‹ La Vie parisienneChapitre 251 sur 662 · COURSES DE LA MARCHE · texte numérisé non relu

COURSES DE LA MARCHE

(Steeple chases)

Le grand Military dans lequel peuvent monter les offici'rs français et étrangers, avait recueilli treize engagements ; — Cinq chevaux seulement se sont présentés au départ et à leur tète le vieux th.. Colonel, ce Erédérick rie nos Hippodromes, qui n'a pu prendre que la troisième place. — L' Africi.ni un cheval solide, appartenant à M. Vaillant, était premier, à l'arrivée, après une fort belle course qui fait le plus grand honneur à un jeuue Sportman, M le comte d'Evry. — Yalter-Gall, monlé par M. le capitaine Smith, était second.

Handicap libre. -- Neuf chevaux engagés; cinq sont partis.

Le jockey de Bank-n est tombé; — Farinloch s'est débarrassé du sien; — A in- runthe, à M. le comte d'Osmont, bien menée par Planuer, a gagné dilficilement d'une demi longueur sur Valenlius, deuxième.

Le prix du parc a été gagné par Miss Muryurel, montée par son propriétaire.

Quant à la physionomie générale de ces réunions, elle peut toujours se résumer fidèlement eu quelques mots habilement distribués: Grelots, — Champagne, — : tapage, — voileite, — poussière, — hardiesse, — élégance, — chutes.

Une autre fois, je placerai tous ces mots à leur place.

[FFEZHKtM.

21 mai 1864.

CHOSES ET AUTRES

Le public se plaignait que le palais de l'Institut, dont les ailes ont été récemment restaurées de fond en comble, avait gardé la blancheur de la pierre neuve, avec laquelle contrastait le bon brun de la partie centrale. Faisant droit a cette réclamation, l'autorité se hâte de faire regratler le monument, Les travaux s'achèvent à Notre-Dame, il ne reste plus qu à rentier, Ne trouvez-vous pas le mot : restaurer de fond en comble, ravissant ? Désormais, on ne dira plus : détruire; on dira : restaurer de fond en comble.

Le plus beau temps du monde a favorisé la Rosière de Nan terre. Le maire de cette honorable jeune fille avait affiché un arrêté, dans lequel se lisait une phrase ainsi conçue :

« La Rosière, dans sa promenade sera escortée et soulenue par la musique de la garde nationale.

Que de médecins dans ce procès de La Pommerais ! Jamais on n'en avait tant vu depuis le malade imaginaire. C'est beaucoup pour une seule femme, et qui se portait bien encore. Les discussions de ces messieurs m'ont rappelé celles des bouts de corde, de l'affaire Armand ; ils se renvoient réciproquement des accusations d'ignorance touchâmes par leur naïveté. A la fin d'une audience, je suis très-convaincu que les poisons n'empoisonnent pas, landis que la suivante me prouve non moins incontestablement qu'on peut fort bien être empoisonné sans poison...

Lors de l'union des trois théâtres, la Porte-Saint-Martin, la Cafté et le Cirque, il avait été convenu que la Porle-Saiut-Martin se réserverait les drames littéraires. Fidèle à son programme, ce théâtre prépare là reprise delà Aonne sanglante, le mélodrame le plus inepte que jamais ait craché la plume d'un honnêle homme.

Simple question. — Pourquoi le Moniteur du toir a-t-il une chronique intitulée : des arts, du théâtre et de la littérature, et ne nous entretient-il jamais que du théâtre?

Rien d'amusant comme les grands journaux. La force de l'habitude les enchaîne aux formes les plus grotesques. Hier, ils disaient sérieusement que les ambassadeurs japonais, se rendant au théâtre, traversaient les Ilots d'une multitude respectueuse. Passe pour flots et la multitude ; mais respectueuse? Les étrangers qui ne nous connaissent que par nos journaux doivent se faire une singulière idée du peuple français. Je ne m'étonne plus, qu'un Orient, on appelle nos princes des sultans. Voyez-vous d'ici nos gamins, tête nue et baisant la terre devant les envoyés du Taïcoun?

