LA CURÉE
8 octobre 1804 1
LES DIEUX i N EXIL
Regrettez vous le temps où le ciel sur la terre Marchait et respirait dans un peuple de dieux...
Il parait qu'à la cour de Bavière on ne regrette pas du tout ce temps, car voici la traduction d'une ordonnance qui vient d'être exécutée à Munich, hélas !
« Nous, etc., etc.,
» A tous présents et à venir, nés ou en train de naître, qui celles-ci verront, salut I
» Mandons et ordonnons :
» Toutes les statues de marbre et de bronze, de pierre, de métal ou autres compositions généralement quelconques... dans un état de nudité complet ou relatif, seront enlevées de nos musées publics ou privés, de nos palais, appartements et rendez-vous de chasse, de nos parcs, de nos jardins, de nos cheminées et des habitations de nos sujets, Elles seront, sans distinction d'âge ni de sexe, reconduites, de brigade en brigade, aux frontières de France on d'Italie. »
Le lendemain, la capitale de la Bavière était encombrée de statues exilées, sortant desmusées, des jardins, des palais etdes maisons, munies d'un passe-port à l'étranger, et se répandant dans les rues, scandalisées de ce spectacle. Diane sifflait son lévrier, un satyre offrait galamment son bras à une amadryade, Vénus cherchait sa ceinture, Adam et Eve, déjà chassés du paradis terrestre, déploraient l'insuffisance de leur feui'le de figuier.
La Vérité, sortant d'un puits, toute mouillée, Implorait des passants un simple caleçon, lit Minerve disait : « Mon égide rouillée Me protège moins bien qu'un cliaste pantalon »
Hercule s'avançait, grave comme un sauvage, Europe chevauchait gaiement s-ur son dada, Et Junon, sans corset, n'avait pas le nuage, Paravent de Jupin au sommet de l'Ida.
Mercure, dieu des filous etdes voleurs, était entré dans la boutique d'un apothicaire, d'où il s'échappa déguisé en pilule. Bachus, qui avait toujours considéré la feuille de vigne comme un ornement superflu du raisin, en offrait à ses compagnons pour sauver au moins les apparences. C'était navrant.
A leur suite, en boitant, lent comme une tortue, Cul-de-jatte des deux, marchait le dieu Vulcain; Un sculpteur, né sans bras, lui tailla sa statue Péchant à l'adultère, un filet à la main.
Les quatre mille dieux de la Grèce défilaient ainsi. Passez, passez, dieux débonnaires.
En mangeant tes fils, vieux Saturne, Retourne escorter nos bœufs gras ; Et toi, vieux Rhin, vide ton urne Sur ce fainéant taciturne Spartacus qui croise ses bras ;
Toi-même, Mars, dieu de la bière, Vieux débris de nos carnavals, - On te chasse de la Bavière ! ! !
Viens, notre France hosiptalière Te dressera des piédestals !
Vers midi, des centaines de bourgeois bavarois déposaient leurs pendules sur l'autel de la chasteté.
0 toi, Vénus de Milo, tu as beau manquer de bras, comme l'agriculture, tu es condamnée. Phryné elle-même ne trouverait plus de juges à Berlin.
0 Germanie, ma mie, chasse tes dieux, expurge Esther et Athalie pour les séminaires et tes pensionnats de demoiselles, allonge les jupes des danseuses et raccourcis les ballets, mets enfin du nénuphar dans ta mauvaise bière et ton petit vin blanc, pour que nos mille journaux apprennent à l'Europe que les femmes les plus vertueuses de la terre sont les Bavaroises — au chocolat!
J. TELIO.
CORRESPONDANCE
A propos de l'article sur la nouvelle statue de Mme de Sévigné, nous recevons une lettre dont nous extrayons le passage suivant : L'idée d'élever une statue au plus aimable, au plus spirituel stylet du dix-
septième siècle, n'est pas neuve : la petite ville de Grignan possède une statue de Mme de Sévigné. Grignan, où elle adressait ses lettres impérissables, est encore tout palpitant de son souvenir.
Le château qu'occupait Mme de Grignan existe encore ; on montre le figuier sous lequel Mme de Sévigné venait s'asseoir.
De jour en jour ces restes splendides d'une grande époque s'affaissent sous le marteau du temps. Cependant la façade est assez bien conservée.
