‹ La Vie parisienneChapitre 13 sur 662 · CE QU'ON DIT EN RANGEANT SA BIBLIOTHÈQUE · texte numérisé non relu

CE QU'ON DIT EN RANGEANT SA BIBLIOTHÈQUE

Rentrez sur vos rayons, livres de l'année côté historique : Vinis coronal opus : le dernier volume du Consulat et de l'Empire. 3 a; toutes les éditions ; la première porte : par MM. Thiers et Bodin. Qu'estil devenu l'autre9 II y a longtemps de cela. Peut-être sa manière devoir n'a-t-elle eu qu'une édition et son camarade l'aura-t-il perdu sur la route du ministère. — "Vraiment, si un homme n'a pas volé son nom, c'est bien M. Thiers ; — ni l'un — ni l'autre — c-est le tiers, l'ontredeux le juste milieu. — Qui aimes-tu mieux; ton père ou la mèrel J'aime mieux la viande. N'est-ce pas lui, de a jusqu'à a. C'est à cette œuvre que l'Académie a accordé le prix de 20,000 francs.

En songeant à l'élu du noble aéropage,

On dirait que n'ayant pu, dans tout le village,

Trouver digne un seul front du bandeau virginal,

Les juges attérés du concours de Nanterre

Ont enfin couronné le sinciput austère

D'un conseiller municipal.

Bah ! à la case !

Au tour des passionnés : ils no remanient pas leurs éditions ceux-là. — Mémoires de Carnot, publiés par son fils. Les mémoires sont certes une bonne chose; mais n'est-il pas à craindre que lorsqu'un fds les publie ils ne deviennent un peu les mémoires du fds. Vous figurez-vous, par exemple , que jjaie bien confiance dans la véracité des Mémoires du Marquis de la R... publiés par son lils,

Salut à la Régence, de Michelet. — Partialité ! Passion ! — Eh ! parbleu, vous êtes charmant; faites donc écrire une histoire de la révolution par un descendant de Stofflet ou de Charrette : vous verrez ce qu'il en dira ; et vousfvoulez qu'un des petits fils de ceux dont on volait l'argent, dont on enlevait les filles et dont on raccolait les fils, trempe sa plume dans du patchouli pour vous dire les hauts faits des talons rouges.

Passons du grave au doux :

La Franciade de M. Viennot que la Vie Parisienne a illustrée, soit dit sans jeu de mots.— Décidémentj'ai eu tortde rire autrefois, des propos d'un vieux sergent, qui me somblait avoir des notions

Mûmoires de Carnot.

La Régence.

La Frauciade.

très-incomplètes sur l'Iliade. Ii prétendait que la jeune Hélène s'était réfugiée à Troyes en Champagne où elle s'était établie Charcuiti'ere quignilo, — sans qu'on le suve avec son amant Paris qui, après la prise de la ville, s'était en sauvé avec le dieu Lard sur les bords de la Seine (jusqu'ils avaient fondé un village qui porte son nom et devint ce que vous savez.

11 parait que nous descendons des Troyens, du petit Astyanaxquise nommait réelment Franc ;

c'est tellement vrai, que M. Viennet vient d'être nommé Grand-maître 'es jeux floraux à l'académie de Toulouse.

Salammbô, salut vierge charmante et un peu... godiche : somme toute, tout le monde a acheté ce livre, tout le monde l'a jugé et fort sévèrement, et pourtartpeu de gensl'oi.tlu en entier.Les femmes ont dévoré les passages relatifs aux toilettes de la fille de Barca; les hommes ont cherché surtout le moment où la charnelle ùclale. C'est ennuyeux, ont dit les gens du monde ; — ça n'est pas vrai, disent les savants. J'ai trouvé cela intéressant et vrai. Qu'en savez-vous, me répondront les membres de l'Académie des inscriptions el belles-letlres. — Et vous? — Il n'a pas indiqué ses sources. — La beile affaire? Avec cela quelles sont probantes, vos sources. — Yous vous étayez tous les uns sur les autres; mais, en remontant l'échelle, j'arrive au premier, qui ne peut indiquer de sources. — Il est donc faux, lui ; — mais alors vous tombez tous comme des capucins de cartes.