, Une chose me fiappe encore dans le procès de la Pommerais. Tout le monde s'occupe avec intérêt de la façon dont est décédée celle pauvre femme qu'on ne peut plus rappeler à la vie. Quant aux chiens, aux lapins, aux grenouilles qu'on immole à son sujet, personne n'y pense. Ces pauvres bêles n'ont pourtant pas fait assurer leur existence.

A Cherbourg, on a tiré dix-sept coups de canon en l'honneur des ambassadeurs japonais. A Chàlons on a tiré treize coups de canon en i honneur du maréchal Forey. Pourquoi ce nombre treize et ce nombre dix-sept? Le maréchal est-n donc aux Japonais ce que treize est à dix-sept? Proportion singulière.

L'Œdipe de M. Moreau est le lion du Salûn. Pourquoi?

Le Sphinx s'accroche gracieusement au paletot d'Œdipe, à peu près comme un pic-vert à J'écorce d'un arbre, en attendant le droit de s'accrocher de même à sa peau. — Cela prouve la solid.lé de l'étoffe. — Il pose à Œdipe la question suivante :

— De qui est la romance Mire dans mes yeux tts yeux '.' Œdipe répond diplomatiquement :

— Elle n'est pas de Verdi.

Somme toute, gracieux animal recommandé parliculièrement à la Société d'acclimatation; — pas méchant et facile à étrangler; mais il faudrait d autres côtelettes que celles que M. Moreau a données à son Œdipe.

Le giand duché de Mecklcinhourg-Schwérin marche décidément à la têle des nations civilisées. Le Ymk-Ztituny nous ;.pprend qu'on vient d'y rétablir la bastoni ade. — Tout noble ou eaetmunn peut disposer en faveur nonseulement de ses lenanciers et de ses domestiques, mais des ouvriers de la ville, qui par hazard travaillent sur ses domaines, de la quantité de vingt-cinq coups de bàlon. Tout a été paternellement réglé : « Les cannes, dit le décret, » q1 i serviiout à cet usage devront, à 1 avenir, avoir une aune et demie, au lieu » d'une aune un quart, et une épaisseur d'un demi-pouce au lieu d'un quart

» de pouce, les anciennes cannes n'ayant pas été trouvées suffisantes pour » produire 1 eflet demandé. »

Si M. Maurice Roux est sans place en ce moment, il pourrait trouver son allaire de ce côté.

A propos de cet intéressant personnage, on raconte que, dernièrement il se présenta a Montpellier chez un de ses plus enragés partions, pour le prier de le prendre a son service.

« — Hé! rron garçon, aurait répondu celui-ci, riche bourgeois désœuvré » tant qu il s'azira de pre-Hre d^ l'agrément dans la rue en cassant des car- » reaux et en criant : a ba» Armand ! ze ziuis toun ami à la vie à la mort- » mais, sandis 1 si tu étais à mon service, zé t'estrangouillerais pour tout dé » bon, oui ! » r

Il s en est fallu de très-peu que l'Académie française fît dernièrement un fr ,!lfl"'.Bf""!"sel"tlll't"t est avenue à elle. Il s'agissait du prix Bordtn. MM. Gmzot, Villemain, de Sacy, Saint-Marc Girardin présentent 1 tlumre de la Littérature anglaise de M. Taine. Quand MM. Cousin Dupin aine, lierryer et Diipanloiip se sont 1-vés tour à tour, ont attaqué la philosophie du livre et ont fini par l'emporter. — Ce qu'il y a de plaisant c'est que chacun de ses adversaires a commencé à déclarer qu'il mettait le \ lent de M, laine hors de cause. Et dire que M Prudhomme se figure encre aujourd nui que c'est le talen; qui est en cause quand l'Académie s'occupe de quelque ebose ! v

A propos de vente. — On vendait, après décès, chez la baronne de X — I uhlic nombreux et choisi, émaillé cependant des biches inévitables — Les meubles se vendaient assez mal, mais lorsqu'on entama les objets de fawtaHe les ■ nik-na<-.ks et les souvenirs, un véritable steeple-chase s'établit enlre les en chérisseurs. Même les cartonnages et sachets de confiseurs, épaves du premier de 1 an dernier, tiouvèrenl des amateurs empressés.

