LE LAQUAIS TRANSFORMÉ EN JARDINIER POMPADOIT
Il faut bien soigner le jardin que ces dames promènent derrière elles dans leurs calèches.
lAu-dessus d'Hermès, il y a Job ! au-dessus de Job, il y a Hoère! au-dessus d'Homère, il y a Eschyle! au-dessus d'Esyle, il y a Esaïe ! au-dessus d'Esaïe, il y a Ezéchiel ! au-dess d'Ezéchiel, il y a Socrate ! au-dessus de Socrate, il y a ;thagore qui inventa la table ! au-dessus de Pythagore, a Lucrèce ! au-dessus de Lucrèce, il y a Tacite ! au-dessus de :cite, il y a saint Paul ! au-dessus de saint Paul, il y a Jean de lthmos dont un fut du Palatinat ! au-dessus de saint Paul, il y seanne d'Arc ! au-dessus de Jeanne d'Arc, il y a Kopernick ! aussus de Kopernick, il y a Shakespeare ! au-dessus de Shakesare, il y a Newton ! au-dessus de Newton, il y a Piranèse ! :-dessus de Piranèse, il y a Fulton! au-dessus de Fulton, il y Jontgolfier ! au-dessus de Montgolfier, il y a Nadar ! au-dess de Nadar, il y a Dieu ! au-dessus de Dieu, il y a....
MOhn
:):ocrate, soit; Hugocrate, non pas, surtout en voyant de pareils livres, qu'on croiipayés par nos adversaires pour nous ridiculiser.
L'ENVERS DES CERCLES
(Voir le numéro du 16 avril.)
Je remarque une tendance nouvelle qu'ont les homme.' a bannir de leur société" l'élément féminin et à le reléguer dans la famille. Je leur prédis que ces clubs, comme ils les appellent, seront la mort de l'esprit français.
Princesse de Vaudemont.
(Lettre à l'abbé Huet.)
Le Cercle mène tout droit à l'égoïsme et au célibal. On sait quels raffinements de confortable la force de l'association met au service des membres des grands cercles; comment échanger tout cela contre la vie de lamille? On a déjà dit souvent qu'un étranger, membre temporaire du Jockey, po irrait presque se passer de choisir un logement a Pans. Quelques membres permanents même, préfèrent cette vie de phalanslère à la vie de l'ai home.
En effet, on mange au cercle, on s'y habille, on s'y coiffe on s'y baigne, on y joue, on y lit, on y cause; le seul meuble un peu indispensable qui y manque est le lit, et les canapés sont si moelleux que bien des joueurs ont souvent passé la nuit, réparant leurs forces couchés sur ces moelleux divans.
Il y a quatre ou cinq ans, une société d'une dizaine de jeunes gens se réunissait de temps en temps dans le salon de jeu du Jackey pour y passer la nuit. Quand les valets de pied voyaient arriver, vers minuit un de ces noctambules, suivi bientôt de ses amis, ils savaient à quoi s (SU tenir sur le sort qui les attendait. Ils organisaient alors un service de tranchées; un certain nombre d'entre eux se tenaient éveillés pendant que lesautres dormaient. C'eslà cette époque qu'eurent lieu ces parties dignes de joueurs californiens qui donnèrent pour résultat un gain de près de six cent mille francs en faveur d'un très-jeune marquis, beau joueur, qui avait perdu, un an auparavant, une somme a peu près égale.
Depuis ce moment, le Jockey n'a plus la spécialité des grosses parties. Le jeune Cercle de la rue de Choiseul a vu, la première année de sa fondation, des débâcles terribles. Nous en parlerons spécialement. 1
L'ensemble de toute cette vie est fausse et vide, et c'est, à coup sûr 1 ébranlement et l'exlinction de la famille; et ce ne sont pas seulement les hommes du grand monde qui arrangent ainsi leur vie car il y a des cercles pour toutes les classes de la société, depuis l'Union le grand cercle aristocratique par excellence, jusqu'au cercle Gramrnont Saint-Hubert, fondé par des chasseurs, qui, d puis le jour de 1 ouverture ont déposé leurs fusils et continuent la môme partie Descendez encore, vous avez une foule de cercles sans nom qui sont des calés sans la poésie de la dame de comptoir, dispositif d'une main potelée, les petits morceaux de sucre sur les soucoupes.
