‹ La Vie parisienneChapitre 198 sur 662 · VICTOR P · texte numérisé non relu

VICTOR P

m PEU D'HISTOIRE NATURELLE

Je m'arrête souvent devant les marchands d'oiseaux ; c'est là qu'étant en train d'admirer un ara tricolore, j'ai récolté, le lambeau de, conversation suivant, qui m'a fait regretter sérieusement de n'être pas arrivé plus lût. Les deux interlocuteurs étaient deux fantassins, l'un presque vétéran, l'autre un tout jeune soldât du centre. Je leur cède la parole :

Alors, c'est ça que vous appelez des perruques?

Des perruches, Trouillet, les perruques étant un ornement de toilette.

D'ailleurs, ne parlez pas d'oiseaux, mon ami; parlez de ce que vous connaissez. A la lionne heure, moi, tel que vous me voyez, avant de permuter, je suis été dans l'infanterie de marine, et j'ai vu des pays ousque les perroquets sont les pierrots de l'endroit.

— Cré matin, ça doit être joli, et comme cela, ils parlent dans les branches des arbres?

— Non, Trouillet; ils sont comme vous, mon ami, ils n'ont pas reçu d'induration.

— Dam ! tout le monde n'a pas le moyen !

— Avez-vous seulement jamais été de garde au Jardin des plantes, vous, Trouillet?

— Non, j'y suis été seulement promener.

— Eh bien, il est bon que tu saches qu'on monte la garde au Museum-lotomie et qu'on y fait sa faclion sans fusil. on tourne seulement sa baïonnette entre 'les doigts pour empêcher de toucher aux o'ss. Quand tu seras de faclion aux oss, tu verras ça. Il y a deux étages d'o«s, et c'est là qu'on peut voir ce que c'est que la science ! Il y en a là dedans de toutes les vocations, même qu'il y a une chambre qui est rHervêe au public, c'est-à-dire qu'il n'y a que les savants du gouvernement qui ont le droit d'y entrer, et que je me suis laissé dire que c'est là qu'on peut voir les boyaux de Roquelaure dans de l'eau-de-vie. Mais il faut des protections.

— Moi. je suis allé seulement dans le jardin, et je peux dire que j'ai vu d»s drilles de bêles, surtout les singes (chir.ges), voilà des particuliers qui se chargent de connaître le gymnase" 11 y a un gros qui a une tomate en place de queue, et qui court toujours après les petits; mais, pas si bêtes, ils ne se laissent pas attraper, non.

— As-tu vu des serpents, Trouillet? Dire que j'ai resté dans des pays onsque les serpents se promènent dans les chemins. Quand on rencontre un serpent, tu crois peut-être qu'on se sauve, pas du tout, ca vous glace! Vous ne pouvez plus remuer ni pied ni pattes, ca voua glace! Si il vput te manger, eh bien, il te mange, si il ne veut pas, il ne te mange pas, voi:à tout, et toi, tu restes là en attendant. Ca vous glace !

— Je me le 'suis laissé dire. ..A propos, j'ai vu l'éléphant, c'est ça, qui est une drôle d'animal, ça n'a point de tête, ça a une drôle de manière de manger, il prend tout ce qu'on lui donne avec sa queue pour se le fourrer dans le corps.

— Allons donc! il a une tèle tout de même, seulement, on ne la voit pas. Et, à mon grand regret, mes deux grands fantassins s'éloignèrent.

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