Dans une des ailes du château habité par une famille qui a gardé le goût des atts, on voit une belle collection de tableaux. Au milieu, l'on remarque le portrait de celle qui a fait inscrire Grignan dans les fastes de la célébrité. Plus bas, celui de Mme de Grignan et celui de Mme de Simiane, sa fille.
Je vois encore Mme de Sévigné. L'artiste a su donner à son charmant visage une expression si spirituelle qu'elle l'éclairé et le détache lumineusement de ses voisins. Mme de Grignan est belle, Mme de Simiane jolie. — Quant à la statue, quelle idée bizarre! la statue n'est pas élevée, elle est assise sur une fontaine. Ne trouvez-vous pas cette situation très malsaine? Mme de Sévigué sur une fontaine! Pourquoi pas sur une borne? sa coiffure est celle de l'époque, ea dépit du bronze rebelle à la frisure. Elle tient sa plume immortelle; son attitude est méditative, votre programme à la lettre. Cette statue donne quelque chose d'écrasé à ce petit monument, puis cette eau qui coule — c'est ignoble! Je n'ai jamais pu m'arrêter devant ce monument sans un profond sentiment de dépit. — Espérons que l'auteur du futur monument, s'il n'atteint pas la perfection, s'élèvera au moins bien au-dessus de ce premier bloc humide et pitoyable.
Nous recevons aussi sur la dernière soirée de M. et Mme Ratazzi des détails que nous regrettons de de pouvoir publier en entier. Nous en extrayons cette silhouette :
«M. Ratazzi, malgré une froideur tout à fait diplomatique et une attitude un peu immobilisée, ne parait pas avoir plus de quarante à quarante-cinq ans. Le miroitement de son binocle cache un regard sérieux et caressant. Sa bouche a cette torsion légère qu'on remarque chez les juges, les avocats, les médecins, les prêtres, les diplomates, les moralistes et les auteurs comiques. Ce n'est ni l'indice de la raillerie douce, ni la marqua d'une pénétration fine et sardonique, c'est un pli que donne sans doute l'indifférence des hommes et des choses à ceux qui sont appelés à la manœuvre des passions et des intérêts des autres. Le front haut, calme, semble éclairer de son rayonnement le visage aux lignes froides et sérieuses. Son accueil est gracieux, mais d'une politesse armée et d'une indéeision réfléchie. »
Prière de vouloir bien complé>er son envoi, au correspondant anonyme qui nous donne des déiails sur l'auteur du buste de Bianca-Capello,
CHOSES ET AUTRES
Je donne souvent des conseils, dont les conseillés, comme il est d'usage, ne tiennent aucun compte. Cependant je ne perds pas tout à fait mon temps. Voici un premier amendé. Le Moniteur (sur mon observation ???) a renoncé â donner le temps du lendemain. Il se borne à prédir le temps de la veille.
La Russie devient douce et clémente. Elle fonde en Pologne des pensions de jeunes filles. On ne dit pas si les verges entreront dans son système d'éducation.
Cette année, la fête de Saint -Cloud a pris d'effrayante? proportions. Je ne sais pas si elle est terminée à l'heure qu'il est. Les soldats avaient fait une pétition afin d'obtenir qu'elle passât à l'état chronique; mais on a jugé cet état dangereux pour le bon sens de la population et la moralité de la giberne. La fête de Saint-Cloud, comme toutes choses en ce monde, comme la mer et comme la fécondité de Dumas, la fête de Saint-Cloud aura ses bornes.
La ville de Paris, frappée de l'état précaire dans lequel la photographie a jeté l'art de la gravure , a décidé qu'elle viendrait au secours de ce dernier, en faisant des commandes importantes. — Pourquoi cet avis n'est-il pas accompagné de celui-ci :
« La ville de Paris, frappée de l'état précaire dans lequel le mélodrame a jeté l'art du théâtre, a décidé qu'elle viendrait au secours de ce dernier, en créant une salle littéraire. »
Il y a déjà longtemps qu'on nous parle d'un projet de chemin de fer souterain dans Paris. Les Anglais parlent moins et agissent plus. Ils en ont déjà deux sous Londres. L'un à 30 pieds, l'autre à 70 pieds. Comme ce dernier] est un peu bas, on se sert d'une presse hydraulique pour monter et descendre les voyageurs. A Londres, on n'entend pas une femme crier. Si pareille chose se passait ici, toute femme bien élevée, aurait des attaques de nerfs. C'est qu'en semblable occurrence, il se trouve toujours ici deux bras pour vous recevoir.
