‹ La Vie parisienneChapitre 330 sur 662 · TIOT3 A.X · texte numérisé non relu

TIOT3 A.X

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deux, tournant au- .

tour du cou, marque le devant de la robe jusqu au bas de la jupe.

La manche, demi ajustée est illustrée de ce même entre-deux qui la traverse du haut en bas.

La jupe, très longue, est garnie d'un volant de moyenne hauteur. Ce volant à petits plis est bordé d'une haute valencienne et se rattache à un large entre-doux brodé qui en forme la tète.

Tous ces entre-deux de la jupe, des manches et du corsage, ont pour transparents des rubans roses : c'est frais comme une matinée de mai.

La Grande Maison de Blanc se met en mesure de donner avant peu les fantaisies de fin d'été et les nouveautés d'automne. Ce sera une véritable exposition de petites merveilles.

Chez Alexandrine, c'est toujours le pittoresque et la poésie qui régnent : des chapeau de ville transparents et légers comme la vapeur du matin; des casquettes provoquantes avec leur voilette loup; des coiffures de dîner et de soirée pour la saison des eaux; en un mot, des créations de toutes sortes, originales, inattendues et toujours d'un goût irréprochable.

Voiciquelquesmodèles choisis dans ses salons :

Chapeau de tulle noir bouillonné et égayé par un bouquet de coucous aux longues tiges posé un peu de côté sur le fond. A l'intérieur, m second bouquet de ug coucous avec fleurs semblables enchevêtrées dans les tiges.

Bouillon de tulle noir et joues noires.

Le chapeau Vermouth (le héros du jour avait bien droit à cet honneur), c'est une sorte de casquette, genre jockeyclub, bordée de velours noir brodé de paille. Long nœud de ruban nuancepaille retenu surl'un des côtés par une corje de paille. Une plume noire traver-

Amazone anglaise.

I! -fi'

9 juillet 186-1.

sée d'une petite aile orne le devant de ee chapeau, qui est remarquablement joli.

Capuchon de blonde blanche à pois, formant pèlerine derrière et écharpe devant. Le derrière de ce capuchon est orné d une barbe de blonde qui se retourne comme un bonnet breton. Un nœud nuancecorail, orne l'un des côtés de la capuche, faisant ainsi pendant à une branche de corail qu'orne Pauirc.

Ce capuchon est fort commode pour la promenade et les sorties do soirées. Il est surtout élégant et coquet.

Parlerons-nous des cot-tumes de bains de mer? Ils sont variés à l'infini et cependant, chaque jour, la Compagnie Lyonnaise en crée encore.

C'est dans ce temple du bon goût qu'il faut se rendre si l'on veut se faire une idée exacte de tout ce qui est adopté.

J'y ai remarqué des petites vestes noires, en faille, d'un modèle charmant. Ces vestes sont enrichies de broderies, de jais ou de dentelle. Voilà qui complète admirablement les demi-toilettes avec chemise de foulard, de cachemire brodé, ou de batiste.

Il y a aussi les vestes marines pour braver la fraîcheur du matin et du soir. De même que les rotondes elles sont très originales d'ornements et de couleur.

Commerobes, j'ai remarqué à la Compagnie Lyonnaise un poil de chèvre nuance-mastic avec broderie camaïeu etnoire.

— Un autre, de huance-grisclair, avec disposition de médaillons bleus entourés d'une riche broderie de chenille noire. Ces deux robes sont d'un très charmant effet.

Pour jeune tille, je recommande la toiletie jardinière :

une toile grège de nuance très claire avec légère burdure brodée, robe et vêtement.

Le salon des châles offre une exhibition de véritables chefs-d'œuvre de travail et de richesse. Il y a là du quoi satisfaire aux exigenres du luxe le plus royal, mais au-si de quoi contenter la femme la plus modeste dans ses habitudes et dans ses goûts.

J'en diraispresque autantdu salon de dentelle, si la dentelle n'était complètement luxa par elle-même.

Toutefois ce luxe est abordable pour toutes, aujourd'hui que la dentelle de Cambrai peut remplacer celle de Chantilly.

Ces deux dentelles sont exactement semblables à l'œil; la seule différence qui existe entre elles c'est la modération de prix et la solidité qui distingue la première de la seconde. Cette différence-là devient pour toutes les femmes une considération sérieuse.

