‹ La Vie parisienneChapitre 159 sur 662 · LES MAXIMES · texte numérisé non relu

LES MAXIMES

Ne pas oublier aux approches du 1 r> août que l'on s'appelle Marie ; aux approches du 25 août quel'on s'appelle Louise, etc , etc.

La plus jolie fille du monde ne peut demander à un homme que ce qu'il a.'<

11 y a un terme h tout... Trimestre.

LE TROU DU PLAFOND LA CHEMINÉE PORTE-COCUÈRE LA GALERIE DES IiUSTES.

la cheminée fumait donc? lii core des chenets-lyres! Au moins en peut-on pincer? Et le bon Ils eussent pourtant été si à l'aise

bai relief en Bonshommes en pain d'épicium d'Ilerculanum. dans la cheminée!

— Elle est charmante.

— Tu la trouves charmante V J'espère bien alors que lu lui fais la cour. Voici la porte, entrons.

Lansac et sa femme demeuraient rue Basse-du-Ramparl, dans l'hôtel de la marquise de Retz, dont ils occupaient l'aile gauche. Vous le voyez d'ici, cet hôtel, presque en face de l'ancien ministère des affaires étrangères, avec une terrasse faisant serre. Lansac voulut se faire annoncer chez sa femme; elle était chez la mirquise.

— Mon cher ami, je crois qu'il faut remettre la présentation à une autre fois.

— La comtesse est sortie?

— Non; elle est chez sa tante, qui reçoit les mercredis.

— Eh bien! allons. Je serai enchanté de faire connaissance avec cette vénérable dame.

— C'est que... il y a la noire famille, dos personnes qui se voient tous les jours et que tu ne connais pas.

— Je ne suis pas timide.

— Et puis... et puis tu es en cravate noire, et cela paraîtra singulier.

— Palsambleu ! cher comte , vous me la baillez belle, fit Bauvron en riant. Nous avons donc conservé les élégances, et les grâces, et les étiquettes, et les révérences, et les honneur aux dames? Eh bien , prête-m'en une et tu verras quel homme je suis, une fois monté sur mes grands chevaux !

— Quoi, une, mon ami?

— Une cravate blanche.

— J'allais te le proposer.

— Fan ( - il aussi raser mes nuustaehes?

— Il n'est pas nécessaire.

La cravate blanche mise, Lansac et Bauvron traversent une loivjue galerie qui, au premier, occupait tout le fond de lhôtelet séparait le logement des nouveaux mariés de celui de la douairière. Celle galerie était entièrement vide de meubles; des candélabres à griffe, allumés çà et là, l'éclairaient à moitié. Les panneaux en tapisserie représentaient : la Saoesse ouvrant à la Puieur le temple de ï Bymen, la Poésie ouvrant à la Vertu le temple de Mémoire, la Postérité ouvrant au Génie le temple de l' Immortalité, etc. Les peintures du plafond, d'un goût plus ancien , étaient d'une mythologie plus galanle qui sentait son bon dix-huitième siècle. Au médaillon du milieu, le blond Phœbu>, les joues bouffies, tout habillé de rouge sur un ciel vert, conduisaient ses coursiers par monts et par vaux. Les muscles tendus, il bandait son arc et perçait de mille 1 rai is le malheureux Python. Les eaux des mers rentraient dans leur lit, les fleuves barbus, les rivières aux hanches provocantes reprenaient leur cours, ce pendant que les nymphes bocagères et les Amours, au son des flûtes et des cymbales, célébraient la gloire du dieu du jour.

— Je suis sûr qu'on n'a pas dansé ici depuis la prise du Trocadéro?

— Et on n'y dansera pas jusqu'au retour.

EMILE h.

(La suite au prochain numéro.)

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