‹ La Vie parisienneChapitre 535 sur 662 · ET MARAT · texte numérisé non relu

ET MARAT

On a cm jusqu'ici que Marat avait été assassiné par une jeune fille du Calvados, nommée Charlotte Corday, et petite nièce du grand Corneille.

C'est une erreur historique, malheureusement accréditée par les historiens modernes.

C'est à M. Gustave Bourdin, qui a fouillé toutes les ai chives publiques et toutes les collections particulières, depuis 1789 jusqu'à la date du dernier numéro de l'Autographe, c'est à ses recherches savantes, à son ardeur infatigable que nous devions de posséder déjà :

La lettre autographe, de Don Quieholle à Dulcinée;

Et la lettre authentique de Gil Bios à l'archevêque de Grenade, rapportée par M. de Villemessant, lors de son voyage en Espagne, et réputée introuvable I

Aujourd'hui c'est la preuve incontestable de l'innocence de Charlotte Corday qui vient bouleverser la conscience historique, quatre pages do supplément !

Voici des poignées de preuves :

D'abord l'empreinte du soulier de Marat :

Ce fac-sim ilé, obtenu par un procédé entièrement nouveau, est décalqué sur un modèle de terre glaise, comme le sabot de La ToucqUdS. Il suffît de le, cousidérer un instant pour être convaincu que Marat n'avait pas le pied petit.

La science de Gall n'est pas précisément une plaisanterie. Ce pied est sanguinaire. C'est le pied d'un

D'abord l'empreinte du soulier île Marat.

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Du mime à la même, cachet de bain.

monstre qui faisait marcher les autres pieds du coté de la place de la Concorde. Le petit doigt indique, la destruetivité. L'orteil est féroce. La cheville fait dresser les cheveux sur la tète. Tout enfin, dans ce pied démagogique, annonce le piédestal d'une jambe supportant un torse orné d'une tète horrible.

Puis un premier portrait pris au moment où cet aimable révolutionnaire envoie à l'échafaud le compositeur, le correcteur, l'imprimeur et le metteur en pages de l'Amy du peuple, pour avoir mis : Fouquier va-T-enville, acrobate public, au lieu de : Fouquier- Tinville, accusateur public.

Nous n'inventons rien, mais comme le dit si judicieusement M. Gustave Bourdin : cette coquille n'excuse-t-elle pas, sans le justifier, un mouvement de vivacité?

Puis un second portrait pris au moment où Marat corrige ses épreuves dans un sabot, et dresse la liste de proscription. Cet homme cueillait, des tètes. Chacun prend son plaisir où il le trouve.

Puis encore un spécimen de l'écriture de Marat, la plume de Marat, l'encrier de Marat. la marmotte de Marat, le chien.

La citoyenne Corday dans sa prison, dessin du temps.

Bon de bourre à la citoyenne Corday,

le chat, la servante, etc., etc., conservés sous verre, à l'imprimerie Kugelmahn; c'est le pnemier-guillotine de son journal :

L'AMI DU PEUPLE. — Abonnements : Paris, 48 francs, etc., ete. «...Les neufs cents députés do la Convention sont des traitree —à l'abattoir — tous! Le Veto respire encore! Je dénonce Saint-Just, qui veut que les cimetières soient de riants paysages, semés do fleurs par l'enfance; je dénonce Robespeerre, qui prostitue la République aux pieds d'une petite blanchisseuse; je dénonce Fouquier-Tinville. qui a coupe la queue à son chien au club du Jeune-Eliacin. Citoyens ! je me dénonce moi-même! je demande ma tète! Je dénonce Camille Des-, moulins qui m'a blagué (sic) hier, debout sur une chaise, dans le Jardin-Egalité; je dénonce Samson.

Faut-il d'autres témoignageshistoriquosl "Voici :

Le sang de Marat, recueilli sur la place Vendôme et vu au télescope sur le disque de la lune, sang que, l'Institut prend pour des montagnes. La baignoire de Marat.

Voici l'adresse de l'infortunée Marie-Anne-Charlotte Corday qu'une erreur judiciaire a fait surnommer : le Séraphin de l'assassinat : HOTEL DE LA PROVIDENCE, rue desVieui-Augustins, Chambres meublées. CHARLOTTE CORDAY.

On a même ses armoiries, sa généalogie et son extrait do baptême.

Enfin, les documents l'absolvent :

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