‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 382 sur 441 · I.esi lltortai de l'a un ce · texte numérisé non relu

I.esi lltortai de l'a un ce

Ed. Hervé, écrivain (4 janvier). — Adolphe Dennery. auteur dramiliipie (îi janvier). - Comte de Cbambrun, »oelnlo}rue [", février), — Félix Faure, prétidenl de la llépubli.|ue |lt> février). — Général de Rochebouét tïl février). — Ch. Nuit* ter, esli ur drjmalic|iie(ïi février), Fernand Xau, journaliste (7 mare). — Mgr cl. m nonce du pape (lï rnar»), — Erckmann, rom.incier li nur» . — Marquis de Chennevlères. 6. rivais I" avril . —

— Mme Micbelct i avril — Bertbold Zeller. brStorlea (5 avril). — Rubè. pj'iolre décorateur (H avril). Alexandre Wcill t Vbrahani . pjblirjale (|s avril . - Frlcdel, chi.niile îil .wril). — Général Lolxlllon J nei). - Vauthter-Galle, itatuairr el graieur lirai;. Francisque Sarcey . crilii|Ue lith rain (t«. mo) Comte Henri Delà borde, ecriv.un (18 mai). - Mlle Rosa Bonheur. I«intre (i'- mai). - V.Cherbullex. romancier l"juil |, t) Saint-Germain, a.teur H. jsilH). - De Montbolon, diplomate I ' s. plembre). — Stop .lo M.erel U. U , di-«sinaleur (.> »■ ptemlere . - Gaston Tlssandier, «rivain »ci. nlifique i septembre). — Benfamin Raspall, botsenr politique lïts- plenibn

- Paul Janet, philosophe (i oclob roux, i.ri;ani«el< ur de cone< rl« (i\ Jules Bapst. journalier i- decmt .exi- iaire d. I» tàmu-die-Freecsite 19 d.'«a»brs .

plan 08 l'exposition DU 1900 Dressé par Alexandre Meixieii.

A l'orage qui, selon le comput de l'Académie des sciences de llerlin, vint saluer à Paris, dans la nuit du 31 décembre 181)9, l'aube du vingtième siècle, succéda l'amostphère humide et grise du premier jour île l'année 1900, sur laquelle, selon notre bureau des longitudes, le dix-neuvième siècle allait prendre lin.

Fin mélancolique et morne de cent ans de luttes et d'agitations. Sur l'aine de Paris pèse une longue crise. Les souhaits officiels de bonheur et d'apaisement ont à peine eu le temps de s'échanger que, le lendemain même du 1" janvier, la Haute Cour reprend ses séances au palais du Luxembourg et prononce des condamnations. Surexcités, les esprits ne semblent même pas disposés à faire trêve pour assurer en commun le succès de la prochaine Exposition, au sujet de laquelle courent les rumeurs les plus pessimistes. Les relards des constructions, l'écroulement de certains pavillons, les accidents mortels qui se multiplient parmi les nombreuses équipes d'ouvriers, semblent donner raison aux pronostics fâcheux. Et c'est dans cet état d'esprit

inquiet, nerveux, que Paris passe les premiers mois de l'année. Il ne s'arrache aux préoccupations de l'avenir incertain que sous le coup d'un grand désastre, tel que fut l'incendie qui, le 8 mars, anéantit la salle du Théâtre- Français.

Pour effacer les impressions tristes, pour distraire l'opinion de l'angoisse politique qui l'étreint, les chefs du pouvoir comptent sur l'Exposition dont ils ont avancé la date d'inauguration fixée délinitivement au 14 avril. L'architecte a dil fanatiser le travail, le surmener jusqu'au vertige, pour livrer, suintante encore de plâtre humide et décorativement incomplète, la Salle des fêtes.

Dans les discours qui s'y prononcent, le président de la République fait appel à la solidarité humaine ; le ministre du commerce célèbre, en une sorte d'hymne final, la gloire du labeur humain. Ces belles et tranquilles affirmations ne font pas oublier la vaine fébrilité des actes. Extérieurement l'Esplanade des Invalides et surtout le Champde-Mars sont encore encombrés d'échafaudages; intérieurement, la plupart des sections

l'ARlS DE 1800 A 1900

l'A.NOHAMA l»K fc'jtX POSITION 1>R 1 90(1 VUE DK LA GRASHK Uni K

D'après une photographie. — (Cliché Ruche.)

n'offrent à contempler que le vide de leurs halls. Dans la hâte de parer à l'achèvement, les accidents se multiplient; une passerelle s'écroule, le feu de courts circuits détériore les conduits électriques. Les visites du soir souffrent par suile du manque d'éclairage. Avertis de l'état incomplet des travaux ou des installations, les provinciaux cllesétran- ' gcrB retardent leur arrivée. Par surcroît de malchance, survient une chaleur intempestive qui s'élève, le 20 juillet, à trenle-huit degrés, la plus haute température observée à Paris pendant le cours du siècle.

