‹ La Vie parisienneChapitre 374 sur 662 · SIMPLICITE · texte numérisé non relu

SIMPLICITE

J'ai épousé Jules par amour, tu lésais; notre fortune était raisonnable. Je connaissais ses goûts de comfortable, en même temps que^sos goûts d'élégance ; le problème à résoudre était donc d'arriver à avoir une bonne maison et d'être une femme à la mode, tout en restant dans certaines limites.

La première année, rien de plus facile : de nouveaux mariés ne sont pas tenus d'avoir une maison, et quant à mes toilettes, mon trousseau et ma corbeille, y pourvoyaient largement; vint ensuite la naissance de ma fille et mon voyage de deux années en Italie. Ce ne fut qu'à notre retour à Paris que la question commença à se compliquer : il s'agit alors de mouler notre maison depuis l'écurie jusqu'au boudoir de renouveler mes dentelles et mes cachemires démodés, et de faire remonter, mes diamants, d'ailleurs assez mesquins. Un conseil de ministres fut tenu entre mon mari et moi, pour établir notre budget

6 août 1864.

On n'a rien de plus pressé que de quitter Paris; l'on en est à peine loin qn'on en recueille avidement, les moindres nouvelles, et qu'on oublie de déjeuner pour apprendre ce qui s'y dit d'Eslher en musique, de Bon Quichotte au Gymnase, des fêtes de Versailles, et du Cours de Gastagnette et de la Rente.

Nous allons avoir beaucoup de monde ce soir, et j'ai besoin de tous les domestiques; tu vas amuser les en lants jusqu'au dîner et empêcher qu'ils ne se salissent, n'est-ce pas mon ami ?

— Allons Raoul, il faut nous en retourner, nous voilà loin du château et nous no sommes pas trop rassurées.

— Ron ! est-ce que je ne suis pas là, mesdemoiselles.

Page 1