DU COURAGE
— Ou s dcviens-tu donc, homme mys- *^^A\w<. térieuxl on ne te voit plus nulle part, ciiimé- 'n^eM'ourte rencontrer il faut venir sur —. f/nP* cette jetée, où il n'y a jamais personnel
— Plus qu'une petite heure de montée pour arriver là-haut.
3PMB f/M cette jetée, ou il n'y a jamais personnel yÇr — chut ! je laisse pousser ma barbcjl;
Vois donc, maman, la belle bête que nous l'apportons pour ton aquarium!
— Pile -moi. h adame, est-ce que les enfants paient place entière dansiàrnèïi
Si ce n'était le cœur, quelle belle chose qu'une promenade à la haute-mer!
6 août ISG'j.
ton ou la bouteille de Falstaff. A défaut des unes, j'ai pris l'autre.
Ah bah! il y a du bon partout, allons Fœdor, fouette! fouette!
Il saisit la bouteille.
Vole ! vole ! ma Troïka A travers la steppe immense, Tais tourbillonner autour de oi Lu ni-ige en légers flocons.
Puis il poussa un terrible éclat de rire, vida d'un seul trait la bouteille, la lança contre le mur, tourna sur lui-même, et s'abattit comme une masse.
Il était ivre-mort.
— Eh bien! me dit Ivan Ivanowich, en me versant une nouvelle tasse de thé! Met ez Marie sur le trône, cet homme est un Menschikoff.
Voici pourquoi je l'appelle la petite Catherine.
Un PiEGAltDEU'.l.
GUERhE D'AMÉRIQUE (1) — UAE HALTE EN Yl KG 1 N E
MADISON COUHT-HOUSE
En Virginie, où tout concourt à rendre la vie facile, la fertilité de la terre, la douceur du climat, la salubrité des eaux courantes, une ville agréable n'est pas chose rare. Cependant il en est une qui trouve le moyen d'être plus charmante que les autres : c'est la ville de Madison. Les habitations sont construites avec plus de goût que partout ailleurs; les femmes qu'elle renferme yont une grande réputation de beauté par toute la Virginie, qui se pique, non sans raison, de fournir le pins fort contingent de beau sexe aux Etats-Unis.
Madison usurpe bien un pi u son nom de ville : sa grand' rue est large, proprement pavée, il est vrai ; mais de rues transversales il n'en faut pas parler, car il n en existe pas. La seule chose qui motive les prétendons de Madison à être grande ville, c'est le privilège qu'elle a d'ajouter à son nom C.-H., ce qui veut dire Gourde justice; ce titre est motivé par un grand bâtiment en briques placé vis-à-vis de l'cgltse et qui n'est autre que la maison de Justice du comté.
Les maisons de Madison. moitié bois, moitié briques, sont toutes exhaussées sur une maçonnerie qui les protège contre l'humidité; élévation qui rend nécessaires 5 a G marches qu'il faut gravir pour entier sous un port que fort coquet où toute la famille s'installe pour humer la brise du soir et inspecter ce qui se passe dans la rue. Ces habitations hautes de deux étages, quelquefois trois, ne différent t litre elles que par les détails d'architecture, vari- s à l'inlini, ^elon les caprices nés propriétaires; car toutes ont ce point commun qu'elles sont entourées dans des t uffes de végétation qui souvent empêchent de les apercevoir.
Les chênes blancs, les hêtres les acacias, les lilas, les noisetiers, les églantiers; unissent leurs feuillages serrés pour former tout autour un impénétrable rempart derrière lequel des myriades de fleurs odorantes s'épanouissent; puis des rosiers géants grimpent 'jusque sur les toits et leurs boutons semblent vouloir pénétrer par toutes les fenêtres. Les vignes vierges rampent le long des gouttières et les liserons s'infiltrent dans toutes les fissures. Dans quelques maisons cependant les plantes vagabondes sont proscrites ; d'abord celles de l'épicier— mercier— cordonnier— horloger, celles des docteurs —pharmaciens—vétérinaires, la maison de justice — prison, les deux auberges et l'église. 11 y a aussi les habitations de deux ou trois hommes de loi qui se pas.ent de fleurs.
Malgré ces lacunes, tout semble respirer la santé, le bien-être, la joie à Madison ; à condition toutefois que l'on ne s'aventure pas à jeter un coup d'oeil indiscret au delà de la grand'rue, car alors on s'aperçoit que cet Eden a aussi son enfer. Derrière l'élégante habitation, les fleurs embaumées cachent honteusement les tristes et sales cabanes en bûches et en torchis, aux poutres enfumées, où croupit la population noire.
