LE MUSÉE DU LOUVRE
la Venus : on n'a r ua bon
QUARTIER BREDA. — Avis de seize ans payent place entière
QUARTIER BREDA. — Soyez délirât : n'offrez point votre coeur dès la première eitrevue; oubliez plutôt votre canne, surtout si la pomme est enrichie de diamants.
VERSAILLES. — Allez-y plutôt en semaine , et ollrez cinquante centimes à un gardien; il fera jouer les Eaux cxp'ès pour vous, y compris le grand bassin de Neptune.
Par-dessus le marché, il voos offrira une mèche de la perruque de Louis XIV.
VERSAILLES. — N'oubliez pas de visiter les casernes des carabiniers, les plus beaux hommes de France.
Pour entrer dans ce corps il faut n'avoir que 999 pieds de moins que la colonne Vendôme.
VERSAILLES — Surtout n'allez pas voir les grandes eaux un jour où tous les bassins jouent à la fois : il y a trop de foule, et il y a tant de jets d'eaux que vous n'y verriez que du feu.
7W1SAILLES. — Ne prenez point la peine de viiiter le Musée en entier :
tous les tableaux s'y ressemblent. Le peintre a toujours choisi l'instant où, l'armée se couvrant de gloire (t de fumée, on n'aperçoit plus que legenéral qui s'écrie :
Soldats, je suis content de moi !
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N'oubliez pas le rôle important que madame votre épouse peut et doit jouer dans votre vie politique. Quelle soit élégante, reçoive à dîner, qu'on la voie partout : au Bois, à l'église, au spectacle, au concert. Soignez-la comme on soigne un organe de publicité donné par la nature. Qu'elle ne se fatigue pas de demander sans cesse quelque chose pour les autres. Vous passerez pour généreux et votre nom sera répété.
Qu'elle parle dans ses nombreuses visites de vos travaux incessants. Qu'elle fasse entrevoir que tout le poids des affaires difficiles retombe sur vous. Qu'elle raconte comme une bonne fortune de vous avoir arraché pendant une heure de votre cabinet. Point de flatteries exagérées sur vos talents. Qu'elle ne fasse qu'entr'ouvrir récrin de vos vertus et le referme immédiatement.
Laissez deviner seulement vos convictions religieuses; mais que votre femme en parle conlinuellement.
Suivez les offices de. temps en temps, cela donne du sérieux, mais à condition de le faire gravement, officiellement. N'allez qu'à la messe d'une heure, et n'emporlez pas de livre de messe, — pas de mesquinerie, entendons-nous. Ayez le culte et le respect des choses que vous ne pouvez expliquer. On ne saurait saluer trop bas sa propre impuissance.
Aux séances publiques, et pendant que les orateurs du parti opposé au vôlre parleront, affeclez d'écrire des lettres; rien ne leur sera plus désagréable. Travaillez vos ongles, lorgnez dans les tribunes, faites tout ce que vous voudrez pourvu que vous n'ayez pas l'air d'écouter.
Le jour où, prenant la parole, on vous apportera le verre d'eau sucré sur un plateau en argent plaqué, gardez-vous de boire avidement pour redonner de la souplesse à votre gosier, séché par l'émotion .
Ménagez le verre d'eau pour ces moments d'angoisses où la mémoire, les idées, l'aplomb, tout vous manque à la fois, et où, cependant, on vous crie de toutes parts : Continuez, mais continuel don: !
N'allez pas vous mettre dans la tète, en commençant votre discours, que vous allez être pris d'éternuments ou d'un saignement de nez, vous seriez paralysé ; il suffit souvent d'un détail insignifiant pour dérouter l'esprit. La souffrance , causée par des chaussures trop étroites, est un de ces détails qu'il faut éviter à tout prix.
Si vos bottes vous géoent, avant de prendre la parole, n'hésitez pas : ôtez-les sans rien dire; — je suis vraiment confus d'entrer dans ces détails. Leur importance réelle m'excusera auprès des gens sérieux; — ôtez donc vos bottes. Toutefois, n'en prenez pas l'habitude; cela finirait par se savoir.
Le plus sûr, dans le commencement, serait de lire vos discours. Vous pourrez ainsi faire une ou plusieurs répétitions et avoir l'opinion de votre famille avant de vous livrer à la publicité. Avec un discours écrit, vous êtes à peu près sûr de vous tirer d'affaire, si toutefois vous numérotez soigneusement vos pages; si de plus vous avez soin de n'en point oublier la moitié sur votre bureau; et si enfin vous avez assez de sang-froid pour ne pas commencer par la fin.
Ne riez pas, ça s'est vu.
Quand vous changez d'opinion sur une question quelconque, n'ayant pas la tête forte, faites un nœud à votre mouchoir pour vous en souvenir.
Après avoir interrompu les autres, il ne faut pas vous étonner si vous êtes interrompu vous-même. Habituez-vous à être calme au milieu de l'orage. Pour cela faire, imposez-vous de traverser le boulevard, au milieu des voitures, sans interrompre la lecture de votre journal; vous verrez comme cela donne du calme.
Si l'interruption n'est pas violente, et que vous n'ayez rien à répondre, enfoncez la main dans votre gilet et souriez d'un air railleur. Ayez l'air de dire : Je me contiens. Si, au contraire, l'interrup-
tion est bruyante, prolongée, ne vous fatiguez pas à chercher une idée; remuez les lèvres en roulant de gros yeux et agitez les bras. Tout le monde croira que vous avez parlé et, au bout d'une heure, vous le croirez aussi.