PLUS DE CHEVEUX BLANCS
Eh bien, tout pesé, voici peut-être la philosophie de ces annonces . PLUS DE CHEVEUX DU TOUT !
Ces machines-là les font tomber.
11 n'y a pas seulement une providence pour les buveurs; il y en a une aussi pour les journaux. Les procès célèbres se succèdent, de façon à ne laisser aucun vide dans les colonnes. Après Roux, la Pommerais, après la Pommerais, Latour; après Latour, avant même, l'exécution Muller. Il est vrai que celai-ci va être jugé en Angleterre. Noos pouvons bien céder à nos voisins un tout petit criminel... sur le nombre ou ne s'en apercevra pas.
Cette affaire Muller a tellement ému les Anglais, qu'i's se sont décidés à opérer un léger changement dans l'intérieur des wagons de première. On sait que les assassinats ont toujours lieu en première classe, ce qui p ouve que p ur être moral il ne suffit pas d'avoir de l'argent dans sa poche. Le changement sus-indiqué consiste à remplacer la boiserie qui sépare les compartiments par des glaces. De cette façon, on ne pourra pas mieux arrêter le meurtrier qu'auparavant ; mais on le verra faire ce qui est toujours une consolation.
L- Théâtre-Lyrique nous a donné Don Pasquale, et l'Alcade. Du Donizetti et de l'Uzeppi. M. Gustave Claudln, dans ce style particulier qu'on lui connaît, dit que le Donizetti plaira à ceux encore si nombreux qui l'ont entendu aux Italiens. Quant à l'Uzeppi, il le trouve lestement troussé. Décidément Boileau a eu raison de dire que la critique est aisée.
Et la lettre de M. Alexandre Dumas? N'en parlerons-nous pas ? Bah ! les autres en ont tant parlé. Il s'est fait un grand bruit autour de ces trois noms, entre lesquels le romancier découpe l'époque. Mais cette lettre ne doit pas faire tort à une autre du même auteur... Une petite ville de province lui ayant demandé un exemplaire de ses œuvres dramatiques, Dumas envoie la collection de Lévy, à vingt sous, et demande en échange une rente, sa vie durant, de douze melons par an. Dumas est tellement constitué, qu'à la place de la petite ville je préférerais acheter mes volumes chez le libraire.
Aux chasseurs.
On s'est aperçu que, lorsqu'un fusil éclate, c'est toujours le canon gauche qui se permet cet écart. Mystère. Pas du tout. Il paraîtrait que, le canon droit étant chargé beaucoup plus souvent que le canon gauche, celui-ci, ennuyé, finit
par vouloir son tour, et se débarrasse de sa charge. Cette explication donnée, nous espérons que les chasseurs en feront leur profit et s'occuperont désormais du canon gauche.
Sur deux mille deux cent quatorze pièces de vers présentées pour l'Orphéon la commission en a accueilli dis; encore a-t-elle déclaré aux dix auteurs qu'elle montrait là une grande bienveillance. Ce qui m'étonne, ce n'est pas l'existence de dix pièces plus ou moins médiocres; c'est le compte 2,214... il y a donc en France 2,216 gens qui se croient poètes... et croyez que, sur ces 2,214 gens, il en est 2,213 qui nient la poésie.
La mode des régates date d'un siècle à peu près. Il y eut alors une joute sur l'eau à Bercy. A Bercy , on n'était pas fier dans ce temps-là. Il sortit même du fond des eaux, dit l'histoire, une déesse très mythologique, qui vint couronner les vainqueurs. Pourquoi ne rétablirait-on pas l'usage de la déesse mythologique? Est-ce vous qui vous en plaindriez ?
Un vieux soldat autrichien vient de mourir, léguant la somme de 25 francs à l'empereur François-Joseph. Est-ce que par hasard le métier de souverain commencerait à devenir un bon métier ?
L'association des artistes dramatiques organise une grande tombola. On peut gagner une entrée gratuite, valable pour un au, à l'un des théâtres de Paris. Oui, mais si le théâtre s'appelle la Porte-Saint-Martin, et joue deux cents fois le Bossu. 105 fois les Pillules du Diable... voilà jouer à qui perd gagne.
Dimanche a commencé la fête de Saint-Cloud. Jeudi, il y aura un mât de cocagne. Rien ne m'attriste comme un mât de cocagne. Ces braves gens, très laids et peu vêtus, qui grimpent avec grand'peine, ceux qui glissent et tombent, celui qui, plus fortuné, s'empare pour toute récompense d'un mauvais gobelet, de valeur incertaine... tout cela me paraît une si frappante image de la vie... que je moraliserais, si j'en avais le loisir.
L'administration vient de changer les noms d'une certaine quantité de rues. On remarque avec étonnement que dans le nombre des nouvelles désignations, figurent à peine cinq à six noms connus. Cela s'explique. L'administration s'est dit : n Nous vivons sous un régime d'égalité ; jusqu'à présent les grands hommes avaient usurpé le droit de baptiser nos voies et nos places; cette prétention est inadmissible dans une société d'égaux. » Là dessus elle a tiré au sort les premiers noms venus.
Quant à vos chapeaux, mesdames, j'en ai compté quatorze sortes pour cet hiver. Je suis désormais fixé. A vous entendre, le nombre des nouvelles formes serait illimité. C'est une erreur. Je vous assure que j'ai fait de graves et soigneuses recherches. Nous en serons quittes pour quatorze cet hiver. Je respire.
