LE CARROUSEL
Les différentes quadrilles se préparent à rompre pour la course des bagues. — Chaque quadrille est composée de 1-2 officiels de la même arme, en glande teinte, culotte blanche et botles à l'ccuyère.
sabre traînant, la sabretache pendante, le echako sur l'oreille, l'œil au balcon d'une belle, un joli cheval entre les jambes, et voilà l'officier de cavalerie au début de sa carrière. Je dis au début, parce que plus lard lorsque plusieurs printemps auront défrise sa moustache et qu'une série de garnisons aura transformé sa taille de guêpe en tonneau, ou l'appellera le Gros-Major.
L'équitation revint eu honneur comme aux plus beaux temps de la chevalerie française; on donna de brillants carrousels, des fêtes splendides, où les officiers se tirent remarquer par leur grâce, leur adresse et leur solidité.
tl fallait à la tête de cette jeunesse un homme capable de lui inspirer le sentiment et le goût du cheval, il ne
Le manteau d'ordonnance, la tenue de manège, la pelisse fantaisiste et messieurs nos chiens.
LA CHAMBRE 13U SOUS-UEUTENANT Le meilleur moment de la journée, est sans contredit celui où l'officier peut se livrer au farniente le plus complet. Là , il pense à sa famille, à ses amours, aux chevaux qu'il a montés, au sauteur à son chien, lidèle compagnon de ses infortunes, et à ses créanciers.
LA PREMIERE CONQUÊTE RE L'OFFICIER DE CAVALERIE Le bruit d'un galop d'amour fait apparaître
à un balcon la blonde de ses rêves. Ils
échangent un sourire. Quel bonheur!
tarda pas à paraître. Le comte d'Aure, héritier des principes de l'École de Versailles, imbu des idées des D'abzac, a laissé à l'École de cavalerie des traces ineffaçables de son passage.
On homme du plus grand mérite en matière de cheval a voulu renverser ce système d'équitation, apporter de nouvelles idées'; on l'a admiré, comme on admire toujours le nouveau et l'inconnu, on a pris ce qu'il y avait de bon dans sa méthode, et le courant équestre a repris son cours.
Les rues de Saumur au moment où les officiers se rendent au café offrent un aspect trèsoriginal. Celui-ci porte la tenue de manège, c'est du noir de la tète aux pieds; celui-là est revêtu d'une élégante pelisse fourrée ; son pantalon à bandes d'or et d'une coupe irréprochable tombe par une légère ondulation sur un pied bien chaussé. Le lecteur a reconnu un sémillant hussard. Un autre se drape dans un immense manteau de mousquetaire , symbole de U pure ordonnance.
Notre brillant coitége est escorté par une meute variée, où la race canine est noblement représentée.
Les loisirs ne sont pas grands dans la journée, le temps est pris jusqu'à cinq heures du soir. D'abord c'est le manège où la position académique est rigoureusement observée : ensuite la carrière, genre, d'équitation plus large. Des chevaux anglais sont affectés à ce service. Tout ceci est encore charmant pour l'officier de cavalerie; mais voici le revers de la médaille: vous êtes rondamnê sous les peines les p'us sévères, à compiler dans votre cerveau force pages de théorie sans changer un iota, travail mécanique où l'intelligence ne joue qu'un rôle Irès-médio- re.
ssemeots comiques: nos des Anïlnis fo .t battre 3 souvent piir un 1 àYiàncê e"t presque toujours un vieux isible habitant,
UN BAL CHEZ M. G. — M. et M c'est à eux qu'ils do vent le toujours énormément de sur et'
adorent les orficiers. Ce n'est pas étonnant; luxe d'aujourd'hui. — Le quadrille des lanciers a on le danse Sans les régies de l'art.
Six heures sonnent; la nuit, tous les chats sont gris. Budan, le fameux Budan, le Tcrtoni de l'endroit, prépare ses cabinets , son Champagne, et bientôt la gaieté du moment fait oublier bien vite les misères de la journée.
Dans la saison d'hiver, tous les salons sont ouverts à nos intrépides valseurs, l'habit noir s'y montre timide; le hussard, le guide, le dragon, le chasseur, le lancier rivalisent de luxe, les femmes harmonisent leur toilette avec ces brillants uniformes, et vous avez des bals ravissants.
Quel est donc ce château qui domine la ville, demande un voyageur curieux. Le concierge lui répond : C'est un château du moyen âge, une place d'armes, un monument historique. —Mais il a oublié de dire combien d'officiers déjà colonels ou généraux ont expié dans les cellules du caste! , leurs folies et leurs prouesses nocturnes.
Si vous prenez le chemin de fer de Paris à Nantes , arrêtez-vous un instant à Saumur, un instant seulement, et vous ne regretterez pas votre
H. de M.