Ne vous étonnez-vous pas que tant d'hommes d'élite réunis et formant une société puissante comme l'Union n'aient pas une autre idée que celle de se vouer à eux-mêmes avec un entier dévouement?
Quel but se sont-ils proposés autre que celui d'avoir, des fauteuils plus moelleux, d'élever le degré de température de leurs salons en hiver et de I abaisser en été? Quelles sont les infortunes secourues et quelle compensation au vi'ain spectacle qu'offrent tant d'habi's noirs reunis? Si on s'éloigne de sa femme, de ses filles, tous les jours à la même heure, si on s'est fait une habilude de vivre loin de sa famille encore faut-il que ce soit pour concourir à un but plus noble que là satisfaction d'instincts peu intéressants.
On dit que les hommes étant épris des choses de la vie publique veulent vivre dans un milieu où ils sont tenus au courant des idées' des faits, des nouvelles, et que la société des femmes n'a rien à leur apprendre : mais c'est un cercle vicieux : s/il n'y a pas communion d'idées entre les femmes et nous, si nous les trouvons futiles préoccupées de choses dénuées d'intérêts, c'est que nous les tenons soigneusement à 1 écart de tout ce qui se dit ou se fait dans le milieu social littéraire ou artistique. Encore en trouve-t-on quelques-unes chez lesquelles 1 intuition supplée à tout.
Une autre chose me choque vivement. Conçoit-on que ces hommes qui se réunissent tous les jours dans ces salons n'éprouvent pas le besoin d avoir sous les yeux une œuvre d'art; c'est un luxe d'hôtel garni, froid, banal, on sent que ces grands et beaux appartements sont un terrain neutre. Pas un tableau, pas une statuette, rien d'intime, de coloré, de chaud, de vivant. C'était le cas oujamais d'a,oir des peintures, des dessus de porte, des camaïeux, des bronzas, de grandes chasses, des natures mortes dans les salles à manger des panoplies dans les antichambres. Rien de touteela; le budget des dépenses n'enregistre rien pour les jouissances de l'esprit.
On montre avec orgueil au Jockey un bronzj donné par M de Morny, quelques jolis dessins à la plume, épisodes de la vie d'un chasseur; des portraits-cartes, des aquarelles du baron Finot et trois tableaux hippiques de M. Delamarre, tout est à la glorification du cheval. L'amélioration de la race, vous m'entendez bien, la race chevaline. Cet immense dada de toute une génération, ce but radieux
vers lequel tend la société d'encouragement qui se propose deramener tous les chevaux au maigre type du cheval anglais, ce qui nous vaut des aflreux animaux étiques, horribles à voir, qui vous font tête°UVer craiule de les voir se casser quand ils prennent la
Je ne suis pas fou du citoyen Rousseau, mais pour l'amour de Dieu encourageons la race humaine avant d'encourager la race chevaline. Je ne demande pas les expositioi s d'enranls et un bourrelet d'honneur au plus gros baby, mais la gymnastique ne serait pas de trop pour les pauvres petits êtres qui, à dix ans, portent des fardeaux.
Mais pas du tout, nous encourageons la Race, nous l'améliorons, et nous convions les cocottes à nos exhibilions de ces modèlesaméliorés; cest même une fête pour elles; elles célèbrent ces réunions au printemps en meltant des robas Havanes, des chapeaux extraordinaires et en buvant du Champagne sur la voie publique, et leurs cochers se grisent et les tutoient.
C'est le cercle qui nous vaut tout cela, on veut plaire au cercle, on tient a voir sa voiture entourée de membres du cercle, on a des roses dans sa voiture pour en orner les boutonnières de ces Messieurs.il n'y a certainement pas de mal à cela; mais qu'on m'accorde qu'il n'y a pas un seul mot sérieux dans l'encouragement et que le fin mot et le but suprême, c'est le cercle, le plaisir, la proscription de l'élément hvincte qui mvite au respect, à la douce effusion, aux joies tranquilles.
Un de vos Lecteurs.