Tout conspire contre le succès de cette Exposition qui, bourrée d'objets anciens et modernes sur deux étages, peuplée d'attractions coûteuses entre lesquelles hésite la curiosité, apparaît trop vaste, hors de proportion avec ce que peuvent supporter les jambes et dépenser les bourses. Le classement, très intelligemment conçu, mais difficile à repartir par groupes rationnels sur un excès d'espaces épars. coûte à ceux qui veulent le suivre d'extrêmes fatigues. Il semble vraiment que les prédictions d'échec final vont se réaliser.

Des distributions à mains débordantes de récompenses et de décorations ne trompent personne. Et pendant qu'on s'efforce en vain de la capter, l'opinion écoule au dehors les

tumultes de la Chambre ou se rejette vers l'inauguration des nouvelles galeries consacrées à Hubens au musée du Louvre La saine émolion d'art qu'elle en éprouve lui fait sentir vivement le contraste avec le fastidieux entassement d'oeuvres médiocres dans la cohue des Beaux-Arts au grand Palais.

Mais voilà que brusquement, au moment où les chefs du gouvernement devaient être le plus inquiets sur l'issue de leur grande œuvre, l'attention publique se réveille gagnée par un genre d'intérêt qu'elle ne soupçonnait pas et qui se dégage pour elle de l'ensemble à présent complet. Elle avait d'abord été déconcertée, s'attendant à voir une foire avec des spectacles a grosse surprise, et l'on offrait à son admiration une sorte de ville de rêve, d'une conception sérieuse et d'un attrait lent à se préciser, mais chatoyante Cite du décor où toutes les sections de toutes les nations, entraînées par l'exemple, rivalisèrent de richesse imaginalive dans le luxe des installations. Les premiers visiteurs étaient allés dire et redire aux attardés que si les attractions, trop pompeusement annoncées, ne répondaient pas au bruit qu'on en avait fait, si l'étude comparative des objets exposés semblait pratiquement impossible, du moins la promenade était séduisante à travers l'Exposition, vers la perspective du pont

PANORAMA l'K I. KXP091TION

D'aprrf>s une photographie. — (Cliché Roche.

Alexandre III, sur le quai que bordent les palais des nations, parmi les jardins du Champ-de- Mars et les pavillons exotiques du Trocadéro. Kt dans les galeries, dans les pavillons ou dans les palais, les machines au travail, les produits parallèlement étalés de la fabrication ancienne et moderne complétaient cette impression de calme labeur, de grande pensée sereine qui paraissait avoir réuni tous les peuples en un effort d'art résumant l'aspiration commune vers un idéal de noble jouissance et de paix.

Seule la rue de Paris détonnait par la grossièreté bruyante et la tenue malséante de ses parades. La faute n'en était pis, à vrai dire, aux organisateurs qui avaient rêvé au contraire d'édilier une salle où, pendant toute la durée de l Kxposilion, les plus belles manifestations lyriques et dramatiques de tous les pays seraient venues se produire, l'n paradoxe d'Alexandre Dumas fils fit écarter ce projet devant la commission d'inialive en 18NI, et les malsaines figurations le remplacèrent. Le public répondit parle mépris et vengea Paris, dont le nom se trouvait accolé très injurieusement à celte rue de baraques à tapage, qui faisaient un triste pendant aux façades de style érigées sur la rive opposée de la Seine par les autres nations.

Pourtant celte tache, circonscrite dans la

rue de Paris, ne nuisait pas à la belle distinction de l'ensemble et le public, revenu de ses appréhensions, aflluait par poussées d'entrées qui dépassaient parfois six cent mille. Il se montrait conquis, et applaudissait même aux festivals. La fêle des Vendanges, qui fut donnée le 15 octobre, fit foule. Kt ce fut alors, dans l'exaltation du succès, qu'on s'avisa de rechercher comment, malgré sa conception sérieuse, l'Exposition de 1900 avait tant de charme. Si ses organisateurs élaient parvenus à répandre sur son immense surface la féerie de la vie, c'est qu'une nouvelle force leur avait prêté le concours d'un mystérieux pouvoir; en une sorte de naissante apothéose, ils avaient pu nous offrir le spectacle de l'électricité transformant, recréant tout, le mouvement, la lumière, le son, et cela par des tils invisibles, sans l'odieux embarras des lourdes transmissions que la vapeur nécessite. Avec l'électricité, la force s'allège en même temps qu'elle se décuple et, dans Paris même, en dehors de l'Kxposition, ne triomphait-elle pas par la mise en service du Métropolitain f (iràce à cette victorieuse affirmation de la force sans rivale, l'année 1900, bien qu'elle clôturât un siècle, en inaugurait réellement un autre, le vingtième, qui sera le siècle de la physique, très supérieur en puissance au siècle de la chimie, c'est-à-dire au dix-neuvième.

LE TltK tTHR-KRAXÇAI APRÈS L*I N CRN" DIB< (Cliché de M. Oclox.)

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