L'ANNÉE QUI S'EN VA
Elle s'en va, la vieille année, Elle s'enfuit, et dans deux jours, Elle aura rejoint son année ; Un an de plus sur nos amours.
Un an de plus sur tes caresses, Un an de plus sur mes baisers, Un an de plus sur nos promesses, Liens qui par le temps n'ont pas été brisés .
Dis-moi, maîtresse aimée, et si grave et si folle, Nous faut-il regretter le vieil an qui s'envole Et lui crier : Adieu! vieil an..., ne reviens pas...
Nous faut-il, regrettant ce que sa main fanée Emporte à tout jamais de notre destinée, Insulter à ses derniers pas ?
Si tu m'en crois, amie, il ne faut pas maudire La pauvre vieille qui se meurt ;
Il faut se rappeler au moment qu'elle expire Ce qu'elle apporta de bonheur.
Pour tous les jours heureux, c'est merci qu'il faut dire, Merci, vieil an, du fond du cœur.
JUIES ChANTBPIE.
Décembre 1863.
"rotylôtliro gérant, MARCELIN.
l'avis. — Irnp. KUGIiLMAJ'N, 13, rue Grange llateliere 13.
comme on dit au théâtre du Cirque, et il combat pour la gloire et l'honneur.
Le caporal. — N'en est pas moins vrai, Bernardin, qu'il y a une conquête que je -voudrais faire, ça n'est pas pour moi, c'est pour ma famille. Je voudrais prendre Saarlouis, qui, dans les temps, nous a appartenu et dont mon père est né natif. C'est ce qui empoisonne ses vieux jours, à cet homme, qui est un ancien de la vieille, médaillé de Sainte-Hélène et qui, tout d'un, est devenu Allemand par force, parce qu'une dizaine de particuliers se sont assis à une table et ont signé un papier. Il en a été tellement chagrin qu'il a envoyé ma mère faire ses couches en Lorraine, à trois lieues de Saarlouis, à seule fin que je sois Français; je le suis, et je m'en fais honneur. Là-dessus, bonsoir, Bernolin; où nous souhaiterons nous la bonne année prochaine ?
Lu voltigeur. — Nh! jo m'enfiche.
Le caporal. — Et moi je m'en contrefiche.