Les boucles do ceintures féminines yjnt devenir sous peu d'une grandeur en-
core plus colossale. On se perd en conjectures sur le but de cette nouvelle
mode. Serait-ce pour que cette ceinture se détachât moins facilement ou
plus ?
La question 'américaine, a fait demander un autographe à Alexandre Dumas Alexandre Dumas a envoyé cent autographes, sans demander de melons. La question américaine a pieusement vendu les cent autographes, et s'en est fait 60,000 francs-
Savez-vous qu'il y eût un tir dan? le bois de Clamart ? Ce tir a quelque chose de fantastique On l'entend, mais on ne sait où il est. De temps à autre seule ment on rencontre un écriteau, qui vous avertit de ne pas prendre telle allée, si vous ne voulez risquer votre vie. C'est aimable; mais les gens qui passent à travers bois ne rencontrent pas d'écriteau.
Louis Ulbach demandait, dans son damier feuilleton, la réhabilitation du diable. Cela est hardi pour un homme si gros. Apeine. a-t-il parlé que George Sand l'exauce. Le Drac est cette réhabilitation. Cela ennuyait Mme Sand ; d'entendre toujours répéter que Dieu s'était fait homme. Maintenant voilà le diable aussi avancé que lui.
D'après une récente statistique, on compte en Allemagne un bottier sur onze personnes. Toute une révélation. Pour qu'un bottier vive, en chaussant o->zc personnes, combien doit-il gagner sur le cuir?
Nos voisins les AngVs, fert sévères lorsque nous nous présentons à la porte du théâtre de Covent-Gardeu, et qui vous refusent l'entrée des fauteuils lorsque vous n'êtes point vêtu du classique habit noir et cravaté de la batiste de rigueur, ne se font point faute d'entrer dans nos salles de spectacle en tenue do voyage, chapeau gris, guêtres blanches et chemise de flanelle ronge. L'autre soir, aux Italiens, le jour même de la réouverture, une loge brillait par la présence d'une lady coitTée d un petit cliap?au rond, et d'un gros Anglais enja quette grise.
Une toilette pour compléter la collection de nos costumes de Trouville. Dans une fête de village, une charmante femme a eu la fantaisie de s'habiller en roulier. Le petit feutre rond, la vraie blouse bleue des dimanches, piquée, de blanc aux épaules et autour du cou, serrée à la taille par une ceinture de cuir; une jupe retroussée bien entendu (on n'en est pas encore venu à la quitter tout à fait), mais si courte! aux jambes de grandes guêtres montantes ; à la main, en guise de canne, un amour de petit fouet. C'était complet, il n'y avait plus qu'à faire claquer sa langue et à crier -. Allons ! Cocotte !
Une naïveté : un mien ami se charge de prendre nos places au bureau d'un chemin de fer, et ne prend que des billets pour aller.
— Pourquoi n'as -tu pas pris des billets aller et retour? — Je n'ai pas eu le tem ps !
Delacroix est toujours exposé en chapelle ardente au boulevard des Italiens. Est-ce un bien, est-ce un mal que ces, déplacements posthumes? Il y a bien à dire à ce sujet. Toujours est-il que la première impression n'est, pas favorable. Ces tableaux semblent dépaysés; l'œil et l'esprit sont faits depuis longtemps à leurs places officielles, au Luxembourg et à Versailles. Je parle surtout des grandes pages comme lu Massacre de Scio, l'Entrée des Croisés à Conslantinoplc, le Pont de Taillebourg, la Barque du Dante. Dans un musée comme dans une éîlise, involontairement on se recueille, et l'on cherche au moins à comprendre le sens des images qu'on a sous les yeux. Mais ici! en plein boulevard des Italiens, le coin de Paris le plus gai, le plus vivant, le plus coquet, an milieu du joyeux va et-vient. des équipages descendant de la Chaussée-d'Antin pour aller au Bois, du frou-frou continuel des jupes trop engageantes, du babil des caféi é'incelants, que viennent faire ces pauvres tableaux fanés, verdâtres, rances, morts?