Les annexes à Victor Hugo : Victor Hugo, raconté pan un témoin de sa vie. — Chez Victor Hugo, par un passant. — Deux auteurs attrayants.—

— Qu'on vienne me faire des drames sur les misères des proscrits? Décidément je crois, ô France bien-aiméc, ô splendide rue de Rivoli que je t'oublierais un peu au milieu de cet Eldorado du grand poète.

L'égoïste qui s'est écrié : Ibi benè, ibi palria aurait-il eu raison ;

— Les Miellés de l'histoire; desmiettes en effet, mais quel plaisir de se faire Lazare pour les dévorer. Et l'Histoire du Chien et le Dimanche en Angleterre! Ah! que j'aime mieux Yacquerie dans le livre qu'au théâtre!

"Voici un petit chef-d'œuvre : Les médecins du temps de Molière, par Maurice Raynaud? Qui se serait douté on lisant ces pages attrayantes que cet ouvrage avait il y a un an pour titre : Thèse pour le doctoral en •médecine. Oui c'est l'œuvred'un étudiant, médecin aujourd'hui. Mais quel étudiant, passant sa licence en même temps que son examen de docteur et, dit-on, en se préparant au doctoraten droit... etquel âge? 28ans!

Les Confidences d'un joueur de cla- Salaimnbù. rinetle, par Erckmann-Chatrian. le

Walter Scott des bords du Rhin, non pas Walter Scott - l'Hoffmann non plus. — Eh !

ma foi, l'Erckmann- Chatrian, c'est déjà fort beau ! Ils sont deux, dit-on? C'tst à ne pas croire à une pareille lune do miel.

Sibylle, par M. Oclave Feuillet, ainsi nommé parce que ses premières élucubratiens

Chez Viclor Hugo.

ne dépassaient pas seize pages. Sibylle, heu ! heu ! rentrez là dedans, mademoiselle, et rendez grâce à votre parrain d'être un immortel, dont il est convenu d'avoir toutes les œuvres aujourd'hui. Dormez en paix! que je n'entende plus parler de vous.

Daniel Viadg. par Camille Selden. Petit chef-d'œuvre fouillé comme un roman de Flaubert, nerveux comme une nouvelle de Stendhal. Mais, chut! c'est un collaborateur ! Cependant on peut renvoyer les gens à un magnifique article de M. Tainc. — Je ne le connais pas personnellement celui-là, je puis on dire du bien — singulière méthode pourtant !

Nouvelle Babylonne, par .1/. Pellelun. Ah ! ça! tenons-nous un peu — soyons littéraire : cela veut dire qu'il y a un mois on aurait pu en

causer, mais aujourd'hui je ne puis avoir sur les lèvres que l'opinion de la 9e circonscription.

Cinq Semaines en ballon. Et dire que j'ai cru! Si M. Jules Verne s'était décidé à partir avec Nadar, au lieu de trop tenir à son héritage, son livre ferait encore fureur...

\ mais Henry de M... va l'illustrer, bravo !

Enfin, le Maudit, par l'abbé que je ne range pas parce que je ne l'ai pas encore lu. Puis la poésie — des volumes et des volumes.

Maxime du Camp. 11 y a dos noms prédestinés; un nom de soldat et

Les Confessions d'un joueur de clarinette.

Le Maudit.

une des plus vaillantes plumes de cette époque : Expédition des Deiuv- Siciles.

Fables, Contes et Satires, de M. Anatole de SégW,

Une Idylle, de Nadaud.— Bah! pourquoi s'en étonner? Mabille va bien se réfugier dans une rue vertueuse.

Les Poésies parisiennes, d'Emmanuel des Essarts.

Première Poésies, de M. Villiers de l'Isle-Adam.

Les Satines de la comédie enfantine, de M. de Ratlsbonne.

Et le meilleur de tous, le l'oéme des champs, de M. Edouard de la Fayette.

Singulière chose à remarquer : jamais, à aucune époque, on a aussi bieu fait les vers qu'aujourd'hui et jamais il n'y a eu moins de poètes. — 0 industrie !

Les Théâtres.

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