UN MOT SUR LA MAISON DU BAIGNEUR
Avn-vom tué le mandarin? Tel devrait être le titre de la pièce de M Manuel De l'avis de l'auteur, tout le monde a un peu trempe dans le régicide; chacun a voulu presser le bouton, je ne m'étonnerais même pas que Jud ail donné son avis et le coup de poing de la fin.
Ce sont là, dira-t-on, des cancans de capefigues aux abois, qu impor e .' Si la fantaisie nous plaît, nous pouvons répondre à cette grande tille, sévère et réchignée qui nous tire par le bras : Histoire, que veux-tu?
Au moment de l'action dramatique, Henri IV est mort; nous sommes en pleine régence. Deux partis se regardent en chiens rie faïence, et cherchent à se dévorer: d'un côté, Marie de Médicis avec ses lavons, d Epernon Concini, Siele-Iglesias ; de l'autre, le parlement toujours frondeur, l'épouse dé l'espagnol Iglesias, la jeune reine et le jeune roi qui élève des serins. .
Oui mangera l'autre? lhat is the question. Nous allons voir par le menu comment Pontis, — l'homme canon est arrivé à lui tout seul à digérer la reine-mère et ses partisans. • • . il-. . .„
Première entrée. — Le président du parlement, M. de Harlay est convaincu que Ravaillac l'assassin de Henri IV n'a pas travaillé seul : il a eu pour complices Marie de Médicis, d'Épemon, et les autres déjà nommes. Il fait venir deux témoins à charge, le sieur Du Bourdet, l'avocat laboureur et le grrros Dumaine qui possède des arguments ad hommem; la pièce à conviction esl une lettre écrite par Marie de Médicis au moment du crime de la rue de la Ferronnerie. .
Deuxième entrée. — Le lus Du Bourdet remet au Louvre trois lettres mystérieuses! Voilà le premier coup détient; crac, Sieie-Jgiesias riposte
en mettant le Du Bourdet père à la broche et en l'assassinant sous le casque de Mangin. Puis il remplace la truite saumonée par iempoison-
U1!f„SeduoHnc1pams que Pontis ! Mais lui seul, et c'est assez ; Uconduit le roi dans un souterrain dont les murs ont ces oreilles; li pénètre avec de pistolets de chocolat dans la poêle où il ve^ut tare In» te. codées de la reine mère. Le roi, qui a tout entendu, demande le rou. Maria de Médicis est exilée, Concini, d'Epemon mis à mort, Siete-Igiesias, coîiJia entremets, se fait étouffer entre deux plafonds. Le roi goûte là un festin
^^'dessen, la vôuve de Siete-Iglesias se promet d'épouser le jeune Du Bourdet dont elle a déjà fait manquer ls mariage.
Enfin, le roi est roi, et la toile tombe au moment ou les vainqueurs vont dans le salon prendre le café. in-Woo
Ponlis, c'est le d'Artagtian des Mousquetaires ; la comtesse * $esias> c'est M-i Bonnacieux Quant au plafond mobile, nous lav »P«^^ La mise en scène est très-convenable pour une Compagnie irantaise, sauf les revolvers de M. Dumaine. L'âme de la pièce est cette frêle créature qui n'a qu'un souffle, mais le souffle de sa sœur Rachel.
M. Maquet pourra, avec son œuvre, mettre la poule aupotjAm à une fois la semaine. Henri IV a même demandé à la ville a ce qn on lui élevât, sur le Pont-Neuf, un cheval à côté du sien, afin d'entendre de la bouche même de l'auteur le récit détaillé des turpitudes de sa veuve comment on s'y est pris pour l'assassiner, et comment il y a à Pans un gros gaillard qùi s'appelle Pontis et qui mange a lui tout seul le gâteau de la Régence. H'