Les souffrances du peintre,— et Dieu sait si celui-ci a souffert, et s'il a su rendre sur la toile la douleur grandiose, — intéressent assez médiocrement le public élégant qui ose.se risquer là. Au fond, n'est-ce pas justice? Rieu ne prouve-t-il pas mieux combien l'art fait fausse route aujourd'hui, en se séquestrant de parti pris dans des contemplations égoïstes, inaccessibles à la foule? Vous souffrez, artisfs, que nous import»? Pourquoi vouloir que nom souffrions avec vous. Faites-nous oublier no? maux et les vôtres, faites-nous prendre cœur à la vie, et nous serons avec. vous. Je ne sais de quelles sottes complications on a obscurci ce qu'on est convenu d'appeler l'idéal dans l'art, mais prenez les plus grands :»Michel- \ng», Rubens, Titien, quel autre but, si tant est qu'ils en aient eu un, somblent-il3 avoir cherché, qu'à rendre la vie belle, la force, la jeunesse, la beauté, l'éclat, la jouissance. Ici, au contraire, ce ne sont que Giaours saignants, massacres hideux, mêlées furibondes, folies, naufrages, agonies Fi! Les vi aines gens, et surtout tristes!.. N'est-ce pas, madame.
Car, il faut bien l'avouer, le jour où je me trouvais à cette exposition, il y avait là la plus jolie robe de soie, lilas clair que j'aie vue de ma vie; impossible de rien regarder qu'elle : un habit d'incroyable à boutons de nacre dont les pans s'étalaient sur une immense jupe à gros plis cassés; l'habit et la jupe échancrés en festons par devant, pour laisser voir un gilet et une seconde jupe blancs rayés lilas ; un chapeau de ville blanc ; un châle de dentelle no re qu'on laissait tout à fait tomber sur la jupe pour bien dégager la taille. Notez qu'un était jolie, bien faite et grande..., mais grar.de!
Presque aussi grande que la timide et tendre Angela des Flibustiers de la Sonore. Si vous ne l'avez pas remarquée, retournez à la Porte-S tint-Martin, cela vaut la peine di braver une seconde fois les : El maintenant, à nous deux Sandoval ! ! ! et les gargarismes dramatiques du Tiïrrerro-Guerrerro. Il fau< remonter bien haut, bien haut, pour trouver une femme aussi blonde, aussi grande, aussi élégante, et traînant aprèi elle, a/ec autant de majesté, les longs plis de ses jupes unies. Avec cela une gentille petite voix d'enfant; quand son farouche tuteur la menace de l'épouser, on se prend à dire : Ah! ne lui faites pas de mal !
La vogue est toujours à ces maudits petits chapeaux de ville, sans bavolet, gros comme le poing, ne couvrant plus du tout ni les cheveux ni la figure de ces damer. Par contre, les grisettes ont adopté un certain bonnet visant au chapeau, qui, ma foi, est charmant et ne se distingue presque plus de son rival. J'en voyais un, l'autre jour, à la fête des Loges, porté par une jolie fille au bras d'un beau lancier. C'est une sorte de fanchon de gaze nouée sous le menton, ramenée légèrement en pointe au-dessus du front, avec un paquet de ro<essur le côté ; deux grosses épingles fixent le fond au chignon. Celle-ci avait fixé, au milieu des roses, un de ces petits ballons argentés qu'on gagne aux loteries foraines. — Entre nous, cette griselte-là était de la même fabrique que les trop jolies grisettes du Bal Morel, au 1b août; leurs voitures les attendent à la porte, et pour peu que vous me pressiez, je vous dirais leurs adresses de la Chaussée-d'Antin ou aux Champs-Elysées. — Ce qui n'empêche pas, mesdames, que mon bonnet-chapeau ne soit aussi joli que votre chapeau-bonnet.
Le Bois de Boulogne se repeuple; on recommence à aller s'y regarder le blanc des yeux toutes les après-midi. Quelques attelages à la Daumont ont reparu. Dans l'un d'eux, l'autre jour, se prélassait certaine petite dame. Sur son passage aux Champs- Flysées, les badauds qui ne. connaissent guère encore, en fait de jockeys, que ceux de la Cour ou de l'Hippodrome, se levaient de leurs chaises ou accouraient, empressés au bord de la chaussée; joignez à cela l'ébabissement de quelques morveux, prêts à crier n'importe quoi, et vous conceviez l'immense satisfaction qui éclatait sur le visage de la cocotte, en dépit de ses efforts pour rester digne et fio;de. A la fin, la sensation devint trop forte, elle n'y tint plus et salua le peuple!