— Vois-lu, ma biche, dit à sa compagne la grande A. C..., une des mêmes ci-dessus mentionnées, il ne faut plus dédaigner, quand elles sont vides, les houes a bonbons. Faut plus les donner à nos femmes de chambre • ça se vend joliment bien dans les ventes.

Une toute petite étude de mœurs. Voulez vous? Nous l'appellerons : l'homme qui n'a jamais plie.

La scène se liasse dans un salon après diuer. A... — Mon cher monsieur, j'ai cinquante cinq ans sonnés; eh bien je

peux le dire hautement, je ne dois ma notion qu'à moi-même et à mon inflexibilité, (il lousseel remue son (atv.) a l'âge de quinze ans, mou père me mit sur la route de Paris avec 17 fr. 50 dans la main et une paire de sabols...

M. B... tenant sa tas-e en l'air — Oui, je sais combien vos débuis furent..

M. A... — Oui, certes, ils le furent, et extrêmement, je vous en réponds! Ah! dame, j'ai lulté! j'ai fait mon trou au milieu des ronces et des épines mais je peux proclamer une chose : je n'ai jamais plié, (il ttttf u sua iuitirtoruteer .tans lu blanc des Jtn ) Vous m'entendez, jamais !

M. B .. — C'est fort beau, (il avale me Kûi'b'ie et fait la grimace.')

M. A... — Je nie serais misé comme l'acier, mais pour plier...

M. B... — Ah! c'est fort beau... Je vous demanderai un peu de sucre

M. A... très-bus a l'oreille de m. n... — || n'y a pas beaucoup de "eus oui pourraient en dire autant par le temps qui court? 1

M. B... — Ah! cerles!... Pardon, un peu de sucre.

M. A... (avec un rire amer. Il présente le sucrier.) — Non , il n'v en a pas beau- Coup; je dirai même qu'il n'y eo a pas. " M. B .. — Cela ne m'étonnerait pas.

M. A... — Tenez, voilà Vermihac qui est sous-chef du contentieux. M. B... — Charmant homme!

M. A... — C'est un plat valet !

M. B... — Pas possible... Non, merci; jamais de liqueurs M. A... — C'est comme je vous le dis. Voyez-vous, je sais si, r Vermillac des histoires !. C est un homme qu'on ne peut pas voir... 1] s'est conduit avec moi... ,lai failli 1 écraser. Figurez-vous, qu'à la suite d'un» discussion ,,ù il ne m avait pas laisse dire un mot, fort de mes convictions, je lut dis • Vermillac, ce que vous dites là est absurde. A ce mot d'absurde, monsieur voilà un homme qui devient rouge comme un coq. Il me prend par les épaules nie lance un coup de pied et me précipite dans l'escalier. J'arrive au bas, meurtri et sans chapeau. — Bon Vous sentez qu'avec mon caractère je né pouvais pas en rester là. Je lui crie d'une voix uù vibrait la colère : Vermillac mon chapeau. J'attendis un inslant, décidé â tout. Enfin, il me lança mon chapeau et n fit bien, mon cher; j étais comme un lion! M. B... — Vous l'avez revu depuis,-?

M. a... — Le revoir! Vous ne me connaissez pas, mon cher- nour res choses-la je suis inflexible! v

IFFiZHElM.

F.', crac !!! voilà le miracle opéré, sans qu'il tombe un seul morceau de terre.

Page 1