X.'Kiule de /iliur marie végétait dans une
merveilleuses collections naturelles et snentiliques.
L'Ecole fndytechniuiie.
V Ecole des Jeunes de Langues, le Conservatoire des arts-et-méliers sont considérablement agrandis.
Le percement de la rue Héaumur, qui a si heureusement complété l'ouverture de la plus centrale et de l'une des plus belles voies de lu capitale, a dégagé le chevet, l'abside et le clocher de l'ancienne église de Saint-Martindes-Cbamps.
L'ancien et célèbre collège des Jésuites, le lycée Louis -le -Grand .
est presque entièrement reconstruit. On ne conserve que les tours de Vllorlmje Cl du Cadran.
De nouveaux bâtiments sont ajoutés un lycée Ilenri-IY.
Les deux tronçons du boulevard Saint -Germain, que l'Empire avait amorcé à ses deux extrémités. sont réunis.
Celle grande voie apporte le mouvement et lu vie dans le vieux faubourg Saint- Germain.
Les ruines des Tuilerie* sont enlevéï s et les pavillons de Flore et de Marsan restauré*.
La rue du Loutre, au cœur de Paris, fut continuée; les abords de la Halle un blë dégagés et cette Halle elle-même, convertie en I loin se du commerce et entourée d'immeubles de grande allure La rue Elieune-Marcel est achevée.
L'avenue Ledru-flolhn vint mettre en communication l'arrondissement ouvrier du Mil avec l'e-t de l'aris: elle donne d'importants débouchés à ce quartier mal desservi
TAIILKAU DK l'A II! M SOIS LA TBOlSIÊMK H \\ V U H L I <J V V.
De la place de In Itépubliquc. une grande avenue escalade les hauteurs du l'ère-Larliaise et met ce coin déshérité en rapport avec le centre de Paris et les boulevards.
L'avenue d'.4 ntin dégage le rond-point des Champs-Llysécs ; la plaine Monceau voit des rues se percer, des immeubles de rapport se bâtir dans ses terrains vagues.
La rue Danton est achevée ; le percement des rues Lagrattgt cl du fiante assainit tout ce
cloaque inlcct nu entoure la
pince Maubert et chasse au loin ces repaires et ces bouges i|ue domine l'élégant clocher de Sainl-Séverin.
Le boulevard Bastpait bouscule sur son passage et met à son niveau égalitairc les pans ombreux, les vieux loftis écussonnés de l'aristocratique faubourg.
Montmartre se couvre de maisons; son accès est rendu facile par le pont Ctiuhnncourt qui enjambe le cimetière Montmartre. A son sommet se dresse, comme une haute citadelle, dans sa blancheur mas* sive, la basilique du Sacré- Cœur.
Les prisons sont jetées hors des murs. La HaqueUt, MaZOS, Sninte-Pftagif où sont tant de souvenirs et qui eut tant d'hotes illustres, sont démolis.
L'Ilotel-de-YMe est reconstruit sur le même plan que l'ancien et dans la même architecture sansétre identique.
Le Palais de Justice et la Stiinte- Chaptlft Boni enfin terminés.
L'afflux des étrangers, le développement du trafic oblige les Compagnies à agrandir considérablement les gares parisiennes. Sur les ruines de la Cour des Comptes, après une longue attente, a été enfin édifiée la gare d'Orléans.
La rue &ratfbo*rgtq\ii va de l'Hôtel-dc-Ville aux Arts-el-Métiers. traverse toutes ces rues tortueuses et étroites où pendant tout ce siècle a grandi l'émeute, a parlé la poudre, où les pavé« se levaient tout seuls : les rues Tinnsuomiin. des tïrm tllierx, du (Juitre-Snhil-Mei i i, Tttiitffaiu, Uriscmiche. etc.