Comme dentelle de faniaisio, la dentelle de Yak est très à la mode. D'un blanc légèrement teinté, elle sied au visage dont elle fait ressortir l'éclat. Vaporeuse comme la plus fine dentelle, el e est assez consistante pour préserver le cou et les épaules d'un air trop frais à cette heure du soir, où les bedes épaules frissonnent et se cachent.

Pour bains de mer je recommande donc le burnous de Yak; un très charmant et très pittoresque costume.

Pour toilette de ville on choisit, surtout à cette heure, l'écharpe de dentelle de Cambrai, et pour demi-toilette l'écharpe de dentelle de Yak.

Le voile milanais et la mantille espagnole de Cambrai se portent beaucoup aussi en coiffure.

N'oublions pas la dentelle de lama. Cette excellente dentelle de laine à la fois légère et solide qui remplace désormais la guipure avec tant d'avantages.

11 ne s'agit plus aujourd'hui pour être très élégante , de dépenser des fortunes illimitées. On le voit, les costumes "de dentelle sont — grâce aux dernières dentelles que je viens de citer — à la portée de bien de femmes. Cependant, sous neine de lèse bon goût, on ne doit porter que les vraies dentelles de Yak, de Cambrai et de lama. On n'a, en les achetant, qu'à exiger le mot o vrai » sur la marque.

Avec les toilettes transparentes rien n'est important comme une

Peignoir Watteau, d'après un modèle de la Grande Maison de blanc

taille ronde et mince, libre d'allures et par conséquent gracieuse:

Grâce à la célèbre ceinlure-.règtnte, il n'est pas de femme élégante qui n'ait cette taille aujourd'hui. Ce mignon corset a été créé d'après les lois de la slatuaire. C'est le progrès parvenu à sa dernière limite. 11 ne s'agit pour recevoir la ceinlure-regente. que d'envoyer ces mesures qui doivent être prises étant habillée :

Tour de la taille à la ceinture.

Largeur de la poitrine.

Tour des hanches.

Longueur du buse.

Longueur do la taille sous le bras.

Le point essentiel est d'adresser sa demande aux inventeurs mêmes

de la ceinture-régente (M mes de Vertus, Chaussée d'Antin), car ces dames n'ont conlié à person $ le dépôt de leur gracieuse innovaùon, et les contrefaçons abondent.

Le'corset, étant presque entièrement abandonné, depuis cette inveniion qui rend aux femmes le droit de respirer et de vivre, c est à qui des faiseurs de corsets invente ra une ceinture plus ou moins hygiénique. Mais que toutes ces imitations plus ou moins risquées sont loin de leur modèle!

Outre la perfection de la taille, il est encore deux autres conditions indispensables à la beauté d'une femme :

La fraîcheur du teint etl'irréprochabilité des dents.

M. De)urdin fils: médecindentiste, boulevard de Sébastopol, rive droite, a écrit les règles hygiéniques pour la conservation des dents. Cette petite brochure est très précieuse pour vous madame, si vous avez gardé intactes vos trente-deux perles. Dans lecas contraire consolez-vous. M.

Dejardin a reçu à Paris un (diplôme d'honneur — à Londres, une médaille de première classe, pour les grands progrès qu ii a fait faire à la prothèse dentaire.

Son nouveau système est, non-seulement la négation la plus complète des pièces en hippopotame ou à plaques et ligatures métalliques, mais olï're encore sur le caoutchouc dit vulcun si, l'avantage de ne pas être comme ce dernier, d'une épaisseur très gênante.

Ce système consiste en un émail tendre, reproduisant la couleur naturelle des gencives avec une perfection inconnue jusqu'à ce jour, en même temps (qu'il offre une. grande solidité par son application molléculaire. Ces dentiers se posent aussi sans ressorts.

Quant aux soins hygiéniques de la toilette , le secret s'en trouve détaillé dans le livre 'de beauté, signé Louis Claye, le directeur do la Rtine des Abeilles (maison Vio'et).