MODES DU JOUR
Voici l'heure de quitter les plaisirs de la plage et du Casino pour ceux de la chasse. Cela ne veut pas dire que ces dames renoncent alors au triomphe de la coquetterie: au contraire!
Quelle est la châtelaine qui ne saurait être jolie et attrayante avec son costume des bois, sa botte cambrée et sa provocante petite casquette?
C'est surtout alors que le pittoresque est recherché, qu'il faut avoir plus que jamais recours au pittoresque talent i'Alexandrine.
Les casquettes, les chapeaux de fantaisie sont ornés chez elle avec un goût à la fois hardi et délicat, qui caractérise admirablement bien cette femme si hardiment mignarde que l'on nomme la Parisienne.
On commence aussi à songer chez Alexandrine à remplacer les légers et transparents chapeaux de l'été, par les modèles plus graves de l'automne et de l'hiver.
Comme toujours, l'art préside à ces nouvelles créations, qui jamais no se ressemblent.
En voyant chaque année, toute cette floraison éclore sous les mains d' Alexandrine, on se demande quelle imagination doit avoir cette fée de la mode, pour satisfaire ainsi sans répit aux insatiables caprices de nos merveilleuses.
J'ai donné, il y a deux mois, quelques explications sur un peignoir flottant, donné d'après un modèle delà Grande maison de blanc.
Aujourd'hui, cette maison célèbre par l'élégance et la distinction de ses innovations, — nous donne, sous forme à peu près semblable, une autre nouveauté : les peignoirs flottants de foulard.
Ces peignoirs sont blanc ou groseille, ou encore maïs ou bleu. Pour orner le bas de la jupe, rien qu'un très petit volant à tête encadré d'étroit ruban noir.
De l'etapiècement retombe par derrière un gros pli Watteau, dont
17 septembre 18G4.
ont
la. tête est ornée d'une passementerie de corde de soie blanche et noire, ou groseille' et noire, etc.
(suivant la couleur de la robe,)
Une. pareille . corde de soie .
peut être nouée à la taille qu'elle dessine. Sur les épaules, do riches épaulettes de cette, même corde avec glands ; enfin, le bas de la manche ajustée est -décoré de même.
On le voit, d'après cette charmante fantaisie, la Grande Maison de Blanc soutient sa réputation européenne.
Par exemple, avec de pareils négligés, il faut absolument être belle... ne vous alarmez pas, madame, si vos fraîches couleurs ont un peu pâli. Vous pouvez remédier au mal en consultant Séguy.
— Quoi! du blanc, du rouge, - du bleu, du .noir?...
— Pas tant, d'indignation !
Cette mode est très marquise Louis AT, et il n'y a pas plus d'artifice à animer un peu sa joue, qu'à emprunter à la cage cette envergure vingt fois exagérée , que nous adoptons si bravement.
Il n'y a pas non plus d'artifice à se faire une taille jolie, gracieuse, irréprochable, surtout quand on ne doit pas on'souffrir, et la Ceinture- Régente est maintenant le seul corset qui puisse être adopté par une femme ayant souci do ses avantages etdesa santé. Onpeutdireque
Mmm de Vertus, en imaginant cette précieuse et mignonne chose doté les femmes d'une grâce de plus : la liberté d'allure.
Pour avoir une vraie Ceinture-Régente, il ne s'agit que. d'envoyer à Mm,.do Vertus elles-mêmes (Chaussée d'Àntin), les mesures suivantes :
Tour de la taille à la ceinture; largeur de la poitrine. Tour des hanches ; longueur du buse ; longueur de la taille sous le bras.
Ci's seules mesures doivent être prises étant toute habillée. ■ Pour l'entrée do la saison d'hiver, la Compagnie Lyonnaise édite comme toujours, exclusivement pour elle, des soieries de la plus aristocratique richesse.
Elle, a sa haute réputation à soutenir; de même que les maîtres qui ont commencé par de grandes œuvres, elle ne saurait se montrer unseul instant au-dessous d'elle.
Chacune de ses créations compte comme une œuvre d'art ; c'est ce qui fait que les femmes .
d'un goût pur ne s'adressent qu'à elle. Et par femmes de goût, je n'entends pas seulement les heureuses, qui peuvent disperser un budget de millionnaire ; mais aussi, celles qui, dans leur simplicité même, veulent rester irréprochables. Car la Compagnie Lyonnaise se met à la portée des modestes fortunes, sans se départir pour cola, de 'son cachet de dis tinction.
Grâce à cette maison, une femme peut s'habiller avec simplicité ; jamais sa toilette ne- sera vulgaire. ,
Parmi les nouveautés en dentelle qui feront loi cet hiver, je cite la robe .camaïeu, qui est d'une grande magnificence.
L'Exposition Internationale de Bayonne en offre de splendides échantillons. Les' vraies dentelles de Yak; de Lama et de Cambrai y. sont également représentées.
Grâce à cette exposition, plusieurs . aristocratiques baigneuses de Biarritz ont'; eu la primeur do cette robe camaïeu, qui est; cette année, une des ; plus artistiques et des plus merveilleuses créations de la mode. • ■ '■• <■ 1