Jusqu'au lendemain de la guerre, l'architecture officielle n'avait produit tpie des oeuvres médiocre>. L'architecture privée ne
valait guère mieux : bâtisses monotones et bètes construites en style caserne.
Depuis vingt-cinq ans, l'arrhitecture a jeté ces défroques et réalisé de grands progrès dans la disposition intérieure, dans le confort, dans l'aspect extérieur de nos édifices et de nos maisons.
Ce qu'il y a de plus caractéristique dans ces constructions nouvelles, ce sont ces balcons vitrés qui s'appellent miradores en Kï-
lk ... M I OHM Y (|j'»piè§ une oruKr.nc rslioipe. — Collection G. HaMiMan.)
pagne et bou-tcindoics dans les pays anglosaxons; ces jours ouverts sur la rue. cette prise d'air, de lumière et de vie, chez soi et hors de chez soi tout à la fois.
Il serait à désirer que de ce chaos intéressant, mais confus, sortit une physionomie nouvelle et variéede nos rues parisiennes; une architecture au caractère bien Irancais, sans trop d'alliage étranger, sans trop d'emprunts faits de tous cotés. On reviendra, tout en tenant compte des exigences de notre temps, à notre vieille architecture, c'est-à-dire à un art clair d'expression comme notre génie, grand cl simple quand il convient, toujours
PARIS DK 1800 A 1900.
délient, élégant et distingué, facile d'invenlion. abondant et souple.
Albert Callet
La Littérature sous la troisième République.
La traversée durait depuis prés de dix-neuf ans sur une mer pleine d'abandon cl de délices, quand le navire sombra dans la plus effroyable catastrophe qui ail jamais réveillé en sursaut des passagers endormis, en toute sécurité, dans la foi en leur pilote. Le choc fui tertilde Les meilleures lêtei se mirent au pouver-
les journées de Juin, Ceorge Sand, Octave feuillet, Amédée Acbard, rentrés d'émigration après la paix faite, la circulation rétablie et la chaussé).' redevenuc libre, renouèrent la solution de continuité a la Rttuedet Deux Momies et se remirent à alimenter l'in-18 à trots cinquante, pour parler comme dans les rayons. C'était plaisir, sur les midi ou sur les cinq heures, d assisler en comparse a ce défilé de célébrités, qui venaient traiter avec leur éditeur : F. mi le Augier, Humas fils. Ludovic Ihilévy, Mcilhac, Octave Feuillet, tout le théâtre et le roman
Dumas le pére était mort, mais dans les Bibliothèques publiques, populaires ou munieipales, de quartiers ou de Palais, partout où l'on communiquait des livres, même A la Nationale, c'était lf merveilleux eonlcur, qui a rajeuni, de nos jours si positifs, le roman de chevalerie et perpétué la vieille llibliothéque Bleue. — qu'on lisait le plus. Jules Verne et Krekmaim- Chatrian venaient immédiatement a lasuile il y a une viriglaine d'années. — Hâbleur sur blagueur, disait Sainte-Beuve de Nodier et de Dumas Sans doute, maïs si Peau d'Ane m'était conté... Démosthéne lui-même réveilla un jour l'attention des Athéniens blasé*, en entamant un conte de l'eau d'âne.
nl'INRS DK MHIS U'HKS L fft<:KM>IK *■ I < mi. PAS LA COHHI nk (Collection Hartmann.)
nnil, — on jeta du lest, — et le navire fut sauvé, au prix de la plus irréparable rançon. Le voyage put continuer de'plus belle, en évitant toutefois les accrocs qui font écueil, et il n'a pas cessé d'être en plein cours vers les destinées assignées A tout équipage bien portant et qui se ressaisit La France, comme tout peuple actif, vigilant et qui travaille, reprit goût A la liberté et retourna A ses aspirations naturelles de bonne humeur et ■ le santé qui ne l'avaient jamais quittée.