11 n'est pas de femme qui n'ait ce livre en grande estime pour plusieurs raisons. La première et la meilleure, c'est qu'on y trouve le secret de rester belle et de garder longtemps cette précieuse jeunesse qui s'enfuit si vite 1

La seconde, c est que ce livre est écrit avec une science incontestable, et que cette science est détaillée sous une forme mondaine et variée qui en dissimule 1 nridité.

Or, les femmes du monde, aiment à s'instruire, mais en s'amusant, et à condition qu'on leur parlera leur langage. « Les Talismans de la beauté » ne pouvaient donc manquer d'être chaleureusement accueillis.

Maintenant, si j'ose ajouter un conseil aux conseils précieux de M. Louis Claye, je rappellerai que la Reine des abeilles offre, entre mille excellentes compositions, une parfumerie aux violettes d'Italie, qui ne saurait manquer de paraître exquise aux femmes de goût.

S approprier un parfum est uu grand art, et la senteur si fraîche et si douce de la violette, est particulièrement aimée.

La parfumerie aux violettes d'Italie se compose d'un baume et d'un savon pour les mains, puis d'une pommade fluidifiée, d'une crème froide à la violette d'Italie pour le mouchoir et d'une eau de toilette connue sous le nom d'acidulé de violettes.

9 juillet 1864.

Outre la parfumerie aux violettes, je recommande vivement la merveilleuse crème, Pompndirur, qui conserve au visage sa juvénilité ; — la fleur de riz qui donne le velouté de la fleur; — le sa>on royal de thridace pour les m-iins et l'eau de beauté de S. M. l'impératrice. Avec tous ces précieux talismans une femme n'a presque plus à redouter le temps.

Vicomtesse de **'.

Voici la belle saison qui fait son chemin ! On s'amuse à la campagne, sans s'inquiéter à quoi on emploiera utilement, l'hiver, ses moments de loisir. Mais nous y avons songé pour ces messieurs et sunout pour ces dames, qui composent le monde d'élite de nos abonnés, en fouillant da'-s les nouveautés du jour ; entre tontes, nous leur recommandons un ouvrage théorique, lequel, sous ce titre: Orchestration traité d'instrumentation, pur M. Alfred Quentin, membre de l'Académie Impériale de musique, vi eut combler dans la mus qué une immen-e lacune, et dont la haue importance, la clarté et. la grande Concision, qualités exceptionnelles qui le rendent nécessaire à tout le monde, doivent assurer le succès.

CHOSES ET AUTRES

Une épidémie sévit en ce moment sur les lièvres. On écrit de tous les côtés, qu'ils se laissent prendre à la m iin. Ce serait une bénédiction qu'une épidémie pareille. M ilheureusement, je persiste à croire que les lièvres cesseront de se conduire aiusi quand la chasse sera ouverte.

Ce qu'il y a eu de plus remarquable aux dernières courses de Vincennes, c'est incontestablement l'averse. Il n'y avait que des voitures découvertes. Une dame du plus haut monde a été aperçue son jupon sur la tête. C'était na- . vrant.

Vous n'êtes pas sans avoir entendu parier des soixante et onze testaments du commundenr da Gama Machado. C'est un des spectacles les plus amusants du siècle que de voir attaquer, comme incapable de tester, un homme qui s'ist donné la peine de faire soixante et onze testaments.

I a «éprise de la Comtesse d'Escarbar/nns n'a pas plus réussi que celle à'néraclius. L'interpréta ion n'a pas été digne du Hiéàtre-Franç-iis. — Comme je me plaignais de ces reprises, quelqu'un m'a répondu, avec beaucoup de bon sens, que cela vaut toujours mieux que de reprendre la Considération.

Dans la salle Saint-Jean, à l'IIôtel-de-Ville, se sont réunis demiè-ement deux mille employés du commerce de nouveautés; le vulgaire insolent dit Calicots. On aurait pu croire, au premier abord, que c^tte aimable jeunesse nourrissait des intentions hostiles aux mardi nds rie drap on à l'o-dre public II n'en était rien. Elle se rassemblait dans le but d'écouter quelques paro'es bien senties, tendant à faire pénétrer dans ces âmes en fleur la nécessité de se réunir en corps et de narguer les vaudevillistes en c 'Mira, Acclamations unanimes. On appellerait ce "te société, dont le besoin se faisait généralement sentir : la mutualité commerciale.