Depuis trois jours déjà nous occupions Madison , et, si ce n'est quelques vieillards rechignés, une troupe d'enfants curieux et plusieurs nègres, nous ne connaissions rien de sa population. De temps en temps, sur notre passage, un coin do rideau se soulevait et nous permettait d'apercevoir de jolies tètes de femmes dont les lèvres se plissaient avec amertume et dédain, dont les yeux étincelaient de colère. Mais peu à peu la curiosité féminine l'emporta; les fenêtres s'ouvrirent une à une, les jolies tètes se hasardèrent si bien que le cinquième jour toutes les ladies, grandes et petites, de l'endroit, se trouvèrent sur leurs terrasses, se balançant dans leurs fauteuils à bascule, et observant avec une scrupuleuse attention nos allées et nus venues. Fnfin cette allure boudeuse disparut complètement contre toute prévision, grâce à quelques soldats maraudeurs qui eurent le bon esprit de dévaliser un poulailler. En effet, la brave femme victime du délit accourut au quartier général, toute échevelée, pour réclamer aide et protection. Le général la reçut courtoisement et lui accorda une sauvegarde pour protéger sa propriété. Bientôt cette nouvelle
(I) Voir les miméroe : 13 février, 6 avril, 18 juin, 23 juillet.
se répandit dans la ville et le quartier général fut envahi par une foule de propriétaires demandant la même protection contre les pillards futurs. Le général, sans se l'aire prier, leur donna tout ce qu'elles voulurent; la glace fut rompue, et le soir même des nègres nous apportèrent de la part de leurs maîtresses des fruits, des poulets, des légumes, etc.,. toutes choses que nous n'aurions jamais pu nous procurer la veille même à prix d'or. Enfin ces belles dédaigneuses, sous le plus futile prétexte, accouraient au quartier général ; elles mettaient autant d'acharnement à satisfaire leur curiosité que deux jours auparavant elles avaient mis d'obstination à ne pas contenter la nôtre.
Le dimanche suivant, Madison ne fut plus une ville, mais une véritable corbeille de fleurs, lorsque ladies et miss sortirent du prêche paréos de leurs robes de couleurs pius éclatantes qu'harmonieuses ; soies, gazes, velours, mousselines, plumes, tout cela scintillaient au soleil de midi.
Cependant, nos jolies ennemies, ne purent s'empêcher de faire une manifestation politique. Comme pour entrer ou sortir de l'église, il fallait passer devant le quartier général, au dessus duquel flottait le drapeau de l'union américaine, ces dames affectèrent de prendre l'autre côté de la rue. Cette gaminerie nous fit rire, car nous songions que, lorsqu'il s'était agi de défendre leurs poulets , ces belles ijeveshs n'avaient pas eu pareil scrupule, et qu'elles étaient bien venues nous trouver, quoique le drapeau qu'elles abhorraient ornât notre porte.
Cependant, cette bonne harmonie ne fut pas de longue durée, car, plusieurs esclaves s'étant échappés et réfugiés parmi nus soldats, leurs maîtresses vinrent les réclamer. Nous eûmes beau leur démontrer que si la propriété qui s'était enfuie ne voulait pas rentrer au bercail de sa propre autorité, personne, pas plus nous que d'autres, ne pouvait l'y contraindre. Elles s'emportèrent alors en imprécations et en injures, et l'une d'elles, frêle blonde de 16 ans, me répondit même, en me foudroyant de ses grands yeux bleu-clair, devenue tout à coup vert de fureur : Je n'aurais jamais cru que les Français fussent des voleurs de nègres !
Dès ce moment, plus de causeries le soir, sous les portiques; plus de flirtage dans les bosquets touffus, plus de fleurs, ni de poulets, la ville redevint sinistre.
Un matin, deux de nos vedettes étaient enlevées, à l'entrée même de la ville; dans la journée, trois de nos hommes, qui s'étaient écartés des lignes, étaient trouvés assassinés ; à chaque instant des coups de feu étaient tirés, on ne sait d'où, ni par qui, et nos piquets étaient attaqués, fusillés, par des ennemis invisibles; la nuit, les feux de Cushwaelier se multipliaient autour de nous dans les montagnes; le canon grondait depuis deux jours du matin au soir du côté de Culpepper; c'était Banks qui luttait avec Stonewall Jackson. Nous n'avions plus de nouvelles de notre corps d'armée, qui se trouvait à 25 milles en arrière de nous, la position devenait grave.
Enfin un soir, après une journée de fatigue, enveloppés dans nos peaux de bufl'alos, nous nous laissions déjà aller aux premières atteintes du sommeil; les braiements de quelques mulets mêlés aux aboiements des chiens troublaient seuls le silence général lorsque notre oreille fut frappée par le galop précipité d'un cheval, dont le sabot sonnait bruyamment sur les cailloux de la route.
C'était un cavalier porteur d'une dépèche du général Sigel. Le général Bahkr était battu, il était en pleine retraite, l'ennemi s'avançait et il fallait se hâter de nous replier si nous tenions à ne pas être coupés par lui. En cet instant, plusieurs de nos scouts accouraient aussi bride abattue, rapportant qu'une colonne ennemie s'avançait à grands pas sur notre gauche, et qu'à trois milles de Madison ils avaient été chassés par l'avant-garde.
11 n'y avait pas de temps à perdre. Le général donne l'ordre du départ; les postes et les piquets en un instant sont repliés, et nous opérons notre retraite sans tambour ni trompette. Dans l'ombre, tout le long de notre colonne, on voit cheminer des fantômes inconnus qui portent sur leurs dos des fardeaux indescriptibles : ce sont des nègres fugitifs qui, nous voyant partir, s'échappent en foule de chez leurs maîtres en emportant leurs misérables haillons.
A l'aurore, nous étions solidement postés derrière Robertson-River, snr des hauteurs imprenables, garnies de forêts profondes, d'où il eût été malaisé de nous déloger,
UN VOLOXTAlnii.