I n des premiers indices de la reprise des affaires justifia le mot de Bismarck, écrivant a sa femme : « J'ai emporté quelques romans français » II les lisait de préférenre pour se distraire et se donner le temps de la réflexion dans une retraite où il préméditait quelque nouvelle mauvaise querelle a nous chenlier. — Il nous rendait justice à sa façon, car, de tous les artieles de Paris, le roman était le plus demandé sur le marché littéraire.
II faudrait rouvrir les catalogues de librairie. Ce sont des documents précieux pour l'histoire des Lettres. Un y verrait les plus grands noms
toujours les mêmes — tenir le haut du pavé et se renouveler incessamment On avait dit de Balzac, en IH48, qu'un bon roman faisait oublier
La guerre fournissait son contingent aux hommes d'esprit.
M Ludovic llalèvy se vengeait de neuf mois d'exil A l'étranger ou en province — voire A Saint-Cermain — dans des notes railleuses, qu'il intitulait l'Invasion. C'est plein d'observations fines cela va sans dire), mais précises et utiles, quel qu'en soit l'esprit politique, pour l'histoire de ces jours troublés. Le futur auteur des Petites Citrdinnl y fourbissait ses armes de seconde carrière. Je le vis un matin, dans ce lemps-la, sortir de l'église de Saint- (îermain-des- Prés * J'étudie le catholicisme, • me lit il l'honneur de me dire. L'Abbé Constantin, l'un de scï plus grands succès, — consacré par le roman et le Ihétllre, — remuait déjà eu lui II le couvait dans ses stations aux églises du noble faubourg Sans aller jusqu'à Canossa, Pumas fils fil aussi un jour son petit chemin de Hamas, dont il portail presque le nom. Il convertit A son théâtre M. Dupanloup, qui ne s'opposa pas A son entrée A l'Académie, comme il l'avait fait, sous le second Empire, pour M. Lillré, devenu aussi, a son heure, l'un des Quarante, sous la troisième Itèpubliqiie.
La pauvre Mme Sand, qui aurait tant mérité d'en être, et qui n'y tenait pas, mourait en 1876.
L'actualité littéraire allait toute A l'année terrible, qui réparait les brèches qu'elle avait faites A l'industrie de la librairie par labondaucc des publications la concernant Toute une Bibliothèque sortit de ces événements formidables, l'n des
premiers ouvrages parus fut la Guerre en province, île M. de Freycinet. qui consultait, avec une simplicité charmante, les correcteurs de ses épreuves sur les dédicaces à écrire en tète de chaque exemplaire de son service de presse. Au nom d'Alceste, cachant celui d'Ilippolyle < asti 11c et faisant grand hruit dans un journal communard, devenu un matin partisan du prince Napoléon, l'éminent homme d'État, qui avait géré, avec Gambetta, les affaires de la Défense nationale à Tours, demanda boniiPinent : « Que faut-il mettre? » — • A Alceste, «on justiciable, » lui soiillla-l-on. Ce qui constitua un autographe de plus dans la postérité.
Los romanciers se rabattirent sur la guerre. Hector Malot. qui savait battre le 1er avec une souplesse et une virtuosité merveilleuses, composa Miss Clifton. un roman de cape et d'épée, qui embrassa toute la campagne. Jules Claretie écrivait le Roman de* toidatt.
Maxime Du Camp n'avait pas encore donné ses fameuses Conrnltions de Paris, qui lui valurent le sobriquet injurieux de Du Camp... de Satory, et qui restent comme un solide livre d'histoire, écrit dans un sens conservateur.