Un mot des théâtres.
Au Vaudeville, le Drac de George Sand, dérangé par M. Paul Meurice. La donnée primitive était fort simple et fort belle; profitant d'une, super. tition locale, un petit pêcheur, à force de malice, de hardiesse et de grandeur d'âme se faisait passer pour un être surnaturel, donnait du courage à un poltron et de la générosité à un avare. George Sand seul pouvait rendre possible et intéressante cette situation Le beau mérite, du moment que vous introduisez là le surnaturel et une apothéose des Funambules au dernier tableau !
Ajoutons la grande difficulté de trouver des interprètes au niveau des conceptions de l'auteur, conceptions toujours nobles, poétiques, surhumaines et pourtant d'une simplicité rare. Il n'y a vraiment pas pla<-e ici pour le talent un peu ampoulé de la belle mademoiselle Esler ; encore moins pour le comique pâteux de Parade et de Dehnnoy, indécis qu'ils semblent toujours entre le bobèche et le père noble , Fcbvre seul est nerveux, vivant, et serait parfait s'il avait toujours des moustaches.
Aux Bouffes, pour la réouverture, M- et Mme de'Ja Renardière, ou le Drac, mis en musique. Petit-Rose ne vous rappel le-t-il pas Fleur de Mer? J'aime mieux la reprise qui a suivi, des Dames de la Halle. De joyeuses commères un peu fortes en gueules, de jolies filles en grisettes ou en soldats aux gardes, un charmant décor de marché, une intrigue sans queue ni tête ; rnt.is une musique vive, gaie, vieillotte de part pris: la R ntle et la Fricassée, avec accompagnement du fifres et de tambours sont deux chofs-d'ceuV' e de couleur locale. Parfait aussi le bel uniforme ro tg» du tambour-major, parfait surtout et fort exact le costume de mesdemoiselles les tambours di s grenadiers ; la jambe fait merveille sous la culotte collante et les bas rouges; l'habit blanc à revers vifs est gai au possible ; joignez y la cravate militaire liserée de blanc, les cadeneites poudrées et un ravissant petit bonnet à poils de forme conique, scrupuleusement exact ; c'est à croire quatre statuettes échappées de ce joli mondede coureurs mignurds, de porteurs de chaises efféminés, de sapeurs coquets qui coudoyent les amours et les bergères dans le royaume des porcelaines de Sèvres on de Saxe.
Aux Italiens : RigolellO. Réouverture un peu prématurée, ni les vrais artistes ni les vrais dilettanti n'étaient encore là; une troupe et un public de carton. Rien de remarquable que le nez qui précède de quelques pas le nouveau duc de Mantoue et ses bottes jaunes comme la salle l'Opéra Comique.
Enfin, à l'Opéra, Roland à Roncevaux. En présence de l'enthousiasme de cette première représentation, nous n'osons avouer le long bâillement qui nous a saisi de la première à la dernière mesure. Nous reviendrons consciencieusement, sur ce sujet Regrettons simplement, pour aujourd'hui, qu'on ait, sous prétexte de costumes de pâtres et de princes arabes, enfoui la moitié du corps de ballet dans des sacs à pommes de terre, et affublé la jolie mademoiselle Montaubry d'une perruque de membre de l'Institut.
De coite façon les voyageurs arrivent à leur appartement sans fatigue, ayant à leurs pieds leurs colis et sur leurs têtes un repas succulent.
Vous n'avez plus besoin de votre machine pour une demi-heure, vous tournez un robinet, elle s'arrête instan tanément.
La boulangère a des écus, Elle a un moteur qui moud sa farine, pétrit son pain et le l'ait cuire.
— Monsieur n'est pas content de mon sarvice ?
— J'entends des choses si merveilleuses sur le moteur Lenoir que j'ai envie d'en acheter un pour cirer mes bottes, frotter mon appartement, etc.
C'est ce petit moteur qui a fait ma grande fortune! pas gênant du reste et si coquet !