La pièce des Folies-Dramatiques ne parait pas étrangère à cette résolution. On a firme que les coiffeurs, poursuivis récemment par les Variétés, ont conçu une idée identique. Tenons-nous bien.

... Si c'est pour cela que la Société de Saint-Vincent de Paul a été supprimée

«Un bruit assez étrange est venu jusqu'à moi » et j'imite, jusqu'à plus ample informé, l'incrédulité d'Achille. MM. Ve.uillot, i!e Pontmartin et Barbey d'Aurevilly se seraient réunis pour acheter un journal folichon. Les natures étranges n'étonnent jamais. Mais que fait sur une aube un habit d'arlequin 1

Paulin Ménier va décidément jouer l'Avare ; Frédérick-Lemaître veut, diton, jouer Tartuffe ; quant à Mlle Thérésa, elle n'attend que les premiers jours d'hiver pour déclamer le rôle d'Hermione.

M. Mathieu (de la Drôme) tient à faire parler de lui. En creusant dans son jardin (M. Mathieu ne regarde pas toujours les astre*), le prophète a trouvé une grosse pierre. Jusque-là rien d'étonnant. Dans cette pierre, il y avait de l'eau. M. Mathieu (de la Drôme) prouve que cette eau remonte à l'ère des Césars. Cette eau serait une antiquité romaine. A qui donc se fier, bon Dieu?

Signalons une charmante innovation en libra;rie. Des éditeurs se sont mis à publier des volumes cartonnés à l'anglaise, et dont 1rs feuillets sont tout coupés. C'est délicieux en wagon, c'est non moins agréable au coin du feu. Ces diables de couteaux à papier s'égaraient toujours.

Lisez dans YOpinion nationale de lundi dernier la description, — certifiée exacte par un notaire du Canada, — des faits et gestes d'une jeune personne ayant pris la déplorable habitude d'avaler vingt à vingt-cinq anguilles vivantes par jour. Elle aurait même été jusqu'à en t-valer cent dix-neuf ou cent vingt, je ne me souviens pas au juste. Pour tout dite, le jour des cent vingt anguilles, elle se sentit une petite pesanteur sur l'estomac, pas grand chose, mais enfin sa digestion était embarrasée. Elle fut forcée de prendre une tasse de tlé.

— Je sais que cette habitude me jouera un vilain tour, ajouta la chère petite, avec une candeur charmante, mais que voulez-vous ? j'aime cela. Si ell3 aime cela, cette enfant.

On assure qu'un lord anglais a mis à ses pieds son nom et son immense fortune. Lisez cela dans YOpinion nationale de lundi, c'est un joli morceau.

Ce petit fait me rappelle un de mes amis, fort beau garçon, les yeux à fleur de tête, frais sous le linge, un chatmant. homme en un mot, qui avait la déplorable manie d'avaler des paratonnerres avec leur chaîne. Au bout de deux ans à peine il avait, l'estomac comp étement ruiné.

Si YOpinion nationale avait su l'histoire de cet ami-là! Mais je la destine au Moniteur.

Tartuffe, le Dépit amoureux ont inauguré l'avènement delà liberté théâtrale, au Théâtre-Oéjazet. J'aurais préféré voir Molière interprété par 1« troupe habituelle du théâtre. — Malheur us 'ment ladir ction a cru devoir engager des acteurs de l'OJéon. Mais le public était toujours le mê > e, et il était assez curieux de voir de quelle façon serait digérée cette forte et substantielle 1 ttérature par des espFits nourris des mièveries épicées de notre époque. Tartuffe, avec ses grandes lignes bien accentuées, sa thèse toujours sympathique en France, ses caractères carrément arrêtés, devait évidemment saisir le pub.ic par tous ses côtés à lafo.s. — Mais le Dépit amourcuxl

C'est Gros-Re"é et Mariette qui ont intéressé la salle. Le langage, risqué de nos jours, que Molière donne à ses valets, et qui était, du reste, dans les mœurs de l'époque, a commencé par étonner, puis a séduit. En outre, l'acteur chargé du rôle de Gros-René, qui ne manque pas d'entrain du reste, a semblé se trouver en face d'un public de connaissance, et la saisir de suite par son côté faible, — il a chargé. A partir de ce moment, y ux et oreilles ont été tendus vers lui, et je ne pu s dire quelle pénible impression m'a produite ce jeu de queue-rouge roulant brutalement un comique grossier à travers la trame délicate de cette fine étude de l'amour.