Cependant la place aiujeune*, ou à ceux qui n'avaient pas encore opéré leur grande trouée, ne venait pas facilement. La mêlée faisait obstruction. Chacun se frayait sa voie à Ba manière, et les ainès gardaient celle qui leur avait réussi On avnitcraint.
dans les premiers jours de délivrance, pour les imprimeries d'Asnièrcs ou de Clichy, exposées, pendant les deux sièges, aux feux des deux rives ; et avec elles eussent péri bien des œuvres déjà sous presse ou restées sur la casse. Que de procès en perspective pour la revendication des droits d'à m ours et d'éditeurs! On retrouva tout, au contraire, parfaitement intact, — Simonide avait été préservé parles dieux ; mais la pléthore de littérature, qui dormait sur le marbre depuis des mois, refoula pour un temps l'esprit nouveau qui ne demandait qu'à se faire jour.
On sortait aussi d'une révolution, et l'on craignait d'en favoriser une nouvelle, même en littérature, Les dispensateurs de la gloire étaient timorés. Ceux qui s'intitulaient les jeunes, et qui pinITaicnl à la porte, ne demandaient que la liberté.
Guy de Maupassant un fils. Les soirées ou plutôt les matinées de Médan s'étaient données, dès longtemps, chez lui, bien avant la lettre, dans ce charmant belvédère du parc Monceau, où le grand styliste, qui scandait chacune de ses phrases et mettait six ans à écrire un livre, endoctrinait, de sa grosse voix, les Tuturs apôtres du naturalisme. Il leur insulllait une rhétorique nouvelle — qu'on a appelée de la rhétorique retournée — d'où la nature et la vérité sont souvent absentes, qui pèche pnr excès de grossissement, et a Inquelle il sacrifia beaucoup lui-mèine dans ses pages chateuuhriancsqiies de Salammbô. Il fit du pastiche sans le vouloir L'auteur de lionvard et Pécuchet ne put pas plus se défendre qu'un autre d'être romantique, lui qui prêchait l'horreur du convenu et du poncif. Zola profita d»; ses doctrines et de
Gustave Flaubert me laissa voir, un malin, la dédicace d'un exemplaire de l'Assommoir, sur lequel l'auteur avait écrit : « En haine du goût. • Haubert n'avait pas l'air dVn être choqué, lui qui reconnaissait dans Zola un disciple et dans m.
EGLISE SAIKT-liEMS DU SAINT-SAC. HKMEKT >' ••ll-rtimi G. Hartmann.)
ses leçons dans l'intensité de vie (pour employer le mot d'école) a donner à chacun de ses personnages : il faut avant tout qu'ils se tiennent bien vivants et ne ressemblent pas à des marionnettes parlantes; mais l'action n'est pas toujours réelle. Il y a boursouflure et invraisemblance ; pour tant qu'on veuille ressembler a Balzac, on se souvient un peu trop d'Hugo, parfois. Enfin, le naturalisme a beau braver toutes les convenances et toutes les politesses, il ne peut pas plus atteindre la vérité absolue que Nansen n'a pu parvenir au point précis du pôle. Il y a toujours do l'intraduisible dans nos pensées, nos sentiments et nos plus intimes réalités. On ne travaille pas seulement pour le musée secret de Najdes, et l'art le plus hardi est tenu de gazer certaines situations, qui restent inintelligibles pour les lecteurs candides : il y en a encore.
La troisième République donna ainsi naissance a une littérature aussi peu démocratique que possible, qui ne démontrait pas un amour excessif du peuple, qui le dépeignait plutôt et presque exclusivement sous des côtés humains, mais canailles, propres à d'autres oourhes sociales. Le succès lui vint surtout du plus mondain des jour-
UN COIN l>l VtKVX l'Mih
D'<prè« uur rau-forle s.m» lé-.'emlc de Martial u> vu m . (Cnlln lion 0, lUiiiiuiiu )
haut, dont le romancier en vogue pouvait dire : « mon journal, > qui Taisait alors la pluie el le beau temps dans le monde où l'on s'amuse et où l'on s'ennuie. C'était avant le fameux krach des livres, attribué à tant de causes futiles et qui témoigne peut-être uniquement d'un besoin de changer de littérature. Le succès extraordinaire de Quo i vd//< l'a bien prouvé