UN RANG DE STALLES A L'OPERA
I —Le strapontin II.— Le Persan
Stalle n" 1. — Un monsieur que l'administration , sous prélexle do. lui faire voir les Huguenots, a condamné au mouvement de va etvient des diables à ressort renfermés dans des boîles. Pjr le fait, la stalle n° I n'est pas une stalle, mais un strapontin (instrument de supplice chez les Chinois, p'ace de faveur chez les barbares d'Europe). L'être humain, assis sur cette machine si maussade, en éprouve de telles crispâlioos que demain il écrira dans le Fo"et, u journal de la critique impartiale » , que Mlle Sa,\ n'a pas de voix et que Faure ne sait plus chanter... Mais le Fouet paraît dans la poche de son rédacteur en chef!
Stalle n" 2. — Le Persan... Le bruit a couru qu'il y avait trois Persans : un pour l'Opéra, un pour les Italiens, et un autre pour 1 Opéra-Comique ; car il est immanquable de rencontrer lous les soirs dans ces trois théâtres, la même barbe blanche, surmontée du même bonnet fourré. Mais on en est revenu. D'après dos documents nouveaux, il paraîtrait que le Persan, au moyen d'une bonne voilure, avec cocher, chevaux et tout ce qu'il faut pour rouler vite, s'en va faire de sept heures à minuit sa tournée quotidienne à l'Opéra, aux Italiens et à l'Opéra-Comique, et qu'ainsi il y a en lui trois dilettantes en une seule personne. (Entre ces deux versions, il faut préférer la première, mais se rendre à la seconde.)