Ainsi, cette charmante scène d'Eraste et de Lucile si fine, si vraie ; cette spirituelle analyté du cœur humain a été complètement perdue : le public était tout occupé à regarder les balourdises deGros-tSené, cherchant en cp moment des effets de manteau. Ut lorsque ce dernier a à débiter sa désopilante théorie sur la femme, il le fait avec des cris et des gestes de clown; on sent du'il ne pense pas un seul m it de ce qu'il dit, et que ce qu'il cherche avant tout, c'est à faire rire, n'importe par quel moyen.

Tartuffe a été aussi bien joué que pos-ible par des gens qui possèdent la tradition. Comme je l'ai dit, c'est une de ces pièces qui frappent toujours, quels que » soient d'ailleurs et et même ceux qui l'entendent ceux qui l'interprètent.

Seulement là encore, l'effet brutal a primé la nuance et le public a doublement perdu ce tour de force de double entente, lorsque Elmire, poussée à bout parle silence d'Orgon, caché sous la table, s'écrie :

Enfin je vois qu'il faut se résoudre à céder;

Qu'il faut que je consente à vous tout accorder, etc.

Pendant cette tirade, la salle entière était occupée à regarder le jeu audacieux des mains de Tartuffe.

Pour finir, une. histoire de soldat; elle n'est n'est pas bien drôle, mais elle vraie.

Le dragon Frheim était dans les vignes, comme dit Charlet. C'était un grand Alsacien, pas mélancolique du tout, et ayant, au contraire, le vin très gai. Cette fois, sa gaieté avait pris des proportions extraordinaires. Par malheur, il frôla Cocotte de trop près; Cocotte avait mauvais caractère, elle lui allongea uue ruade qui l'envoya rouler bien loin sur le pavé. On accourut -, la commotion l'avait rendu insensible • on le crut mort.

L'Alsacien reprenait ses sens lorsqu'on apporta le schnik, que l'adjudant avait envoyer cherché à la cantine. Croyant à une médecine qu'on voulait lui faire prendre, Frheim l'éloignait avec répugnance de ses lèvres; mais reconnaissant le parfum, il ne se fit plus prier, il al ait même si bien, que l'homme qui tenait le flacon, s'apercevant qu'il ne restait plus grand ci ose au fond, ne savait pas s'il devait continuer le traitement, qui faisait pourtant son effet, puisque à chaque interruption, le malade donnait les marques d'un redoublement de souffrances. Tout fut avalé. — Ça n'allait pas mieux ! Et le docteur qui était parti jusqu'au lendemain ! Que faire ?

N'étant pas à même d'apprécier la gravité du cas, l'adjudant commanda quatre hommes et un brigadier, et fit. porter sur un brancard Frheim au Val-de-Gràce. A l'arrivée à l'hôpital, lVide de service ne reconnaissant aucunes lésions, ne trouva pas l'état du blessé assez sérieux pour l'admettre dans les salles. Le brigadier, qui ne voulait pas avoir fait la course pour rien, y mit de l'entêtement, s'obstina à le laisser, et partit après avoir commandé demi-tour à ses hommes, qui tremblaient, déjà d'avoir leur camarade à ramener sur les épaules. On alla, ce qui valait, bien mieux, boire un coup avant de rentrer au quartier.

Là, une grande surprise les attendait. La première personne qu'ils aperçurent, ce fut leur malade qui était revenu p'us vite qu'eux. Voici ce qui s'était pas-é Doucement bercé pendant le trajet, Frheim s'érait endormi pour ne se réveiller, un peu en sursaut, qu'à l'examen du médecin ; ayant assisté à la discussion qui s'était élevée à son sujet, ce n'était, pas sans une certaine inquiétude qu'il avait vu partir ses camarades. Un peu bousculé par les gens qui étaient autour de lui, et effrayé de certains appareils menaçants, il finit par dire : « Si fous foulez, je fais essayer te m'en aller.»

Et il court encore. X.

9 juillet 1864.

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