marchand et des officiers de sa mission, reçus au milieu d'acclamations unanimes et chaleureuses et fêtés par les corps officiels, l'armée et le peuple entier avec une admirable cordialité.

Combien va paraître p:\le. à coté de faits d'un (el relief, le souvenir des tragi-comiques courses de taureaux données aux arènes d'Knghien. la question de la largeur des étalages, ou celle plus palpitante de la supériorité de la redingote sur l'habit noir ! La fondation de l'École du journalisme occupe un instunt l'attention parisienne; puis ce sont les fameuses batailles esthétiques qui se livrent le lendemain autour de la statue de Balzac. Tourner en ridicule la tentative de publicité sur les boites d'allumettes • pour équilibrer le budget »; s'amuser un jour de la grève des facteurs des postes, remplacés par des soldats inhabiles; un autre jour, inaugurer, sur la place de la Nation, le monu-

ment du Triomphe de la République, de Dalou, assister au déploiement d'un imposant défilé de corporations : — c'est la vie de Paris, véritable théâtre avec son manteau d'Arlequin fait de pièces lourdes et riches ou de ravaudages bariolés.

Le monde littéraire a déserté, en grande partie, sa tour d'ivoire: il a converti sa plume en arme de combat pour se lancer dans la bagarre. Aussi ne constatons-nous qu'un petit nombre «le grandes et fortes œuvres, de celles qui marquent une étape, classent une époque : à remarquer cependant une page d'histoire consciencieuse de M. Henri lloussaye. JS1Ô- Waterloo. un livre d'exquise ironie d'Anatole France, l'Anneau d'Améthyste, un récit vigoureuse de d'Esparbès, les Demi-Solde, et deux romans, l'un. Fécondité, de Zola, qui Ouvre sa nouvelle série des quatre Evangiles, l'autre un nouveau volume, la Force, de Paul Adam, historique et politique, très sérieusement documenté, sur les guerres de la Révolution el de l'Empire, et présenté avec un grand art du pittoresque, sinon avec une grande simplicité d'écriture. Choses rues vient s'ajouter à la série des œuvres posthumes de Victor Hugo. — Les u'uvres poétiques de longue haleine se font rares: à noler deux essais dans ce genre, fort estimés, de Clovis Hugues, la Chanson de Jrhanne d'Arc, et de Maurice Rouchor, une traduction nouvelle de la Chanson de Ho/and.

Au théâtre, les plus grands succès de l'année sont des succès de fou rire : la Dame de chez Mtuiin. de H. Fevdeau. le Vieux Marcheur, de II. Lnvcdan M de Curel continue, avec la Nouvelle Idole, la série de ses pièces substantielles à thèses philosophiques et sociales: E. Rergerat tente vainement de renouer la tradition des drames historiques avec Plus uue Heine, tandis que Henri de Bornier ajoute à ses essais cornéliens, France... d'abord, drame à tendances nationalistes.

La mort ne désarme pas; elle fauche dans tous les rangs : chez les journalistes, E. Hervé, directeur du Soleil; F. Xau, fondateur du Journal : Francisque Sarccy, « notre oncle. » Le inonde littéraire et artistique s'endeuille de disparitions : Adolphe d'Ennery, un des plus grands fabricants mélodramatiques du siècle; E. Pailleron, H. Recque, Cherbuliez; Rosa Bonheur, une des gloires de l'art français; Charles Lamoureux, dont les concerts resteront dans les souvenirs et les regrets de Paris.

La fin de l'année est aussi calme que le début avait été orageux.

Raoul Vue.

LU HUIT CUAUHoL.

(Cliché de M. le capitaine S.. )

Li:S ÉCHOS DE PARIS

AU COIN l»E LA ItlTB LOI IS-rlIILlrPB D< »»lor i'«r I.. pAMur, d'tptit pbologriphir. (Coll. Ch. Simond |

Obsèques de M. Félix Faure.

(23 février.)

Les journalistes qu accompagnaient M. Félix Faure dans ses voyages avaient été admis pour retle dernière journée A l'honneur de participer à la garde du corps. Ils avaient établi entre eux un roulement cl pendant tout l'aprèsmidi, la garde a clé composée d'un officier de lu garnison de Paris, de deux journalistes et de quallt! soldats.

Les couronnes arrivent toujours en quantité innombrable de tous les points de la France et de l'étranger

... Kn tète du cortège. qui se dirige vers Notre- Dame, s'avance un escadron de la garde républicaine, un escadron de cuirassiers, le gouverneur, le général Zurlimlcii.

Viennent ensuite la musique de la garde républicaine avec le colonel et le drapeau: les marins, trop peu nombreux pour la sympathie qu'inspirent leurs bonnes figures ouvertes ; l'Frole polytechnique, ainsi que Sainl-Cyr.

Iles chars particuliers portent de nouvelles couronnes.

K n lin. c'est le char funéraire, le même qui a servi aux funérailles du président Fnrnot et de

M. Hurdeau, président de la Chambre. Le char est cable fouillis : de part et d'autre le» terrasses

suivi de lu maison privée du président. La Ta- des deux théâtres sont remplies. En dépit de l'eau

mille succède l'uisce sont les familiers, lesgéné- qui jaillit, la fontaine du Palmier a été envahie:

raux de la présidence et les officiers de service. juché sur un sphinx dont il entoure la tête de son

Après un espace que les maîtres des cérémo- bras, un curieux ne tient que par un miracle

nies font observer, arrive le président de la Répu- d'équilibre, et. frôlé par un jet d'eau, accepte

blique. pour la circonstance déjouer le rôle de triton.

Et maintenant, c'est la maison militaire en Maintenant les sonnerie? de Notre-Dame se fonctions, et. conduit par le nonce apostolique, le font entendre sans interruption : la tète du corcorps diplomatique. tége s'engage lentement le long du marché aux

...La place du Cbatelet présente le plus inexlri- Heurs, où, dominant la foule, les f gardiens de la

paix se sont postés sur les toits des petits pavil- avec des chapenux hauts de forme ou en bonnet Ions qu'ils ont mission de défendre contre l'învn- de velours; derrière les vitres fermées on apex*

sion; de l'autre côté les terrasses de l'Ilolel-IHeu çoit les bonnets de coton de quelques malades. MM) tj garnie! de spectateurs et d'internes en blouse Mais le cortège s'engage sur le parvis.

kOCCHKA

Stilue . ricc-' «u Louvrr, j«rdin de l'Iohitte.

Ai ut, ».ul|il«ur (D'«)irci i. ne ] >l Ktiug^raph ie. )

cimetière. Ce catafalque, en drap noir a bordure d'urgent, est surmonté d'un sarcophage aux arnu s et initiales du président défunt, Aux angles, dos pylônes avec des brûle -parfum*. Dos gradins eu amphithéâtre l'entourent où se trouvent placées des cassolettes et

ile> piaules vertes qui moulent 1res haut leurs palmes Un - Irapeau Iricolurc, voilé de crêpe, descend en écliarpe le long du catafalque.

Il est midi moins dix; le cardinal, suivi d'un nomhreux clergé, se présente sous le porche. La char funérnire est arrivé, le cercueil est descendu, transporté sous le porlail OÙ l'archevêque le bénit et, après lui. le président de la Itépuhlique, qui reçoit des mains du cardinal I nspersoir d'or.

I.e cercueil est enlevé et porté dans l'église nu pied du catafalque,

... On arrive au l'èrel.aehaise Les laminoirs battent aux champs, les étendartls s'inclinent, Le corbillard s'arrête devant le catafalque dressé à rentrée dn

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