LE MANOEUVRE
Le capitaine. — Allons mes enfants ! de la poigne ! sapristi ! de la poigne !
2 juillet 18fl-f .
Pour ira cheval de pur sang Vermout a le jarret considérablement coudé — mais tout ce que j'ai dit de la croupe et des articulations supérieures explique cette conformation, je dirai plus, la commande.
Eh bien ! les détails que je cherche à donner précis, car j'ai vu n'indiquent rien ou presque rien. — Vermout vaincu n'en était pas moins le cheval dont je viens de vous donner le signalement. — Ce qui le distingue et le place haut, c'est son courage, sa force, son cœur et aussi sa docilité — Un homme fabriqué comme "Vermout serait certainement un génie.
Ce que je dis là dépasse la mesure, n'est-ce-pas? Très bien, mais le monsieur qui porte un médaillon contenant des crins de Vermout. — mais le grand seigneur anglais qui fait chaque matin demander télégraphiqùement comment Vermout a passé [a nuit — mais le public qui achète les foulards - Vermout et les photographies — mais P. Blaquières qui compose Vermout-galop, - tout ce monde, est donc fou !
L'Angleterre nous eût rendu une île pour que le grand prix de Paris fut inscrit à son avoir.
A 4 heures et demie du matin, le coq chante, le chien jappe, les chevaux hennissent et trépignent. — La. porte s'ouvre, Vermout est conduit à la promenade (en couverture) dans l'allée des lions; — cinquante chevaux le reconnaissent au passage, — il marche doucement au trot ou au pas ; — les jockeys, étrangers à son écurie, le contemplent sans jalousie, car il est maintenant indiscutable. — In peu avant 7 heures, on le rentre; quelques soins de toilette précèdent son premier repas composé d'eau à discrétion, trois kilos d'avoine, un kilo de foin parfumé. — Il se repose quelques heures en liberté, puis reçoit son peintre ordinaire, Martinus Kuytenbrowner.
A midi, deuxième repas, à 5 heures nouvelle ration, — puis le repos, le silence, la méditation peut-être. — L'homme qui dirige et surveille cette santé précieuse se nomme Thomas Carter the see#n& — Il appartient à cette dynastie des Carter qui règne dans beaucoup d'écuries continentales. — Désormais le nôtre sera désigne par le nom de Carier- Vermout.
Je ne puis pourtant laisser cette étude incomplète. — Elle le serait si je passais sous silence le caractère de mon cheval. — Le cheval de M. Delamarre. est bon, docile, franc, courageux, mais impressionnable à l'excès. — Vous pouvez le caresser en lui parlant, en le prévenant, mais qu'un attouchement imprévu le surprenne, il bondit par détente comme si vous pressiez un ressort — Un flocon de duvet qui le froisse, une porte brusquement poussée, un cri, l'eau du robinet réveille sa fougue et lui jette le diable en tète.
Aussi ne lui ai-je point parlé de Blair-Athol, malgré la parenté qui l'unit à ce rival. — Voici comment s'établit cette parenté :
Vermout est fils de Vermeille et de the Nabob.
Vermeille est par the Baron — or, the Baron engendra Stockwell, père de Blair-Athol.
Etablissez maintenant la parenté : — Vermout et Blair-Athol sont cousins à la mode de la Grande-Bretagne.
IFKEZHEIM.